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Techniques de transmission

Techniques of transmission

L’« autre » au cœur des politiques patrimoniales

The "Other" in heritage policies

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Publié le mercredi 16 janvier 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Depuis les années quatre-vingt-dix les musées font écho aux problématiques générées par les cultural studies et les postcolonial studies. Accusés d’être complices de l’hégémonie occidentale ébranlée par les indépendances coloniales, les musées ont ouvert leurs portes à ces « Autres » jusqu’alors circonscrits par des représentations abstraites. Les processus culturels qui émergent à la faveur de cette évolution sont complexes. D’un côté, la notion d’altérité tend à s’absolutiser ; de l’autre, la figure de l’Autre est progressivement réinventée. Certaines archives deviennent elles-mêmes opératrices de transmission. On observe ainsi parfois à la reconstitution d' « archives-œuvres » nouvelles, qui, à partir des fragments et des restes qui ont résisté à l’anéantissement, viennent prendre le spectateur à témoin. Le premier séminaire du projet de recherche « Transmission et musées », se concentre sur les métamorphoses de cet « Autre ». Il analyse également l’impact des nouvelles technologies sur le patrimoine et le changement du statut de l’archive. Ces deux moments participent à l’élaboration et à la transmission d’une représentation de l’« Autre » qu’il s’agira précisément d’identifier au cours de cette recherche.

Annonce

Argumentaire

Depuis les années quatre-vingt-dix les musées font écho aux problématiques générées par les cultural studies et les postcolonial studies non seulement dans les sciences humaines mais dans les mouvements politiques, activistes et artistiques contemporains. Ils le font notamment sur le terrain de l’exposition, et de l’exposition « muséale », devenues depuis les années soixante-dix des « médiums » artistiques à part entière.

Les musées répondent ainsi à deux phénomènes distincts et complémentaires : d’une part, l’ interrogation des artistes sur l’art comme objet de collections publiques et par conséquent  comme objet patrimonial ; et, d’autre part, le développement de nouvelles formes de recherches historiques à partir de fonds et d’ archives à la fois existants et manquants. Ainsi, les musées, accusés d’être complices de l’hégémonie occidentale ébranlée par le contexte politique des Indépendances coloniales, ont ouvert leurs portes à ces « Autres » jusqu’alors  circonscrits par des représentations abstraites.

Les processus culturels qui émergent à la faveur de cette évolution sont complexes. D’un côté, la notion d’altérité tend à s’absolutiser, que ce soit sous les espèces de l’œuvre d’art décontextualisée ou de populations ou groupes sociaux marginalisés. De l’autre, la figure de l’Autre est progressivement réinventée. Elle génère de nouvelles pratiques institutionnelles.

Des acteurs extérieurs aux musées s’emparent des collections dont ils changent le statut en développant de nouveaux modes de transmission. Réinvestis par des membres des diasporas, des « communautés sources » ou des artistes contemporains, les archives deviennent des objets de remémoration, de commémoration et/ou de fiction.

Certaines archives deviennent elles-mêmes opératrices de transmission, lorsqu’elles sont réinvesties par de nouvelles significations au gré des jeux de reprises et des réemplois de matériaux existants. On observe ainsi parfois à la reconstitution de « archives-œuvres » nouvelles, à partir des fragments et des restes qui ont résisté à l’anéantissement. Celles-ci viennent non pas remplacer les objets disparus ou combler les images manquantes, mais « prendre à témoin » le spectateur des événements inscrits par l’historiographie officielle.

Le premier séminaire du projet de recherche « Transmission et musées », se concentre sur les métamorphoses de cet « Autre » à travers les formes de collaborations développées avec différents acteurs sociaux. Il analyse également l’impact des nouvelles technologies sur le patrimoine et le changement du statut de l’archive. Ces deux moments constituent autant de
strates qui participent à l’élaboration et à la transmission d’une représentation
de l’« Autre » qu’il s’agira précisément d’identifier au cours de cette recherche.

Le colloque est organisé avec le soutien du Labex Arts H2H, des Archives Nationales et de l’Université Paris 8.

