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Cours d'été intensif de troisième cycle

Postgraduate summer school

Institut d'histoire de la Réformation, université de Genève

History of the Reformation Institute, Geneva University

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Publié le mercredi 06 février 2013 par Loïc Le Pape

Résumé

Le cours propose deux thèmes, étudiés chacun durant une semaine. Les sujets retenus pour 2013 sont, d’une part, «La Réforme, la famille et l’ordre social», par Philip Benedict et Mark Greengrass, et, d’autre part, «Le Mal, la tentation et la damnation. Imaginaire, normes et pratiques du combat contre Satan à l'époque confessionnelle», par Irena Backus et Daniela Solfaroli Camillocci.

Annonce

Présentation

Le cours propose deux thèmes, étudiés chacun durant une semaine. Les sujets retenus pour 2013 sont, d’une part, «La Réforme, la famille et l’ordre social», par Philip Benedict et Mark Greengrass, et, d’autre part, «Le Mal, la tentation et la damnation. Imaginaire, normes et pratiques du combat contre Satan à l'époque confessionnelle», par Irena Backus et Daniela Solfaroli Camillocci. Les personnes intéressées peuvent s’inscrire aux deux semaines, ou à une seule d’entre elles.

Le but de cet enseignement est de permettre aux participant-e-s d’approfondir leurs connaissances dans un domaine historique particulier et de se familiariser avec le traitement des sources. Une attention spéciale est portée à l’apprentissage des méthodes utilisées dans l’étude de l’histoire intellectuelle.

Pendant la durée du cours, les participant-e-s ont des contacts directs et permanents avec les membres du corps enseignant de l’Institut d’histoire de la Réformation et peuvent s’entretenir avec eux de leurs recherches personnelles. A la fin du cours, ceux et celles qui se seront engagé-e-s activement, notamment lors des séminaires de l’après-midi, recevront une attestation, et les étudiant-e-s en master pourront, en accord avec leur institution, et selon le travail fourni, obtenir un certain nombre de crédits.

Les participant-e-s sont invité-e-s à poursuivre leur séjour à l’Institut d’histoire de la Réformation au-delà des deux semaines que dure le cours, afin de faire bénéficier leurs propres travaux des ressources de l’Institut. Dans ce but, une aide pourrait leur être octroyée, pour autant qu’un séjour à Genève soit indispensable à leur recherche. 

Programme

Première semaine : du lundi 20 au vendredi 24 mai 2013 – La Réforme, la famille et l’ordre social

Enseignants : Philip Benedict et Mark Greengrass

D’influentes interprétations historiques ont forgé des images fort diverses de la Réforme protestante. Ainsi, celle-ci aurait tour à tour renforcé le modèle patriarcal de la famille ; aidé les femmes à se défaire de l’autorité masculine ; libéré la sexualité conjugale ; émancipé les laïcs vis à vis du contrôle clérical ; valorisé les valeurs bourgeoises du travail et de la modération, ou encore l’ascèse intra-mondaine. Or, de récentes recherches ont montré que des attitudes le plus souvent considérées comme étant apparues après 1517 existaient en réalité avant la Réforme ; en même temps, ces recherches ont mis l’accent sur les similarités existant au sein des différentes familles confessionnelles nées de la Réforme. Ce faisant, elles ont fourni de nombreuses raisons de rejeter ou de nuancer ces multiples interprétations. Où en est aujourd’hui la réflexion sur ces questions ? Notre cours-séminaire entend se pencher sur les questions suivantes : (1) comment et dans quelle mesure la Réforme a-t-elle transformé — pour autant qu’elle l’ait fait — les normes présidant à l’ordre social, la famille et le comportement des hommes et des femmes laïcs des différents rangs de la société ? (2) comment les normes véhiculées par les différentes églises étaient-elles acceptées et intériorisées dans les diverses couches de la population ? Nous tenterons de répondre sur la longue durée/en considérant une longue période (de…à…) ? à partir d’une approche comparatiste et multi-confessionnelle. Nous lirons principalement des textes prescriptifs destinés aux laïcs, mais nous pencherons aussi sur les actes des tribunaux ecclésiastiques. Le dernier jour, nous explorerons ce que la culture matérielle peut nous apprendre à propos de l’organisation de la dévotion personnelle et familiale.

