AccueilGéohistoire des risques et des patrimoines naturels fluviaux. Des milieux ligériens aux autres espaces fluviaux européens

Géohistoire des risques et des patrimoines naturels fluviaux. Des milieux ligériens aux autres espaces fluviaux européens

The geohistory of risk and the natural waterway heritage. The Loire region and other European waterways

Huitièmes journées d’études du Groupe d’histoire des zones humides

Wet zone history group 8th study day

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Publié le mardi 27 novembre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Ce colloque sur la géohistoire des risques et des patrimoines naturels fluviaux, organisé par le Groupe d’histoire des zones humides, la Zone Atelier Loire, le projet de recherche CEMORAL et le CEDETE (EA 1210 Université d’Orléans), ne prétend pas dresser un bilan de ces riches travaux, mais tente d’illustrer la fécondité des approches pluridisciplinaires et leur apport déterminant à la gestion contemporaine des espaces fluviaux. Ce colloque portera également une attention particulière aux emboîtements d’échelles de temps et d’espace qui caractérisent le fonctionnement géohistorique des milieux. Si les milieux ligériens constituent la base territoriale de la réflexion, en dégageant notamment la diversité des situations entre le bassin-versant amont, moyen et aval, toutes les expériences pluridisciplinaires portant sur les autres fleuves français et européens sont bien sûr attendus afin de multiplier études comparatives et retours d’expérience. En effet, ce colloque scientifique s’adresse également à l’ensemble des gestionnaires des milieux fluviaux et comporte une évidente portée opérationnelle.  

Annonce

Géohistoire des risques et des patrimoines naturels fluviaux. Des milieux ligériens aux autres espaces fluviaux européens, 8émes Journées d’Études du Groupe d’Histoire des Zones Humides - Université d’Orléans, Faculté des Lettres, Langues et Sciences Humaines, Orléans, 11, 12 et 13 avril 2013

Argumentaire

Au sein de l’histoire des rapports homme-nature, et plus particulièrement des liens entre les sociétés et les milieux fluviaux, la Loire occupe une place particulière et paradoxale.

C’est, d’une part, le fleuve considéré comme le plus « sauvage » de France et ce tant dans le fonctionnement de son hydrosystème (géomorphologie fluviale, hydrologie), dans l’ampleur et la richesse de ses milieux naturels (diversité des écosystèmes, biodiversité), dans la panoplie des paysages déployés que dans la valorisation sociétale de l’espace (dont l’inscription du Val de Loire par l’UNESCO). À ce « sauvage » se substitue aussi une image de dangerosité anecdotiquement liée au danger de noyade mais plus sûrement au risque d’inondation, le val d’Orléans étant par exemple un des secteurs les plus exposés au risque de submersion fluviale de tout le territoire métropolitain français.

C’est, d’autre part, un des fleuves dont l’utilisation, notamment par la navigation jusqu’en 1850, a fortement contribué à la construction économique et politique de la France, ce qu’illustre notamment Fernand Braudel dans les chapitres qu’il consacre à la Loire dans l’Identité de la France. À ce titre, c’est un fleuve qui a connu des aménagements fréquents et importants depuis au moins la période médiévale comme en témoignent non seulement les efforts et les motivations pour contrôler le milieu mais aussi l’évolution des techniques et des dispositifs réglementaires et politiques visant à domestiquer le fleuve et à l’intégrer aux espaces environnants. Au sauvage s’associe donc, presque étrangement, une épopée historique d’interventions anthropiques sur le fleuve et de transformations des milieux. Ainsi, à l’aune du regain d’intérêt porté aux zones humides, à l’heure de l’exaltation des patrimoines historiques et naturels, la Loire et ses affluents influencent les projets urbains des villes qu’ils traversent et guident le renouveau de la gestion paysagère des vallées plus rurales.

C’est, enfin, sur le plan scientifique, un espace pionnier dans l’élaboration d’une approche pluri et transdisciplinaire de l’environnement. Au sein et autour de la Zone Atelier Loire (ZAL) et des équipes de recherches implantées dans le bassin mais également en lien avec le Plan Loire, la Loire a été un des viviers de l’histoire de l’environnement et de la prise de conscience que seule une approche scientifique intégrée permet une gestion harmonieuse des milieux fluviaux.

