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De l'ethnographie aux ethnométhodes

Ethnography and ethnomethods

L'ethnométhodologie et l'analyse de l'ordre social situé

Ethnomethodolgy and the analysis of situated social order

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Publié le vendredi 30 novembre 2012 par Elsa Zotian

Résumé

Anthropologie et sociologie conçoivent classiquement le monde social comme un empilement de niveaux de réalité, une structure à plusieurs étages. Ainsi en va-t-il du constructivisme social ou des théories structuralistes. Inversement, un certain nombre de théories situent le monde social au seul niveau de ses habitants. Ceci est vrai de l’interactionnisme, du constructivisme ou de l’individualisme. Face à ces théories, qui se présentent en alternatives les unes aux autres, mais ne constituent en fait que les faces opposées d’une même pièce visant à la saisie en généralité du monde social, l’ethnométhodologie oppose une indifférence. Celle-ci tient principalement à son refus de s’engager dans une entreprise de théorisation qui se situe en surplomb ou en décalage de l’action telle que produite in situ, localement, en contexte, de manière contingente.

Annonce

Présentation

Anthropologie et sociologie conçoivent classiquement le monde social comme un empilement de niveaux de réalité, une structure à plusieurs étages. Ainsi en va-t-il du constructivisme social ou des théories structuralistes. Inversement, un certain nombre de théories situent le monde social au seul niveau de ses habitants. Ceci est vrai de l’interactionnisme, du constructivisme ou de l’individualisme. Face à ces théories, qui se présentent en alternatives les unes aux autres, mais ne constituent en fait que les faces opposées d’une même pièce visant à la saisie en généralité du monde social, l’ethnométhodologie oppose une indifférence. Celle-ci tient principalement à son refus de s’engager dans une entreprise de théorisation qui se situe en surplomb ou en décalage de l’action telle que produite in situ, localement, en contexte, de manière contingente. La question ne consiste dès lors plus, pour l’ethnométhodologie, à modéliser de manière exogène le monde social, mais à décrire les modes ordinaires d’engagement et de saisie du monde par les gens inscrits dans son accomplissement, sans temps mort ni point de vue qui lui soit extérieur. Ainsi, plutôt que de postuler un point de vue privilégié des sciences sociales leur permettant de considérer objectivement la structuration du monde et d’analyser le système à partir d’unités fondamentales, l’ethnométhodologie suggère de ne tenir pour pertinentes que les orientations des gens engagés dans des cours d’action concrets vers des objectivations variées. Cette démarche agnostique ne prétend pas qu’il s’agisse là de la seule réalité possible, mais bien de la seule réalité accessible. La suite de travaux que nous allons discuter dans ces séances vise à présenter un éventail des modes de réalisation concrète et à discuter des questions théoriques, conceptuelles et méthodologiques que soulève la mise en œuvre de ce programme de recherche.

Organisé par

  • Michel Barthélémy,
  • Laurent Camus,
  • Baudouin Dupret,
  • Enrique Klaus,
  • Barbara Olszewska
  • et Julia Velkovska

Calendrier

Séminaire mensuel, un vendredi par mois, 14-17h, EHESS, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France, salle 576.

  • 23/11/12 : Baudouin Dupret. Séance d’introduction. Spécificités de la démarche d’enquête en ethnométhodologie
  • 21/12/12 : Michel Barthélémy. Identité et catégorie : A qui/quoi avons-nous affaire et avec quelles conséquences sur la définition de la situation et l’intelligibilité de l’action ?
  • 18/01/13 : Barbara Olszewska, Rendre ce qui va de soi étrange : à propos du travail de préparation du film “Un Héritier” de Jean-Marie Straub. Les politiques du rythme et de la diction
  • 15/02/13 : Laurent Camus. Voir et revoir l’action. Les insertions de ralentis dans la réalisation télévisée du sport.
  • 15/03/13: Julia Velkovska. Vidéo-ethnographie du jugement et des émotions dans les interactions institutionnelles. Le demandeur d’emploi comme catégorie morale
  • 19/04/13 : Michel Barthélémy. L’ethnométhodologie peut-elle nourrir une analyse critique du social en tant qu’ordre localement accompli ? Un aperçu de la littérature
  • 17/05/13 : Enrique Klaus. Une analyse située des réseaux socionumériques est-elle possible ? Twitter et les cas limites de l’analyse de conversation
  • 21/06/13 : Séance conclusive : bilan et perspectives

