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Paysages et terroirs

Landscapes and terroirs

Paisajes y Terroirs

Enjeux territoriaux, jeux d’acteurs et interdisciplinarité

Territorial key issues, games of actors, interdisciplinarity

aspectos territoriales, juegos de actores e interdisciplinariedad

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Publié le mercredi 14 novembre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Dans le cadre d’un colloque organisé à Aix-en-Provence du 14 au 16 mai 2013, nous proposons une réflexion organisée autour des notions de paysages et terroirs. Des contributions très variées sont attendues tant du point de vue dela spécialité disciplinaire, de la géographie à la sociologie en passant par l’urbanisme,l’économie, l’histoire, l’agronomie et l’écologie du paysage, que du point devue des territoires, des espaces les plus urbanisés aux milieux forestiers ou montagnards.

Annonce

Colloque Paysages et Terroirs : enjeux territoriaux, jeux d’acteurs et interdisciplinarité, Aix-en-Provence du 14 au 16 mai 2013

Organisé à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme par l’UMR TELEMME dans le cadre du programme ANR SYSTERRA, PATERMED « Paysages et Terroirs Méditerranéens »

Comité scientifique :

  • Stéphane Angles, MCF, LADYSS, Paris Diderot
  • Eduardo ArraqueJiménez, professeur, Centro de Estudios Paisaje y Territorios, Jaén
  • Roland Courtot, professeur émérite, TELEMME, Aix-en-Provence
  • Jacques Daligaux, MCF, TELEMME, Aix-en-Provence
  • André Humbert, professeur émérite, Centre d’études et de recherche sur les paysages, Nancy
  • Gilles Flutet, Responsable du service délimitation, INAO, Montpellier
  • François Legouy, MCF, CEDETE, Orléans
  • Coline Perrin, CR INRA, INNOVATION, Montpellier
  • Béatrice Messini, CR CNRS, TELEMME, Aix-en-Provence
  • Cecile Rialland-Juin, MCF, CITERES, Angers
  • Daniel Ricard, professeur, CERAMAC, Clermont-Ferrant
  • Bruno Romagny, CR IRD, LPED, Marseille

Coordinateur : Paul Minvielle, MCF, TELEMME, Aix-en-Provence

Argumentaire

Dans le cadre d’un colloque organisé à Aix-en-Provence du 14 au 16 mai 2013, nous proposons une réflexion organisée autour des notions de paysages et terroirs. Des contributions très variées sont attendues tant du point de vue de la spécialité disciplinaire, de la géographie à la sociologie en passant par l’urbanisme, l’économie, l’histoire, l’agronomie et l’écologie du paysage, que du point de vue des territoires, des espaces les plus urbanisés aux milieux forestiers ou montagnards.

Les notions de paysage et de terroir ont en commun d’être des éléments clés de la boîte à outils des géographes depuis plusieurs décennies. Dans la première partie du XXème siècle, la géographie rurale s’attachait à définir les grands types de paysages agraires, l’origine de la forme des champs, la nature des terroirs en fonction de leur sol, de leur exposition, de leur pente. Paysages et terroirs étaient des jalons importants dans l’analyse de structures agraires en pleine mutation. Puis dans les deux dernières décennies du XXème siècle, la complexité des relations villes-campagnes et l’émergence des questionnements sur l’environnement et la durabilité des territoires, ont placé les paysages et les terroirs au cœur des préoccupations de scientifiques d’horizons variés.

Les paysages et terroirs deviennent alors des concepts complexes, définis de façon différente selon les disciplines. Le terroir des éco-physiologues ou des agro-pédologues ne se superpose avec celui des juristes ou des spécialistes de la patrimonialisation. L’approche paysagère envisagée par les urbanistes, voire les philosophes, est bien éloignée du paysage des biogéographes ou des géomorphologues. Cette richesse sémantique se traduit par des pratiques scientifiques très diverses, mais cette polysémie est loin d’être un obstacle à la diffusion des études sur les terroirs et les paysages :

  • dans le cadre de politiques d’aménagement et de développement, la société civile et les collectivités territoriales se sont emparées des paysages (loi sur les paysages dans le cadre européen, chartes paysagères…) et des terroirs (développement des appellations d’origine et promotion de l’agriculture de qualité…) ;
  • la communauté scientifique a répondu à cette complexité sémantique du terroir et du paysage par des analyses théoriques intégrant la polysémie des deux concepts, et par des programmes de recherche interdisciplinaires.

