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La contestation du pouvoir

The contestation of power

Les mardis de la BULAC (2012-2013)

BULAC Tuesdays (2012-2013)

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Publié le mardi 19 février 2013 par Élodie Faath

Résumé

Les conférences de ce cycle visent à expliciter les processus propices à l'émergence d'une alternative au pouvoir en place, qu'il soit accaparé par un régime politique ou une communauté, matérialisé par un système économique, exprimé au sein des structures familiales.

Annonce

Programme

  • 11 décembre 2012

Les zones grises échappent-elles au contrôle des États ? Les zones tribales du Pakistan

Avec Gaïdz Minassian (Fondation pour la recherche stratégique) et Mariam Abou Zahab (INALCO)
En partenariat avec les éditions Autrement

  • 22 janvier 2013

Reconquérir l’espace public, les fondements de l’engagement

Avec Alain Bertho (Paris 8) et Sandra Laugier (Panthéon-Sorbonne)
En partenariat avec Multitudes

  • 19 février 2013

Le pouvoir des idées dans le monde arabe : cyberactivisme et think tanks en Afrique du Nord

Avec Khadija Mohsen-Finan (Paris 8) et Inès Hammami (Nice Sofia Antipolis)

Pour définir les contours du cyberactivisme contemporain, nous avons fait appel à Khadija Mohsen-Finan (université Paris 8), spécialiste du Maghreb et des questions méditerranéennes. Alors que la situation en Tunisie est loin de s'être normalisée, elle s'intéressera aux rôles des thinks tanks dans la diffusion des discours politiques et détaillera les modalités d'intervention dont dispose la société civile pour peser sur la prise de décision et la définition de la Tunisie future.

Son analyse sera complétée par l'intervention d'Inès Hammami (Nice Sofia Antipolis), spécialiste des systèmes de gestion et d'information. Elle reviendra sur un autre volet de l'activisme numérique en Tunisie : le portail public data.gov.tn. Depuis 2011, le nouvel État tunisien s'est engagé dans le mouvement de l' « open data », qui vise à rendre les données publiques librement accessibles et réutilisables.

Cette libération des données publiques est un pari audacieux : elle vise à faire pression sur le pouvoir pour que l'opacité du régime de Ben Ali demeure un lointain souvenir. Déjà, au printemps 2012, suite à la diffusion des débats de l'assemblée nationale constituante (ANC), internautes et citoyens avaient découverts et dénoncés les votes falsifiés et l'abstentionnisme de leurs élus.

Le développement de l'Open data doit permettre d'aller plus loin dans ce désir de transparence et de responsabilisation du pouvoir. En donnant notamment accès aux registres de l'administration publique, cet outil pourrait lever le voile sur l'identité des auteurs de la répression sous Ben Ali. Les résistances de l’administration et du gouvernement sont nombreuses, mais ce projet ne peut que s'amplifier puisqu'il s'inscrit dans un processus international d'ouverture des données.

  • 12 mars 2013

Fukushima ou l’administration du désastre. Pouvoirs publics et médias face au nucléaire

Avec Thierry Ribault (Institut français de recherche sur le Japon) et Tino Bruno (IETT, Lyon 3)

L’épuisement d’un système, l’existence d’une volonté

Après le désastre de Fukushima, État, mafia, experts, contre-experts, « mouvements citoyens » et fondations diverses sont devenus les co-gestionnaires des catastrophes en chaîne. Au point que chaque intervenant se voit l'artisan de sa propre destruction.
Pour Thierry Ribault (CNRS/ MCJ), cette catastrophe illustre les limites des sociétés industrielles à l’aube du XXIème siècle. L’État, qui ne peut plus gérer les accidents de son développement, délègue à d’autres le soin de le faire à sa place. Les gens qui “s’engagent” sont confrontés à un dilemme insoluble : la non-information rend leur action nécessaire, mais ils ne peuvent apporter de solution. Les populations restent sur place, tétanisées par la propagande, qui les confine au « suicide » collectif. Incapables de décider de sauver leur vie, ils servent, dans l’attente de leur mort déclarée probable, de cobayes à une certaine « science », eugéniste et à certains égards, « radionégationniste » (attitude niant les nuisances de la radioactivité).
Face à l'instillation de cette propagande, Thierry Ribault souhaite mettre en lumière certaines initiatives citoyennes, et questionner le sens qu'on peut leur donner et comprendre leur impact. Loin d’une glorification de la “société civile” ou des “mouvements citoyens”, le désastre de Fukushima met au grand jour la prise de conscience de l’épuisement d’un système et l’existence d’une volonté, au sein de la société japonaise, de bouleverser ce système.

« Pas de conséquences sanitaires immédiates »

Ce sont les mots prononcés par Yukio Edano, secrétaire général du cabinet du gouvernement, lors d’une conférence de presse du 23 mars 2011 pour qualifier la consommation de nourriture contaminée.
Dans un contexte d‘apathie et de fuite collective de la réalité, nombre de Japonais considèrent encore la contamination radioactive comme une fiction et une « mauvaise rumeur ». Simultanément, une telle situation fait naître de multiples actions de la part des habitants.
Wataru Iwata, membre du groupe d’action « Projet 47 », a rejoint Fukushima après l'accident. Il y a fondé, avec d'autres, le réseau « Citizens’ Radioactivity Measuring Station » (CRMS). Il présentera au cours de cette conférence l'activité de cette association.

