AccueilBourses de courte durée du Centre Marc Bloch

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Publié le lundi 08 avril 2013 par Élodie Faath

Résumé

Le Centre Marc Bloch attribuera cette année des bourses afin de soutenir la rédaction de thèse ou d’un projet de recherche en sciences humaines et sociales. Ces bourses soutiendront des projets des chercheurs en priorité non-résidents à Berlin, contribuant aux différents champs de recherche présents au Centre et qui travailleront en coopération étroite avec les groupes de travail correspondants. Elles peuvent financer des séjours de recherche en archives ou de recherche sur le terrain mais aussi des séjours de rédaction, d’organisation d’une manifestation ou de mise en œuvre de projets de projet de recherche au sein d´un groupe de travail du CMB.

Annonce

Présentation

Cet appel d’offre s’adresse à tout niveau du doctorant au chercheur et enseignant-chercheur confirmé et de toutes nationalités. Le versement de la bourse est lié à une obligation de résidence à Berlin.

Axes de recherche du Centre

  • Pouvoirs en exercice : configuration et représentations

Responsable : Daniel Schönpflug

L’expérience des régimes autoritaires, et en particulier du nazisme, constitue un moment fondateur pour la cristallisation de l’ordre politique européen. Le travail scientifique et politique sur ce moment clé de l’histoire représente en ce sens un enjeu académique et public déterminant. Après la chute du mur de Berlin, la division du continent sur laquelle avait débouché le second conflit mondial a pris fin et la démocratie représentative s’est rapidement imposée sans rivale sur tout le continent. Et pourtant, paradoxalement, cette situation, loin de déboucher sur la « fin de l’histoire » prédite par certains épigones, semble conduire à des interrogations renouvelées sur l’ordre politique existant.

L’interrogation porte en particulier sur le niveau étatique qui n’est plus considéré comme le seul régulateur de la vie politique et que les analyses réinscrivent dans des dynamiques de niveau supranational. Tandis que s’institue un espace public à une échelle européenne et mondiale, les acteurs politiques, les institutions et les réseaux transnationaux prennent une place croissante dans la définition des politiques suscitant un intérêt renouvelé pour la circulation transfrontalière des expert et des savoir et pour leurs effets sur le gouvernement des Etats.

De nouveaux questionnements portent aussi sur la communication politique qui occupe une place croissante, et invite à interroger ses fondements, notamment en procédant à des retours historiques sur le passé. Sont en tout cas remises en question les conceptions du politique qui reposeraient exclusivement sur une approche en termes d’intérêt ou d’échange rationnel, l’accent devant également être mis sur le rôle de la circulation des mots, des images et des sons ainsi que des émotions dans l’espace public.

Cet axe de recherche entend poser cette question du politique en multipliant les angles d’éclairages et les objets étudiés. Tous les groupes qui le composent sont structurés de façon interdisciplinaire. Leur originalité repose également sur d’autres dimensions : croiser des approches françaises et allemandes, bien sûr, mais aussi articuler histoire par en haut et histoire par en bas ; prendre au sérieux les politiques publiques et le système politique institutionnel mais sans limiter le politique à ces espaces ; interroger la façon dont l’espace public est mis en jeu ou, au contraire, écarté, dans les décisions politiques fondamentales ; questionner les logiques de communication qui s’y déploient ; et porter toujours l’attention sur la façon dont la construction sociale et historique des catégories ont un effet performatif sur la réalité sociale.

Voir les différents groupes de travail :

Responsable : Béatrice von Hirschhausen

L’étude des frontières a connu depuis plusieurs années un important renouveau qui trouve sa source à la fois dans des phénomènes d’ordres politiques et sociaux et dans des tendances historiographiques.

Du côté de l’historiographie, la critique adressée à une écriture de l’histoire et des sciences sociales encore fortement marquée par les prismes nationaux et l’intérêt toujours croissant pour les phénomènes transnationaux ont donné vigueur aux recherches sur les régions frontalières : ils ont suscité des travaux sur les espaces intermédiaires, marqués par des appartenances étatiques successives et/ou par l’expérience concrète du voisinage avec l’Autre alors que les historiographies classiques les avaient tenus pour périphériques et secondaires. Cet intérêt renouvelé conduit à mettre l’accent sur le rôle d’interface des frontières, comme productrices d’échanges et d’hybridations plus que sur leur fonction de barrière.

