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L’engagement des jeunes en difficultés

Commitment and young people in difficulty

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Publié le vendredi 21 décembre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

La question de l'engagement des jeunes est au cœur des représentations politiques et médiatiques. Alors que les médias se font le relais de l'image d'une jeunesse désengagée, apolitique, individualiste et apathique, des travaux de recherche montrent que l'engagement des jeunes s'est transformé dans un contexte d'accroissement des risques et des incertitudes et de transformation des parcours juvéniles. Cet appel à articles de la revue Sejed se propose d’envisager ces formes d’engagement mais aussi d’envisager l’engagement au travers de toutes les sphères de la vie.

Annonce

Numéro coordonné par :

  • Martin Goyette, Titulaire, Chaire de recherche du Canada sur l’évaluation des actions publiques à l’égard des jeunes et populations vulnérables, ENAP Montréal
  • Valérie Becquet, Maître de conférences en sociologie, Université de Cergy-Pontoise, E.A École, Mutations, Apprentissages

Argumentaire

La question de l'engagement des jeunes est au cœur des représentations politiques et médiatiques. Alors que les médias se font le relais de l'image d'une jeunesse désengagée, apolitique, individualiste et apathique, des travaux de recherche montrent que l'engagement des jeunes s'est transformé dans un contexte d'accroissement des risques et des incertitudes et de transformation des parcours juvéniles (Gallant et Boire, 2011). Les pratiques d'engagement des jeunes sont ainsi diverses et vastes, tant dans leurs formes que dans leurs dynamiques. Certains auteurs affirment que l’engagement serait parfois davantage pragmatique et ne s’inscrirait plus nécessairement dans la durée. D’autres constatent l'émergence de « nouvelles formes » d'engagement (autour de causes altermondialistes ou environnementales par exemple).

Dans la littérature anglo-saxonne, l'engagement renvoie en premier lieu à la participation (involvement) pour soi et pour les autres. On retrouve ici autant les recherches sur les pratiques culturelles des jeunes et sur l’occupation des temps libres que celles sur les formes de participation à la vie publique. Mais pour plusieurs auteurs, l’engagement (commitment) renvoie en second lieu à la mise en gage sur la place publique d'une partie de soi sous la forme de promesses envers d'autres, un groupe ou la société, ou envers une cause (Bajoit, 2005). Il s'agit ici d'une forme de participation a priori plus exigeante, plus organisée qui nécessite un investissement et peu induire une prise de risque. Dans cette optique, plusieurs travaux ont porté sur l'engagement politique (participation électorale, aux partis politiques ou à des grandes causes sociales, participation protestataire) et civique (participation à des associations ou à des dispositifs d’action publique par exemple) (Becquet et de Linares, 2005 ; Fournier et Hudon, 2012; Muxel, 2010).

Cet appel à articles de Sejed se propose d’envisager ces formes d’engagement mais aussi d’envisager l’engagement au travers de toutes les sphères de la vie.

Ce positionnement se justifie par une volonté de ne pas réduire l’engagement à ces expressions traditionnelles mais de considérer leur diversité, tout comme leur dynamique de production par l’action publique. Ainsi, « s’engager, c’est aussi mettre en gage sa personne pour une durée non déterminée, dans des champs divers comme la vie amicale, amoureuse, familiale, professionnelle, religieuse et ainsi se projeter par la promesse ou la convention dans un futur que l’engagement concourt à définir. (…) L’engagement ne concernent pas seulement les sphères politiques syndicales ou associatives, mais traversent la diversité des expériences sociales » (Becquet et de Linares, 2005 :15).

On peut donc penser à des contributions qui portent sur l’engagement dans et pour sa famille, à l’engagement parental ou conjugal; à l’engagement professionnel, à l’engagement pour soi et les autres via une participation scolaire, communautaire, etc.

L’originalité de cette perspective est d’ouvrir ce champ de recherche à l’analyse des conditions et contextes qui facilitent ou freinent l’engagement des jeunes en contexte de vulnérabilité. Cette problématisation s’éloigne ainsi d’une conception de l’engagement individualisé; un engagement échappant à son contexte social qui essentialiserait le comportement. A cet égard, les contributions peuvent analyser l’engagement à partir du sens donné par les acteurs à leurs actions et aux interactions dans le processus menant à l’engagement.