Programme

Cours — Introduction générale : les théologiens du Moyen Âge tardif face à la famille, au genre et à l’ordre social — par Philip Benedict et Mark Greengrass.
Séminaire — Discussion sur une sélection de livres de dévotion vernaculaires (ou en langue vernaculaire?).

Cours — La Réforme luthérienne and the Godly Household — par Mark Greengrass.
Séminaire — Discussion sur une sélection de textes de Luther, des ordonnances gouvernementales et des livres de dévotion vernaculaires (cf. question supra).

Cours — La tradition réformée, the Godly Household, et l’ordre social — par Philip Benedict.
Séminaire — Discussion sur des livres de dévotion vernaculaires et des cas soumis au Consistoire.

Cours — Le catholicisme après la Réforme, la famille et l’ordre social — par Philip Benedict.
Séminaire — Discussion sur une sélection de textes prescriptifs et de livres de dévotion.

Cours — The Fabric of the Protestant Family — by Mark Greengrass.
N.B. : : le travail de cette journée sera inspiré par le récent ouvrage de Tara Hamling : Decorating the Godly Household (New Haven and London, Yale University Press, 2011). En nous appuyant sur les indices et les idées nées du travail des journées précédentes, notre objectif sera de voir si nous pourrons (mieux) cerner/éclairer/appréhender la culture domestique/familiale/matérielle qui a survécu durant/depuis/à (☹)la période de la post-Réforme.
Séminaire — discussion sur une sélection de textes.

Conclusions générales

Deuxième semaine : du lundi 27 au vendredi 31 mai – Le Mal, la tentation et la damnation. Imaginaire, normes et pratiques du combat contre Satan à l'époque confessionnelle

Enseignantes : Irena Backus et Daniela Solfaroli Camillocci

Le combat contre Satan, l’Adversaire, est sans doute au cœur de l’expérience judéo-chrétienne. A toute époque et dans des contextes [très] différents, l’effort pour se préserver du Mal, de ses tentations et de ses ruses, marque la recherche du salut des fidèles tant sur le plan individuel que dans les efforts quotidiens des communautés pour se protéger de la désunion [pour éviter la désunion], en démasquant et en éloignant cet ennemi caché dont témoigne parfois l’irruption du surnaturel dans la réalité et qui, dès lors, essaye — aussi par le biais de ses disciples et de ses suppôts — de porter atteinte à l’ordre naturel prédisposé par la volonté divine. C’est cependant à l’époque confessionnelle que la « figure » du diable (litter. : celui qui désunit) prend de plus en plus d’essor, jusqu’à devenir, selon certains historiens, une image clé de la modernité, et ce notamment grâce à/au travers de la légende de Faust. Forgée dans l’Allemagne luthérienne, imprimée/publiée vers la fin du XVIe siècle (1587) et visant à l’origine à blâmer, sous la forme d’un exemple moral, l’orgueil et la curiosité humaines, l’histoire de ce malheureux savant fut par la suite diffusée en traduction et circula en Europe jusqu’à être réinterprétée par des ouvrages littéraires célèbres, et à se transformer en un mythe censurant aussi bien la volonté excessive [le désir excessif/la soif excessive] de connaissance que l’attitude sceptique [le scepticisme] et l’incrédulité. D’autre part, dans la controverse confessionnelle, les opposants et adversaires théologiques sont/se voient dénoncés pour leurs visées diaboliques — ces accusations servant à légitimer à tour de rôle les persécutions religieuses, les explosions de violence collective et les vagues iconoclastes. Durant cette semaine de cours, nous nous pencherons donc sur les dynamiques confessionnelles du combat contre Satan entre le XVIe et le XVIIe siècle, en abordant les cas de la France et de la Grande Bretagne dans une perspective comparative. Comment le discours confessionnel a-t-il contribué à l’élaboration de l’imaginaire sur le diable dans des territoires secoués par la confrontation religieuse ? Nous nous arrêterons sur les représentations des champs d’action du diable d’une part et, d’autre part, sur les pratiques mises en vigueur, tant par l'église catholique que par les églises protestantes, dans le but de défendre leurs fidèles et de préserver leurs communautés. Tout d’abord, nous nous demanderons quel rôle ont joué les possessions diaboliques et les exorcismes dans les missions catholiques des territoires ‘infectés’ par l’hérésie. Comment les églises protestantes ont-elles considéré ces pratiques catholiques et contribué de leur côté à la représentation confessionnelle du diable ? Par ailleurs, tandis que les Églises réformées en France niaient la validité de l'exorcisme, considéré comme une superstition et une surenchère papiste, les Puritains anglais le pratiquaient régulièrement, allant, dans certains cas, jusqu'à le simuler, avec la connivence des « victimes ». D’autre part, la Grande Bretagne était un des pays où la chasse aux sorcières en tant que complices et parfois amantes du diable a pris des proportions démesurées, surtout dès la fin du XVIe siècle. Voici les questions principales que nous aborderons dans la deuxième partie du cours : à quoi servait la pratique de l'exorcisme aux Protestants et aux Puritains anglais ? Que voulaient-ils démontrer, surtout au travers des exorcismes simulés ? Qui essayait-on de protéger et de défendre par les multiples exorcismes et les procès pour sorcellerie? Quel était le rôle joué par les autorités ecclésiastiques, civiles, et surtout juridiques ? Comment les manuels « théoriques » protestants ont-ils influencé les pratiques en vigueur ?