Du côté des dynamiques sociétales contemporaines, les phénomènes de globalisation et l’intégration européenne participent d’un mouvement de réévaluation souvent paradoxal du rôle des frontières : le mouvement d’ouverture voire d’effacement de certaines frontières qui accompagne la démultiplication des circulations de biens, de personnes ou d’informations se double d’un mouvement synchrone de fermeture et de contrôle croissant d’autres frontières, de l’érection de murs et de barrières et de criminalisation croissante de leur franchissement illégal. Notre intérêt pour les frontières vise également à interroger les systèmes nationaux qu’elles délimitent. Les transformations sur les limites territoriales sont en effet à l’image des mutations qui affectent la définition des Etats. Elles sont révélatrices des pratiques et des représentations en cours en leur sein.

Groupes de travail :

Responsables : Elisabeth Décultot, Denis Thouard

Les groupes de recherche rassemblés dans cet axe s’intéressent prioritairement à l’émergence de formes de savoirs à partir de pratiques définies. Comment les approches artistiques, poétiques et philosophiques des œuvres d’art aboutissent-elles à l’émergence d’un discours esthétique et d’un discours historique sur l’art ? Comment la constitution scientifique du discours historique aboutit-elle par son ouverture sur l’empirie et son dépassement de la rhétorique à poser des questions fondamentales de la méthode des sciences sociales et humaines ? Comment l’explosion des repères « classiques » de la musique occidentale en direction des musiques du monde conduit-elle à une remise en question des cadres traditionnels de l’appréhension des pratiques musicales, notamment en direction d’une vaste enquête anthropologique ?

Ces terrains d’enquête engagent différemment la dimension de l’expérience sociale. L’esthétique et l’histoire de l’art qui émergent comme disciplines au XVIIIe siècle en Allemagne portent doublement la marque de la société dans laquelle elles s’inscrivent : d’une part elles sont le produit d’une histoire sociale du « goût » de leur époque ; d’autres part, elles viennent s’insérer dans un contexte académique ou universitaire donné. L’expérience historique demande à être replacée dans un cadre général, insérée dans un récit qui explicite des relations supposées, reconstruite à partir de points d’orientation qui font inévitablement débat. L’histoire en construit un savoir dans la conscience de nombreux choix nécessaires, en fonction de priorités qu’elle se doit d’énoncer, relativement à une conception du temps et de la société qui est elle aussi historiquement valable. L’expansion des musiques du monde permet d’observer la formation actuelle de nouvelles communautés esthétiques et comment faire de la musique est aussi faire de (nouvelles) sociétés.

Ces trois orientations générales sont le lieu d’une réflexion sur la constitution des catégories et des disciplines qui permettent d’interpréter le champ du social. Elles attestent de la mobilité intrinsèque de la recherche en ce domaine, à la mesure des ébranlements des sociétés elles-mêmes.

Groupes de travail

Modalités de candidature

Le dossier de candidature doit être adressé par mail sous forme d’un document électronique unique en format PDF, intitulé « Bourse de courte durée - votre nom », à l’adresse suivante bewerbung@cmb.hu-berlin.de.

Les dossiers de candidature incomplets ou ne correspondant pas à la description ci-dessus ne seront pas prises en compte.

Les candidatures doivent être rédigées en français et en allemand. Elles comprendront :

  • une lettre de motivation explicitant les raisons du séjour, les contacts déjà existants avec les groupes de travail du CMB ainsi que les dates de séjour souhaitées
  • un CV (précisant des connaissances en langue, surtout en allemand et en français)
  • un exposé du projet de recherche (max. 10 pages)
  • pour les doctorants : une lettre de recommandation du directeur de thèse
  • une copie de l´inscription en thèse

Modalités de soutien

Durée de la bourse : 3 mois maximum

Montant de la bourse : 1200 € par mois

Les candidatures peuvent être déposées tout au long de l’année, au moins 3 mois avant le début souhaité du séjour.

Lieux

  • Centre Marc Bloch
    Berlin, Allemagne

Dates

  • jeudi 13 juin 2013

Mots-clés

  • sciences humaines et sociales, Centre Marc Bloch

Contacts

  • Karin Casanova
    courriel : casanova [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de

URLS de référence

Source de l'information

  • Léa Moinet
    courriel : lmoinet [at] msh-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Bourses de courte durée du Centre Marc Bloch », Bourse, prix et emploi, Calenda, Publié le lundi 08 avril 2013, http://calenda.org/242443