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Famille(s) et pouvoir(s)

Families and power(s)

Regards croisés : Antiquité romaine – époque moderne

Crossed perspectives of Ancient Roman and the Modern period

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Publié le vendredi 16 novembre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Les rapports entre famille(s) et pouvoir(s) sont un lieu commun de la pensée politique occidentale. Organisée sur le principe du dialogue entre romanistes et modernistes, cette journée d’étude vise à restituer les constructions symboliques changeantes, ainsi que les jeux de références, d’interprétations et d’usages dont la rhétorique familiale du pouvoir fait l’objet depuis l’Antiquité. Dans la Rome antique, les rapports de parenté sont la matrice des relations d’autorité instituant l’ordre public. À l’époque moderne, les représentations familiales du pouvoir, qui se réfèrent au droit romain, visent à légitimer la souveraineté de l’État. Attentive aux écarts, l’étude croisée de ce lieu idéologique qu’est la famille permettra d’historiciser les cultures familiales du pouvoir caractérisant l’affirmation de l’État et de ses élites, dans l’Antiquité romaine et à l’époque moderne.

Annonce

Pléiade, U. Paris-13, PRES Sorbonne Paris Cité, avec le soutien de la fondation MSH, de la revue Crime, History & Societies et de l’IAHCCJ)

Organisée par

  • Sabine Armani (U. Paris-13),
  • Julie Doyon (U. Paris-13),
  • Thierry Rentet (U. Paris-13) 

Présentation

« La famille est la pépinière de l’État » (Cicéron, De Officiis, I, I, XVII, 54) : à Rome, la famille forme un paradigme du pouvoir. Ce topos de la culture juridique romaine, promis à un bel avenir, n’a cessé d’inspirer la pensée politique de la modernité. Songeons seulement au préambule de la Déclaration royale du 16 novembre 1639 rappelant que les « mariages sont le séminaire des États (…) et le fondement des familles qui composent les républiques (…) dans lesquelles la naturelle révérence des enfants envers le parents est le lien de la légitime obéissance des sujets envers leur souverain ». Aussi à l’époque moderne, la paternité constitue-t-elle l’archétype des relations d’autorité à partir duquel est pensée la souveraineté du roi « Père de son peuple ». Il faut pourtant se garder de figer la métaphore familiale du pouvoir dans une lecture atemporelle. La présente journée d’études postule la plasticité de la rhétorique domestique de l’État pour en examiner les implications et les évolutions aux époques romaine et moderne. En partant des règles et des usages de la parenté selon le droit romain, il s’agit de restituer les types de discours du pouvoir fondés sur les liens du sang et de l’alliance, ainsi que d’en éclairer les réinvestissements, les dépassements, voire les réinterprétations aux deux périodes. Du principe hiérarchique découlant de l’autorité paternelle à l’idéal égalitaire issu de la relation fraternelle, les images de la famille évoluent en fonction des reconfigurations du lien social et politique à une période et dans une société donnée. Plusieurs éclairages peuvent être croisés pour définir les formes du lien social et politique qu’elles définissent à Rome et sous l’Ancien Régime. Ces problèmes pourront être analysés en privilégiant les pistes suivantes : les discours littéraires, philosophiques, épigraphiques, iconographiques etc. sur les représentations familiales du pouvoir ; les effets juridiques des conceptions familiales de l’autorité dans le droit et la jurisprudence civile ou criminelle ;les usages sociaux de modèles domestiques du pouvoir suivant les logiques d’appropriations du territoire, les stratégies successorales et patrimoniales, les cultures généalogiques, lignagères et dynastiques.

Programme

Culture généalogique, genèse de l’Etat

Présidence : Marie-José Michel (U. Paris-13)

  • 9h00. – Introduction, Sabine Armani et Julie Doyon (U. Paris-13)
  • 9h20. – Philopappos de Commagène : des Achéménides aux frères arvales, Michel Molin (U. Paris-13)
  • 9h40. – Les mentions de relations de parenté avec l'empereur, François Chausson (U. Paris-1)
  • 10h00. – L’État et les cultures familiales. Les généalogies politiques de la noblesse d’Auvergne au XVIIe siècle, Anne-Valérie Solignat (U. Strasbourg)

10h20. – Discussion

Gouverner par les alliances, contrôler les mésalliances

Présidence : Sylvie Steinberg (U. Rouen)

  • 11h00. – La parenté par alliance, reflet et ciment de l’alliance politique dans la Rome républicaine ? Le cas d’Octavien et Marc Antoine à l’époque du second triumvirat, Miguel Canas (U. Paris-10)
  • 11h20. – La souveraineté domestique à l’épreuve des litiges conjugaux à Marseille au XVIIIe siècle, Christophe Regina (U. Aix-Marseille)
  • 11h40. – Des bâtards légitimés ? L’exemple de la République de Genève au XVIIIe siècle, Loraine Chappuis (U. Genève)

12h00. – Discussion 

Fils rebelle, pouvoir paternel

Présidence : Évelyne Scheid (U. Paris-13)

  • 14h00. – Mauvais empereur, mauvais fils, mauvais parent. Le paradigme de la parenté dans les portraits impériaux de Suétone et de Tacite, Sabine Armani et Nicolas Mathieu (U. Grenoble-2)
  • 14h20. – La mémoire du père dans la politique dynastique de Charles-Emmanuel Ier de Savoie, Stéphane Gal (U. Grenoble-2)
  • 14h40. – Du trône à la chaumière : autorité paternelle et crime parricide à l’époque moderne, Julie Doyon (U. Paris-13)

15h00. – Discussion

  • 15h30. – Conclusions, Patrick Le Roux (U. Paris-13)

Lieux

  • UFR LSHS, 3e étage, salle F305 - Université de Paris XIII, 99 avenue Jean-Baptiste Clément
    Villetaneuse, France (93430)

Dates

  • vendredi 16 novembre 2012

Mots-clés

  • pouvoir, parenté, famille, État, Antiquité romaine, époque moderne, culture politique, droit

Contacts

  • Julie Doyon
    courriel : julie [dot] doyon [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Julie Doyon
    courriel : julie [dot] doyon [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Famille(s) et pouvoir(s) », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 16 novembre 2012, http://calenda.org/227584