Programme

Cours — Introduction à l’historiographie du diable avec, notamment, l’histoire de Faust — par Irena Backus et Daniela Solfaroli Camillocci.
Séminaire — Lecture de textes illustrant la pérennité du diable ; analyse d’extraits du Faustbuch, de L’histoire prodigieuse du Docteur Fauste et du Dr. Faustus de Christopher Marlowe.

Cours — (France) La « tentation du fidèle » : représentations de Satan dans la littérature de piété et la vulgarisation théologique — par Daniela Solfaroli Camillocci.
Séminaire — lecture de textes afférents.

Cours — (France) Les mission du diable : regards confessionnels sur les manifestations de Satan.
Séminaire — Lecture de textes afférents.

Cours — (Grande Bretagne) Littérature de controverse et d’édification : récits de possessions et d’exorcismes protestants — par Irena Backus.
Séminaire — Lecture de textes illustrant une « vraie possession » (Alexander Nyndge), une possession simulée (William Sommers) et une possession par l’intermédiaire d’une sorcière (Thomas Darling).

Cours — Procès de sorcières dans l’Écosse et dans l’Angleterre de Jacques VI/Ier — par Irena Backus.
Séminaire — Lecture de textes afférents, notamment du récit des « Procès de sorciers de Berwick » et d’extraits de la Démonologie de Jacques Ier.

Conclusions générales

Corps enseignant

  • Philip Benedict, B.A. (histoire, Cornell), M.A., Ph.D. (histoire, Princeton), professeur ordinaire et ancien directeur à l’Institut d’histoire de la Réformation. Principaux domaines de recherches et de publications : les guerres de religion en France, la minorité huguenote au XVIIe siècle en France, l’histoire du calvinisme en Europe.
  • Irena Backus, M.A., D. Phil. (Oxon), Dr Theol. Hab. (Bern), Hon. D.D. (Edimbourg), D. D. (Oxon), professeur ordinaire à l’Institut d’histoire de la Réformation. Spécialiste de l’exégèse biblique au XVe et au XVIe siècle, de la réception des Pères de l’Église en Occident, des apocryphes du Nouveau Testament au Moyen Age et jusqu’au XVIIe siècle.
  • Mark Greengrass, M.A, D.Phil (histoire, Oxford), fellow Royal Historical Society, professeur honoraire à l'Université de Sheffield, honorary fellow, Université de Warwick. Principaux domaines de spécialisation : la Réforme, l’État et la société dans la France moderne, les guerres de Religion en France, l’histoire intellectuelle (fin XVIe-XVIIe siècles).
  • Daniela Solfaroli Camillocci, lic. lettres (Pise), doctorat en histoire moderne (Scuola Normale Superiore de Pise), DEA en études réformées (Genève). Chargée de cours à l’Institut d’histoire de la Réformation. Domaines de recherche et de publication : histoire de la culture et de la vie religieuse à la première époque moderne ; histoire de la spiritualité ; histoire des femmes et du genre.