Ce colloque sur la Géohistoire des risques et des patrimoines naturels fluviaux, organisé par le Groupe d’Histoire des Zones Humides, la Zone Atelier Loire, le projet de recherche CEMORAL[1] et le CEDETE (EA 1210 Université d’Orléans), ne prétend pas dresser un bilan de ces riches travaux, mais tente d’illustrer la fécondité des approches pluridisciplinaires et leur apport déterminant à la gestion contemporaine des espaces fluviaux. Ce colloque portera également une attention particulière aux emboîtements d’échelles de temps et d’espace qui caractérisent le fonctionnement géohistorique des milieux. Si les milieux ligériens constituent la base territoriale de la réflexion, en dégageant notamment la diversité des situations entre le bassin-versant amont, moyen et aval, toutes les expériences pluridisciplinaires portant sur les autres fleuves français et européens sont bien sûr attendus afin de multiplier études comparatives et retours d’expérience. En effet, ce colloque scientifique s’adresse également à l’ensemble des gestionnaires des milieux fluviaux et comporte une évidente portée opérationnelle.

Trois thématiques seront plus particulièrement examinées.

Thème 1 : Concepts et notions de la géohistoire de l’environnement.

La géohistoire environnementale, perçue comme l’étude des rapports dialectiques entre l’évolution des milieux naturels et l’évolution des sociétés humaines, connaît aujourd’hui un succès scientifique important qu’atteste la fréquence, voire l’abus, de ce terme dans de nombreuses et récentes publications. S’il s’agit bien évidemment de se réjouir de cet intérêt, s’il constitue un aiguillon pour la recherche pluridisciplinaire et anime de nombreux réseaux internationaux (GHZH, RUCHE, ESEH…), les concepts utilisés appellent une mise au point épistémologique dans la mesure où la géohistoire mobilise beaucoup de mots-valises (patrimoine, héritage, trajectoire paysagère, actualisme, analyse régressive…) ou de regards disciplinaires (géographie historique, géohistoire, archéologie du paysage, archéogéographie, paléoenvironnement, histoire de l’environnement…) aux contours flous et variés. Cette première thématique sera donc consacrée à l’examen des différentes acceptions et portées des notions utilisées dans la géohistoire des milieux fluviaux.

Thème 2 : Le sauvage ligérien, une construction historique ?

Le fleuve Loire et son principal affluent l’Allier sont vécus et présentés comme le dernier grand fleuve sauvage d’Europe. À ce titre, ils font l’objet d’une attention toute particulière. De nombreux suivis scientifiques tant dans les domaines hydrogéologique que biologique y sont menés depuis plusieurs décennies afin de proposer et de mener des plans d’action dits de protection de la nature. En quoi, ce fleuve européen, qui a été un grand axe de navigation lié au commerce et à l’industrie jusqu’au XIXe siècle est-il vécu, au XXIe siècle, comme un fleuve sauvage ?  Quels sont les états de référence pris en considération par les observateurs et retenus par les politiques publiques, pour proposer un état de conservation et mener des travaux de restauration ? Peut-on relier certains cortèges floristiques ou faunistiques à des étapes particulières de l’aménagement du fleuve ? Peut-on repérer une nature liée à la navigation, une associée à la Révolution Industrielle et au Modernisme, une autre enfin dite post-moderne qui inclurait les objectifs et paradigmes des protecteurs de la nature ? Quels sont les choix et les pratiques qui en découlent ? Quels sont les modèles historiques et culturels qui sous-tendent la notion de patrimoine naturel ? La Loire sert-elle de modèle à la gestion d’autres fleuves à l’échelle de l’Europe ?

Thème 3 : Géohistoire du risque d’inondation et élaboration de nouveaux outils de sensibilisation  et de prévention.

