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Géographies des marges et marges en géographie

The geography of marginality and the margins of geography

Journée des jeunes chercheurs de l’Institut de géographie de Paris

Institut de géographie de Paris young researchers study day

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Publié le mercredi 13 février 2013 par Loïc Le Pape

Résumé

« Peu importe la marge, c’est le cœur qu’il faut avant tout considérer ». Souvent vérifiée en géographie, cette affirmation de Lucien Febvre témoigne à la fois du poids accordé à ce qui est gros, visible et structurant dans les espaces géographiques, et de la relative rareté des travaux sur les marges en géographie, comme si le marginal était quantité négligeable et ne valait pas la peine d’être connu. Le terme de marge renvoie avant tout à ce qui est loin, en périphérie, à la limite ou à la frontière ; ainsi qu’à ce qui est petit, de moindre taille, aux interstices. La marge se définit toujours dans un rapport à quelque chose. Entre des lieux, des espaces, ou des groupes sociaux, ces rapports expriment une influence, une domination, une relation asymétrique. La notion de marge peut aussi être abordée dans des champs disciplinaires et méthodologiques. Les marges ne pourraient-elles pas se définir par leur mise à l’écart dans la connaissance et la production du savoir scientifique ? Existe-il des manières marginales d’étudier les territoires ou les espaces ? Ainsi, il s’agit de s’interroger sur le rôle de la marge dans l’analyse géographique et dans la discipline.

Annonce

Argumentaire

« Peu importe la marge, c’est le cœur qu’il faut avant tout considérer ». Souvent vérifiée en géographie, cette affirmation de Lucien Febvre témoigne à la fois du poids accordé à ce qui est gros, visible et structurant dans les espaces géographiques, et de la relative rareté des travaux sur les marges en géographie, comme si le marginal était quantité négligeable et ne valait pas la peine d’être connu. Le terme de marge renvoie avant tout à ce qui est loin, en périphérie, à la limite ou à la frontière ; ainsi qu’à ce qui est petit, de moindre taille, aux interstices. La marge se définit toujours dans un rapport à quelque chose. Entre des lieux, des espaces, ou des groupes sociaux, ces rapports expriment une influence, une domination, une relation asymétrique. La notion de marge peut aussi être abordée dans des champs disciplinaires et méthodologiques. Les marges ne pourraient-elles pas se définir par leur mise à l’écart dans la connaissance et la production du savoir scientifique ? Existe-il des manières marginales d’étudier les territoires ou les espaces ?

Ainsi, il s’agit de s’interroger sur le rôle de la marge dans l’analyse géographique et dans la discipline. 

Dans cette perspective, les communications des doctorants et autres jeunes chercheurs devront s’inscrire dans les axes suivants :

Axe 1 – Les marges : définitions, mesures et méthodes

Notion transversale en géographie, et au-delà, dans d’autres sciences, la marge pose avant tout un problème de définition. D’abord, qu’appelle-t-on une marge ? À quoi cela renvoie-t-il ? Et de facto, comment définir les marges en tant qu’objet géographique ? Par ailleurs, quelles sont les mesures à partir desquelles identifier, qualifier et quantifier les marges ? Négligeables voire invisibles, comment les apprécier ? Les méthodes pour appréhender les marges semblent nombreuses, de la modélisation informatique à l’observation participante « des marginaux », en passant par l’usage de la cartographie. En quoi une méthode permet-elle d’identifier certaines marges plutôt que d’autres ? Quels discours cela donne-t-il sur les marges ? Quels sont les apports et les limites des différentes méthodes et mesures, et comment les comparer ou les combiner ?

Axe 2 – Les marges spatiales, territoriales et physiques

Les marges spatiales se situent par rapport à des centres ou à des pôles structurants. Elles sont à la fois les périphéries, les interfaces ou les discontinuités. Les marges territoriales, produits d’appropriations de l’espace (frontières, interstices, zones tampons, etc.) s’inscrivent dans des jeux d’acteurs, des aménagements et des enjeux environnementaux. En géomorphologie avec les bourrelets marginaux ou les marges continentales, en climatologie ou en biogéographie avec les limites zonales, la question des marges est importante pour comprendre les dynamiques systémiques des milieux. Chaque marge est relative à un territoire, à un espace, à un lieu et à une échelle donnée. Cependant comment apprécier les marges en termes de production et d’analyse multiscalaire ?

