AccueilGéographie et cultures

Géographie et cultures

Geography and cultures

Le « tourment culturel » : tribulations, doxa et subversions

Cultural tourment, tribulations, doxa and subversions

*  *  *

Publié le mercredi 24 avril 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Pour célébrer sa troisième décennie d'existence, la revue Géographie et cultures (fondée en 1992 par Paul Claval) organise un colloque qui se tiendra du 22 au 27 septembre 2014 au Centre culturel international de Cerisy et qui a pour ambition de dresser un bilan des approches culturelles en géographie et d'envisager les perspectives de recherches contemporaines et futures.

Annonce

Argumentaire

La revue Géographie et cultures a fêté ses vingt ans en 2012. Née à l'initiative de Paul Claval, à un moment où les approches culturelles en géographie connaissaient un renouvellement spectaculaire dans d'autres pays, anglophones notamment, cette revue représente un cas sans doute unique en France de la façon dont un courant novateur parvient à se faire connaître et reconnaître, en un temps relativement bref. Cette revue et ce courant auront réussi à populariser en géographie française des méthodes d'analyse et des axes de réflexion originaux, définis moins par des objets spécifiques que par l'attention portée aux discours, aux représentations et aux situations, qui sont reconnus aujourd’hui comme parties intégrantes des réalités qu'étudie la géographie. Ce faisant, ce qu'on qualifie parfois de « géographie culturelle » a contribué à inscrire notre discipline dans un champ de réflexion bouillonnant, celui des cultural studies, et à établir des liens nombreux et fructueux avec les études littéraires, artistiques, et les sciences humaines et sociales… Le « tournant culturel » en géographie, conjugué au « tournant spatial », auront contribué à renouveler l’ambition théorique de la géographie et à produire une floraison de recherches originales, sans pour autant subvertir l'identité de la discipline ni même brouiller les frontières disciplinaires.

Cette contribution est de deux ordres : d'une part, les approches culturelles ont favorisé des questions, des objets et des échelles de raisonnement largement ignorés auparavant.. D'autre part, en inscrivant dans le champ de la recherche géographique des enjeux éminemment politiques – le postcolonial, l’altérité, le genre… -, l'approche culturelle questionne la posture d'objectivité scientifique dont s'est toujours prévalue la géographie, ainsi que l'instrumentalisation de la géographie par le politique, rendue possible par cette posture même. Replacer la subjectivité en géographie, rappeler le caractère « situé » des connaissances produites, met à mal la fiction de l'objectivité, invite à la réflexivité et interroge en somme l'éthique de la recherche.

Depuis vingt ans, cette branche culturelle de la géographie a gagné en légitimité et s’est institutionalisée mais reste néanmoins attachée à son potentiel de subversion : c'est bien à tort qu'on cherche à l'opposer à des approches critiques dont elle partage en fait la plupart des attendus, ou qu'on interpréterait ses interrogations sur les identités, son adhésion au constructivisme, comme témoignant d'un conservatisme ou d'un oubli des conditions matérielles des sociétés qu'elle étudie. Elle est porteuse de questionnements qui sont de nature à stimuler la recherche en géographie, questionnements que nous souhaiterions placer au cœur de ce colloque.

Pourquoi les approches culturelles en géographie ont-elles suscité autant de résistances, voire de dénigrements ? Qu'ont-elles de si subversif qu'il faille avec régularité les disqualifier comme n'étant « pas de la géographie » ? Ne pouvons-nous pas au contraire considérer qu'elles ont repoussé les frontières de notre discipline, amorcé des échanges avec les productions d'autres disciplines, d'une façon qui nous enrichit plutôt que de diluer notre identité ? Comment continuons-nous à travailler en géographe tout en braconnant sur les terres de l'histoire, de la sociologie, de l'anthropologie, de la littérature, etc ?

