AccueilÉlites urbaines et constructions territoriales : des appartenances plurielles ?

Élites urbaines et constructions territoriales : des appartenances plurielles ?

Urban elites and territorial constructions: plural belongings?

France – Saint Empire, XVIe-XVIIIe siècle

France - Holy Empire, 16th-17th centuries

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Publié le mercredi 21 novembre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

La journée d’études a pour projet d’analyser les manières dont les élites urbaines du royaume de France et du Saint Empire parviennent à articuler des appartenances plurielles à l’époque moderne : sociales ou professionnelles par la détention de positions sources de notabilité ou d’honorabilité dans la ville, civiques par l’exercice de fonctions municipales dans les conseils ou les corps de villes, ou administratives par l’exercice de fonctions dans les institutions étatiques (laïques ou ecclésiastiques). L’interrogation portera à la fois sur les normes, les logiques et les modalités de ces articulations, ainsi que sur les évolutions des formes prises par celles-ci. La confrontation des logiques d’incorporation des villes ou des réseaux de villes dans des constructions territoriales plus vastes permet d’aller au-delà du constat des différences d’organisation des trames urbaines pour interroger l’intérêt commun des deux historiographies pour les processus de négociations entre pouvoirs locaux – et en particulier urbains – et pouvoirs étatiques supérieurs.

Annonce

Journée d'études à l'université de Paris Ouest Nanterre La Défense (salle D 212, bâtiment D), organisée par Vincent Demont et Vincent Meyzie (CHiSCO, Centre d'Histoire Sociale et Culturelle de l'Occident, XII-XVIIIe siècles, EA 1587), avec le soutien de l'IFHA (Institut Français d'Histoire en Allemagne) et du DHI Paris (Deutsches Historisches Institut)

Présentation

Il s’agit de prendre comme point de départ non les institutions urbaines ou étatiques en elles-mêmes, mais les groupes sociaux, les familles et les individus qui les peuplent, utilisent et jaugent de leurs potentialités, pour reconstituer et comprendre le fonctionnement de stratégies collectives. L’ensemble des sources et des méthodes permettant le développement de cette interrogation – de la saisie d’un groupe par la prosopographie à celle d’un individu par des ego-documents ou des écrits du for privé – sera pris en compte.

Trois modes d’articulation sont plus particulièrement envisagés : la conciliation harmonieuse d’appartenances multiples, jugées à même de se renforcer mutuellement ; la conciliation problématique d’appartenances multiples, malgré la perception des tensions et des conflits générés par celles-ci ; le renoncement d’élites urbaines à une pluralité d’appartenances au profit d’un repli sur l’une d’elles. Le premier mode comprend l’étude des situations où il est possible de concilier des appartenances socioprofessionnelles et municipales au service d’intérêts sociaux ou économiques convergents (qu’ils soient privés ou publics), comme chez les marchands conjuguant la défense de leurs intérêts économiques et celle d’un « bien commun ». On entend aussi par là l’analyse des situations caractérisées par une double appartenance civique et étatique permettant de renforcer la position sociale ou politique occupée au sein d’une ville ou d’intermédiaires entre celle-ci et un pouvoir territorial, comme chez les officiers « moyens » en France. L’interrogation peut aussi porter sur les âges, les positions familiales ou les contextes politiques (dans ou au-delà du cadre urbain) favorables à la diversification des appartenances. Elle peut enfin prendre en compte l’usage de marqueurs spatiaux (architecture, programmes iconographiques, armoiries, chapelles) dans l’affirmation de celles-ci. Le second mode comprend l’étude des situations où la pluralité d’appartenances est maintenue bien que les avantages économiques, sociaux ou politiques de cette conciliation ne soient plus perceptibles, ainsi que celles où ces appartenances sont jugées inconciliables par la société urbaine (du fait de conflits d’intérêts, d’abus d’autorité ou de dévoiement de celle-ci). L’interrogation peut ainsi porter sur l’importance des cultures urbaines, civiques et étatiques dans le maintien ou la critique d’appartenances multiples, en particulier dans les cas où celles-ci ne peuvent s’expliquer par une simple rentabilité sociale ou économique. Le troisième mode comprend l’étude des situations d’abandon (déclaré ou de fait) de l’une des appartenances, qu’il s’agisse d’un détachement de la sphère civique – mise en concurrence avec la sphère professionnelle – ou d’un investissement étatique exclusif, comme on l’observe souvent chez les fonctionnaires territoriaux en Allemagne. L’interrogation peut également porter sur la marge de liberté dont peuvent tirer partie les individus et les groupes dans un système de contraintes.

