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La transgression : de l’émancipation à la progression

Transgression: from emancipation to progression

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Publié le vendredi 22 février 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Le terme de transgression signifie, comme son nom l’indique en latin, « passer de l’autre côté », « traverser ». Attesté dès le XXe siècle dans la langue française, il réfère au non-respect de règles et d’ordres. Incitant à passer « au-delà des frontières », il pose l’existence de normes préétablies, cette existence de normes faisant apparaître les transgressions. Celui qui transgresse est immanquablement un être subversif qui rejette la règle ou la norme elle-même.

Annonce

Le LICIA (Langages, Interactions Culturelles, Identités et Apprentissages), équipe de recherche de l’Université Catholique de l’Ouest organise un colloque du 30 septembre au 2 octobre 2013 à Angers, sur le thème : La transgression : de l’émancipation à la progression

Présentation

Le terme de transgression signifie, comme son nom l’indique en latin, « passer de l’autre côté », « traverser ». Attesté dès le XXe siècle dans la langue française, il réfère au non-respect de règles et d’ordres. Incitant à passer « au-delà des frontières », il pose l’existence de normes préétablies, cette existence de normes faisant apparaître les transgressions. Celui qui transgresse est immanquablement un être subversif qui rejette la règle ou la norme elle-même. Avec le siècle des Lumières, ce concept est toujours lié au fait de « passer outre ». Néanmoins, aussi bien dans le domaine social, philosophique que politique, les normes jusque-là en vigueur peuvent désormais être contestées voire transgressées. En s’en emparant, au tout début du XXe siècle, la géologie, en opposant la régression à la transgression finira par donner à ce terme un sens mélioratif.

Dès lors, elle prend  le sens d’une progression ou d’une régression selon le statut reconnu au monde qui est garanti par le respect de la règle bafouée (Folscheid). Même si la transgression implique la notion de limite,  tout dépassement d’une limite n’est [de fait] pas pour autant une transgression (Folscheid) et la limite est bien ce qui peut donner forme à la norme. Dans toute institution où l’on apprend une langue et une culture, de l’école à l’université, nous sommes soumis à des normes. La langue, comme système linguistique, répond elle aussi à des exigences. Du fait même de la présence d’un Autre, nous sommes contraints à des limites ; l’Autre, lui-même confronté à un limitant, se heurte lui aussi à des limites.

Si l’on envisage ainsi la transgression non plus comme le simple fait de contrevenir à une règle, mais d’abord, comme une co-construction entre une personne et des situations, et plutôt comme un mouvement en avant, et pourquoi pas, comme un chemin de traverse, avec un certain goût de l’aventure (Meirieu) où nous pourrions  retrouver le goût de la clandestinité  (Meirieu), nous touchons une perspective qui nous permet d’aborder ce phénomène également comme une invitation à dépasser, voire même à outrepasser.

C’est cette dimension constructive de la notion de transgression linguistique et culturelle que nous souhaitons privilégier ici, pour tâcher de lui rendre la richesse de sa valeur progressive, celle qui peut nous faire aller de l’avant et pour cela compléter le concept de limite. Selon cette optique, on s’interrogera alors sur un nouvel espace à trouver ou à créer dans une tension entre transgression de règles et désir de s’émanciper.

Axes de réflexion

L’objectif de ce colloque est alors d’interroger la transgression sous trois angles différents :

  • Le premier est de l’ordre des sciences du langage

La réflexion s’articulera autour de notions déjà abordées comme celles de l’écart, du dépassement d’une limite, de la transgression d’une règle mais aussi de variante et de variation (Pallaud) et de leurs conséquences sur le plan de la langue, du discours et de la communication.  

    • Peut-on affirmer que toute création linguistique passe par une transgression ?
    • L’écart linguistique peut-il être qualifié de transgressif ? Si oui, à partir de quand ?
    • Cette transgression linguistique est-elle nécessaire ? Participe-t-elle de l’évolution d’une langue ou reste-t-elle un phénomène « marginal » ?
    • En tant que locuteurs, quelle conscience avons-nous de nos actes transgressifs ?
  • La deuxième perspective relève de la didactique des langues-cultures et plus largement des sciences de l’éducation et de la psychologie

Enseignants comme apprenants, nous sommes tous régis par les lois d’une école, d’un institut, d’une université ou d’un centre de formation, eux-mêmes soumis, dans une certaine mesure, au Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR).

    • Peut-on parler de perte du pouvoir transgressif (Meirieu) dans l’apprentissage des langues et des cultures ? Si tel est le cas, en quoi est-ce préjudiciable pour l’enseignant comme l’apprenant de langues-cultures ? 
    • Est-ce nécessaire de s’aventurer vers d’autres lieux inexplorés? En quoi ?
  • Quelle place accorder aux formes de transgression ? Transgresser, est-ce obéir ou innover ? La troisième perspective se place d’un point de vue anthropologique

Une norme n’est légitime que si elle est acceptée par un groupe social. Dès lors, ce qui est tenu pour une conduite conforme dépend de la validité que lui accordent ceux qui l’acceptent. Lorsque l’on est étranger, l’acceptation de  la norme « de l’autre » ne va pas de soi. Pourtant, comme l’a souligné Martine Abdallah Pretceille, de l’école à l’université, enseignants ou apprenants, chacun apporte avec lui ses propres capitaux culturels et ses habitus singuliers, ses héritages et ce qui le définit comme individu unique.