Si la lutte contre le risque d’inondation est en soi un sujet d’histoire, dans la mesure où l’évolution des techniques de contrôle de l’écoulement se confronte avec les objectifs, pratiques ou idéels, d’aménagements des milieux fluviaux, elle revêt aujourd’hui dans les vallées ligériennes, une acuité particulière, car les parties inondables des lits majeurs et mineurs ont connu depuis quelques décennies une urbanisation massive. Ainsi, à Saint Etienne, à Orléans, à Tours, à Angers, à Nantes même, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui seraient directement et gravement affectés par une crue de retour séculaire. En absence de toute réelle possibilité de désurbaniser ces espaces, la prévention du risque est largement inféodée à la sensibilisation des habitants concernés et à leur acceptation d’évacuer leur domicile avant l’arrivée des hautes eaux. Dans ces campagnes d’information, établies dans le cadre des documents réglementaires (PCS, DICRIM…), le caractère exemplaire du passé, la mobilisation de crues historiques jouent un rôle déterminant car ils ont valeur de preuve spatiale. Dès lors, ils suscitent l’élaboration de nouveaux outils de communication et de réflexion scientifique comme le webmapping, les Systèmes d’Informations Géographiques à fins géohistoriques et les simulations 3D. Ce recours aux catastrophes révolues, leur intégration dans les dispositifs de prévention sous forme de la notion de Plus Hautes Connues (PPRI, notamment) posent néanmoins de redoutables difficultés conceptuelles et techniques. L’évaluation contemporaine du risque est en effet généralement établie par simple transfert des hauteurs d’eau sans que la question de l’évolution des modes de valorisation de l’espace et celle de la vulnérabilité des milieux soient intégrées.  Ce dernier thème vise donc à dresser un bilan de l’utilisation de l’histoire du risque dans la prévention contemporaine des inondations.

Comité Scientifique :

  • Paul Allard (Professeur d'Histoire, Université de la Méditerranée)
  • Nadjet Aroua (Ecole Polytechnique d'Architecture et d'Urbanisme d'Alger / laboratoire Ville, Urbanisme et développement durable
  • Joelle Burnouf (professeur émérite, Université de Paris I, Zone Atelier Loire –ZAL-)
  • Corinne Beck (Université de Valenciennes, Groupe d’Histoire des Zones Humides -GHZH-, European Society for Environmental History –ESEH-, Réseau Universitaire des Chercheurs en Histoire Environnementale –RUCHE-)
  • Marina Bertoncin (Université de Padoue, Italie)
  • Jean-Michel Derex (GHZH)
  • Nathalie Carcaud (Agrocampus Ouest Angers, ZAL)
  • Salavatore Ciriacono (Université de Padoue, Italie)
  • Chloé Deligne (Université de Bruxelles, Belgique)
  • Patrick Fournier (Université de Clermont-Ferrand, GHZH, ESEH, RUCHE)
  • Magalie Franchomme (Université des Sciences et Techniques de Lille, TVES EA 4477, GHZH)
  • Didier Graillot (École Nationale Supérieure des Mines de Saint Etienne, ZAL)
  • Sabine Greulich (Université de Tours, UMR 6173 CITERES, ZAL)
  • Stéphane Grivel (Université d’Orléans, CEDETE EA 1210, ZAL)
  • Matthew Hatvany (Université de Laval, Canada, GHZH)
  • Anne Rivière-Honneger (directrice de recherche au CNRS, UMR 5600, Zone Atelier Bassin du Rhône)
  • Marie-Christine Marinval (Université de Paris I, GHZH, ZAL)
  • Christian Rohr (Université de Berne, Suisse, ESEH)
  • Jean-Baptiste Rigot (Université de Tours, UMR 6173 CITERES, ZAL)
  • Bertrand Sajaloli (Université d’Orléans, CEDETE EA 1210, GHZH, ZAL)
  • Sylvie Servain-Courant (Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage, UMR 6173 CITERES, GHZH, Zone Atelier Loire)

Cette manifestation, organisée par le Groupe d’Histoire des Zones humides et le CEDETE (Université d’Orléans), est soutenue scientifiquement par l’European Society for Environmental History (ESEH), par le Réseau Universitaire des Chercheurs en Histoire Environnementale (RUCHE) basé l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris.