« Pacifique », « sûr » et « nécessaire »

Tino Bruno (IETT/ Lyon 3) présentera un état des lieux de ses recherches consacrées aux « mythes du nucléaire civil » dans la presse japonaise depuis 1945 et au rôle des nouveaux médias dans leur déconstruction.
Fort d'un manichéisme à tout épreuve, les journaux japonais, aidés par les politiciens en place à l'époque, ont usé d'une stratégie visant à promouvoir le nucléaire civil, en séparant les pans civil et militaire de cette industrie.
Cependant, les nouveaux médias ont contribué à effriter ces idéaux construits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale au Japon. Aujourd'hui, les manifestants antinucléaires, souvent rassemblés grâce aux réseaux sociaux, n'obtiennent pas vraiment les faveurs des grands quotidiens du pays. Assisterait-on a un nouveau revirement de la presse japonaise ?

Tino Bruno est né en 1987. Après un master 2 en études japonaises à l'université Lyon 3 et l'obtention du test d'aptitude en japonais (JLPT) en 2010, il poursuit au sein de l'Institut d'études transtextuelles et transculturelles rattaché à Lyon 3, des recherches sur les rapports qu'entretiennent les médias avec le nucléaire. Il s'intéresse aussi à la thématique des nouveaux médias et des mouvements antinucléaires.

Wataru Iwata est né en 1973. Il est compositeur de musique. Depuis le tremblement de terre du 11 mars 2011 et l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, il a participé à la création d’un groupe d’action nommé « Projet 47 », et a rejoint Fukushima, où il a fondé, avec d'autres, le réseau « Citizens’ Radioactivity Measuring Station » (CRMS).

Thierry Ribault est chercheur au CNRS au Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques et affecté à l'Institut français de recherche sur le Japon. Ses travaux portent sur la jeunesse japonaise et sur sa manière de réagir face à la crise que traverse le Japon depuis des décennies. Ces dernières années, il a principalement travaillé sur le désastre de Fukushima.

  • 17 avril 2013

Construire la citoyenneté au Sénégal. L’alternance démocratique de 2012 au regard de l’histoire

Exceptionnellement le mercredi

Après l’indépendance du Sénégal le 20 août 1960, Léopold Sédar Senghor dirige le pays. Son parti, l’Union progressiste sénégalaise (UPS), devient l’unique parti au gouvernement. Ce n’est qu’en 1974 que l’opposition démocratique naît avec la création par Abdoulaye Wade du Parti démocratique sénégalais (PDS).

Séverine Awenengo Dalberto (Centre d'études des mondes africains  - CNRS)

Valérie Nivelon (Radio France internationale)

Ibrahima Thioub (univ. Cheikh Anta Diop - Dakar, Institut d’études avancées - Nantes)

  • 14 mai 2013  

Agir sur la place publique. Les contestations artistiques en Russie depuis les années 1990

Avec Perrine Poupin et Anna Zaytseva (CERCEC, EHESS) et l’artiste, activiste et musicien moscovite Pavel Mitenko

La contestation artistique défraie la chronique en Russie depuis le retour de Vladimir Poutine à la tête du pays. L'adoption en 2012 de la réforme constitutionnelle, qui devrait permettre au président russe de gouverner six ans (au lieu de quatre), de se représenter à l'issue de son mandat et de rester au pouvoir jusqu'en 2024, a déclenché une vague de protestations. La plupart des artistes radicaux qui se succèdent sur la place publique pour exprimer leurs désaccords au travers de performances violemment évocatrices s'inscrivent dans le mouvement contestataire né dans les années 1990 avec l'avènement de l'ère post-soviétique.

Ces coups d'éclats artistiques sont autant destinés à dénoncer les méthodes d'un gouvernement jugé liberticide qu'à provoquer des débats de société ou défendre les droits humains. En réponse à ces actes libertaires extrêmes, le gouvernement Poutine, comme ses prédécesseurs, a opté pour la fermeté et la répression. Le 17 août dernier, celui-ci a ordonné l'arrestation des trois activistes de Pussy Riot, le collectif féministe d'inspiration punk-rock. Leur happening dans une église orthodoxe, le 21 février 2012 à Moscou, a valu à deux d'entre elles — Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova — d'être condamnées à deux ans d'emprisonnement et d'être encore aujourd'hui détenues séparément dans deux colonies pénitentiaires. Les images filmées durant le procès de ces jeunes pasionaria menottées avaient ému le monde entier. Une affaire qui fait écho, parmi d'autres, à celles vécues par leurs aînés quelques années auparavant.

