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Objects From Abroad

Objects From Abroad

La vie des objets « exotiques » en France et aux États-Unis (XVIIIe‐XXe siècle)

The Life of Exotic Goods in France and the United States (18th-20th centuries)

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Publié le mercredi 21 novembre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Cette conférence entend questionner les objets ramenés en France et aux États-Unis entre le XVIIIe siècle et le XXe siècle, ainsi que de leur postérité dans leur nouvel environnement. Voyages professionnels ou touristiques, où sont collectés des objets ou produits « exotiques » destinés à l’usage privé ; ou encore expéditions scientifiques, où sont rassemblés les artefacts « anthropologiques », destinés aux collections des musées occidentaux : quels sont les objets venus « d’ailleurs » entre le XVIIIe et le XXe siècles ? Comment sont-ils montrés, mais aussi transformés et réactualisés ? De quoi gardent-ils la trace ? Quel est leur impact sur les manières de consommer, d’habiter, de se vêtir, de créer, ainsi que sur la mémoire et l’imaginaire ? Et que dire des processus de traduction et d’interprétation qui accompagnent leur usage et leur appropriation ?

Annonce

Argumentaire

L’essor des material studies et des consumption studies, de l’anthropologie du monde matériel ou encore de l’histoire matérielle de l’art témoigne de l’intérêt croissant pour la matérialité des objets et des images. Cette dimension invite à comprendre et analyser la production des artefacts mais aussi les mutations liées à leurs différents usages et contextes. Toute une historiographie est ainsi actuellement en chantier sur la construction des espaces et échanges internationaux par le biais des circulations d’objets, de choses, de marchandises et d’œuvres d’art [1].

Dans cette perspective, cette conférence entend questionner les objets ramenés en France et aux États-Unis entre le XVIIIe siècle et le XXe siècle, ainsi que de leur postérité dans leur nouvel environnement. Voyages professionnels ou touristiques, où sont collectés des objets ou produits « exotiques » destinés à l’usage privé ; ou encore expéditions scientifiques, où sont rassemblés les artefacts « anthropologiques », destinés aux collections des musées occidentaux : quels sont les objets venus « d’ailleurs » et rapportés notamment à New York ou Paris – non sans passer par d’autres villes – entre le XVIIIe et le XXe siècles ? Comment sont-ils montrés, mais aussi transformés et réactualisés ? De quoi gardent-ils la trace ? Il s’agit d’étudier la « carrière » de certains objets, leur collecte et leur déplacement, ainsi que la manière dont ceux‐ci travaillent leur société d’accueil. Quel est leur impact sur les manières de consommer, d’habiter, de se vêtir, de créer, ainsi que sur la mémoire et l’imaginaire ? Et que dire des processus de traduction et d’interprétation qui accompagnent leur usage et leur appropriation ?

Les échanges entre la France et les États-Unis, denses et significatifs, mais rarement analysés, sont à observer avec attention. S’intéresser à ces objets, c’est ainsi s’attacher à repeupler ces mondes des nombreux acteurs qui les produisent. Collectionneurs mais aussi ethnographes, marchands, artistes, militaires : tous inventent, commercialisent et consomment ces objets singuliers. Sous cet angle, ces derniers deviennent des « objets-frontières », qui mobilisent et regroupent des communautés différentes – savantes, artistiques, marchandes… L’attention aux acteurs implique une attention renouvelée aux espaces : il s’agit alors d’observer les déplacements à grandes échelles mais aussi les microcirculations ainsi que les installations et les mises en scène à l’intérieur des musées ou des appartements. Cette conférence entend ainsi croiser l’analyse des pratiques et des représentations, des cultures visuelles et matérielles, dans l’espace privé comme dans l’espace public.

