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Le printemps érable, un an après

The maple spring, one year on

Sens et conséquences du mouvement étudiant québécois de 2012

The meaning and consequences of the Quebec student movement of 2012

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Publié le vendredi 22 février 2013 par Élodie Faath

Résumé

Cette rencontre présentera des analyses et des interprétations des événements qui se sont déroulés au Québec à l’hiver et au printemps de 2012. La plupart des commentateurs y voient un des plus vastes mouvements de protestation des dernières décennies. L’ampleur même de ce mouvement en démontre la complexité et, si nous voulons pouvoir comprendre l’évolution du Québec, il nous faut le considérer comme un signe à la fois de ce qui commence et de ce qui finit. Prendre la mesure de ces événements constitue l’objectif de ce colloque.

Annonce

Présentation

Rappel des événements

Après une préparation qui a duré plusieurs mois, l’hiver 2012 a été marqué par une vague de protestations comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. Au début assez lentement, puis de plus en plus rapidement, les associations étudiantes d’une proportion importante d’institutions d’enseignement du Québec ont déclaré une grève afin de protester contre la hausse des droits de scolarité. Elles ont aussi porté la protestation au-delà des institutions et organisé d’importantes manifestations à Montréal et dans plusieurs villes québécoises. La brutalité de la réponse en a surpris plusieurs et, si elle a parfois réussi à stopper les manifestations, elle a surtout provoqué des réactions qui ont élargi le mouvement.

Une partie de la population a épousé les revendications étudiantes et, au bruit des casseroles, les a élargies à une critique du gouvernement, de son usage de la police et des tribunaux, et de ses politiques néo-libérales. Une autre partie s’y est opposée et a obtenu des injonctions réclamant l’annulation des grèves et la liberté de retourner en classe. Plus durait le mouvement, plus cette proportion devenait importante.

Et plus elle devenait bruyante. On a vu, en effet, un concert de dénonciations des actions étudiantes, des appels à la loi et l’ordre, d’une virulence inhabituelle sur la scène québécoise. Visiblement, les marches, occupations, déclarations, revendications ont pénétré profondément dans les points sensibles de la collectivité. Mais ces actions perceptibles et très largement médiatisées ne parlent pas d’elles-mêmes. Les positions étaient au moins aussi campées qu’au moment du référendum de 1995 : un tel mouvement pose des questions fondamentales sur la manière de partager les richesses, sur les fondements idéologiques des politiques publiques, sur le rôle de l’État et des individus dans l’«économie du savoir». Chaque partie demeurant campée sur ses positions, on en est venu à voir dans une élection générale le test de la légitimité de chacune.

Mouvement étudiant, mouvement social, minorité tapageuse : qu’importe l’opinion à son sujet, nous n’avons rien vu de tel depuis des dizaines d’années et, rien que pour cela, ce phénomène mérite une analyse approfondie.

Pertinence du colloque

Comme tout mouvement d’une certaine ampleur, le mouvement étudiant de l’hiver 2012 a soulevé des questions et des interrogations. Les jeunes ayant souvent été décrits comme désintéressés de la chose publique, comment faut-il expliquer l’ampleur et la qualité de leur mobilisation? S’agit-il du travestissement de ce qui serait fondamentalement une revendication corporatiste? S’agit-il d’un simple masque cachant une critique politique et une manipulation idéologique? Faut-il y voir des complaintes d’enfants gâtés ou, au contraire, la réaction d’un groupe qui voit s’assombrir son futur et augmenter la charge de ses dettes? Faut-il y voir un changement de garde des acteurs politiques, les baby-boomers prenant peu à peu leur retraite? Après des décennies de polarisation autour des enjeux nationaux, assistons-nous à un retour de la division gauche-droite?

De nombreux acteurs se sont manifestés. Certains relevaient de la société civile, comme les associations étudiantes ou les syndicats; d’autres relevaient de la sphère étatique ou de l’entreprise privée.   Les alliances relevaient-elles du seul calcul tacticien dans une conjoncture particulière? Démontraient-elles un réalignement plus profond?   Puisqu’une grande partie des événements se sont déroulés sur la scène publique, par mass médias interposés, doit-on les ramener au rang de la « politique symbolique »?