 Programme

9h30 Introduction

  • Vincent Demont et Vincent Meyzie, Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense

Matinée : La conciliation harmonieuse d’appartenances multiples ?

Présidence de séance : Guy Saupin, Université de Nantes (CRHIA)

9h45 Des marchands au pouvoir à Henripolis : développement d’une nouvelle élite urbaine autour d’un projet de ville commerciale au XVIIe siècle

  • Sabine Pellaux, Université de Lausanne (Anthropole)

10h10 Passer de l’élite économique à l’élite politique grâce à l’action diplomatique : le cas des Juifs « portugais » de Hambourg de la fin du XVIIe siècle au début du XVIIIe siècle

  • Indravati Félicité, CPGE, Lycée Janson de Sailly (centre Roland Mousnier)

10h35 Discussion

10h55 Pause

11h15 Emprises professionnelles et carrières civiques : multiplicité et unité communautaires à Paris, XVIIe-XVIIIe siècles

  • Nicolas Lyon-Caen (CRHQ-CNRS), Mathieu Marraud (CRH-CNRS)

11h40 Les appartenances d’Antoine de Lestang et la Ligue (1541-1617)

  • Michel Cassan, Université de Poitiers (EA CRIHAM)

12h05 Discussion

Après-midi : La conciliation problématique d’appartenances multiples et le repli sur une appartenance privilégiée

Présidence de séance : Marie-Louise Pelus-Kaplan, Université Paris Diderot-Paris 7 (ICT)

14h30 « Les citoyens tant soit peu notables » : faire partie de l’élite urbaine dans une capitale de province. Poitiers, XVIIe siècle

  • Antoine Coutelle, Lycée Pilote Innovant International de Jaunay-Clan (CRiHAM)

14h55 L’aristocratie, une nouvelle élite urbaine ? Le cas de la maison comtale Harrach à Vienne, 1550-1750

  • Eric Hassler, Lycée et Université de Strasbourg (CRHM)

15h20 Discussion

15h40 Pause

16h00 Kooperation als Kompensation. Hallische Ratsfamilien im Übergang an Brandenburg Preußen 1680-1740

  • Holger Trauzettel, Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg

16h25 Du marchand-bourgeois à l’élite commerçante. Statut social et fonction économique dans le milieu marchand rouennais au début du XVIIIe siècle

  • Jochen Hoock, Université Paris-Diderot-Paris 7 (ICT)

16h50 Discussion

17h10 Conclusions

Lieux

  • salle D 212 bâtiment D - Université Paris Ouest Nanterre La Défense
    Nanterre, France (92)

Dates

  • vendredi 23 novembre 2012

Mots-clés

  • élites urbaines, pouvoirs, France, Saint Empire romain germanique, époque moderne

Contacts

  • Vincent Meyzie
    courriel : vincent [dot] meyzie [at] u-paris10 [dot] fr
  • Vincent Demont
    courriel : vdemont [at] u-paris10 [dot] fr

Source de l'information

  • Vincent Meyzie
    courriel : vincent [dot] meyzie [at] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Élites urbaines et constructions territoriales : des appartenances plurielles ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 21 novembre 2012, http://calenda.org/228720