En 1999, le peintre Avdei Ter-Oganyan avait dû, pour échapper aux poursuites pénales de la justice russe, s'exiler à Prague, où il a obtenu depuis le statut de réfugié. Ce peintre contestataire avait, l'année précédente, lacéré en public des reproductions en grandes séries d'icônes orthodoxes. En 2000, le performeur et cinéaste Oleg Mavromatti, exilé en Bulgarie, marchait dans les pas de Ter-Oganyan en fuyant la Russie pour éviter une arrestation. Objet du délit : il s'était mis en scène subissant une crucifixion expérimentale, donc réelle, avec le slogan « Je ne suis pas le fils de Dieu » tatoué sur le corps.

À l'occasion de cette rencontre autour de l'artiste Pavel Mitenko, Anna Zaytseva et Perrine Poupin (sociologues à l'EHESS) évoqueront notamment les protestations spectaculaires qui se multiplient en Russie depuis les années 2000 ainsi que la façon dont le gouvernement russe verrouille peu à peu l'espace politique et démocratique en réprimant systématiquement ces artistes contestataires. Il sera également question du groupe Voïna et de son site web créé pour soutenir deux de ses membres, Oleg Vorotnikov et Léo Nikolaev, arrêtés en 2010 lors d’une manifestation anti-corruption. Libérés sous caution en février 2011, ils risquaient une condamnation à sept ans de prison.

  • 4 juin 2013

Une géographie de la révolte en Syrie. Cartographier la guerre

Avec Fabrice Balanche (GREMMO, Lyon 2) et Dario Ingiusto, cartographe chez Légendes Cartographie
En partenariat avec les Cafés géographiques

Les Syriens ont pu suivre en direct les débuts du « Printemps arabe » sur les chaînes de télévision Al-Jazeera et Al-Arabiya. Dès lors, ils ont marché dans les pas des Tunisiens et des Égyptiens sans être à ce jour parvenus à faire tomber Bachar el-Assad.

C'est à partir de Deraa, une ville de 75 000 habitants située à l'extrême sud du pays aux limites de la frontière avec la Jordanie et à 120 km de Damas, que le mouvement de contestation s'est vraiment généralisé. Le 18 mars 2011, une quinzaine d'adolescents sont arrêtés et torturés pour avoir bombé sur les murs de la ville le slogan des révolutions arabes : « Le peuple veut la chute du régime ». La ville s'insurge alors littéralement mais le pouvoir réprime violemment les manifestants. Ce conflit sanglant marque le début de la propagation de l'insurrection dans tout le pays. Dès le lundi suivant, les populations des villes voisines rejoignent le mouvement de protestation qui continue aujourd'hui de résister au pouvoir syrien.

Révolte, révolution, ou guerre civile ? Le régime de Bachar el-Assad va-t-il s’effondrer avant l’été 2013 ? A-t-il une chance de l’emporter ? Ces questions sont autant d'interrogations qui invitent à se pencher avec plus d'attention sur le cas de la Syrie.

Pour la plupart des médias occidentaux, ce régime autoritaire doit tomber. La réalité que décrit Fabrice Balanche ne peut se résumer aussi simplement. Selon lui, ce mouvement contestataire s'est transformé en guerre civile communautaire. Les véritables clivages de la société syrienne invisibles les premiers mois ont fini par se révéler.

Pour étayer son propos, Fabrice Balanche s'appuie sur les cartes, un outil précieux pour appréhender la réalité et la complexité d'un territoire, « à la condition expresse de travailler à plusieurs échelles pour éviter les simplifications fâcheuses », précise-t-il .

Dario Ingiusto explicitera l'exemple de la carte La nuit de la Syrie (ci-dessous) qu'il a réalisée au centre de recherche, Cartographier le Présent.

Quels autres outils utilise-t-on en tant que chercheur quand on travaille sur un terrain aussi difficile ? Quels relais trouve-t-on au sein de la diaspora syrienne exilée en Europe et dans le monde ? Peut-on aller « sur le terrain » ou doit-on rester aux frontières ? Comment traduire toutes ces informations souvent denses et complexes en applications Web ou en cartes dynamiques ?

Alors que le sang continue de couler en Syrie, un bilan précis des exactions est toujours impossible à établir. Mais des crowdmaps permettent désormais de recueillir des chiffres directement auprès de la population syrienne. Le principe d'une crowdmap est de recueillir des informations via les internautes qui sont sur le terrain. Ils envoient leurs informations qui sont ensuite agrégées sur une plate-forme unique dont la technologie permet de visualiser les résultats sur une carte ou sur tout autre support dynamique.

Lieux

  • 18h30 - 20h, auditorium du Pôle des langues et cvilisations, métro Bibliothèque François-Mitterrand - 65 rue des Grands Moulins
    Paris, France (75013)

Dates

  • mardi 12 février 2013
  • mardi 11 décembre 2012
  • mardi 22 janvier 2013
  • mardi 12 mars 2013
  • mercredi 17 avril 2013
  • mardi 14 mai 2013
  • mardi 04 juin 2013

Contacts

  • Mission action culturelle BULAC
    courriel : action-culturelle [at] bulac [dot] fr

Source de l'information

  • Mission action culturelle BULAC
    courriel : action-culturelle [at] bulac [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La contestation du pouvoir », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mardi 19 février 2013, http://calenda.org/239585