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Les meetings électoraux

Electoral meetings

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Publié le mardi 20 novembre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

En dépit de la multiplication des études récentes concernant les campagnes électorales, le meeting reste un objet relativement peu investi. Outil de mobilisation électorale et de communication censé illustrer par son organisation ritualisée la force d’un candidat et de son parti, le meeting constitue un temps fort de la course à l’élection, ne serait-ce qu’en raison de la croyance, réelle ou supposée, des acteurs (politiques, militants, médiatiques) dans ses effets. Mais au vu de ses évolutions historiques, de ses transformations, que sait-t-on aujourd’hui de cette technologie militante, son organisation, son encadrement juridique, ses enjeux ? Cette journée d'étude vise à croiser les points de vue disciplinaires (sociologie, science politique, droit, histoire...) sur cette thématique.

Annonce

Journée d’Étude, SPEL meeting Toulouse, Ecole Doctorale des sciences juridiques et politiques Toulouse I Capitole, IEP Toulouse, Laboratoire des Sciences sociales du politique, 21 mars 2013

Les meetings dans les campagnes électorales :  Analyses sociales, historiques et juridiques d’un dispositif politique 

Argumentaire

En dépit de la multiplication des études récentes concernant les campagnes électorales[1], le meeting reste un objet relativement peu investi. Outil de mobilisation électorale et de communication censé illustrer par son organisation ritualisée la force d’un candidat et de son parti, le meeting constitue un temps fort de la course à l’élection, ne serait-ce qu’en raison de la croyance, réelle ou supposée, des acteurs (politiques, militants, médiatiques) dans ses effets. Mais au vu de ses évolutions historiques, de ses transformations[2], que sait-t-on aujourd’hui de cette technologie militante, son organisation, son encadrement juridique, ses enjeux ? Que se passe-t-il en pratique au cours d’un meeting, entre les participants et le ou les orateur(s) ou dans les coulisses, du côté des organisateurs ? Que viennent y « chercher » les individus qui s’y déplacent, parfois de très loin ? Quid du travail politique et logistique de préparation et de mobilisation des soutiens autour et en amont de cet évènement, tous ces à-côtés qui constituent autant de moments de sociabilité militante ? Et que dire des « après meeting », des soirées festives une fois le public parti ou des « retombées » médiatiques les jours suivants ? Car le meeting est aussi une « manifestation de papier », au sens de Patrick Champagne[3], (re)construite par et pour le champ journalistique.  En effet la médiatisation de la vie politique a participé à transformer la nature et la forme des meetings[4].

Ces questions plaident en faveur d’une appréhension processuelle du meeting qui va de l’appréciation de son opportunité par un parti ou un candidat jusqu’à son organisation, en passant par la « mesure » les jours suivant l’évènement des effectifs présents et de la couverture médiatique. Chaque meeting vient ainsi s’inscrire dans une série qui marque sur le terrain l’incarnation d’une campagne. Mais il convient de le replacer aussi au sein de concurrences partisanes, comme outil de stratégies de positionnement, d’occupation et d’appropriation de l’espace politique, géographique et médiatique. Les choix de dates, de lieux, de mise en scène, de thématiques  de discours, de symboles (etc.) ne font sens qu’au regard d’une approche pluridisciplinaire capable de saisir les rapports de force au présent autant que le poids des héritages historiques (réels ou « fantasmés ») qui façonnent les manières de faire, de penser et d’agir des formations politiques.

Enfin, ce processus se déroule dans un espace politique qui est certes hautement concurrentiel mais aussi régi par le droit, où les procédés de mobilisation et de propagande électorale sont l’objet d’un encadrement juridique croissant. La réalisation d'un meeting, dans ce qu'elle implique en termes de règles de sécurité et de responsabilité, de règlementations sur les usages des salles et espaces publics, de législations quant aux financements et à la gestion des retombées médiatiques vient rappeler que le jeu politique s'effectue dans le cadre d'un droit « composite », visant à « instaurer les conditions d'une compétition honnête »[5]. Qu’en est-il aujourd’hui de ce « droit des partis » aussi foisonnant qu'hétérogène, de ses sources, de ses instances? Comment est-il compris, appliqué, construit, critiqué ou contourné par les organisations partisanes dans cet exercice de « mise en pratique » qu'est le meeting? En quoi les évolutions du droit accompagnent-elles et traduisent-elles des processus historiques de professionnalisation politique qui s'actualisent dans la mise en œuvre du « spectacle » électoral?

