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Communication de masse et propagande

Mass communication and propaganda

Atelier lors du Congrès annuel de la SQSP « Les masses contre les élites ? », Montréal

Workshop at the SQSP annual conference, "Masses vs. elites?" in Montreal

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Publié le jeudi 20 décembre 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

La question du pouvoir présumé des masses contre les élites et les autorités renvoie à celle du contrôle des masses par celles-ci, notamment par les médias de masse. Or, depuis la guerre froide, on a abandonné quelque peu le concept de propagande en communication politique, au profit d'une approche libérale de la démocratie, qui se repose sur une opinion publique animée par des acteurs privés et régulée par des sauvegardes procédurales. Cette approche risque toutefois de gommer les dimensions idéologique, manipulatoire, etc., des communications contemporaines, souvent présentées sous des vocables neutres. Mais est-ce la seule approche possible? C'est ce qu'il s'agit d'explorer dans cet atelier, en renouant avec les travaux de Jacques Ellul, sans s'y restreindre non plus – pensons également aux travaux de Chomsky – pour réactualiser, à titre exploratoire, le concept de propagande.

Annonce

Appel à communication – Atelier : Communication de masse et propagande aujourd’hui lors du Congrès annuel de la Société québécoise de science politique « Les masses contre les élites? Autorité, pouvoir et légitimité dans la contestation de l’ordre politique », Université de Montréal, 27 au 29 mai 2013

Responsables

  • Marc Chevrier, professeur, département de science politique, Université du Québec à Montréal
  • Isabelle Gusse, professeure, département de science politique, Université du Québec à Montréal

Argumentaire

La question du pouvoir présumé des masses contre les élites et les autorités renvoie nécessairement à celle du contrôle des masses par celles-ci, notamment par les médias, longtemps appelés d’ailleurs les médias de masse. Si la fin de la guerre froide a pu donner l’impression que la propagande idéologique d’État a battu en retraite au profit de communications laissées à des opérateurs privés dans un marché de l’info-divertissement, on peut se demander si l’espace public demeure largement soumis à diverses formes de propagande, qui ne sont pas toutes saisies comme telles. Ainsi, dans les sociétés de masse contemporaines où semble primer l’individualisme, l’État continue de formater ses communications, en s’appuyant plutôt sur les médias commerciaux concentrés, ses messages étant relayés auprès de l’opinion publique par une pléthore d’équipements de réception de masse multiplateformes. Les acteurs privés se livrent à une intense activité de persuasion et de cadrage de l’opinion publique, qu’on se contente souvent de désigner sous des vocables neutres, tels que publicité, relations publiques, marketing, au risque de gommer les dimensions idéologique, manipulatoire, irrationnelle, légitimatrice, etc., de cette activité. Les analyses en communication politique semblent encore aujourd’hui tributaires d’une vision libérale de la démocratie, qui partage les rôles entre l’État et les médias et envisage la formation de l’opinion publique comme un processus d’échange équilibré par des sauvegardes procédurales. Mais est-ce la seule et bonne approche possible? N’y a-t-il pas lieu d’appréhender les activités déployées pour assurer la visibilité et la légitimité des pouvoirs publics et privés à l’aune du concept de propagande ou d’autres concepts apparentés?

C’est la question de recherche que nous aimerions explorer dans cet atelier, en renouant avec les travaux de Jacques Ellul, connu pour ses études sur les diverses formes de propagande, sans vouloir nous y restreindre non plus – pensons également aux travaux de Chomsky, Herman et McChesney. Au plan épistémologique et théorique, cet atelier sera donc l’occasion d’aller au-delà de la vision libérale de la communication politique, postulée comme neutre, fonctionnelle, voire apolitique, et de lui opposer une approche critique visant à réactualiser, à titre exploratoire, le concept de propagande de masse. Nous aimerions recevoir des propositions relatives à cette approche et, entre autres, aux questions suivantes : 

  • Idées et concepts d’analyse : Communication stratégique, communication politique, propagande sociologique ou soft power : concepts équivalents ou concurrents (filiation, fonctions, objectifs, techniques) ?
  • Masses et individuation : Comment concilier liberté de choix de l’individu supportée par la micro-appropriation d’équipements de réception multiplateformes et massification des communications politiques ?
  • Opinion publique ou opinion massifiée : En matière de communication politique, comment le concept d’opinion publique a-t-il pu se substituer à celui de masse ? Les techniques de mesure de l’opinion publique  en question : à quelles fins politiques ?
  • Visées idéologiques : État minimum néolibéral, communication gouvernementale maximale ?

Participation

Ceux et celles qui aimeraient participer à cet atelier devront nous envoyer par courriel

  • un document comprenant le titre et la proposition de communication (au plus 200 mots),
  • le nom du ou des auteurs,
  • leur statut et leur affiliation institutionnelle,
  • ainsi que leurs coordonnées complètes (adresse postale, numéro de téléphone et courriel).

Les propositions devront nous être acheminées avant le vendredi 8 février 2013.

L’atelier se déroulera en français.

Veuillez faire parvenir vos courriels et propositions aux deux responsables de l’atelier (qui sélectionneront les propositions) :

Lieux

  • Université de Montréal
    Montréal, Canada

Dates

  • vendredi 08 février 2013

Mots-clés

  • propagande, communication de masse, Jacques Ellul, opinion publique, médias, idéologie libérale

Contacts

  • Isabelle Gusse
    courriel : gusse [dot] isabelle [at] uqam [dot] ca
  • Marc Chevrier
    courriel : cepp [dot] uqam [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Marc Chevrier
    courriel : cepp [dot] uqam [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Communication de masse et propagande », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 20 décembre 2012, http://calenda.org/233728