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Villes, pouvoir et modes de gouvernement urbain en Tunisie et au Maghreb

Cities, power and modes of urban government in Tunisia and in the Maghreb

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Publié le mardi 29 janvier 2013 par Élodie Faath

Résumé

Organisé par l’unité de recherche Ur-Econurba, ce colloque cherche à réunir les géographes et les chercheurs en sciences humaines et sociales autour du thème « Villes, pouvoir et modes de gouvernement urbain en Tunisie et au Maghreb ». Le thème choisi interpellera les intervenants surtout sur les sous-thèmes suivants : ’évolution récente des relations de pouvoir et d’influence dans la ville, entre logiques anciennes et nouveaux paradigmes ; pouvoir, conflictualités urbaines et protestations collectives ; le sens et la symbolique des lieux de pouvoir et de contestation dans la ville ; l’État « anémique », « déshabilité » ou « contourné », face à la recrudescence de l’informalité économique et résidentielle, de la violence et des risques urbains ; nouveaux enjeux urbains, jeu des acteurs et jeu d’influence territoriale ; les enjeux d’un développement urbain participatif partagé.

Annonce

Présentation

La ville est le lieu où se côtoient de multiples acteurs aux intérêts divergents, intervenant à des degrés divers dans la production/reproduction d’un espace urbain plus ou moins éclaté, plus ou moins ségrégué, plus ou moins légal, plus ou moins durable. Les tensions, les conflits et les risques qu’engendre le jeu des acteurs font de la ville un lieu de pouvoir où interfèrent les différents niveaux de la hiérarchie administrative et un espace politique soumis à toutes sortes de pressions exercées par les groupes dominants, les notabilités  urbaines, les marginalités sociales de la ville, et parfois, par quelques entités de la société civile. Les conflits qui agitent l’urbain (conflits d’intérêt, conflits d’usage, luttes urbaines …) contribuent largement à sa transformation.

De la commune à l’État, l’acteur public, qui est supposé porter des valeurs collectives, est censé apporter cadre de cohérence, sécurité, paix sociale et moyens d’incitation au progrès social et au développement économique. Mais, l’adhésion à l’ordre global provoque le laminage du rôle de l’Etat–providence, souvent confronté à l’urgence, devenu plus soucieux de la mobilisation des acteurs les plus performants et de l’optimisation des territoires les plus compétitifs que de l’équité sociale au sein de la sphère domestique locale.

Aujourd’hui, le rapport du pouvoir à la ville obéit à plusieurs logiques :

  • Une logique globale dans laquelle les hauts lieux de la mondialisation imposent une convergence idéologique et financière inclusive ou exclusive consacrant un ordre global dominant, mettant les villes en compétition, générant ainsi d’importantes recompositions territoriales et de nouvelles formes urbaines. A la planification urbaine directive ou indicative, se substitue un urbanisme de projet (« urbanisme en plein ») où le marketing urbain et les traitements « durables » prennent beaucoup de place, et un urbanisme de marges (« urbanisme en creux ») où des processus périphériques, souvent spontanés, presqu’anonymes, ne semblent pas faire évoluer les nouveaux territoires de la ville vers une nouvelle urbanité.     
  • Une Logique nationale dans laquelle l’Etat centralisateur crée ses relais de pouvoir et définit ses moyens d’intervention régionale et locale pérennisant son autorité et les symboles de cette autorité. Pendant longtemps, c’est l’Etat qui pilote la politique urbaine, développe les synergies à travers son réseau d’acteurs régionaux et locaux et veille à l’équité et la cohésion socio–territoriale à travers sa politique économique et ses programmes d’infrastructures et d’encadrement socio–culturel. Depuis peu, des rapports inédits s’établissent entre des villes bénéficiant d’avantages compétitifs très inégaux et un État, presque déshabilité face aux défis urbains.    
  • Une logique locale dans laquelle les acteurs de proximité politique et économique gouvernent la ville, gèrent ses conflits et parfois la contestation sociale qui l’agite, organisent le territoire et assurent la sécurité de ses occupants. La complexité de l’urbain tant dans ses fonctionnalités que dans ses conflictualités, en même temps que l’usure de la centralité de l’Etat dans un contexte néolibéral postfordiste, invite à l’instauration d’un nouveau jeu d’acteurs, au changement du cadre institutionnel et du mode opératoire de la gestion urbaine, supposant la mobilisation des compétences et des ressources sur un modèle gouvernanciel démocratique et participatif.   