L’enjeu n’est pas de discipliner le vocabulaire scientifique au risque de le rendre inopérant, mais de créer des passerelles entre chercheurs pour aborder des questions qu’une discipline seule ne pourrait pas résoudre, comme les problèmes environnementaux ou la durabilité des territoires. Si les paysages et les terroirs mobilisent autant les chercheurs, c’est qu’ils sont au centre des enjeux sur le devenir des territoires. Depuis une trentaine d’années, paysages et terroirs ont ainsi été fortement sollicités pour comprendre les dynamiques des espaces périurbains, ces territoires de l’entre-deux. Ils ont éclairé les questions de l’habitat, de l’alimentation, de la qualité de l’environnement, de la multifonctionnalité de l’agriculture. Plus récemment, des chercheurs se sont focalisés sur les derniers espaces productifs agricoles au sein des agglomérations urbaines. Ils ont analysé la place de l’agriculture dans le projet urbain, et l’émergence de formes alternatives de production agricole. Le champ cultivé est désormais traité par les urbanistes au même titre qu’un parc public, lorsqu’il s’agit de privilégier les continuités écologiques dans le cadre des nouvelles politiques environnementales.

Dans le cadre de ce colloque, nous désirons prolonger ces questionnements, sans se focaliser sur la nature rurale ou métropolitaine des espaces étudiés. En privilégiant l’entrée par les paysages et les terroirs, nous souhaitons amener les chercheurs à s’interroger sur l’articulation des échelles d’analyse, de la parcelle à l’unité paysagère, du champ cultivé à la délimitation d’une appellation, d’un projet agri-urbanistique à une politique paysagère à l’échelle d’une communauté d’agglomération, d’une région, ou d’un Etat. Cette logique multiscalaire est aussi l’occasion de s’interroger sur l’utilisation des nouveaux outils d’analyse. Comment les chercheurs intègrent-ils bases de données cartographiques, cadastrales, cartes d’occupation du sol, Registre Parcellaire Graphique ? Avec ces nouvelles sources, il est désormais possible de travailler à l’échelle fine de la parcelle sans se limiter, comme par le passé, à une étude de cas de quelques exploitations ou d’un petit nombre de finage. Quelles en sont les conséquences pour la recherche ?

Pour répondre à ces interrogations associant paysage et terroir, nous proposons quatre axes thématiques. L’exhaustivité n’est pas recherchée. Il s’agit plutôt de mettre l’accent sur quelques problématiques :

Axe 1 : enjeux fonciers, conflits d’acteurs:

Paysages et terroirs sont souvent mobilisés dans les relations conflictuelles entre usagers de l’espace. L’installation d’un équipement collectif ayant un impact paysager important, ou d’une infrastructure de transport consommatrice de terres agricoles, peuvent provoquer, l’un comme l’autre, un conflit entre élus locaux, monde agricole et agents de l’Etat. Localement, les rapports de force entre acteurs évoluent. D’un côté, le monde agricole est progressivement marginalisé du point de vue démographique et politique. De l’autre la généralisation des loisirs et des activités de plein air, ont fait apparaître de nouvelles pratiques (trekking, VTT, randonnée à cheval…), parfois difficilement compatibles avec la fonction productive agricole, ou des pratiques traditionnelles comme la chasse.

Quels sont les types de conflits qui mobilisent paysages et terroirs ? Quelle place accorder aux analyses divergentes sur les fonctionnalités de l’espace (productive, environnementale, récréative…) ? Quelle est la part des logiques collectives et des stratégies individuelles dans les jeux d’acteurs ? La question de l’habitabilité des territoires est-elle au cœur des problèmes ?

Dans les espaces métropolitains, le maintien de l’activité agricole peut s’avérer problématique face à la poussée de l’urbanisation. Les procédures spécifiques de protection, comme les ZAP, Zones Agricoles Protégés sont-elles véritablement efficaces ? De nouveaux outils fonciers, adaptés aux espaces à forte pression foncière sont-ils envisageables ? Comment fonctionne la gouvernance locale face aux tensions liées aux enjeux fonciers ?

Parallèlement, les sociétés urbaines recherchent une agriculture de proximité et cela se traduit non seulement par l’émergence de mouvements associatifs de type AMAP, mais aussi par une prise de conscience du rôle de l’agriculture dans le projet urbain. Quels types de projets voient le jour dans le domaine de l’agri-urbanisme ? Sont-ils susceptibles de changer la nature des relations villes-campagnes ?

Axe 2 : transfert Nord/Sud des approches relevant du terroir, du patrimoine, et du paysage

De nouvelles politiques publiques dédiées au développement des territoires « difficiles » (arrière-pays, zones « marginales », montagnes, oasis, etc.) se mettent en place depuis quelques années dans de nombreuses régions du monde, notamment sur les rives dela Méditerranée(pilier II dela PAC, pilier II du « Plan Maroc Vert », etc.). Ces politiques territoriales s’appuient sur la valorisation des « spécificités locales » dans le cadre de projets internationaux, nationaux ou régionaux de développement local durable. Elles mettent sur le devant de la scène les notions de terroir,  de patrimoine, et de paysage en s’appuyant sur une demande croissante, au niveau international et national, de produits typiques ou porteurs de valeurs éthiques (commerce équitable) et écologiques (labels bio, etc.), mais aussi en termes de tourisme vert ou d’écotourisme. Il s’agit donc de mobiliser des ressources territoriales spécifiques susceptibles d’être valorisées sur différents marchés dans un contexte de concurrence généralisée entre territoires et de standardisation des produits. De ce fait, les liens au lieu d’origine, à l’histoire, à l’identité, mais aussi à la qualité et à l’innovation apparaissent comme des moteurs essentiels de la compétitivité des territoires.