Bibliographie indicative

  • AGRIKOLIANSKI  Éric, HEURTAUX Jérôme, LE GRIGNOU Brigitte, Paris en campagne. Les élections municipales de 2008 dans deux arrondissements parisiens, Editions du Croquant, 2011.
  • BOURDIEU Pierre, « La représentation politique », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 36-37, février/mars 1981. pp.3-24.
  • CHAMPAGNE Patrick, «  La manifestation. La production de l'événement politique », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 52-53, juin 1984, p. 19-41.
  • COMBES Hélène « Meetings de fin de campagne au Mexique et ethnographie des milieux partisans »,Politix, 85, 2009
  • COMBES hélène, « observer les mobilisations. Retour sur les ficelles du métier de sociologue des mouvements sociaux », Politix, 93, 2011.
  • COSSART Paula, Le meeting politique. De la manifestation à la délibération, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010.
  • GARRIGOU Alain, DELOYE Yves, IHL Olivier,  « La construction sociale du vote. Fétichisme et raison instrumentale », Politix, Vol. 6, N°22. Deuxième trimestre 1993. pp. 5-42.
  • GAXIE Daniel, Le cens caché, Coll. Sociologie Politique, Paris, Le Seuil, 1978.
  • GAXIE Daniel, « Rétributions du militantisme et paradoxes de l'action collective », Revue suisse de science politique, Volume 11, Issue1, Spring 2005, 157-188.
  • GAXIE Daniel, LEHINGUE Patrick Enjeux municipaux - la constitution des enjeux politiques dans une élection municipale, Paris, PUF-CURAPP, 1984,
  • LEFEBVRE Rémi, « Le travail de mobilisation électorale », in COHEN Antonin, LACROIX Bernard, RIUTORT Philippe, Nouveau manuel de science politique, Paris, La Découverte, 2009, pp. 406-421.
  • LEHINGUE Patrick, LAGROYE Jacques, SAWICKI Frédéric, Mobilisations électorales. Le cas des élections municipales de 2001, CURAPP, 2005.
  • POIRMEUR Yves, ROSENBERG Dominique, Droit des partis politiques, Paris, Ellipses, 2008.
  • POURCHER Yves, « “Un homme une rose à la main”, Meetings en Languedoc de 1985 à 1989», Terrain, n° 15, 1990.
  • SOMMIER Isabelle, « La CGT : du service d'ordre au service d'accueil », Genèses, 12, 1993. Maintenir l'ordre. pp. 69-88.

Calendrier 

Les propositions de communication (max 4000 signes bibliographie incluse) sont attendues pour le 21 décembre 2012.

Les travaux collectifs et/ou de jeunes chercheurs sont encouragés dans les différentes disciplines (droit, science politique, histoire, sociologie, … ). 

  • Notification aux auteurs : 17 janvier 2013
  • Version finale du texte de la communication : 1er mars 2013
  • Journées d’étude : 21 mars 2013

Les propositions sont à envoyer à : Aïcha BOURAD (aichabourad@gmail.com) et Fanny TOURRAILLE (fanny.tourraille@live.fr ) 

Comité scientifique

Ludivine BALLAND (Lassp, IEP Toulouse) ; Sophie BEROUD (TRIANGLE, Université Lyon 2) ; Aïcha BOURAD (Lassp, IEP Toulouse) ; Hélène COMBES (CNRS- CERI) ; Daniel GAXIE (CESSP-CRPS Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne); Gildas HIVERT (Lassp, IEP Toulouse) ;  Patrick LEHINGUE (C.U.R.A.P.P., Université de Picardie Jules Verne Amiens) ; Wanda MASTOR, (Institut Maurice Hauriou, UT1) ; Jérémie NOLLET (Lassp, IEP Toulouse) ; Fanny PARENT (Lassp, IEP Toulouse) ; Jacques POUMAREDE (Université Toulouse I – Capitole) ; Yves POURCHER (Lassp ; IEP Toulouse) ;  Fanny TOURRAILLE (Lassp, IEP Toulouse)

Notes

  • [1] LEHINGUE Patrick, LAGROYE Jacques, SAWICKI Frédéric, Mobilisations électorales. Le cas des élections municipales de 2001, CURAPP, 2005 ; AGRIKOLIANSKI  Eric, HEURTAUX Jérôme, LE GRIGNOU Brigitte, Paris en campagne. Les élections municipales de 2008 dans deux arrondissements parisiens, Editions du Croquant, 2011.
  • [2] COSSART Paula, Le meeting politique. De la manifestation à la délibération, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010 ; GARRIGOU Alain, DELOYE Yves, IHL Olivier,  « La construction sociale du vote. Fétichisme et raison instrumentale », Politix, Vol. 6, N°22. Deuxième trimestre 1993. pp. 5-42.
  • [3] CHAMPAGNE Patrick, «  La manifestation. La production de l'événement politique », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 52-53, juin 1984, p. 19-41.
  • [4] POURCHER Yves, « “Un homme une rose à la main”, Meetings en Languedoc de 1985 à 1989 », Terrain, n° 15, 1990, p. 90 ; 
  • [5] POIRMEUR Yves, ROSENBERG Dominique, Droit des partis politiques, Paris, Ellipses, 2008.

Lieux

  • IEP Toulouse - 2 Ter Rue des Puits Creusés
    Toulouse, France (31)

Dates

  • vendredi 21 décembre 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Meetings, campagnes électorales, élections, partis

Contacts

  • Aïcha Bourad
    courriel : aichabourad [at] gmail [dot] com
  • Fanny Tourraille
    courriel : fanny [dot] tourraille [at] live [dot] fr

Source de l'information

  • Aïcha Bourad
    courriel : aichabourad [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les meetings électoraux », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 20 novembre 2012, http://calenda.org/227850