En Tunisie, de Carthage, l’ancienne cité punique, à Tunis, l’actuelle capitale politique et économique du pays, la ville n’a cessé d’être le siège ou le relais de l’autorité centrale, structurant un espace politique et économique plus ou moins étendu, soumis aux pouvoirs exclusifs du prince et du marchand. Aujourd’hui, la question relative au rapport de la ville au pouvoir, à priori générale, prend toute sa valeur quand il s’agit de pays où l’ordre est bouleversé par des mouvements sociaux, voire une révolution. L’émergence  relativement tardive des enjeux locaux, alors que les changements au sommet de l’Etat national ne sont pas encore introduits et opérés, posera le problème du renouvellement ou de la refonte du rapport entre un pouvoir, encore en gestation, et la ville, institutionnellement réduite à une simple commune, confinée jusqu’ici à l’intérieur de ses frontières et confrontée aux enjeux produits par une situation géopolitique nationale exceptionnelle.

  • Alors, comment faire évoluer l’action urbaine d’un ordre institutionnel obsolète soumis à la hiérarchie d’un Etat centralisé et aux intérêts dominants vers un ordre gouvernanciel citoyen où prévalent  participation, régulation et arbitrages ?    
  • Comment arrêter, sinon réduire, le chaos lié à la recrudescence de l’anarchie  résidentielle et de l’auto–emploi informel et comment instaurer un ordre territorial socialement et politiquement correct et un environnement urbain durablement viable ?   
  • Comment concilier le social, vécu au quotidien par une population vivant dans la difficulté ou à la marge, et l’économique soumis aux turbulences de la  conjoncture internationale et à la mise en compétition des entreprises et des lieux à l’échelle mondiale ?    

Ce colloque cherche à réunir les géographes et les chercheurs en sciences humaines et sociales autour du thème « Villes, pouvoir et modes de gouvernement urbain en Tunisie et au Maghreb ». On ne peut point prétendre qu’on puisse arrêter une liste exhaustive des questions susceptibles d’intéresser les participants tunisiens, maghrébins et étrangers à ce colloque. Néanmoins, ce thème, bien et dûment contextualisé, ne manquera pas d’interpeller les intervenants surtout sur les sous–thèmes suivants :

  • L’évolution récente des relations de pouvoir et d’influence dans la ville, entre logiques anciennes et nouveaux paradigmes ;   
  • Pouvoir, conflictualités urbaines et protestations collectives ;   
  • Le sens et la symbolique des lieux de pouvoir et de la contestation dans la ville ;    
  • L’État « anémique », « déshabilité » ou « contourné », face à la recrudescence de l’informalité économique et résidentielle, de la violence et des risques urbains ;   
  • Nouveaux enjeux urbains,  jeu des acteurs et jeu d’influence territoriale ;    
  • Les enjeux d’un développement urbain participatif partagé.

Programme

17 avril 2013

Ouverture :

  • 9h.00 – Allocution de Monsieur le Président de l’Université de Tunis
  • 9h.10 – Allocution de Monsieur le Doyen de la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis
  • 9h.20 – Présentation du colloque : Habib DLALA

Première séance

Président : Mustapha CHOUIKI (Maroc)

Rapporteurs : Hatem KAHLOUN et Abdelmalek ARROUF

  • 9h.30 – La ville produit et / ou instrument du pouvoir ? Des exemples du MarocMustapha CHOUIKI (Université Hassan II, Maroc)
  • 9h.50 – Protestations collectives, enjeux de pouvoir et conflictualités urbaines en TunisieHabib DLALA (Université de Tunis, Tunisie)
  • 10h.10 – Politique des grands projets et gouvernance urbaine au MarocSanae ALJEM (Institut National de l’Aménagement et de l’Urbanisme, Rabat, Maroc)

Pause–café : 10h.30–10h45

  • 10h.50 – L’image de la ville dans la législation urbaine algérienneAbdelmalek ARROUFYoucef BOUDENE (Université de Batna, Algérie)
  • 11h.10 – La production de l’habitat social en Tunisie : du volontarisme politique… au rêve d’un logement adéquatHatem KAHLOUN (Université de Carthage, Tunisie)

Discussion : 11h.50 – 12h.20

Deuxième séance

Président : Jacques POIROT (France)

Rapporteurs : Taoufik MEGDICHE et Djamel TELAIDJIA

  • 14h.30 – Rôle de la démocratie participative dans l’émergence des villes durables en TunisieJacques POIROT (BETA–CNRS, Université de Lorraine, France)
  • 14h.50 – Gouvernance urbaine au Maroc face au droit à la ville : le cas d’Agadir – Mohamed BEN ATTOU (Université Ibn Zohr–Agadir, Maroc)
  • 15h.10 – L’Agenda 21 local, un enjeu du développement urbain concerté. L’exemple de la ville d’Annaba (Algérie)Amina MELLAKH et Anissa BOUKHEMIS (Université Badji Mokhtar, Annaba, Algérie)
  • 15h.30 – Titre à préciser – Taoufik MEGDICHE (Université de Sfax, Tunisie)

