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Famille, normes et pouvoir dans la modernité politique

Family, norms and power in political modernity

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Publié le lundi 26 novembre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

La modernité politique sera envisagée cette année sous l’angle des rapports entre famille et politique. En effet, sous l’Ancien Régime, les structures de la parenté et de l’alliance d’un côté, l’organisation des pouvoirs publics de l’autre, sont dans un jeu d’influence et d’interaction, tant au niveau des pratiques que des représentations et des justifications. À l’homothétie de la « famille, séminaire des États » répond la métaphore du « Roi, père du peuple », et si l’ordre public justifie l’ingérence de la législation royale dans les affaires familiales, l’État royal se pense nécessairement en termes dynastiques de perpétuation lignagère. Néanmoins, et simultanément, la doctrine de la souveraineté vient achever un long processus de distinction entre les pouvoirs, pensés de plus en plus abstraitement, et les personnes physiques de ceux qui les exercent : elle rend possible l’émergence d’un modèle alternatif à celui de la patrimonialisation du pouvoir, qui oppose intérêt public et intérêts privés, et modifie progressivement les modes de construction, de maintien et d’objectivation des positions de domination. Cet éloignement des deux sphères du domestique et du public transforme alors la question des influences réciproques en celle d’une délimitation du domaine spécifique de chacun. 

Annonce

Présentation

La modernité politique sera envisagée cette année sous l’angle des rapports entre famille et politique. En effet, sous l’Ancien Régime, les structures de la parenté et de l’alliance d’un côté, l’organisation des pouvoirs publics de l’autre, sont dans un jeu d’influence et d’interaction, tant au niveau des pratiques que des représentations et des justifications. À l’homothétie de la « famille, séminaire des États » répond la métaphore du « Roi, père du peuple », et si l’ordre public justifie l’ingérence de la législation royale dans les affaires familiales, l’État royal se pense nécessairement en termes dynastiques de perpétuation lignagère. Néanmoins, et simultanément, la doctrine de la souveraineté vient achever un long processus de distinction entre les pouvoirs, pensés de plus en plus abstraitement, et les personnes physiques de ceux qui les exercent : elle rend possible l’émergence d’un modèle alternatif à celui de la patrimonialisation du pouvoir, qui oppose intérêt public et intérêts privés, et modifie progressivement les modes de construction, de maintien et d’objectivation des positions de domination. Cet éloignement des deux sphères du domestique et du public transforme alors la question des influences réciproques en celle d’une délimitation du domaine spécifique de chacun. À partir des XVIe-XVIIIe siècle, dans un échange entre juristes et historiens, le séminaire ne se privera pas d’ouvrir le dialogue vers d’autres temps et avec d’autres disciplines.

Responsables scientifiques

  • Pierre Bonin, professeur d’histoire du droit à l’Ecole de droit de la Sorbonne-Université Paris I
  • Fanny Cosandey, maître de conférences à l'EHESS 

Programme

1er, 3e, 5e jeudis du mois de 17 à 19 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris) du 15 novembre 2012 au 30 mai 2013

15 novembre 2012

  • Pierre Bonin, « Droit privé et construction de l’Etat en histoire du droit sous la IIIe république »

29 novembre 2012

  • Nicolas Kermabon, « Stratégies matrimoniales, stratégies patrimoniales : le douaire des duchesses de Bretagne (XIIIe-XVe siècle) »

6 décembre 2012

  • Sylvie Steinberg, « Droit et bâtardise (XVIe-XVIIe siècles) »

20 décembre 2012

  • Virginie Lemonnier-Lesage, « L’autorité paternelle, reflet de l’autorité royale : l’exemple du consentement au mariage des enfants en droit normand »

 17 janvier 2013 

  • Fanny Cosandey, « Loi salique et souveraineté, argument du rang, argument du pouvoir »

31 janvier 2013

  • Isabelle Poutrin, « Le consentement en condition de contrainte, aspects juridiques : une recherche en cours »

7 février 2013

  • Elie Haddad, « La maison et les biens, enjeux politiques de la parenté dans la noblesse d'Ancien Régime »

21 février 2013

  • Louis Assier-Andrieu, « La famille sur la très longue durée, approche d'anthropologie historique »

21 mars 2013

  • Jean-Louis Halpérin, « La famille sous la révolution : transformations juridiques et enjeux politiques »

4 avril 2013

  • Damien Salles, « 1804-1870 : retour sur l'institution de la Liste civile ou l'impossible séparation des sphères domestique et publique »

18 avril 2013

  • Eloïse Rocher, « Les filiations de charges auliques féminines »

16 mai 2013

  • Fanny Cosandey, « Dire son nom par sa place, dire sa place par son nom : préséances et invocations lignagères »

30 mai 2013

  • Michael Breen, « Les procès en nullité de mariage pour cause d’impuissance du mari »

Lieux

  • EHESS, Salle 1 - 105 boulevard Raspail
    Paris, France (75006)

Dates

  • jeudi 15 novembre 2012
  • jeudi 29 novembre 2012
  • jeudi 06 décembre 2012
  • jeudi 20 décembre 2012
  • jeudi 17 janvier 2013
  • jeudi 31 janvier 2013
  • jeudi 07 février 2013
  • jeudi 21 février 2013
  • jeudi 21 mars 2013
  • jeudi 04 avril 2013
  • jeudi 18 avril 2013
  • jeudi 16 mai 2013
  • jeudi 30 mai 2013

Mots-clés

  • famille, normes, pouvoir, modernité politique, parenté, alliance, family-state compact

Contacts

  • Pierre Bonin
    courriel : clarnorma [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Pierre Bonin
    courriel : clarnorma [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Famille, normes et pouvoir dans la modernité politique », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 26 novembre 2012, http://calenda.org/228542