 Programme

1ère séance : 23 novembre 2012

  • Baudouin Dupret
    Séance d’introduction : spécificités de la démarche d’enquête en ethnométhodologie

Présentation :

On doit l’invention de l’appellation « ethnométhodologie » à Harold Garfinkel. Ce dernier s’est expliqué sur les conditions d’émergence du terme (Garfinkel, 1974). Il s’agissait de désigner l’étude des manières (les « méthodes » du terme « ethnométhodologie ») par lesquelles les gens (les membres d’un groupe, d’une « ethnie » quelconque, l’« ethno » de l’«ethnométhodologie ») prêtent un sens à leur monde d’action, s’orientent vers ce monde et le pratiquent quotidiennement et routinièrement. Autrement dit, l’ethnométhodologie s’intéresse aux « procédures par lesquelles les acteurs analysent les circonstances dans lesquelles ils se trouvent et conçoivent et mettent en œuvre des modes d’action » (Heritage, 1984 : 9).

Textes d’appui :

  • Sacks,    H.    (1993),    «    La    description    sociologique »,    Cahiers    de    recherche ethnométhodologique, n°1, pp. 7-23.
  • Dupret, B. (2011), Practices of Truth: An Ethnomethodological Inquiry Into Arab Contexts, John Benjamins Publishing Company.

2ème séance : 21 décembre 2012

  • Michel Barthélémy
    Identité et catégorie : A qui/quoi avons-nous affaire et avec quelles conséquences sur la définition de la situation et l’intelligibilité de l’action ?

Présentation :

Une manière d’aborder la question de l’ordre social et de l’action sociale est de se focaliser sur la description des pratiques de raisonnement et d’action des membres. Dans une perspective ethnométhodologique, celles-ci sont envisagées sous l’angle dont les membres s’y prennent pour réaliser des activités sociales de toutes sortes en y reconnaissant les traits de familiarité et de typicité dont leurs activités méthodiquement ordonnées les pourvoient localement et qui les rendent rationnellement observables et descriptibles. Il s’agit alors de la description d’un ordre social incarné dans des pratiques situées. Parmi ces méthodes figure la façon d’identifier un agent à partir des activités qu’il réalise en situation. Celle-ci relève de la mise en œuvre d’un savoir procédural dont Harvey Sacks a décrit les traits constitutifs dans son analyse des dispositifs de catégorisation d’appartenance et dont ses successeurs ont développé et enrichi les outils. Dans le cadre de cette séance nous examinerons la démarche de Sacks et nous attacherons à montrer comment certaines limitations des notions initiales (les collections R et K) ont pu être surmontées par des analyses ultérieures. La notion de paires relationnelles standardisées et sa déclinaison successive en PRS symétriques et asymétriques (Lena Jayyusi) servira de base à la discussion.

Textes d’appui :

  • Jayyusi, L. (2007), Catégorisation et ordre moral. (chapitre 5), Economica, 2010.
  • Sacks, H. (1967), « The search for help : No one to turn to », in Schneidman E. (Ed.), Essays in self-destruction, New-York, Science House, pp. 203-223
  • Sacks, H. (1974 [1972]), « On the analysability of stories by children », in R. Turner, Ethnomethodology, Penguin. Paru initialement dans John J. Gumperz and Dell Hymes (ed.), Directions in Sociolinguistics : The ethnography of communication, Holt, Rinehart & Winston, 1972, pp. 329-45
  • Eglin, P. & Hester, S. (1999), « ’You’re all a bunch of feminists’ : Categorization and the politics of terror in the Montreal Massacre”, Human Studies, 22, pp. 253–272.

3ème séance : 18 janvier 2013

  • Barbara Olszewska
    Rendre ce qui va de soi étrange : à propos du travail de préparation du film “Un Héritier” de Jean-Marie Straub. Les politiques du rythme et de la diction

Présentation :

L'analyse des documents filmés que je souhaiterais effectuer dans le cadre de ce séminaire porte sur la préparation du film Un héritier par le cinéaste Jean-Marie Straub, d'après l'ouvrage Au Service de l'Allemagne de Maurice Barrès. Cette analyse me permettra de mettre l'accent sur les enjeux de l'usage du film de recherche pour analyser le travail cinématographique.