Intervenants

  • Anne-Marie Bouttiaux : Chef de la section d’ethnographie au musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren
  • Elisabeth Caillet : Membre du comité scientifique de la fondation Lilian Thuram
  • Elsa Dorlin : Professeur de Science politique à l’Université Paris 8
  • Lambert Dousson : Professeur d’esthétique à l’Ecole d’architecture de Montpellier
  • Catherine Ferguson : Maître de conférences en Arts plastiques, Université de Leeds
  • Joris Lachaise : Réalisateur indépendant
  • Jacob Lillemose : Curateur indépendant
  • Patrick Nardin : Plasticien, maître de conférence en Arts plastiques à l’Université Paris 8
  • Ken Ndiaye : Collaborateur indépendant du musée royal de l’Afrique centrale  (Tervuren) et de diverses associations de diasporas à Bruxelles
  • Catherine Perret : Professeur d’esthétique à l’Université Paris 8
  • Soko Phay-Vakalis : Maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l'Université Paris 8
  • Anna Seiderer : Collaborateur scientifique au musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren
  • Frederik Tygstrup : Professeur associé en arts et Cultural Studies à l’Université de Copenhague
  • Françoise Vergès : Professeur consultant au Goldsmith Collège de Londres et présidente du comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, depuis le 8 mai 2009
  • Patricia Van Schuylenbergh : Historienne au musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren
  • Elisabeth Watkins : Maître de conférences en Arts plastiques à l’Université de Leeds3

Programme

Jeudi 24 janvier – L’ Archive comme objet de mémoire

Il s’agit d’étudier l’impact des collaborations avec les diasporas et les « communautés sources » sur la constitution du savoir ethnographique (c’est-à-dire du savoir sur l’ « Autre »). Dans quelle mesure l’intégration de ces différents acteurs au cours des recherches scientifiques modifie-t-elle la production du savoir les concernant ? S’agit-il d’un changement épistémologique ou idéologique ?

Matinée

10h- Introduction générale : Catherine Perret & Soko Phay-Vakalis

Présidente de séance : Anna Seiderer

10h30-11h15
Frederik TygstrupCollaborative Methodologies in the Humanities: A Practice Based Approach Underworld.

11h15-12h
Elisabeth Caillet : Exposer l’exhibition : un geste anti-raciste ?

12h-12h45
Catherine Ferguson : A Fictional Tale about Painting: Juan Usle and the and the
Underworld

12h45-14h : Pause déjeuner

Après-midi

Présidente de séance : Catherine Perret                                                                                                                                                   

14h-14h45
Elsa Dorlin : Théories postcoloniales

14h45-15h30
Françoise Vergès : Mémoires fragmentées, histoires croisées

15h30-16h00 : Pause-café

16h00-16h45
Soko Phay-Vakalis : L’ Archive-Œuvre ou l’autre manquant

16h45-17h30
Ken Ndiaye : Exposition [S]oggetti migranti au musée Luigi Pigorini de Rome

17h30-18h15
Table ronde des intervenants modérée par Lambert Dousson

18h30
Projection du film Convention- Mur noir/Trous blancs de Joris Lachaise (1h12mn)

Vendredi 25 janvier – Esthétiques de l’archive : techniques de représentations

La manipulation et la réinterprétation des collections (objets, films, photographies, enregistrements sonores) génèrent de nouvelles techniques de transmission. Transformés en objets d’arts ou en traces virtuelles ces archives deviennent des objets transmissibles.

Matinée

Président de séance: Frederik Tygstrup

10h-10h45
Catherine Perret : The Museum, the Archive and the Contemporary

10h45-11h30
Anne-Marie Bouttiaux : La danse comme performativité de l’archive

11h30- 11h45 : Pause-café

11h45-12h30
Anna Seiderer : Ritualisation du patrimoine muséal - réinvention et détournement
de l’archive

12h30-14h : Pause déjeuner

Après-midi

Présidente de séance : Soko Phay-Vakalis

14h-14h45
Patricia Van Schuylenbergh : Des films coloniaux belges : fabrique, usage et transmission d’une mémoire de l’Autre

14h45-15h30
Elisabeth Watkins : Film archives, memory and the cinematographic document

15h30-16h : Pause-café

16h-16h45
Patrick Nardin : Pièce à conviction. Une histoire de Serial Killer.

16h45-17h30
Jacob Lillemose : Critical Circuits - Uneasy Intelligences in the Cultures of Advanced Technological Systems

17h45
Table ronde des intervenants modérée par Lambert Dousson

Lieux

  • Archives Nationales – Hôtel de Soubise, Salle d’Albâtre - 11 rue des Quatre-Fils
    Paris, France (75003)

Dates

  • jeudi 24 janvier 2013
  • vendredi 25 janvier 2013

Mots-clés

  • transmission, musée, archive, archive-oeuvre, exposition, patrimoine, représentation, L'Autre, autre, altérité, diaspora, communauté source, témoin, témoignage, massacre, génocide, mémoire, hégémonie, cultural studies, postcolonial studies

Contacts

  • Tomsa Ioana
    courriel : ioana [dot] tomsa [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Ioana Tomsa
    courriel : ioana [dot] tomsa [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Techniques de transmission », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 16 janvier 2013, http://calenda.org/235073