Comité d’Organisation :

  • Sylvain Dournel (Post-doctorant au laboratoire CEDETE - EA 1210)
  • Magalie Franchomme (Groupe d’Histoire des Zones Humides et Université des Sciences et Techniques de Lille, TVES EA 4477)
  • Marie-Christine Marinval (Groupe d’Histoire des Zones Humides, Université de Paris I)
  • Bertrand Sajaloli (Groupe Histoire des Zones Humides et Université d’Orléans, CEDETE EA 1210, ZAL)
  • Sylvie Servain-Courant (Groupe d’Histoire des Zones Humides, École Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage, UMR 6173 CITERES, ZAL)

Propositions de communications

Les propositions de communications doivent être soumises sous forme d'un résumé d’une page maximum avec un titre accompagné de trois à quatre mots clés. Il doit être fait explicitement référence à la thématique dans laquelle la contribution s'inscrit.

Les propositions doivent parvenir par voie électronique à l’adresse de la Secrétaire du Groupe d’Histoire des Zones Humides magalie.franchomme@univ-lille1.fr et du coordinateur orléanais du colloque bertrand.sajaloli@univ-orleans.fr

avant le 15 janvier 2013.

Les auteurs seront informés de la décision du comité scientifique avant le 1 mars 2013. Les résumés acceptés ainsi que le programme seront publiés sur le site du CEDETE et sur celui du Groupe d’Histoire des Zones Humides en mars 2013. Il sera alors envoyé aux auteurs retenus plus d’informations sur les normes de présentation des articles. Les textes devront parvenir aux organisateurs au plus tard le jour du colloque.

Les actes seront publiés pour une part dans le numéro 8 de la collection Journées d’Études du Groupe d’Histoire des Zones Humides et pour l’autre dans une revue électronique en ligne référencée.

Proposition de communication à retourner par mail avant le 15 janvier 2013

(magalie.franchomme@univ-1ille1.fr et bertrand.sajaloli@univ-orleans.fr) 

  • NOM :           
  • PRENOM :
  • FONCTION :
  • ORGANISME :
  • ADRESSE :
  • Tel. :
  • Email :
  • Proposition de communication ou de poster
  • Axe :
  • Titre :
  • Auteur(s) :
  • Résumé (une page maximum)

Renseignements : (magalie.franchomme@univ-lille1.fr et bertrand.sajaloli@univ-orleans.fr)

Programme prévisionnel

  • Jeudi 11 avril et vendredi 12 avril : communications à l’UFR Lettres, Langues et Sciences Humaines d’Orléans
  • Samedi 13 avril : visite de terrain

Frais d’inscription, donnant droit aux repas des jeudi, vendredi et samedi midi, au livret du colloque et à l’excursion du samedi 2 février.

  • Intervenants et auditeurs : 50 euros
  • Adhérents du GHZH : 30 € (les adhésions peuvent être prises sur place ou à partir du site du Groupe : ghzh.free.fr)
  • Étudiants de la Région Centre : gratuit (hors repas)
  • Enseignants de la région Centre : gratuit (hors repas).

Notes

[1] Ce programme CEMORAL (Conscience, Évaluation et Mise en Oeuvre des Outils de prévention du Risque d’inondation, Application au bassin de la Loire) financé par le volet recherche du Plan Loire (EPL-FEDER), soutenu par la Zone Atelier Loire, est porté par l’UMR 6173 CITERES (Université de Tours) et coordonné par Didier Graillot (École Nationale Supérieure des Mines de Saint Etienne) et Sylvie Servain-Courant (École Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage, UMR 6173 CITERES).

Lieux

  • Université d’Orléans, Faculté des Lettres, Langues et Sciences Humaines
    Orléans, France (45)

Dates

  • mardi 15 janvier 2013

Mots-clés

  • milieux ligériens, espaces fluviaux, géohistoire, risque, environnement

Contacts

  • Magalie Franchomme
    courriel : magalie [dot] franchomme [at] univ-lille1 [dot] fr
  • Bertrand Sajaloli
    courriel : bertrand [dot] sajaloli [at] univ-orleans [dot] fr

Source de l'information

  • Magalie Franchomme
    courriel : magalie [dot] franchomme [at] univ-lille1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Géohistoire des risques et des patrimoines naturels fluviaux. Des milieux ligériens aux autres espaces fluviaux européens », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 27 novembre 2012, http://calenda.org/228946