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Mythe et pouvoir dans les sociétés contemporaines

Myth and power in contemporary societies

Mito y poder en la sociedad contemporaneas

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Publié le mardi 04 décembre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Le mythe dépasse les sociétés contemporaines et ce dépassement pourrait être interprété comme un surpassement de ses limites mais aussi comme une préexistence qui s’efforce de se manifester sur le présent. Au-delà de la critique rationnelle sur les mythes ou de l’adhésion à « cette pensée sauvage », on prétend analyser une présence mythique à différents niveaux de l’imaginaire : le niveau archétype où se véhicule l’idée primordiale, la force primordiale ; celui des mythes créés par le pouvoir dans le but de mieux gouverner ou de justifier une certaine hégémonie ;  celui de la réponse qui surgit des peuples, ces mythes créés pour répondre d’une façon ou d’une autre au pouvoir en action, soit avec des mécanismes de soumission ou de résistance.

Annonce

M@GM@ (ISSN 1721-9809), Revue internationale en Sciences Humaines et Sociales

www.magma.analisiqualitativa.com

Numéro monographique sous la direction de

  • Mabel Franzone, Professeure de Lettres UNSa (Université National de Salta - Argentine)
  • Alejandro Ruidrejo, Professeur de Philosophie UNSa (Université National de Salta - Argentine)

MYTHE ET POUVOIR DANS LES SOCIÉTÉS CONTEMPORAINES - CALL FOR PAPERS 

Argumentaire

(Trad. de Sébastien Poutrain)

 « Le Mythe est l’expression d’une pensée surgie du fond des âges, tutrice irrécusable, qui nous tend un miroir grossissant où, sous forme massive, concrète et imagée, se reflètent certains des mécanismes auxquels est asservi l’exercice de la pensée. »
Claude Lévi-Strauss- La Potière Jalouse, Plon, 1985, p. 268.

MYTHE ET POUVOIR

L’usage de ces deux termes, évoqués dans leur plus étroite relation, n’est plus source d’étonnement. En effet, même si, il y a une trentaine d’années, la connexion de ces deux mots aurait pu sembler douteuse, leur conjonction est aujourd’hui bien acceptée par un retour sur le terrain de ce que Lévi-Strauss appelait la « pensée sauvage ». Deux aspects à prendre en compte sont ici intéressants, l’un philosophique et l’autre pratique.

Dans son expression la plus ancienne, le mythe serait un vrai récit, un récit sacré, chargé de sens, un récit qui ne se limite pas à narrer nos origines mais qui joue également un rôle social fondamental en offrant un agencement de la vie et une structure où l’on pourrait se réfugier en temps de crise ou d’insécurité ontologique (Georges Gusdorf).

Dans leur expression moderne, les mythes furent témoins du passage d’une vision cosmologique à une vision anthropologique où l’homme est le centre et l’histoire est le temps. Sous l’influence d’une sécularisation croissante, la Modernité articula le mythe et la raison sous multiples formes mais la plus emblématique d’entre elles réside dans le mythe du Progrès qui, dans une sorte de laïcisme irrépressible,  récupéra l’ancien mythe de Prométhée pour désactiver l’influence persistante de la mythologisation chrétienne.

Avec Horkheimer et Adorno, entre autres, apparut une dialectique entre mythe et raison qui se dévoilera complètement pendant la Modernité et montrera son infatigable retour sous de nouvelles coutures. Dans cet investissement du mythe de l’Eternel Retour on peut trouver l’un des effets de vérité les plus marquants du retour éternel du mythe.  Cette éternité dans sa répétition marque l’excès devant chaque portion du temps, de tous les temps, mais c’est principalement la forme avec laquelle elle revient et sa différence avec notre présent qui nous conduisent à considérer la relation entre Mythe et Pouvoir.

Mais le mythe a également une fonction pratique, quand on lui prête vie à travers le rite, quand on recrée une situation des origines-par exemple- en sacralisant le temps et l’espace. Une société est légitimée par ses mythes fondateurs et les sociétés qui firent disparaître leurs peuples originaires devront s’inventer d’autres mythes pour appuyer leurs récits d’origine. Dans sa fonction sociale le Mythe n’est plus un instrument de justification des sociétés car il devient le moyen de contestation et de mobilisation dans les luttes pour le pouvoir. Les récits mythiques furent aussi une arme puissante pour les révoltes et les subversions. Ainsi, pour le Moyen Âge et les Millénaristes il y a une association du mythe avec la critique. La contestation de l’ordre injuste eut à cette époque  comme soutien principal le récit biblique.

Le mythe dépasse les sociétés contemporaines et ce dépassement pourrait être interprété comme un surpassement de ses limites mais aussi comme une préexistence qui s’efforce de se manifester sur le présent. Au-delà de la critique rationnelle sur les mythes ou de l’adhésion à « cette pensée sauvage », on prétend analyser une présence mythique à différents niveaux de l’imaginaire : le niveau archétype où se véhicule l’idée primordiale, la force primordiale ; celui des mythes créés par le pouvoir dans le but de mieux gouverner ou de justifier une certaine hégémonie ;  celui de la réponse qui surgit des peuples, ces mythes créés pour répondre d’une façon ou d’une autre au pouvoir en action, soit avec des mécanismes de soumission ou de résistance.

