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Des corps et des techniques

Bodies and techniques - dominations, resistances and social dynamics

Dominations, résistances et dynamiques sociales

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Publié le mardi 15 janvier 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Dans le cadre du congrès « Les dominations » de l'AFS (Nantes 2013), le groupe « Corps, techniques et société » s'intéressera à la double emprise des techniques sur les corps (corps consentants ou soumis, résistants ou signes de revendications) et des corps sur les techniques (techniques appropriées pour fabriquer son corps, détournées pour d'autres mises en scènes de soi, revendiquées). Sans oublier la tradition maussienne du corps comme technique. Nous tenterons de faire le point sur ce que la sociologie a à dire de ces emprises réciproques, et des terrains, renouvelés ou réinvestis sur lesquels elles se jouent. Quels régulations, consentements et pratiques sont-ils répérés dans les tensions entre les corps et les techniques ? Trois thèmes de réflexions et une problématique transversale sont proposés dans le développement ci-après. Des sessions en collaboration sont envisagées autour de la sociologie de la santé, de la maladie, de la médecine et du handicap (RT19), ou de la sociologie du sport et des activités physiques (RT31) .  

Annonce

Argumentaire

Le thème des dominations, confronté à l’étude des corps et des techniques, suggère une posture d’emblée critique. Les travaux du GT41 s’inscrivent dans cette tradition, et la prolongent à leur manière, en pensant notamment la question des frontières entre les corps et les techniques (2007, 2008), celle des déplacements de ces frontières (2009, 2010), des innovations (Grenoble 2011) et des éventuelles violences (Paris, 2009) qui les accompagnent. Les dominations, les structurations, les emprises, ne sauraient cependant être pensées sans les inévitables résistances, ajustements, négociations auxquelles elles sont confrontées. Nous pensons ensemble les corps et des techniques, dans leurs rencontres, leurs confrontations, leurs coopérations, leurs multiples ajustements. Alliés ou adversaires, corps et techniques forgent de nouvelles dispositions, habitudes, façons de dire et façons de faire, façons d(‘)e(n) parler aussi. C’est au croisement de ces dynamiques et de ces résistances, dans cette tension entre structurations et déstructurations, dans ces champs de forces à explorer ou à ré explorer (à la suite ne nos travaux précédents) que nous aimerions placer nos travaux pour le congrès de 2013.

Nous interrogerons donc la double emprise des techniques sur les corps et celle des corps sur les techniques. L’emprise des techniques sur les corps est historiquement inscrite ; des corps consentants ou soumis (chronométrage des gestes, rationalisation du travail, contrôles et surveillances, normes ou dictats médicaux ou esthétiques), aux corps résistants (bris de machines, détournements) ou signes des revendications (manifestations nues). Celle du corps sur les techniques a remis en cause ou ravivé quelques thèses fondatrices comme celle de l’externalité (A. Leroi-Gourhan), celle de la projection (E. Kapp) ou celle de la spécificité (F. Joulian). Elle suggère des espaces de négociations, du corps-à-soi aux techniques : celles dont on use pour modifier la nature, et se fabriquer un corps ; celles que l’on détourne de leurs usages premiers pour d’autres mise en scène de soi ; celles que l’on revendique. Sans oublier le corps comme technique, selon la tradition maussienne. Nous envisagerons ces deux directions pour tenter de faire un point sur ce que la sociologie a à dire aujourd’hui de ces emprises réciproques, et des terrains, renouvelés ou réinvestis sur lesquels elles se jouent. Et c’est à cette réciprocité qu’il faudra songer aussi pour penser l’entre-deux ou l’entrecroisement des problématiques : là où les corps sont à la fois sous l’emprise des techniques (de certaines d’entres-elles) et jouent aussi des techniques à leur profit. Ne sommes nous pas à la fois soumis et consommateurs de nos équipements électroniques par exemple ; critiques et usagers  à la fois ; opposants aux unes et adeptes des autres? Ce sont ces tensions, plus que ces oppositions, qui retiendront notre attention. Quelles régulations, consentements, et pratiques sont-ils repérés aujourd’hui par les sociologues dans les tensions entre les corps et les techniques, et sur quels terrains ?