Par ailleurs, si la représentation dominante de la jeunesse insiste sur leur désengagement, il semble que peu de travaux envisagent l'engagement des jeunes en position précaire. Ce numéro de Sejed sur l'engagement des jeunes s’intéressera donc à l’engagement des jeunes en difficulté, peu documenté dans la littérature.

On sait combien la situation économique et sociale peut peser ou orienter l’engagement. Loin de considérer les jeunes comme étant objets passifs des structures sociales, il est possible d'appréhender la marge de manœuvre des jeunes qui négocient leur rapport au monde et qui se construisent (Goyette et al., 2011) et construisent une éthique de l'engagement dans un contexte socialement et économiquement contraint (Bajoit, 2005; Soulet, 2004). Cette problématisation s'intéresse non pas aux problèmes des jeunes dans une lecture psychologisante, mais aux processus et aux actions des jeunes, ceux que composent les publics chez qui parfois on présume trop souvent le non engagement (Goyette et al., 2011), voire une incapacité à s'engager compte tenu des défis qu'ils rencontrent (Greissler, 2011). A cet égard, les contributions peuvent être diverses : s'intéresser aux formes, aux processus et aux conditions de l’engagement, y compris les blocages individuels, organisationnels-institutionnels et structurels de l'engagement de jeunes en position sociale vulnérabilisée (Vulbeau, 2005), aux différences entre la participation, l’engagement, l’enrôlement, voire l’ instrumentalisation par les pouvoirs publics de l’engagement (Black et al., 2011). Il est possible d’analyser dans quelles conditions l’engagement des jeunes advient lorsqu’ils sont dans des dispositifs contraints, ou qu’ils sont soumis à l’injonction permanente au projet par une contractualisation inscrite en contrepartie. Enfin, les contributions peuvent aborder des évaluations et des analyses critiques de pratiques mises en oeuvre par des établissements et des associations qui veulent contribuer à l’engagement des jeunes en difficulté et au parcours de ces jeunes à l’intérieur des dispositifs.

Envoi des propositions

  • Les chercheurs de toutes les disciplines sont invités à contribuer. Comme toujours, les articles ou expériences étrangères sont les bienvenus.
  • Conformément au projet éditorial de la revue, il est demandé de proposer des articles originaux, fondés sur des données de recherches empiriques et n'ayant pas déjà fait l'objet d'une publication dans des revues, ouvrages ou actes de colloques.

Les propositions d’articles (3000 à 5000 signes) préciseront, la problématique de l'article, la méthodologie de recherche, le déroulement de l’étude, la nature des données analysées, la procédure d’analyse, etc. Ces propositions doivent être envoyées par courrier électronique au format doc ou rtf au secrétariat de la revue à l'adresse suivante : helene.cheronnet@justice.fr

au plus tard le 28 février 2013.

  • Un accusé de réception sera adressé en retour. Une réponse sera faite aux auteurs au plus tard le 31 mars 2013.
  • Les auteurs dont la proposition a été acceptée seront invités à soumettre pour le 15 juin 2013 au plus tard un article complet (25 000 à 70 000 signes) rédigé en français et lisible – au moins dans ses grandes lignes – par toutes les communautés scientifiques constitutives du champ, et par les professionnels qui y exercent.
  • Cet article fera l'objet d'une évaluation anonyme par deux lecteurs désignés au sein du comité scientifique de la revue ou spécialistes du champ.

Toutes les questions sur le présent appel à articles peuvent être adressées aux coordonnateurs de ce numéro : Martin Goyette : martin.goyette@enap.ca et Valérie Becquet : becquetv@club-internet.fr

Comité scientifique de la revue

http://sejed.revues.org/index137.html 

Dates

  • jeudi 28 février 2013

Mots-clés

  • engagement, jeunes, adolescents, socio-politique

Contacts

  • Valérie Becquet
    courriel : valerie [dot] becquet [at] u-cergy [dot] fr
  • Hélène Cheronnet
    courriel : helene [dot] cheronnet [at] justice [dot] fr
  • Martin Goyette
    courriel : martin [dot] goyette [at] enap [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Hélène Cheronnet
    courriel : helene [dot] cheronnet [at] justice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’engagement des jeunes en difficultés », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 21 décembre 2012, http://calenda.org/233444