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Quel avenir pour l’histoire politique ?

Table-ronde organisée par le CHPP à l’occasion de son dixième anniversaire

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Publié le mardi 11 décembre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Quel avenir pour l’histoire politique ? table-ronde organisée par le CHPP à l’occasion de son dixième anniversaire, avec des interventions de Jean Garrigues, Sylvie Guillaume, Éric Anceau, Corinne Legoy, Fabien Conord, Nicolas Roussellier, Bernard Lachaise, Sylvie Guillaume, Noëlline Castagnez et Gilles Richard.

Annonce

Quel avenir pour l’histoire politique ?, table-ronde organisée par le CHPP à l’occasion de son dixième anniversaire.

Présentation

Il y a presque un quart de siècle, une équipe de onze historiens renommés, presque tous issus de Sciences Po et des grandes universités parisiennes, publiaient sous la houlette de René Rémond une sorte de livre-manifeste intitulé « Pour une histoire politique » (Seuil, 1988).

Au-delà des schémas traditionnels de l’histoire des institutions, des partis ou des acteurs politiques, ils y inventoriaient quelques-unes des pistes prometteuses qui s’offraient aux chercheurs, tel que le rôle des idées, des mots, des intellectuels, des médias ou de l’opinion. Le prestige des historiens qui composaient cette équipe, leur rayonnement académique, éditorial, médiatique, voire politique pour certains, donnaient à cet ouvrage une résonance exceptionnelle. Au sommet de l’Everest historiographique, la cordée René Rémond plantait fièrement le drapeau de la politique réhabilitée, rénovée, ouverte à tous les vents du dialogue avec les autres sciences sociales.

Les territoires du politique furent ensuite abondamment questionnés et défrichés pendant la décennie suivante, notamment sous forme d’autres publications collectives. Nombre de ces forums de réflexion historiographique furent alors issus de l’école de Sciences Po (Axes et méthodes de l’histoire politique, dir. S. Berstein, P. Milza, PUF, 1998). Mais ils émanèrent aussi de pôles de recherche rivaux, souvent polémiques, tels que l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, qui publia notamment « Histoire politique, histoire du politique » (Genèses. Sciences sociales et histoire, n°20, 1995), tandis que Pierre Rosanvallon plaidait de son côté Pour une histoire conceptuelle du politique (Seuil, 2003).

Que s’est-il passé depuis ce moment de bouillonnement créateur ? Des courants, des modes, des fascinations historiographiques sont passées par là, des approches nouvelles se sont imposées, et il faut bien dire que l’histoire politique, sans être remise en cause, s’est retrouvée à nouveau décentrée par rapport aux flux moteurs de la recherche. Le veau d’or de la « Culture », parfois accommodé aux sauces les plus indigestes du pédantisme et du jargon, est devenu la nouvelle idole des amphithéâtres universitaires, des revues et des éditeurs. Un courant irrésistible venu d’Outre-Atlantique a déferlé sur notre pauvre petite histoire politique décrétée franchouillarde, emportant tout sur son passage, et reléguant à nouveau les historiens des partis, des institutions ou du vote au magasin des accessoires surannés.

Cet effet de mode n’aurait pas été trop grave s’il n’avait eu des conséquences très inquiétantes pour nos formations universitaires. En effet, il s’est accompagné d’une disparition progressive de nombreuses chaires d’histoire politique, si bien que l’on se retrouve avec une offre de formation pour le moins insuffisante, y compris dans les anciens bastions de la discipline, telles que la Sorbonne (Paris I et Paris IV), Nanterre (Paris-Ouest) et même Sciences Po, où les vrais spécialistes ne sont plus légion.

Or, c’est précisément aujourd’hui, ici et maintenant, que la sauvegarde de cette histoire nous apparaît comme un enjeu civique, qui dépasse de très loin les querelles de chapelle et les petits intérêts corporatifs. Comment comprendre la « normalité » présidentielle si l’on ne connaît pas l’histoire des rapports entre les pouvoirs sous la Cinquième République ? Qu’est-ce que signifie une politique de « rigueur » si l’on ne connaît pas l’histoire des années Mitterrand ? Deux exemples au hasard qui montrent à quel point la connaissance de l’histoire politique contemporaine, française ou internationale, est un enjeu majeur de notre citoyenneté, et donc à quel point il est vital de la préserver, voire de l’étendre, au sein de nos enseignements universitaires.

D’autant plus que la recherche en histoire politique a fait un bond en avant spectaculaire depuis l’époque de René Rémond. Elle s’est ramifiée dans toutes les directions, s’est enrichie d’un dialogue poussé avec la science politique, la philosophie politique, la sociologie, l’ethnologie, l’anthropologie, la linguistique et les sciences juridiques. Des champs d’histoire réputés traditionnels se sont totalement rénovés, comme par exemple l’histoire parlementaire. D’autres champs sont nés, comme l’histoire de l’État et de la fonction publique, celle des rapports politico-financiers, des politiques mémorielles, des représentations, de la communication ou de la médiation politique. La curiosité et l’inventivité des jeunes chercheurs n’ont pas de limite, et cela contraste spectaculairement avec la désertification des enseignements.

À l’occasion des dix ans du Comité d’histoire parlementaire et politique, vingt-cinq après l’ouvrage dirigé par René Rémond, il nous a paru intéressant d’esquisser un bilan de cette effervescence productive, et de confronter cette richesse scientifique à la raréfaction des débouchés universitaires. Il ne s’agit pas ici d’une défense corporatiste mais bien d’un véritable enjeu citoyen. À l’heure où la reconstruction du lien social républicain apparaît essentielle, il faut sauver l’histoire politique à l’Université !

(Présentation par Jean Garrigues, Président du Comité d’histoire parlementaire et politique)

Programme

14h : accueil par Jean Garrigues, président du CHPP

14h 15 – 17h 15 : L’histoire politique est-elle en danger ?

Présidence : Sylvie Guillaume

Rapports de synthèse :

  • XIXe siècle : Éric Anceau, Corinne Legoy ;

  • XXe siècle : Fabien Conord, Nicolas Roussellier.

  • Familles politiques : Bernard Lachaise, Sylvie Guillaume, Noëlline Castagnez, Gilles Richard.

Débat collectif

17h15 : cocktail

Lieux

  • Centre d’histoire de Sciences Po, - 56 rue Jacob
    Paris, France (75006)

Dates

  • lundi 17 décembre 2012

Mots-clés

  • histoire politique, histoire du politique, historiographie, avenir académique

Contacts

  • Alexandre Borrell
    courriel : alexandreborrell [at] hotmail [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Alexandre Borrell
    courriel : alexandreborrell [at] hotmail [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Quel avenir pour l’histoire politique ? », Informations diverses, Calenda, Publié le mardi 11 décembre 2012, http://calenda.org/231718