Nous suggérerons ici quelques-uns des grands thèmes qui nous paraissent pouvoir être travaillés :

  • Nous poursuivons nos recherches sur les extensions et limites des enveloppes corporelles, autour des pratiques suivantes : les processus de commandes à distance (robotique), les télé-présences (des usages conviviaux de Skype, aux systèmes de surveillance individualisée à distance pour personnes âgées), les présences virtuelles (réseaux sociaux, mémoire virtuelle des disparus sur la toile, robots d’assistance ou de compagnie).
  • Examinant les corps comme des territoires, nous sommes conduits à repenser les partages de compétences, de savoirs, et d’expertises, entre professionnels et non professionnels, ou entre professions. En effet la conception et les usages de nouveaux dispositifs techniques, participent de la redéfinition des frontières du corps mais aussi plus largement des catégories à travers lesquelles les uns et les autres saisissent le corps. Quels déplacements des domaines de compétences, des pratiques, des usages pouvons nous repérer ? De la même manière nous poserons la question de la conquête de ces territoires, de leurs appropriations/réappropriations (biomédicalisation, biopolitique) et de leur prix (bioéconomie).
  • Nous proposons de réfléchir aux contours que dessinent les notions d’invasivité et de non-invasivité des techniques vers/sur/dans les corps : implants, endoscopes, nano-robots, technologies d’exploration et d’imagerie médicale (cf ci-dessous), mais aussi prothèses, appareillages, bras articulés prolongeant les membres ou les doigts pour le travail… Ce sont les frontières de l’intime qui sont ici en expansion ; celles du soi qui sont touchées.
  • Enfin, de manière transversale, la problématique des tensions entre les corps et les techniques nous permet de questionner nos propres pratiques de chercheurs, et d’interroger « l’accès aux corps » dans la pratique de la recherche. Comment nous-y prenons nous et quelles pratiques sont les nôtres pour accéder aux terrains du corps ? Ces questions touchent de manière très concrètes aux déontologies à l’œuvre, qu’elles soient « en acte » ou codifiées  (la plupart du temps selon des logiques « nationales », donc diverses). Elles encadrent nos recherches, et l’internationalisation de celles-ci ne nous permet pas d’en ignorer les conséquences.

Conditions de soumission

Les propositions de communications devront respecter les consignes suivantes et comporter l’ensemble des données demandées :

  • Nom et prénom de l’auteur
  • Statut et institution de rattachement
  • Adresse de courriel
  • Titre de la communication
  • Texte du résumé de communication : en 1400 signes maximum, espaces compris. Ce texte figurera dans les publications de l’Afs.
  • Texte développant la proposition en 7500 signes au maximum, et présentant, dans le développement : l’objet de la recherche, le stade actuel de cette recherche, les données théoriques et les principaux éléments de la problématique, les types de personnes interrogées et/ou corpus constitués, les méthodes d’investigation et d’analyses mises en œuvres, et les principaux éléments de connaissance produits.

Les fichiers seront enregistrés au format word et devront être expédiées aux adresses conjointes des trois responsables du GT41 (adresses ci-dessous).

Ils devront être enregistrés selon la formule suivante : Congrès Afs 2013 – nom prénom.doc

 La date limite d’envoi des propositions est fixée au 2 février 2013.

Toutes les propositions seront examinées par les membres du bureau du GT41 qui fera connaître aux auteurs sa décision. Les réponses seront délivrées à partir du 4 mars 2013.

Une proposition acceptée pour le congrès ne sera effectivement prise en compte que dès lors que les conférenciers auront satisfait aux exigences de l’Afs en adhérant à l’Association Française de Sociologie (ou en s’assurant que leur adhésion est à jour), en s’inscrivant au congrès et en déposant leurs résumés sur le site de l’Afs. Cette responsabilité incombera aux auteurs.

Comité scientifique

  • Caroline Moricot (Paris 1/Cetcopra)
  • Valérie Souffron (Paris 1/Cetcopra)
  • Marina Maestrutti (Paris 1/Cetcopra)
  • Guido Nicolosi (Université de Catane)
  • Barbara Pentimali (Université La Sapienza, Rome)
  • Daniela Cerqui-Ducret (Unil -Université de Lausanne)
  • Eve gardien (Lyon 2/ Centre Max Weber))
  • Céline Lafontaine (Université de Montréal)

Contacts (responsables du GT41)

  • Caroline Moricot (Université Paris1 – Cetcopra) Caroline.Moricot@univ-paris1.fr
  • Valérie Souffron (Université Paris1 – Cetcopra) valerie.souffron@orange.fr , valerie.souffron@univ-paris1.fr
  • Marina Maestrutti (Université Paris1 – Cetcopra) Marina.Maestrutti@univ-paris1.fr 

Lieux

  • Nantes, France (44)

Dates

  • samedi 02 février 2013

Mots-clés

  • corps, techniques, dominations, dynamiques, partage des compétences, savoirs, expertises, médecine, robotique, territoires corporels, biopolitique, bioéconomie, invasivité, médecine, sport

Contacts

  • Valérie Souffron
    courriel : valerie [dot] souffron [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Valérie Souffron
    courriel : valerie [dot] souffron [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Des corps et des techniques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 15 janvier 2013, http://calenda.org/234571