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La biologisation du social : un état des pratiques

The biologisation of the social: the state of practices

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Publié le jeudi 14 février 2013 par Élodie Faath

Résumé

Le recours à des cadres de pensées biologiques tend à devenir un enjeu de plus en plus important dans de nombreux secteurs du monde social. Si les aspects théoriques et idéologiques de ce phénomène sont assez bien connus, ses applications dans des situations sociales concrètes sont moins bien mises en évidence, du moins pour la période contemporaine.

Annonce

Maison de Sciences de l’homme Paris Nord, Axe 2 “Santé et société” Thème “Biologisation du social : discourse et pratique”, Université de New York à Paris

Argumentaire

Le recours à des cadres de pensées biologiques tend à devenir un enjeu de plus en plus important dans de nombreux secteurs du monde social. Si les aspects théoriques et idéologiques de ce phénomène sont assez bien connus, ses applications dans des situations sociales concrètes sont moins bien mises en évidence, du moins pour la période contemporaine.

Les exemples semblent pourtant se multiplier, où des savoirs biologiques (génétique, neurosciences, certaines branches de la psychologie) sont convoqués à des fins explicites de diagnostics et d’élaboration de procédures, de dispositifs visant à gérer certaines questions sociales. On pourrait citer, dans le domaine scolaire, les traitements qui sont réservés à la « précocité » intellectuelle des uns et aux « troubles » dysfonctionnels des autres[1]. Un autre domaine sensible est celui de la procréation médicalement assistée, où le don de gamètes s’avère poser de redoutables questions entremêlant eugénisme, « race » et biologie[2]. Mais cette importation est également visible dans le domaine judiciaire (enjeux des recherches et des pratiques en matière d’analyse de l’ADN en médecine légale[3]) et dans celui des politiques sociales[4]. Enfin, le monde du sport de haut niveau est également fortement concerné par certaines visions biologisantes et racialistes de la performance qui peuvent contribuer à façonner un marché des athlètes de pays spécifiques[5].

Dans la suite de l’atelier de mai 2012 sur les usages sociaux des sciences du cerveau, tenue à New York University in Paris, sous l’égide de la MSH Paris Nord, cette nouvelle journée d’étude voudrait approfondir la cartographie des univers sociaux gagnés par cette biologisation des pratiques et approcher la diversité de ses modalités. La session de cette année souhaite privilégier les approches de terrain dans la période contemporaine (XIXe-XXIe siècles). Des approches ayant bien sûr pour thème central la biologisation d’une pratique, mais aussi celles dont les objets les ont conduites à rencontrer celle-ci dans le cours de leurs recherches. L’objectif de la journée d’études est de privilégier les études sur des situations concrètes.

Modalités de soumission

Les propositions de communication (3000 signes maximum, espaces compris) présenteront

  • le thème auquel se rattache leur intervention,
  • l’objet de la recherche,
  • son questionnement
  • et sa problématique,
  • le terrain ou les corpus investigués.

Les propositions comprendront les éléments suivants : 

  • Nom, prénom du/des auteur-e-s
  • Fonction et institution de rattachement
  • Adresse mail
  • Titre de la communication
  • Proposition de communication (3000 signes maximum espaces compris)

Les propositions doivent être adressées simultanément sous fichier word ou rtf à :

au plus tard pour le 15 avril 2013.

Les propositions seront sélectionnées en fonction de leur qualité scientifique et de l’originalité du matériau empirique mobilisé.

Les réponses aux propositions reçues seront envoyées au mois de mai.

La journée d’étude se déroulera en septembre 2013

[1] Cf. Wilfried Lignier, La petite noblesse de l’intelligence. Une sociologie des enfants surdoués, La Découverte, coll. « Laboratoire des sciences sociales », 2012 ; Sandrine Garcia, Naître dyslexique. La médicalisation des difficultés d’apprentissage de la lecture, La Découverte, à paraître en 2013.

[2] Corine Fortier, « Tentation eugénique et ethnicisation biologique de la différence physique : le cas du don de gamètes », in Edwige Rude et Marc Pievic, Ethique et Famille, L’Harmattan, 2011.

[3] Cf. les recherches en cours de Joëlle Vailly.

[4]  Telles qu’analysées dans une perspective européenne par le Groupe européen de recherche sur les normativités, dans le cadre de son séminaire « Neurosciences », coordonné par R. Lévy et P. Becker : voir notamment la session « Social policy and neuro-eugenics » (http://www.gern-cnrs.com/programme/séminaires).

[5] Cf. Manuel Schotté, La construction du "talent". Sociologie de la domination des coureurs marocains, Raisons d'agir, 2012.

Dates

  • lundi 15 avril 2013

Mots-clés

  • biologisation, société

Contacts

  • Carole Reynaud Paligot
    courriel : c [dot] reynaud-paligot [at] orange [dot] fr
  • Sébastien Lemerle
    courriel : slemerle [at] u-paris10 [dot] fr

Source de l'information

  • Carole Reynaud Paligot
    courriel : c [dot] reynaud-paligot [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La biologisation du social : un état des pratiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 14 février 2013, http://calenda.org/238849