Axe 3 – Marginalité et marginalisation spatiale

Les « marginaux » transgressent les normes fixées par un groupe social dans un certain contexte historique et spatial. Ils sont mis à l’écart d’une société en vertu d’une norme, du fait de leurs pratiques, de leurs appartenances, etc. Ce rapport aux normes donne lieu à des stigmatisations et des discriminations dont la dimension géographique est à questionner. L'étude d'une société par ses marges interroge aussi les dynamiques et les acteurs qui façonnent les catégories sociales, dans le temps et dans l'espace. Comment les « marginaux » en tant qu’acteurs produisent-ils du territoire ? À l’inverse, comment leur assigne-t-on des territoires ? En quoi les « marginaux » et leur(s) espace(s) s’inscrivent-ils dans des rapports de pouvoirs localisés ? Les traductions spatiales de la marginalisation sociale prennent des formes diverses à de multiples échelles. La séparation entre « marginaux » et « normaux » peut être nuancée par des interrelations socio-spatiales entre ces catégories.

Axe 4 – Approches, postures et objets marginaux en géographie

D'un point de vue épistémologique, on pourra aussi considérer la notion de marge sous l'angle de la marge disciplinaire. Cet aspect nous conduira à nous interroger sur ce qui fait qu'un objet, une méthode, une « manière de faire » en géographie, est située en marge de la discipline. La géographie française n’a-t-elle pas marginalisé certains types d’objets ou d’approches ? Comment peut-on décrire les objets « à la marge » de la géographie ? Cette question de la marginalité peut également se comprendre à travers la tension entre la marginalité de l'objet et celle de la place du chercheur, par rapports aux institutions et au paradigme géographique. Comment peut-on définir des géographes à la marge, que cette marginalité soit volontaire (point de vue extra-, trans- ou pluridisciplinaire, refus du statut de "géographe"), ou subie (marginalisation du chercheur) ? Comment certains objets géographiques passent-ils de la marge au centre de l’analyse ?

Modalités de soumission

L’appel à communication s’adresse à l’ensemble des jeunes chercheurs (Master, Doctorants, Post-doctorants), intéressés par l’étude de l’espace en géographie comme dans d’autres sciences humaines et sociales. Avec l’accord des participants, les versions écrites des présentations pourront faire l’objet d’une publication sur le site du colloque.

Trois formes de communication (individuelle ou collective) sont possibles :

  • Présentation orale (entre 15 et 25 min) suivie des questions de l’assemblée.
  • Poster scientifique. Ils seront exposés toute la semaine de la JIG et feront l’objet du concours de poster de l'École Doctorale de Géographie de Paris.
  • Un court métrage (documentaire) en rapport avec la thématique proposée.

Envoi des propositions de communication

Les propositions doivent respecter ces conditions :

  • Indiquer le titre de la communication et une liste de 5 mots-clés au maximum.
  • Indiquer le nom et les coordonnées de(s) auteur(s) (e-mail, n° de téléphone), adresse postale, et organisme de rattachement (université et unité de recherche de rattachement).
  • Fournir un résumé de la communication d’une page maximum, police 12, Times New Roman.
  • Indiquer l’axe principal auquel se rattache la communication en tête de proposition.

Les propositions doivent être envoyées à l’adresse suivante : doctorants.edparis@gmail.com

avant le vendredi 8er mars 2013 inclus.

Envoi des propositions de posters

Les propositions de posters sont à envoyer par mail à Chantal Béranger : Chantal.Beranger@paris-sorbonne.fr

avant le 28 mars 2013.

Les modalités complètes sont présentées sur le site de l'École doctorale de géographie de Paris : http://ed-geographie-paris.univ-paris1.fr/concours-de-posters-scientifiques-0

La Journée des jeunes chercheurs de l’Institut de Géographie de Paris (JIG) aura lieu le 22 avril 2013, dans l’Amphithéâtre Emmanuel De Martonne, à l’Institut de Géographie, 191 rue Saint Jacques 75005 Paris.

Comité de lecture

  • Yann CALBERAC, Univ. Paris-Sorbonne (IUFM)
  • Anaïs MARSHALL, Univ. Paris 13
  • Marie MORELLE, Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Lena SANDERS, CNRS

Comité d’organisation

  • Solène BAFFI, Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Emmanuel CHAUVIN, Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Clémentine COTTINEAU, Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Sylvestre DUROUDIER, Univ. Paris Diderot – Paris 7
  • Jack KEILO, Univ. Paris Sorbonne – Paris IV
  • Clémence MONTAGNE, Univ. Paris Sorbonne – Paris IV
  • Guillaume SAULOUP, Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Etienne TOUREILLE, Univ. Paris Diderot – Paris 7

Informations complémentaires

Lieux

  • Institut de Géographie, Amphithéâtre Emmanuel De Martonne - 191 rue Saint-Jacques
    Paris, France (75005)

Dates

  • vendredi 08 mars 2013
  • jeudi 28 mars 2013

Mots-clés

  • marges, géographie, démographie, sociologie

Contacts

  • École doctorale de géographie de Paris Représentants des doctorants
    courriel : doctorants [dot] edparis [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • École doctorale de géographie de Paris Représentants des doctorants
    courriel : doctorants [dot] edparis [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Géographies des marges et marges en géographie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 13 février 2013, http://calenda.org/238565