Un concept élaboré dans un contexte socio-historique et politique particulier peut-il être instrumentalisé par certaines catégories d’acteurs ? Devient-il un catalyseur ou un obstacle à une action collective efficace à l’échelle d’un territoire donné ? Ces transferts conceptuels ont-ils un impact sur les politiques publiques, sur les projets de développement portés par les ONG, sur les sociétés rurales elles-mêmes ? La rhétorique des discours autour des concepts fait-elle sens pour les différents acteurs impliqués sur le terrain ?

Axe 3 : approches sensibles et gestion des paysages et des terroirs

Les premières études sur les représentations paysagères sont apparues il y a plusieurs décennies. Quel bilan peut-on tirer de ces approches ? Peut-on parler d’un excès du tout perceptif dans certains travaux réalisés en sciences sociales, concernant tout particulièrement les espaces ruraux ? Faut-il au contraire considérer qu’il s’agit d’un acquis majeur des sciences appliquées au paysage ? Le développement des démarches de patrimonialisation et de requalification paysagères est une des conséquences de l’intérêt porté à certains paysages remarquables. Quid des paysages qui ne sont pas « regardés » dans certaines parties du monde ?

De grands paysages agraires emblématiques sont utilisés de longue date à des fins de marketing par les acteurs institutionnels et agricoles. Toutefois, les représentations construites autour des produits du terroir et des paysages typiques sont-elles toujours compatibles avec la modernisation des pratiques agricoles et des structures agraires ? La gestion des productions agricoles sous signe de qualité s’est traduite par l’apparition de chartes paysagères. Tous les terroirs se prêtent-ils à ce genre d’opérations ? Quelles autres formes de valorisation paysagères peut-on observer sur le terrain ? Avec quelle participation des acteurs agricoles ? Avec quelles contraintes ? Le développement de la réglementation en faveur du paysage et de l’environnement a-t-il un impact sur les paysages ruraux ? Les politiques de trames vertes, de corridors, de continuité écologique sont-elles conciliables avec la gestion des terroirs ?

Axe 4 : mutations paysagères et construction des terroirs dans le temps long :

La révolution agricole, qu’elle soit précoce ou tardive dans les territoires, a souvent eu pour effet de gommer la diversité paysagère et la complémentarité des terroirs à l’échelle d’un finage. L’exode rural a vidé les campagnes d’une main d’œuvre qui entretenaient les terrasses, les murs en pierres sèches, les haies vives. Les mutations des structures de production ont conduit à la restructuration du parcellaire, à l’abandon des terroirs non mécanisables, à la reforestation des pentes les plus raides, à la multiplication des friches… Il s’en suit une certaine homogénéisation paysagère, voire parfois une véritable banalisation. Peut-on dresser un bilan de ces mutations paysagères dans le temps long ? Quels sont les mécanismes à l’œuvre lorsqu’il y a une rupture d’équilibre entre un paysage et un système productif ?

Parallèlement l’essor des productions agricoles sous signes de qualité, et tout particulièrement le développement des terroirs d’appellation d’origine est un processus qui peut s’étaler sur plusieurs décennies : construction de la notoriété, consolidation des structures collectives de gestion, adaptation des savoir faire locaux à la modernité. Le maintien des usages de production traditionnel dans un cahier des charges est-il un facteur qui favorise le maintien d’une certaine diversité paysagère ?

Dans les pays du Sud, la valorisation des produits agricoles par les signes de qualité (AOP, Bio, Equitable…) permet-elle de maintenir des paysages agraires remarquables qui n’ont pas encore connu de modernisation des structures de production ?

Propositions hors axes thématiques :

Le comité scientifique examinera les propositions de communications qui ne relèvent pas des quatre axes précédents, mais qui répondent à la problématique générale posée par le colloque : approches méthodologiques relevant du paysage et des terroirs dans un cadre interdisciplinaire ; réflexion sur l’articulation des échelles ; études finalisées à échelle fine mobilisant bases de données et SIG ; démarches de modélisation graphique ou de simulation-modélisation dans le champ plus spécifique de l’analyse spatiale.

Participation

Les propositions de communications n’excéderont pas 4000 caractères espaces compris. Les langues admises sont l’anglais, le français et l’espagnol. Elles devront parvenir à l’adresse suivante : paul.minvielle@univ-amu.fr

avant le 30 janvier 2013

Dates

  • mercredi 30 janvier 2013

Mots-clés

  • paysages, terroirs, urbanisme, aménagement, géographie rurale, développement

Contacts

  • Paul Minvielle
    courriel : paul [dot] minvielle [at] univ-provence [dot] fr

Source de l'information

  • Paul Minvielle
    courriel : paul [dot] minvielle [at] univ-provence [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Paysages et terroirs », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 14 novembre 2012, http://calenda.org/227179