    • Même si l’altérité a accru sa place dans le monde scolaire et universitaire, et qu’elle est inséparable de l’éducation, dans la réalité, ne s’inscrit-elle pas comme une forme de transgression ?
    • À quel moment est-il possible, dans une classe de langues-cultures, de créer des situations qui permettent une relativité des normes culturelles ?
    • Qu’est-ce qui peut faire basculer les individus dans la « norme » de l’autre ?
    • Peut-on considérer la transgression comme « lieu de négociation » dans les interactions entre cultures ?

Références bibiliographiques

  • Brizard P., Folscheid D., Collectif  (2005) La transgression, Editions François-Xavier de Guibert.
  • Meirieu, Ph. (2003) « Apprentissage et transgression »,Texte de conférence donnée par Philippe Meirieu dans le cadre des entretiens Nathan.
  • Pallaud, B. (2004) « La transgression et la variation », in Marges linguistiques, n°8, nov.2004. [http://www.marges-linguistiques.com], dernière consultation le 15.09.2012.
  • Abdallah-Pretceille, M. et Porcher, L. (2001), Éducation et communication interculturelle [2e éd.] - Paris, PUF.

Conditions de soumission

Les propositions de communication (20 minutes) ou d’atelier de mise en situation (30 minutes) devront nous parvenir sous la forme d’un résumé de 400 à 500 mots environ (mots clés et références inclus), accompagné de l’affiliation et des coordonnées complètes de l’auteur

au plus tard le 15 mai 2013.

L’auteur précisera si la proposition relève d’une communication ou d’un atelier et dans quel axe elle s’inscrit.

Elles sont à adresser sous forme électronique à l’adresse suivante : colloque.transgression@uco.fr

Calendrier

 

  • 15 mai 2013 : Date limite pour envoyer les propositions
  • 24 mai 2013 : Notification d’acceptation
  • 24 juin 2013 : Date limite d’inscription au colloque
  • Fin juin 2013 :  Envoi du préprogramme

 

Informations pratiques

Conférenciers

  • Axe 1 : Berthille PALLAUD, Université Aix-Marseille, chercheuse au CNRS
  • Axe 2 : Christian PUREN, Université de Saint-Etienne (Professeur émérite)
  • Axe 3 : Martine PRETCEILLE, Université Paris 8 (Professeur émérite)
  • Grand témoin : Bertrand BERGIER, Université Catholique de l’Ouest, Angers (Professeur)

Pour tout renseignement, merci d’écrire à cette adresse : colloque.transgression@uco.fr

Frais d'inscription

Les tarifs comprennent l’inscription au colloque et le cocktail dinatoire.

  • Prise en charge par un laboratoire de recherche : 85 euros
  • Individuel : 55 euros
  • Etudiants hors UCO : 15 euros

Des renseignements complémentaires (possibilités d’hébergement, repas, autres…) seront communiqués ultérieurement.

Comité scientifique

  • Béatrice Bouvier-Laffitte, UCO Angers
  • Benoit Carteron, UCO Angers
  • Marie-Noëlle Cocton, UCO Angers
  • Fred Dervin, Université d’Helsinki
  • Hélène Favreau, UCO Angers
  • André Giordan, Université de Genève
  • Françoise Le Lièvre, UCO Angers
  • Yves Loiseau, UCO Angers
  • Philippe Meirieu, Université Lumière-Lyon 2
  • Anne Pauzet, UCO Angers
  • Béatrice Pothier, UCO Angers
  • Amélie Puzenat, UCO Angers
  • Sophie Roch-Veiras, UCO Angers
  • Dominique Ulma, Université d’Angers
  • Albin Wagener, UCO Angers

Comité d’organisation

  • Marie-Noëlle COCTON
  • Hélène FAVREAU                                          
  • Sophie ROCH-VEIRAS

Lieux

  • Université catholique de l’Ouest - 3 Place André Leroy
    Angers, France (49)

Dates

  • mercredi 15 mai 2013

Mots-clés

  • transgression, sciences du langage, didactique des langues, anthropologie

Contacts

  • Marie-Noëlle Cocton
    courriel : colloque [dot] transgression [at] uco [dot] fr
  • Sophie Roch-Veiras
    courriel : sroch [at] uco [dot] fr
  • Hélène Favreau
    courriel : colloque [dot] transgression [at] uco [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Yolande Gaurion
    courriel : yolande [dot] gaurion [at] uco [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La transgression : de l’émancipation à la progression », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 22 février 2013, http://calenda.org/240084