AccueilDésirs d’éthique ou besoins de normes. Anthropologie et éthique au XXIe siècle

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Publié le mercredi 10 avril 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Un numéro du Journal des anthropologues de 1993 avait déjà interrogé l’« éthique professionnelle » en la mettant en rapport avec l’expérience de terrain. Faisant remarquer que « l’usage du terme « éthique » s’était trouvé banalisé par le développement de la bioéthique », Nicole Échard montrait comment l’éthique professionnelle, bien que se constituant aux deux niveaux de l’individu et de la communauté sociale, relevait surtout de la responsabilité du chercheur. Elle était liée à la réflexivité. Quant aux questions que soulève la pratique d’une anthropologie institutionnelle, mobilisant des prises de position vis-à-vis des sujets de l’enquête, elles étaient posées dans les termes du politique. Aujourd’hui, s’interroger sur l’emprise de l’éthique dans les sciences sociales, c’est poser la question du contrôle des recherches scientifiques, de leur soumission à des normes éthiques édictées par les instances politiques et à la formalisation que ces normes entraînent. C’est aussi interroger l’épistémologie et les méthodes du terrain de l’anthropologie. 

Annonce

Argumentaire

Le constat du développement de comités d’éthiques requis par les instances de financement et d’évaluation de la recherche ainsi que de chartes de bonnes pratiques dont se dotent nombre d’associations professionnelles en sciences sociales a conduit l’AFA à organiser une journée pour interroger ce désir d’éthique. Elle a eu lieu le 22 novembre 2012 à la Maison Suger.
 
Un numéro du Journal des anthropologues de 1993 avait déjà interrogé l’« éthique professionnelle » en la mettant en rapport avec l’expérience de terrain. Faisant remarquer que « l’usage du terme "éthique" s’était trouvé banalisé par le développement de la bioéthique », Nicole Échard montrait comment l’éthique professionnelle, bien que se constituant aux deux niveaux de l’individu et de la communauté sociale, relevait surtout de la responsabilité du chercheur. Elle était liée à la réflexivité. Quant aux questions que soulève la pratique d’une anthropologie institutionnelle, mobilisant des prises de position vis-à-vis des sujets de l’enquête, elles étaient posées dans les termes du politique.
Aujourd’hui, s’interroger sur l’emprise de l’éthique dans les sciences sociales, c’est poser la question du contrôle des recherches scientifiques, de leur soumission à des normes éthiques édictées par les instances politiques et à la formalisation que ces normes entraînent. C’est aussi interroger l’épistémologie et les méthodes du terrain de l’anthropologie. Nous souhaitons ne pas dissocier les deux questionnements et inviter les auteurs à revenir sur un certain nombre de points abordés par Alice Desclaux et Aline Sarradon-Eck dans l’article « L'éthique en anthropologie de la santé : conflits, pratiques, valeur heuristique ».
  •  Dans quelle mesure, en acceptant l’idée du contrat éthique, l’anthropologue se trouve-t-il / elle confronté/e à des règles qui le / la dépossède de son rapport singulier aux objets de la recherche et à la réflexivité propre à sa démarche ?
  • L’anthropologie travaille-t-elle sur des constructions culturelles particulières qui l’affranchirait du rapport à l’universel ; le / la chercheur/e est-il / elle confronté/e à une redéfinition des valeurs éthiques par les groupes singuliers avec lesquels il / elle travaille ?
  • Que faire concrètement face à la menace de voir les normes éthiques bouleverser nos pratiques et contraindre négativement notre discipline ?
Telles sont les questions dont nous voulons débattre.
À cet effet, les auteurs pourront s’appuyer sur des études de cas qui montrent les conséquences, sur le terrain, du passage par l’éthique normative mais la réflexion devra également prendre en considération les autres questions évoquées ci-dessus.

Conditions de soumission

Les résumés des propositions (5000 signes) sont à adresser par mail au format word aux deux coordinateurs
avant le 1er octobre 2013
Les articles complets, d’une longueur maximum de 40 000 signes, avec copie à la rédaction du Journal des anthropologues (afa@msh-paris.fravant le 1er janvier 2014.

Responsables scientifiques

Comité scientifique de la revue

  • Ali AMAHAN,
  • Marc AUGÉ,
  • Georges BALANDIER,
  • John BOWEN,
  • Jean COPANS,
  • Robert CRESSWELL,
  • Simone DREYFUS-GAMELON,
  • Jeanne FAVRET-SAADA,
  • Jean-Claude GALEY,
  • Maurice GODELIER,
  • Keith HART,
  • Françoise HÉRITIER,
  • Luc de HEUSCH,
  • Mondher KILANI,
  • Nicole-Claude MATHIEU,
  • Paul Nchoji NKWI,
  • Gustavo Lins RIBEIRO,
  • Ana Maria RIVAS,
  • Susan C. ROGERS,
  • François SIGAUT,
  • Michael SINGLETON,
  • Emmanuel TERRAY.

Dates

  • mardi 01 octobre 2013

Mots-clés

  • éthique, comité d'éthique, charte de bonnes pratiques, méthodologie

Contacts

  • Annie Benveniste
    courriel : annie [dot] benveniste [at] orange [dot] fr
  • Monique Selim
    courriel : monique [dot] selim [at] ird [dot] fr

Source de l'information

  • Frédérique Guyader
    courriel : guyader_frederique [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Désirs d’éthique ou besoins de normes. Anthropologie et éthique au XXIe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 10 avril 2013, http://calenda.org/243940

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