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Du même et de l'autre

From same to other - identities and differences in Hispanic literature

Identités et différences en linguistique hispanique

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Publié le jeudi 21 février 2013 par Élodie Faath

Résumé

Lors de cette journée, on s’intéressera aux diverses façons dont peuvent s’articuler, en linguistique hispanique, identités et différences, et sur la place assignée aux unes et aux autres, à partir de plusieurs champs de réflexion : la description et le traitement des variétés diatopiques (y compris les stéréotypes qui leur sont associés) ; la confrontation, dans une perspective contrastive, des descendants d’un même étymon latin dans diverses langues romanes ; le signifiant comme voie d’accès privilégiée au signifié unique et comme moyen de dépasser l’hétérogénéité discursive ; les allomorphes, en tant que possible remise en question de l’unicité du signe.

Annonce

L'Équipe de recherche interlangues: mémoires, identités, territoires (ERIMIT) de l'université Rennes 2 organise une journée d'étude intitulée « Du même et de l'autre. Identités et différences en linguistique hispanique ».

Présentation

La phrase de Ferdinand de Saussure, selon laquelle « dans la langue, il n’y a que des différences » est connue. Elle est si souvent citée qu’elle fait parfois oublier l’autre versant de la pensée saussurienne : « Le mécanisme linguistique roule tout entier sur des identités et des différences, celles-ci n’étant que la contre-partie de celles-là. Le problème des identités se retrouve donc partout » (Cours de Linguistique Générale, chapitre III, § 217).

En effet, il n’est nulle réflexion linguistique qui ne soit confrontée à la question de l’articulation des identités et des différences : comment les concilier, quelle place et quelle importance assigner aux unes et aux autres, de quel type est le rapport qui les unit ? Autant d’interrogations par rapport auxquelles le linguiste est tenu de prendre position ; de la diversité des réponses apportées découle, en partie, la multiplicité des approches.

Pour qui travaille sur la langue espagnole, ces questions se posent – et même s’imposent – dès lors que l’on s’intéresse aux variétés diatopiques péninsulaires ou américaines. L’existence de parlers différents, relevant d’une même langue, semble être une évidence ; mais seuls certains d’entre eux (l’espagnol andalou, l’espagnol d’Amérique…) sont régulièrement perçus et définis comme « autres », l’altérité dont ils seraient porteurs – tantôt minorée voire niée, tantôt exagérée – n’échappant guère aux jugements de valeur. La façon de les nommer et de les représenter, leur traitement et leur description, ainsi que les stéréotypes qui leur sont associés méritent donc que l’on s’y attarde.

L’approche contrastive, en particulier quand elle met en jeu deux langues proches (par exemple deux langues romanes), est également un terrain de confrontation du même et de l’autre. Que partagent les descendants d’un même étymon ? Les différences d’emploi que l’on peut observer sont-elles intégralement imputables à des signifiés différents ou ne peuvent-elles relever, au moins en partie, d’exploitations discursives variables, y compris en diachronie ?

Plus généralement, et sans quitter le cadre d’un idiome donné, toute forme, qu’elle appartienne au lexique ou à la grammaire, met face-à-face, d’une part, les multiples acceptions, usages ou valeurs pragmatiques qu’enregistrent dictionnaires et manuels et, d’autre part, l’invariance scandaleuse du signifiant. Comme le note Michel Launay, « ce qui fait problème, ce n’est pas qu’il y ait de la diversité en soi, c’est que cette diversité puisse apparemment se manifester sous du même ». La contradiction s’estompe dès lors que l’on cesse de prendre les choses pour les mots et que l’on ne confond plus référents et signifié ; mais, pour sortir totalement de cette aporie, sans doute faut-il aller encore plus loin et écouter ce que disent les signifiants, voir ce que nous livre leur inscription dans un ou de multiples réseaux.

Enfin, certains signifiants n’échappent pas non plus à cette tension dialectique de l’identité et de la différence : les alternances entre formes simples et formes renforcées, les variantes dites « phonétiques » – que l’on associe trop souvent à des états de langue anciens, qui seraient, par nature, instables –, ou les formes apocopées ne remettent-elles pas en cause le principe de l’unicité du signe, ne menacent-elles pas son identité ?

Programme

10h30 : Accueil des participants

  • 10h45 :  José Antonio Vicente Lozano (Université de Rouen), « Identidades lingüísticas y culturales a través de las traducciones maledictológicas de una serie culta norteamericana » 
  • 11h30 : Marie Crespel (Université Rennes 2), « Gran ~ grande : vrais jumeaux mais faux frères ? »

Déjeuner

  • 14h : Sandra Barberie (Université de Nantes), « Variétés de l'espagnol parlé en Andalousie : mythes et réalités »
  • 14h45 : Damien Zalio (Université Paris – Sorbonne), « (es)ser(e) ~ (e)star(e) + adjectif, espagnol ~ italien : deux langues, deux mesures ? »

15h30 : Pause

  • 15h45 : Élodie Blestel (Université Rennes 2), « Quand le plus-que-parfait persiste et signe. Unicité signifiante et variation discursive »

16h30 : Clôture de la journée

Lieux

  • Université Rennes 2, campus Villejean, bâtiment E, salle E 224 - Place du recteur Henri Le Moal
    Rennes, France (35)

Dates

  • mercredi 13 mars 2013

Mots-clés

  • identité, différences, stéréotypes, signifiant, unicité du signe

Contacts

  • Chrystelle Fortineau-Brémond
    courriel : chrystelle [dot] fortineau [at] univ-rennes2 [dot] fr

Source de l'information

  • Chrystelle Fortineau-Brémond
    courriel : chrystelle [dot] fortineau [at] univ-rennes2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Du même et de l'autre », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 21 février 2013, http://calenda.org/239942