Ressusciter le passé de l’identité alsacienne, c’est à la fois réactualiser les enjeux et les ambiguïtés de la question de l’identité nationale et, à travers cet exemple précis, prendre ses distances vis-à-vis d’elle. Une tâche que Jean-Marie Straub accomplit à travers rien de moins que l’œuvre de Maurice Barrès (1862-1923), journaliste, chroniqueur, romancier, militant de la cause alsacienne, prônant la défense de la langue française, revendiquant le droit des Alsaciens à décider par eux-mêmes de leur appartenance à la collectivité française, à l’encontre de l’annexion pure et simple de l’Alsace par l’Allemagne.
Tout en la considérant comme une question primordiale qui ne saurait être sous-estimée (lui qui a vécu ce déracinement), Jean-Marie Straub rend progressivement étrange la vision de l’identité nationale défendue par Barrès. Cette étrangeté, comme souvent dans ses films, est recherchée et construite progressivement dans le travail précis et laborieux qu’il réalise sur le texte, dans le travail de la mise en scène, le choix des cadrages et est finalement peaufinée dans la phase finale de montage du film.
Cet effet d'étrangeté se réalise à travers la recherche d’une articulation plus étroite entre le sens du texte et les intonations de la voix, les postures et expressions corporelles des acteurs ou encore à travers une attention particulière prêtée aux éléments de l’environnement (son, lumière, décors naturels) sur lesquels se fonde la recherche du cadrage qui convient, « le cadrage étrange » travaillé jusqu’aux dernières opérations de lissage du matériel filmé, permises par « les trucages » du montage. En effet, comme on peut l'apercevoir à travers son résultat final, à savoir le film de Straub, ici tout semble déréalisé : la diction, la marche, la longueur inhabituelle des silences, le caractère abrupt des gestes et des mouvements du corps des acteurs.
A partir de l’examen de ce travail d’adaptation cinématographique de l'ouvrage de Barrès par Straub, je chercherai à montrer et à examiner les méandres et les détails des raisonnements pratiques mis en œuvre. Comment par exemple l'acteur et le cinéaste s’y prennent-ils pour mettre en lumière, mais également « rendre étrange » le texte de Barrès ? Comment ce travail de réappropriation du texte rend-il en même temps compte des présupposés de la lecture ordinaire, attendue, du texte original en les travestissant ? Ou comment, au contraire, il s'en éloigne, en problématisant les techniques classiques mises en œuvre dans l'apprentissage d'un texte par un acteur professionnel ? Comment les différentes versions de la lecture-reprise d’un fragment de texte se forment-elles progressivement, puis se transforment-elles en plans et images filmiques ? Et, comment tout ceci s'intègre progressivement dans des lieux du film (forêt, ferme) et le travail de l'équipe (prise de son et de l'image, montage). Voici quelques pistes de réflexions pour suivre l'analyse d’extraits du film de recherche que j'ai réalisé sur ce travail.

Texte d’appui :

  • Lena Jayyusi, « Le vécu, le produit et le manifeste : Observations sur un ordre conflictuel », in (sous la direction de B. Olszewska et al.), Les données de l’enquête, PUF, 2010, pp. 227- 282

4ème séance : 15 février 2013

  • Laurent Camus

Voir et revoir l’action. Les insertions de ralentis dans la réalisation télévisée du sport

Présentation :

Prenant appui sur une enquête vidéoethnographique menée en régie lors de la réalisation télévisée de matches de football, la séance sera consacrée à la manière dont sont produits des comptes rendus médiatiques en situation. La régie télévisée, considérée comme un centre de coordination, constitue un lieu privilégié pour l’analyse de l’ordre social. De par la concomitance de l’observation de l’action filmée et de sa médiation par le montage vidéo, la réalisation télévisée en direct apparaît comme un travail collaboratif de coordination avec un flux d’événements. Le cadrage et le montage du match reposent ainsi sur des pratiques socialement instituées de perception et de jugement et sur des savoir-faire professionnels ordinaires, qu’ils soient liés à la connaissance de sens commun du monde social et ludique ou à la maîtrise du dispositif technique permettant d’en rendre compte par l’image.
La séance, articulée autour de l’analyse d’extraits vidéos issus de l’enquête, reviendra en particulier sur les modalités pratiques d’insertion du ralenti dans le programme en direct. Pour étudier ces cas de modification de l’ordre temporel du compte-rendu, on mettra en lumière les pratiques ordinaires de jugement, d’évaluation et d’établissement de la preuve dans la mise en œuvre du ralenti par les membres de la régie. Plus généralement, cette examen empirique des pratiques médiatiques devraient permettre de mener une réflexion sur l’intelligibilité d’une action au regard d’une règle. L’étude des usages professionnels de la vidéo recoupera ainsi des problèmes plus classiques pour l’analyste utilisant la vidéo pour rendre compte de la normativité en action.

