AccueilLes mises en scène de l'autorité dans l'Antiquité

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Publié le mercredi 30 janvier 2013 par Loïc Le Pape

Résumé

Le laboratoire junior ERAMA (Expressions et représentations de l’autorité dans les mondes anciens), organisera, jeudi 21 et vendredi 22 novembre 2013 à l’École normale supérieure de Lyon, un colloque consacré aux mises en scène de l’autorité. En croisant différents types de recherche et domaines d’études, le colloque se fixe pour objectif de cerner ce phénomène, qui peut être à la fois politique, économique, social et culturel : de quelles manières programme-t-on, expose-t-on, diffuse-t-on, pratique-t-on ou commémore-t-on l’autorité ?

Annonce

Argumentaire

Le laboratoire junior ERAMA (Expressions et représentations de l’autorité dans les mondes anciens), organisera, jeudi 21 et vendredi 22 novembre 2013 à l’École Normale supérieure de Lyon, un colloque consacré aux mises en scène de l’autorité. Souvent codifiées, celles-ci représentent un élément indissociable de l’existence même de l’autorité, entendue comme un processus de reconnaissance de la légitimité d’une hiérarchie, distinct de la rhétorique comme de la violence. L’autorité devient en partie effective à mesure de la visibilité de ses représentations et manifestations. L’image qu’elle donne et se donne d’elle-même, pour s’instaurer ou s’exercer, doit alors être maîtrisée.

Cet appel s’adresse en priorité aux doctorants et jeunes chercheurs travaillant sur l’Antiquité d’un point de vue littéraire, historique, philosophique, épigraphique, archéologique, etc. En croisant ces différents types de recherche et domaines d’études, le colloque se fixe pour objectif de cerner ce phénomène, qui peut être à la fois politique, économique, social et culturel. Conformément à la vocation d’ERAMA, nous retenons principalement les bornes chronologiques traditionnelles de l’histoire antique, de la protohistoire à l’avènement des royaumes barbares, et nous entendons couvrir les mondes grec et romain, ainsi que les autres civilisations du bassin méditerranéen.

La compréhension des modes de mise en scène de l’autorité, et la mise en évidence des spécificités propres à chacune des autorités traitées, implique aussi bien des études de cas que des analyses plus globales, aussi bien le décryptage de mécanismes ponctuels  que l’analyse d’évolutions sur le long terme. La mise en ordre, chronologique ou thématique, de l’ensemble des réflexions attendues, permettra de dégager certaines caractéristiques de l’autorité dans la globalité de notre champ d’étude : de quelles manières programme-t-on, expose-t-on, diffuse-t-on, pratique-t-on ou commémore-t-on l’autorité ?

Les différentes interventions se positionneront au regard de l’un des deux axes suivants :

Axe 1 – Représenter l’autorité : objets et gestuelles.

L’enjeu de cette première partie du colloque est d’interroger la conception qu’une autorité a d’elle-même par les différentes formes sous lesquelles celle-ci se présente selon l’image qu’elle souhaite renvoyer, qu’il s’agisse de représentations littéraires ou iconographiques, d’attributs matériels spécifiques (comme le trône, le sceptre ou la couronne, etc.) ou de pratiques cérémonielles et rituelles (initiation, investiture, triomphe, funérailles, etc.), dans un contexte spatio-temporel précis.

La mise en scène de l’auto­rité, pensée comme telle ou non, sou­vent codi­fiée, est un élément indis­so­cia­ble de son exis­tence. La visi­bi­lité et la lisi­bi­lité des repré­sen­ta­tions et des mani­fes­ta­tions de l’auto­rité condi­tion­nent en partie son degré de per­cep­tion. L’auto­rité est géné­ra­le­ment expo­sée, et de ce fait la maî­trise de son image est pro­gram­mée.

L’enjeu de cette pre­mière partie du col­lo­que est ainsi de mon­trer la concep­tion qu’une auto­rité a d’elle‑­même et les dif­fé­ren­tes formes sous les­quel­les cel­le‑ci se pré­sente selon l’image qu’elle sou­haite ren­voyer.

Il convient de com­men­cer par s’inter­ro­ger sur les pro­ces­sus d’inves­ti­ture de l’auto­rité, qu’ils pren­nent la forme d’une céré­mo­nie ins­ti­tu­tion­nelle ou non, et par exten­sion, de sa légi­ti­ma­tion, qui peut être mul­ti­forme (par la nais­sance, le droit, la répu­ta­tion…). Nous pour­rons ensuite ana­ly­ser les pra­ti­ques, ges­tuel­les ou céré­mo­niel­les, d’exer­cice de cette auto­rité, pour appré­cier la mani­fes­ta­tion phy­si­que des per­son­nes qui l’incar­nent. Il est également néces­saire de dis­tin­guer les dif­fé­ren­tes formes adop­tées par ces mani­fes­ta­tions, en fonc­tion des des­ti­na­tai­res, ce qui passe par une ana­lyse des lan­ga­ges et des repré­sen­ta­tions.