Modalités de participation

Exigences linguistiques

L’enseignement sera donné en français et / ou en anglais. Les candidat-e-s devront avoir une connaissance suffisante des deux langues pour pouvoir suivre les cours. Ils pourront cependant s’exprimer indifféremment en anglais ou en français. Selon le programme et les sources proposées, une connaissance du latin sera exigée. Ceux qui auraient de la difficulté à juger de leur niveau dans les langues requises peuvent, avant de s’inscrire, contacter un membre du corps enseignant.

Financement

L’enseignement est gratuit. L’Institut offre la demi-pension (logement, petit-déjeuner, ainsi que repas de midi les jours de cours), mais ne participe pas aux frais de déplacement.

Dépôt de candidature

Le formulaire d’inscription doit être rempli en ligne, sur notre site Internet, www.unige.ch/ihr.

Une lettre de motivation, un curriculum vitae avec photo, une brève présentation des recherches menées dans le cadre du diplôme, de la thèse de doctorat ou des études post-doctorales, ainsi que deux lettres de recommandation signées (format PDF) devront être envoyés par courriel à l’adresse Marlene.Jaouich@unige.ch ,

d’ici au 28 février 2013.

Les candidatures seront examinées par le corps enseignat, qui avisera les candidat-e-s de sa décision avant le 1er avril 2013.

Nota bene : les personnes ayant déjà suivi notre cours n’ont pas besoin de lettres de recommandation, mais doivent s’inscrire comme les autres via le formulaire en ligne, et nous envoyer, s’ils le jugent utile, un dossier mis à jour (modification éventuelle du titre de la thèse, CV mis à jour, etc).

Présentation de l'Institut d’histoire de la Réformation

L’Institut d’histoire de la Réformation (IHR) est un centre de recherche interdisciplinaire de l’Université de Genève, spécialisé dans l’histoire des réformes entre le XVe et le XVIIIe siècle. La gamme des spécialisations des membres de l'Institut est large, allant de l'histoire de l'exégèse et de la théologie dans ses rapports avec la philosophie, jusqu'à l'histoire socio-culturelle et politique.

Outre sa propre bibliothèque, l’IHR abrite celle de la Société du Musée historique de la Réformation (environ 15’000 volumes et manuscrits) et se trouve à proximité de la Bibliothèque de Genève (plus de 1,5 million de livres et de manuscrits) et des Archives d’État de Genève.

Situé dans le bâtiment le plus ancien de l’Université, il dispose de locaux qui offrent d’excellentes conditions pour la recherche dans les domaines que l’on vient d’énumérer. Depuis 1999, il organise au semestre d’été un cours intensif de deux semaines à l’intention d’étudiants et d’étudiantes en cycle de master, de diplôme ou de doctorat, ou déjà postgradué-e-s en histoire, philosophie, littérature ou théologie. 

Lieux

  • Institut d'histoire de la Réformation, Bâtiment Uni-Bastions - Rue de-Candolle 5
    Genève, Confédération Suisse (1205)

Dates

  • jeudi 28 février 2013

Mots-clés

  • Réforme, famille, ordre social, mal, tentation, damnation

Contacts

  • Marlène Jaouich
    courriel : marlene [dot] jaouich [at] unige [dot] ch

Source de l'information

  • Lorraine Dubuis
    courriel : lorraine [dot] dubuis [at] unige [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Cours d'été intensif de troisième cycle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 06 février 2013, http://calenda.org/235778