Textes d’appui :

  • Broth, M. (2008), « The studio interaction as a contextual resource for TV-production »,
  • Journal of Pragmatics, n°40, pp. 904–926.
  • Goodwin, C. (1994), « Professional vision », American Anthropologist, 96 (3), pp. 606–633.
  • Goodwin, C. et Goodwin, M.H. (2002 [1972]), « Voir comme activité située : formuler des avions », in J.-P. Thibaud, Regards en action. Ethnométhodologie des espaces publics, A la croisée, pp. 113-156.
  • Jayyusi, L. (1988), « Toward a socio-logic of the film-text », Semiotica, vol. 68, n° 3-4, pp. 271-296.
  • Lomax, H. & Casey, N. (1998) «Recording Social Life: Reflexivity and Video Methodology »,    Sociological    Research    Online,    vol.    3,    no.    2, <http://www.socresonline.org.uk/socresonline/3/2/1.html>

5ème séance : 15 mars 2013

  • Julia Velkovska
    Vidéo-ethnographie du jugement et des émotions dans les interactions institutionnelles. Le demandeur d’emploi comme catégorie morale

Présentation :

Les pratiques de jugement sont omniprésentes dans les interactions quotidiennes comme dans les interactions institutionnelles. Sur l’ensemble des scènes de la vie sociale des personnes, des actes, des activités, des situations, des attitudes sont décrites et jugées à travers des dispositifs de catégorisations qui assignent des droits, des devoirs, des savoirs et des compétences. Traditionnellement, les jugements professionnels sont pensés en rupture par rapport à la logique des raisonnements ordinaires en tant qu’ils obéissent à des ensembles de règles et de savoirs particuliers, explicites et contrôlés. Cette rupture confère à leurs résultats les propriétés de « d’objectivité », «d’impartialité », voire de « scientificité ».
Comment peut-on décrire l’organisation située de l’activité de jugement professionnel et la façon dont elle incorpore des épisodes émotionnels ? Comment prendre en charge analytiquement les liens entre catégorisation, jugement et émotions dans l’activité en train de se faire?
La séance explorera ces questions sur la base de données vidéo d’interactions institutionnelles entre des demandeurs d’emploi et des agents de Pôle Emploi avec un intérêt particulier pour la façon dont le raisonnement pratique en situation articule des formes de jugement hétérogènes, professionnelles et ordinaires.

Textes d’appui :

  • Jayyusi, L. (1991), « Values and moral judgement: communicative praxis as moral order », in Button, G. (ed.), Ethnomethodology and the human sciences, Cambridge: Cambridge University Press, pp. 227-51.
  • Goodwin, M. & Goodwin, C. (2000), « Emotion within situated activity », in Duranti A. (ed.), Linguistic Anthropology: A Reader, Oxford, Blackwell, pp. 239-257

6ème séance : 19 avril 2013

  • Michel Barthélémy
    L’ethnométhodologie peut-elle nourrir une analyse critique du social en tant qu’ordre localement accompli ? Un aperçu de la littérature

Présentation :

L’ethnométhodologie se présente comme une démarche sociologique mettant en avant la rationalité des pratiques de la vie sociale appréhendées dans les détails de leur accomplissement même, sans référence à un champ théorique et conceptuel externe aux activités examinées. La question pourrait se poser de savoir si et de quelle manière cette approche est susceptible de prendre ses distances par rapport aux modes d’action et de raisonnement pratiques par lesquels, dans certaines situations et activités, les membres de la société s’efforcent de produire des versions du monde qui s’imposent au détriment d’autres possibles, pour en souligner le caractère problématique des méthodes employées, pointer les omissions délibérées, identifier les préférences descriptives, etc. Nous examinerons les conditions de la mise en œuvre de cette démarche en nous appuyant principalement sur les travaux de Paul Jalbert consacrés à la critique des médias et de la communication de masse.