Ce décryp­tage incite à étudier plus en détail les attri­buts maté­riels spé­ci­fi­ques de l’auto­rité, en envi­sa­geant une des­crip­tion et une étude de la signi­fi­ca­tion, de l’uti­lité et de la sym­bo­li­que des objets concer­nés. Enfin, un chan­ge­ment de point de vue inté­res­sant consiste à consi­dé­rer la manière dont l’auto­rité est mise en scène ou repré­sen­tée par les autres enti­tés (agents, sujets, autres auto­ri­tés…).

Axe 2 – Diffuser l’autorité : au-delà du hic et nunc.

Ce second moment de réflexion concerne davantage l’inscription de l’autorité à travers l’espace et le temps, en envisageant les modes de diffusion auxquels ont recours les détenteurs d’une autorité pour affirmer leur position, que ce soit pour l’établir, la maintenir ou en forger le souvenir collectif : les inscriptions épigraphiques, les choix architecturaux, les données onomastiques, les phénomènes d’intertextualité, les échanges économiques et culturels, ou encore le vecteur monétaire apparaissent comme autant de supports possibles de cette diffusion.

Au‑delà du hic et nunc, com­ment ins­crire son auto­rité dans l’espace et dans le temps ?

Le second axe de réflexion que nous nous pro­po­sons pour le col­lo­que inter­ro­gera l’ins­crip­tion de l’auto­rité dans l’espace et dans le temps. Il s’agira d’étudier les modes de dif­fu­sion aux­quels ont recours les tenants d’une auto­rité pour affir­mer leur posi­tion – que ce soit pour l’établir, le main­te­nir ou en forger le sou­ve­nir col­lec­tif.

Dans ce cadre, plu­sieurs pistes peu­vent être rete­nues : s’ins­crire dans une lignée à tra­vers l’usage de son nom per­met‑il tou­jours de se reven­di­quer de son auto­rité ? Comment s’exprime l’auto­rité dans les choix archi­tec­tu­raux ? Il faudra notam­ment s’inté­res­ser aux rap­ports entre com­man­di­taire et des­ti­na­taire, et à la signi­fi­ca­tion des styles et sym­bo­les archi­tec­tu­raux choi­sis en un lieu et en un temps donnés, afin de com­pren­dre leurs fonc­tions et leur portée au regard de l’auto­rité qu’ils pro­meu­vent. Dans ce cadre, les monu­ments funé­rai­res et leurs épitaphes obéis­sent‑ils aux mêmes logi­ques de repré­sen­ta­tion ?

À côté d’une ins­crip­tion sta­ti­que dans l’espace, l’auto­rité se dif­fuse également de manière plus dyna­mi­que à tra­vers les échanges économiques et cultu­rels : la cir­cu­la­tion des mon­naya­ges semble être un vec­teur pri­vi­lé­gié pour la pro­pa­ga­tion d’une auto­rité cen­trale. Quels sont alors les signes visuels qui assoient cette auto­rité et com­ment impo­se‑t‑on une mon­naie ?

Modalités de soumission

Les propositions de communication devront être envoyées par voie électronique à l’adresse erama@ens-lyon.fr 

avant le 31 mars 2013,

sous la forme d’un résumé de 300 mots au maximum, dûment intitulé et précisant l’axe dans lequel il s’inscrit.

Les réponses seront délivrées sous deux mois. Les communications, d’une durée maximale de 25 minutes, seront présentées en langue française ou anglaise lors du colloque, et pourront donner lieu à une publication numérique ultérieure.

Comité scientifique

  • Mme Michèle Brunet (P.U., archéologie et épigraphie)
  • M. Christophe Cusset (P.U., lettres classiques)
  • M. Pierre-Marie Morel (P.U., philosophie ancienne)
  • M. Nicolas Richer (P.U., histoire ancienne)

Lieux

  • ENS de Lyon - 15 parvis René Descartes
    Lyon, France (69007)

Dates

  • dimanche 31 mars 2013

Mots-clés

  • autorité, antiquité, mises en scène, représentation, diffusion

Contacts

  • Jérôme Bastick
    courriel : jerome [dot] bastick [at] ens-lyon [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Jérôme Bastick
    courriel : jerome [dot] bastick [at] ens-lyon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les mises en scène de l'autorité dans l'Antiquité », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 30 janvier 2013, http://calenda.org/235358