Les approches culturelles ont conduit à des hybridations méthodologiques et théoriques qui postulent que la rigueur scientifique consiste non à nier les choix opérés par le chercheur, mais à les reconnaître et à les assumer. Si le chercheur est également citoyen, peut-il/elle vraiment se départir de ses convictions et de ses engagements pour produire un savoir « neutre » ? Ou faut-il reconnaître que tout savoir est un pouvoir, et réfléchir de manière approfondie à ce que nous produisons, et à ce que nous faisons exister ?

Comment garder notre (im)pertinence ? Est-ce que renouer avec la vitalité des échanges avec les géographies d'ailleurs et les sciences sociales d’ici n'est pas un moyen de rester toujours sur la brèche, de nous remettre en question et de nous renouveler ? Qu’est-ce que les rapprochements avec les autres sciences sociales et humaines nous apporte ? Quelles précautions ces transferts impliquent-ils ? Ou puiser nos cadres théoriques et nos outils conceptuels ?

Conditions de soumission

Nous encourageons les contributions sous différents formats. Parallèlement aux présentations universitaires traditionnelles, nous accueillerons des tables-rondes, des débats, des projections de film, des installations ou toute autre contribution, fondée sur des approches théoriques et/ou empiriques. Nous souhaitons favoriser la mise en réseau, l’échange et le débat au-delà des frontières nationales ou de disciplines.

Langue : la langue de travail sera le français.

Coût : Les frais d’inscription et de déplacement seront à la charge des participants.

Les contributeurs intéressés doivent envoyer leur résumé (3 000 signes) à Emmanuelle Dedenon (emmanuelle.dedenon@paris-sorbonne.fr) et Yann Calbérac (yann.calberac@ens-lyon.org)

avant le 30 juin 2013.

Comité d’organisation

  • Francine Barthe (Amiens)
  • Marianne Blidon (Paris1)
  • Yann Calbérac (Paris-Sorbonne, IUFM)
  • Emmanuelle Dedenon (ENeC-CNRS)
  • Hadrien Dubucs (Paris-Sorbonne)
  • Louis Dupont (Paris-Sorbonne)
  • Claire Guiu (Nantes)
  • Claire Hancock (Paris Est Créteil)
  • Jean-Baptiste Maudet (Pau)
  • Yves Raibaud (Bordeaux 3)
  • Serge Weber (Paris Est Marne-la-Vallée)
  • DjemilaZeneidi (CNRS-ADES)

Comité scientifique

France

  • Vincent Berdoulay (Pau)
  • Augustin Berque (EHESS)
  • Christine Chivallon (CNRS LAM)
  • Paul Claval (Paris-Sorbonne)
  • Béatrice Collignon (Paris 1)
  • Dominique Crozat (Montpellier 3)
  • Odile Hoffmann (IRD-Paris 7)
  • Myriam Houssay-Holzschuch (Grenoble 1)
  • Isabelle Lefort (Lyon 2)
  • Muriel Rosemberg (Amiens)
  • Olivier Soubeyran (Grenoble 1)
  • Pierre-Yves Trouillet (EHESS-CNRS)

Étranger

  • Anne Butimer (University College Dublin)
  • Horacio Capel (Barcelone)
  • Georg Glasze (Erlangen)
  • Josefina Gomez Mendoza (Madrid)
  • Claudio Minca (Wageningen)
  • Angelo Serpa (université Fédérale de Bahia)
  • Jean-François Staszak (Genève)
  • Benno Werlen (Iena)

Lieux

  • Centre culturel international
    Cerisy-la-Salle, France (50)

Dates

  • dimanche 30 juin 2013

Mots-clés

  • géographie, approches culturels, tournant culturel des sciences sociales

Contacts

  • Yann Calbérac
    courriel : yann [dot] calberac [at] univ-reim [dot] fr
  • Emmanuelle Dedenon
    courriel : emmanuelle [dot] dedenon [at] paris-sorbonne [dot] fr

Source de l'information

  • Yann Calbérac
    courriel : yann [dot] calberac [at] univ-reim [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Géographie et cultures », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 24 avril 2013, http://calenda.org/242253