Ces questions sociales et politiques en soulèvent d’autres plus strictement intellectuelles. Cette crise sociale survient dans la foulée de la crise financière et économique de 2008-2009, qui a frappé de plein fouet les principes de l’économie de l’offre, selon lesquels il faut favoriser les plus riches pour dynamiser la production de biens et de services. Elle fait également suite à plusieurs années de luttes altermondialistes et, plus récemment, le mouvement Occupy! a défrayé la manchette un peu partout. Faut-il voir dans cet enchaînement le début d’un « cycle de protestation »? Ou sa fin? La domination néo-libérale est-elle en voie d’épuisement? Les rapports entre générations prennent-ils le pas sur les autres facteurs de différenciation sociale? Quels sont les milieux (classes et fractions de classes) qui se sont le plus fortement opposés à ce mouvement? Pourquoi?  Il faut aussi se questionner sur ceux qu’ont qualifie de «riches» : les étudiants passent pour des privilégiés aux yeux de ceux qui ne sont pas allés à l’université. Quel est donc le profil des étudiants grévistes?

De toute évidence, la question des droits de scolarité touche à des aspects qui débordent largement ce qui n’était, au départ, qu’un geste administratif ou voulu tel. Elle finit par se transformer en critique de la gestion néolibérale des rapports capitalistes, en place depuis une trentaine d’années.

La question nationale a apparemment joué un rôle effacé pendant le mouvement, mais n’a pas disparu pour autant; comment voir la cohabitation de ces deux ordres de revendication? On a parlé du retour de la division gauche-droite, mais ces mots ont-ils encore le même sens?

Bref, comment faut-il comprendre les événements de 2012? 

Organisation 

Le colloque est prévu pour le 12 avril 2013 et durera une journée. Il rassemblera un petit nombre de conférenciers, pour des communications orales et des table-rondes publiques. Ces conférenciers seront surtout des universitaires, mais on invitera aussi des acteurs du mouvement.

Programme

8 h 45 : Ouverture du colloque

Première séance : Action et pratiques sociales

  • J. Caillouette (Sherbrooke) : Un mouvement contestataire aux multiples racines
  • A. Kruzynski (Concordia) : L'efficacité des campagnes stratégiques
  • Y. Fournis (UQAR) : Une langueur monotone? Le "Modèle québécois" face au Printemps Érable

Deuxième séance : les études et les finances

  • M. Seymour (UdeM) : Le financement universitaire: enjeux et solutions
  • G. Nadeau-Dubois (UdeM) : La fabrique de l'étudiant endetté

Troisième séance : Une critique du capitalisme?

  • A. C. Drainville (Laval) : Le printemps québécois dans sa situation et sa globalité
  • J.M. Fontan (UQAM) : Printemps érable et critique altermondialiste: une reconfiguration de la contre-hégémonie

11 h 30 : Discussions et questions

12h00 : Dîner

13 h 15 Quatrième séance : Démocratie et éthique

  • C. Nadeau (UdeM) : Autonomie, mépris et reconnaissance: une  interprétation philosophique de la grève de 2012
  • J. Cherblanc (UQAC) : Le printemps érable: une analyse postmoderne
  • P. Dufour (UdeM) : Politique de la rue contre politique des urnes? Le  mouvement étudiant québécois du printemps 2012 et la question de la représentation

14 h 15 : Discussions et questions

15 h 00 : Le point de vue des étudiants

Présentation étudiante : le printemps érable, vu par nous

Table-ronde avec les représentant-e-s des associations étudiantes : Le printemps érable, maintenant et demain

  • Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
  • Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
  • Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)

16 h 15 : Remerciements et fin du colloque

Comité organisateur

  • Michel Roche, DSH, UQAC
  • Pierre-André Tremblay, DSH, UQAC
  • Sabrina Tremblay, DSH, UQAC

Lieux

  • Pavillon Principal, local P1-4270 - 555 boulevard de l'Université
    Chicoutimi, Canada (G7H2B1)

Dates

  • vendredi 12 avril 2013

Mots-clés

  • Québec, mouvements sociaux, étudiant, jeune,politique

Contacts

  • Pierre-André Tremblay
    courriel : pierre-andre [dot] tremblay [at] uqac [dot] ca
  • Gabrielle Desbiens
    courriel : grir [at] uqac [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Pierre-André Tremblay
    courriel : pierre-andre [dot] tremblay [at] uqac [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Le printemps érable, un an après », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 22 février 2013, http://calenda.org/239977