Pause–café : 15h.50–16h.05

  • 16h.10 – Quelle ville pour quel mode de développement urbain ? Le cas du Grand Tunis Maha BOUJLIDA (Université de Tunis, Tunisie)
  • 16h.30 – Etalement urbain et enjeux de développement durable à SolimanFaouzi ZERAI (Université de Tunis, Tunisie)
  • 16h.50 – Gouvernance locale en Algérie : Nécessités et urgences de réformes. Cas des territoires de la wilaya d’AnnabaNoredine KOUADRIA et Djamel TELAIDJIA (Université Badji Mokhtar, Annaba, Algérie)

Discussion : 17h.10 – 17h.40

18 avril 2013

Troisième séance

Président : Mohamed BEN ATTOU (Maroc)

Rapporteurs : Faouzi ZERAI et Jacques YOMB

  • 9h.00 – La problématique de la participation des acteurs urbains dans la gestion des ordures ménagèresJacques YOMB (Université de Douala, Cameroun)
  • 9h.40 – L’irrégularité foncière des quartiers périphériques d’Oran, les habitants en attente d’intégration urbaineNajet MOUAZIZ–BOUCHENTOUF (Université des Sciences et de la technologie d’Oran USTO, Algérie)
  • 10h.00 – Gouverner Carthage : une perspective métropolitaineHind KHEDIRA et Jérémie MOLHO (ESO – Angers, Maison des Sciences Humaines, Angers, ONG Urbanistes du Monde)

Pause–café : 10h.20–10h35

  • 10h.40 – L’expérience de l’habitat semi–collectif à Tunis dans les années 70: étude de l’écart entre les référents du concepteur et ceux de l’usagerInés DIMASSI KHIRI (Université de Carthage, Tunisie)
  • 11h. – Syndicats tunisiens et pouvoirs urbains : Le cas de SfaxAbdesselem BEN HAMIDA (Université de Tunis, Tunisie)
  • 11h.20 – D’une ontologie de la percée à Tunis ; l’avenue Habib Bourguiba et la naissance d’une vitrine du pouvoir au cœur de la capitale (1881–1964)Nader MEDDEB (Faculté de l’aménagement, Université de Montréal, Québec, Canada)
  • 11h. 40 – Le renouvellement du tissu urbain colonial. Décryptage des systèmes d’acteurs prives et leurs stratégies déployées. Cas de la ville d’Annaba (Algérie) Kaoutar RAHAL et Kaddour BOUKHEMIS (Université Badji Mokhtar, Annaba, Algérie)

Discussion : 12h. – 12h.30

Quatrième séance

Président : Noredine KOUADRIA (Algérie)

Rapporteurs : Mourad BEN JELLOUL et Najet MOUAZIZ–BOUCHENTOUF

  • 14h.30 – Le gouvernement urbain des quartiers mal–lotis dans une ville moyenne en Tunisie : l’exemple de KairouanAli REBHI  (Université de Sfax, Tunisie)
  • 14h.50 – Jeu d’acteurs et enjeux d’une opération de réhabilitation urbaine : le cas du quartier Ourasnia à Ben Guerdane (Gouvernorat de Medenine, Sud–Est Tunisien)Mourad BEN JELLOUL Université de Tunis, Tunisie)
  • 11h.00 – L’île de Djerba : acteurs et  nouveaux enjeux urbains ? Cas de la commune de MidounSarra BEN JEBARRA BOUSSAADA –  Maha BOUJLIDAAziza GHRAM  MESEDI (Université de Tunis, Tunisie)

Pause–café : 15h.10–15h.25

  • 15h.30 – Présentation d’ouvrage : Le Maroc face au défi urbain. Quelle politique de la ville ?  – Mustapha CHOUIKI (Université Hassan II, Maroc)

Discussion : 15h.50 – 16h.20

16h.20 – Lecture des rapports et clôture du colloque : Hatem KAHLOUN et Habib DLALA

Lieux

  • 94 avenue 9 Avril 1938
    Tunis, Tunisie (1007)

Dates

  • mercredi 17 avril 2013
  • jeudi 18 avril 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • villes, pouvoir, gouvernement, gouvernance, révolution, mouvements sociaux, Tunisie, Maghreb

Contacts

  • Habib Dlala
    courriel : ur [dot] econurba [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Habib Dlala
    courriel : ur [dot] econurba [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Villes, pouvoir et modes de gouvernement urbain en Tunisie et au Maghreb », Colloque, Calenda, Publié le mardi 29 janvier 2013, http://calenda.org/237362