Il convient de se demander sous quelles configurations se composent les relations entre les deux termes aujourd’hui. Quels sont les mythes du pouvoir à partir desquels se produit l’obéissance ? Mais aussi sous quelles formes a lieu l’invention des mythes qui attaquent ce qui est établit, ce qui est tolérable ? Et plus encore, sous quel type de déplacement de sens, de chevauchement se tissent la trame des mythes et les pouvoirs soutenant les images du monde qui gouvernent nos existences ?

Dans le but de rendre compte de notre actualité, nous lançons cet appel à collaboration autour des axes suivants :

  • -Mythe et Pouvoir ;
  • - Mythe et critique ;
  • - Mythe et littérature ;
  • - Mythe de la Politique et Politiques du mythe.

Les responsables du numéro

  • Mabel Franzone

    • Professeure de Lettres UNSa (Universidad Nacional de Salta) ; Collaborateur Scientifique Observatoire Processus Communications, membre du Comité Scientifique de la revue m@gm@ et du Comité Scientifique des Cahiers de la revue m@gm@ publiés par l’editeur Aracne de Rome; Membre de l’Institut d’Etudes Philosophiques de Salta (CEFISA) ; Doctorat de Lettres- La Sorbonne Nouvelle-Paris III- Doctorante en Sociologie sous la direction de Michel Maffesoli. La Sorbonne- Paris V ; Membre du CEAQ (Paris V)- Membre du CRICCAL (Paris III) ; Chercheur indépendant.
  • Alejandro Ruidrejo

    • Professeur de Philosophie UNSa (Universidad Nacional de Salta) ; Collaborateur Scientifique Observatoire Processus Communications, membre du Comité Scientifique de la revue m@gm@ et du Comité Scientifique des Cahiers de la revue m@gm@ publiés par l'editeur Aracne de Rome; Magíster en Filosofía Contemporánea, Especialista en Etica y Licenciado en Filosofía, por la U.N.Sa. Co-Director del Departamento de Posgrado de la Facultad de Humanidades de la U.N.Sa. Docente en múltiples cursos de posgrado sobre filosofía contemporánea. Obtuvo las “Beca de Investigación” y “Beca de Perfeccionamiento en Investigación” otorgadas por la Universidad Nacional de Salta ; Co-Director de la Maestría en Derechos Humanos de la U.N.Sa. Actualmente Profesor Adjunto Regular de las cátedras Gnoseología, y Perspectivas Sociofilosóficas Contemporáneas y Director de la Escuela de Filosofía de la U.N.Sa. Director del Proyecto de investigación del CIUNSa Nº 1806 “Foucault: las artes de gobierno y la Reducción Jesuíticas” ; Miembro del Centro de Estudios en Filosofía de la Cultura, de la Universidad Nacional del Comahue.

Pour participer à ce numéro

  • 1) Envoyez le titre, un résumé de votre article et une présentation de l’auteur, à la rédaction de la revue magma@analisiqualitativa.com

jusqu’au 15 janvier 2013

  • 2) La direction et le comité scientifique de la revue se prononceront avant le 30 janvier 2013.
  • 3) En cas d’acceptation, l’article ne devra pas dépasser les 12 pages et il sera envoyé dans les dates stipulées.

Informations sur la revue

M@GM@ (ISSN 1721-9809) Revue internationale en Sciences Humaines et Sociales

  • Direction Scientifique

Orazio Maria Valastro

  • Comité Scientifique

Georges Bertin, Augusto Debernardi, Cecilia Edelstein, Hervé Fischer, Mabel Franzone, Philippe Lejeune, Maria Immacolata Macioti, Michel Maffesoli, Ana Maria Peçanha, Alejandro Ruidrejo

  • Comité Editorial

Cecilia Edelstein, Marina Brancato, Roberta Cavicchioli, Donatella D’Addante, Guendalina Graffigna, Fabio Olivieri, Marco Pasini, Andrea Pietrantoni

Osservatorio Processi Comunicativi, Associazione Culturale Scientifica, via Pietro Mascagni n.20, 95131 Catania (Italy), Telephone-Fax: +39 095 531729, e-mail: magma@analisiqualitativa.com

Catégories

Dates

  • mardi 15 janvier 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • sociologie, imaginaire social, mythe

Contacts

  • Orazio Maria Valastro
    courriel : magma [at] analisiqualitativa [dot] com

Source de l'information

  • Orazio Maria Valastro
    courriel : magma [at] analisiqualitativa [dot] com

Pour citer cette annonce

« Mythe et pouvoir dans les sociétés contemporaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 04 décembre 2012, http://calenda.org/230420