AccueilFrontières, murs et sécurité

Frontières, murs et sécurité

Borders, walls and security

*  *  *

Publié le mercredi 10 avril 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Depuis la grande muraille de Chine, le Danevirk du Roi Godfried, le mur médique de Nabuchodonosor II, les murs romains d’Antonin et d’Hadrien en Écosse, ou encore le limes germaniae et rhetiae, le « mur » est au cœur des relations transfrontalières. Si bien que l’un d’eux, le mur de Berlin, a été le symbole de la fracture du monde bipolaire. Sa chute a incarné un nouvel ordre international, une redéfinition des relations internationales et l’avènement d’un monde sans frontières. Pourtant, l’après 11 septembre 2001 a souligné avec force le retour des frontières voire de nouvelles frontières, et avec elles celui des barrières et murs frontaliers, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie ou encore au Moyen-Orient, sans que l’on puisse déterminer si ces ouvrages contribuent véritablement à l’établissement de relations amicales et pacifiques entre nations, voire à l’intérieur même des États.

Annonce

Argumentaire

Depuis la grande muraille de Chine, le Danevirk du Roi Godfried, le mur médique de Nabuchodonosor II, les murs romains d’Antonin et d’Hadrien en Écosse, ou encore le limes germaniae et rhetiae, le « mur » est au cœur des relations transfrontalières. Si bien que
l’un d’eux, le mur de Berlin, a été le symbole de la fracture du monde bipolaire. Sa chute a incarné un nouvel ordre international, une redéfinition des relations internationales et l’avènement d’un monde sans frontières. Pourtant, l’après 11 septembre 2001 a souligné avec force le retour des frontières voire de nouvelles frontières, et avec elles celui des barrières et murs frontaliers, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie ou encore au Moyen-Orient, sans que l’on puisse déterminer si ces ouvrages contribuent véritablement à l’établissement de relations amicales et pacifiques entre nations, voire à l’intérieur même des États. Quel rôle le mur frontalier joue-t-il dans l’établissement de la sécurité ou de l’insécurité ? Est-ce que les murs frontaliers alimentent la perception d’insécurité autant qu’ils réduisent les peurs et créent une sensation de sécurité pour ceux qui demeurent « derrière la ligne » ? En quoi la fortification de la frontière et sa « technologisation » permettent de redéfinir lasécurité interne et internationale des États et des populations  concernées ?

Contexte théorique

Dans le monde post-11 septembre, barrières et tours de guets définissent et sanctuarisent les territoires nationaux, tandis que les discours sécuritaires établissent un lien apparemment
inéluctable entre le terrorisme et l’immigration, entre l’immigration et l’illégalité, entre la violence criminelle et le radicalisme théologique. De façon paradoxale, dans un monde enquête de sécurité, la mondialisation n’a pas mené à l’éradication des frontières mais bien à la recomposition des territoires et à l’érection de nouveaux remparts. Le mur est ainsi devenu une solution dans la quête de sécurité de l’État, dont les frontières n’ont en réalité pas disparu, sublimé à travers un discours toujours plus sécuritaire dans la foulée du 11 septembre. L’approche constructiviste a été l’une des premières à permettre d’explorer le mur frontalier en termes de « sécuritisation » en posant les jalons de la dialectique entre déterritorialisation de l’État et retour des frontières, le mur devenant donc un moyen de répondre à un enjeu classique (par exemple la pression migratoire) devenu question de sécurité (menace migratoire), une question localisée (la violence frontalière) prenant alors des accents nationaux (l’intégration dans la dimension sécuritaire nationale de la frontière). Le mur cristallise l’opposition entre un « espace de sécurité » et un « espace de risque »  – hypothèse que vient renforcer le fait que toute la législation promulguée aux États-Unis dans le domaine de la sécurité comporte toujours au moins un élément sur le contrôle de l’immigration.

De surcroît, la fragmentation de l’espace qu’opèrent les murs est souvent doublée d’une véritable sanctuarisation du territoire derrière un arsenal de défenses législatives (droit d’asile, permis de séjour, visas), reposant sur l’intersubjectivité des entrepreneurs politiques qui tissent le discours (entreprises, politiciens, groupes citoyens) amenant à la réalisation du mur, aboutissant à une véritable dérive technologique, qui permet aux États, de montrer qu’ils ont la pleine maîtrise de la sphère frontalière. Les murs affichent donc une double fonctionnalité: ils permettent d’emmurer et d’ex-murer pour tenir l’Autre (qu’il représente une menace ou simplement un risque) hors de cet espace redéfini. À la géopolitique traditionnelle de la frontière vient s’ajouter la biopolitique, qui va permettre de redéfinir l’appartenance  à la société emmurée, et ce faisant les critères d’exclusion.

Thématiques

Thème 1. Barrières frontalières, murs et identités

Construction des identités nationales et locales
Aspects théoriques, limologie et épistémologie des murs
frontaliers
Approches anthropologiques des barrières et murs frontaliers
Sociologie des murs et des zones transfrontalières

Thème 2. Impacts des murs frontaliers

Impacts sociaux
Impacts environnementaux
Impacts économiques
Stratégies de contournement
Marchés, firmes de sécurité et technologies
Art, frontières et murs

Thème 3. Aspects légaux

Séparation et légitimiation
Échecs et succès des murs
Droit international, droit national
Droits de la personne

Thème 4. Biopolitique des murs frontaliers

Discours sécuritaires, questions géopolitiques et biopolitiques
9/11 – discours sécuritaires, marginalités et barrières
frontalières
Spatialisation de l’insécurité et barrières frontalières

Modalités de soumission

Veuillez inclure les informations suivantes (300 mots max.)

Noms des auteurs
Titres et affiliations institutionnelles
Contact: téléphone, fax, email, adresse postale
Titre de la communication
Résumé: Sujet, cadre empirique et théorique, thème

Langue: Les propositions peuvent être soumises en français, anglais et espagnol. Toutefois la conference se tiendra en anglais et français.

(chaque proposition sera considérée pour les panels et/ou posters)

Veuillez faire parvenir votre proposition en format word à Élisabeth Vallet à l’UQAM, par courriel à l’adresse suivante: BordersandWalls@gmail.com (mailto:BordersandWalls@gmail.com)

Dates à retenir

20 avril 2013: date limite pour soumettre une proposition de communication

Juin 2013: sélection des propositions et notification aux personnes concernées
24 août: soumission des papiers aux organisateurs du colloque Octobre 2013 : colloque (les dates restent à préciser).

Comité scientifique

Élisabeth Vallet, Professeur associé,  UQAM
Charles-Philippe David, Professeur et Titulaire Chaire Raoul-Dandurand UQAM
Heather Nicol, Professeur, Trent University
Uli Best, Professeur, York University
Jean-Jacques Roche, Professeur, Paris II
Reece Jones, Professeur, Université de Hawaï à Manoa
Peter Andreas, Professeur, Brown University

Organisateurs

Élisabeth Vallet, Professeure associée au département de géographie et directrice de recherches à la Chaire Raoul-Dandurand -UQAM
Charles-Philippe David, Titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et professeur titulaire de science politique, UQAM
Heather Nicol, Professeure de géographie, Trent University, et présidente (2011-2012), de l’Association for Borderlands Studie

Dates

  • samedi 20 avril 2013

Contacts

  • Élisabeth Vallet
    courriel : bordersandwalls [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Élisabeth Vallet
    courriel : bordersandwalls [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Frontières, murs et sécurité », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 10 avril 2013, http://calenda.org/243250