Quatre axes, connexes, pourront notamment être étudiés :

  1. Usages

Les mouvements de décontextualisation et de recontextualisation (collection, remploi, réparation) des objets retiendront notre attention. Comment sont-ils commercialisés, collectés, exposés ? Une fois acquis, comment sont-ils utilisés ? Le cas échéant, comment sont-ils réparés ou refaçonnés ? Réunis ou recomposés ? Par une série d’études de cas, il pourra s’agir de suivre certains objets, de la boutique du marchand aux intérieurs des particuliers, ou encore de l’espace privé au musée, en étant attentif aux mains et aux gestes qui les accueillent et les modifient.

  1. Témoins et souvenirs

Certains objets, comme les souvenirs de voyages, ont une fonction mnémonique particulière. De quoi les objets rapportés en Occident gardent-ils la mémoire ? De quoi sont-ils les témoins ? Comment racontent-ils une émotion, une histoire ? Comment l’objet déploie-t-il autour de lui de la pensée et du temps ? Cette réflexion pourra aussi s’étendre à la question du faux ou encore à celle de l’hyper-réalité, en étudiant les moulages, les empreintes, ou, dans certains cas, la photographie.

3. Acteurs et marchés

Les objets parcourent une chaîne d’acteurs et de consommateurs qu’il s’agit d’identifier. Qui sont les acteurs de ces échanges et quels sont les rôles des différents acteurs dans l’invention de ces objets ? Dans leur mise à la mode et leur commercialisation ? Quels sont les circuits spécifiques et les contours de ce marché ? Comment les différents acteurs et consommateurs utilisent-ils ces objets pour élaborer des identités[2].

4. Fictions 

Ce quatrième axe portera sur la fiction, le travestissement, la part du jeu, et plus généralement la part fictionnelle de l’usage. Joanna Sofaer a déjà montré comment l’emploi et la représentation de certains accessoires exotiques construisent des identités particulières[3]. Les robes, la vaisselle ou les accessoires liés au tabac travaillent-ils l’identité de ceux qui les exhibent ? Comment ces objets sont-ils mobilisés et utilisés dans les mondes de l’art : dans les exhibitions privées et publiques, les pièces de théâtres ou encore les peintures ?

Conditions de soumission

Délai pour la soumission des résumés : 31 décembre 2012

Un résumé Un résumé (maximum 300 mots) et une brève biographie (maximum 100 mots) peuvent être envoyés à Noémie Etienne (noemie.etienne@unige.ch) avant le 31 décembre 2012.

Date du colloque : 25 avril 2013

Lieu : CNRS NYU Center for International Research in the Humanities and Social Sciences, Transitions UMI 3199
4 Washington Square North, New York, New York, 10003
Téléphone : +1-212-992-7488

Responsables scientifiques

  • Manuel Charpy, CNRS
  • Noémie Etienne, FNRS/NYU

[1] Voir notamment Nicholas Thomas, Entangled Objects, Exchange, Material Culture and Colonialism in the Pacific, Cambridge, Harvard University Press, 1991; Giorgio Riello (dir.), The Spinning World: A Global History of Cotton Textiles, 1200-1850, Oxford, Oxford University Press, 2009 et How India Clothed the World: The World of South Asian Textiles, 1500-1850, Leiden, Brill, 2009.

[2] Maya Jasanoff, Edge of Empire: Lives, Culture, and Conquest in the East, 1750-1850, New York, Randon House, 2005.

[3] Joanna Sofaer (éd.), Material Identities, Oxford, Blackwell Publishing, 2007.

Lieux

  • CNRS NYU Center for International Research in the Humanities and Social Sciences - 4 Washington Square North
    New York, États-Unis (10003)

Dates

  • lundi 31 décembre 2012

Mots-clés

  • vie des objets, échange, histoire de la consommation, réparation, matérialité, intermédiaires, histoire des collections

Contacts

  • Noémie Etienne
    courriel : ne477 [at] nyu [dot] edu
  • Manuel Charpy
    courriel : manuel [dot] charpy [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Noémie Etienne
    courriel : ne477 [at] nyu [dot] edu

Pour citer cette annonce

« Objects From Abroad », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 21 novembre 2012, http://calenda.org/227871