Textes d’appui :

  • Jalbert, P. (1984), « ’News speak’ about the Lebanon war », Journal of Palestine studies, vol.XIV, n°1, pp. 16-35.
  • Jalbert, P. (1999), « Critique and analysis in media studies: media criticism as practical action », in P. Jalbert (ed) Media studies: ethnomethodological approaches, University Press of America, Lanham, New York, Oxford, pp. 31-50.
  • Jalbert, P. (1994), « Structures of the ‘Unsaid’ », Theory, Culture & Society, vol. 11, pp. 127- 160
  • Jalbert, P. (1983), « Some constructs for analysing news », in H. Davis and P. Walton (eds.), Language, Image, Media, Blackwell, Oxford, pp. 282-299
  • Jayyusi, L. (2007), Catégorisation et ordre moral, chapitre 6, Economica, Paris.
  • Eglin, P. & Hester, S. (1999), «Moral order and the Montreal massacre: a story of membership categorization analysis», in Jalbert Paul (ed.), Media Studies : Ethnomethodological approaches, University Press of America, Lanham, New-York, Oxford, pp.194-230.

7ème séance : 17 mai 2013

  • Enrique Klaus
    Une analyse située des réseaux socionumériques est-elle possible ? Twitter et les cas limites de l’analyse de conversation

Présentation :

Cette séance se basera sur l’analyse d’un corpus de tweets récoltés au Caire, en mars 2011. Ce corpus se compose d’échanges sur Twitter capturés et copiés sur une période de 24 heures. Ils concernent une manifestation qui s’est déroulée les 4/5 mars 2011 devant diverses succursales de la police politique (amn al-dawla) du Caire et d’Alexandrie, deux semaines après la fin de la « Révolution du 25 janvier » et le départ du président égyptien Hosni Moubarak.
Bien qu’elle permette de remettre en perspective empirique certains discours sur le rôle des nouvelles technologies de communication dans le cycle de manifestations qui a mis fin au régime Moubarak, cette séance sera moins concernée par la dialectique online – offline que sur des questions d’ordre épistémologique. Sur la base d’exemples puisés dans ce corpus, il s’agira de discuter la définition du contexte pertinent de la situation, dans la mesure où certains internautes tweetent depuis le lieu de la manifestation et d’autres depuis diverses localisations, parfois même en dehors du Caire et d’Égypte. En analysant certaines ethnométhodes des utilisateurs égyptiens de Twitter, et certaines modalités des échanges sur cette plateforme, nous questionnerons la compatibilité de différents éléments constitutifs de l’analyse de conversation avec ce type d’interactions en ligne, notamment la question des paires séquentielles et de leur adjacence. Il sera ainsi possible, en creux de ce cas-limite de l’analyse de conversation, de discuter de certaines propriétés des échanges langagiers en interaction directe.

Texte d’appui :

  • Sacks H., Schegloff E. & Jefferson G. (1974), « A simplest systematics for the Organization of Turn Taking for Conversation », Language, vol. 50, n° 4, pp. 696-735. http://www.socresonline.org.uk/socresonline/3/2/1.html

8ème et dernière séance : 21 juin 2013

  • Séance conclusive : bilan et perspectives

Catégories

Lieux

  • EHESS, Bâtiment le France, salle 576 - 190-198 avenue de France
    Paris, France (75013)

Dates

  • vendredi 23 novembre 2012
  • vendredi 21 décembre 2012
  • vendredi 18 janvier 2013
  • vendredi 15 février 2013
  • vendredi 15 mars 2013
  • vendredi 19 avril 2013
  • vendredi 17 mai 2013
  • vendredi 21 juin 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • ethnométhodologie, ethnographie, enquête, vidéo-ethnographie

Contacts

  • Laurent Camus
    courriel : laurent [dot] camus [at] telecom-paristech [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Laurent Camus
    courriel : laurent [dot] camus [at] telecom-paristech [dot] fr

Pour citer cette annonce

« De l'ethnographie aux ethnométhodes », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 30 novembre 2012, http://calenda.org/229818