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La transition énergétique : vrais enjeux, faux départs ?

Recompositions territoriales, politiques d’entreprises et pratiques résidentielles et familiales

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Publié le lundi 22 avril 2013 par Élodie Faath

Résumé

Le double constat de l’inéluctabilité d’une transition énergétique, qui pour l’heure se traduit par une hausse croissante des prix de l’énergie, et de l’inadaptation des métropoles à l’accompagner impose de s’interroger sur les pratiques des acteurs qui contribuent à la fabrique métropolitaine : acteurs publics, ménages, entreprises. Les solutions envisagées pour faire face à la transition énergétique semblent avoir été essentiellement esquissées par les acteurs publics, tant au niveau européen, national que local. S’inscrivant dans une perspective critique sur les politiques urbaines de développement durable, ce colloque vise à mettre en évidence les impensés des enjeux économiques, sociaux, environnementaux et territoriaux associés à la transition énergétique au travers de l’analyse des pratiques énergétiques des ménages et des entreprises.

Annonce

Argumentaire

Le double constat de l’inéluctabilité d’une transition énergétique, qui pour l’heure se traduit par une hausse croissante des prix de l’énergie, et de l’inadaptation des métropoles à l’accompagner impose de s’interroger sur les pratiques des acteurs qui contribuent à la fabrique métropolitaine : acteurs publics, ménages, entreprises. Les solutions envisagées pour faire face à la transition énergétique semblent avoir été essentiellement esquissées par les acteurs publics, tant au niveau européen, national que local. Or, ménages et entreprises appréhendent différemment ces enjeux, en raison notamment des multiples contraintes auxquelles ils doivent faire face et de l’impact différencié des politiques mises en œuvre. S’inscrivant dans une perspective critique sur les politiques urbaines de développement durable, ce colloque vise à mettre en évidence les impensés des enjeux économiques, sociaux, environnementaux et territoriaux associés à la transition énergétique au travers de l’analyse des pratiques énergétiques des ménages et des entreprises. Comment ménages et entreprises envisagent-ils aujourd’hui les enjeux associés à la transition énergétique ? Dans quelle mesure leurs pratiques se rapprochent-elles ou, au contraire, s’éloignent-elles des comportements attendus par les acteurs publics, tant au niveau national qu’au niveau local ? Où en est-on ? Existe-t-il des signaux qui laissent à penser que des évolutions sont en cours ? De quelles natures sont-elles ?

Les pratiques énergétiques des entreprises pourront être questionnées à travers l’analyse des politiques menées par les entreprises en matière d’environnement et d’énergie, des actions mises en place dans le domaine de la mobilité ou des critères pris en compte dans les stratégies de localisation des entreprises au sein des espaces métropolitains. Les pratiques énergétiques des ménages, pour leur part, pourront être appréhendées à travers l’analyse des pratiques résidentielles et des pratiques de mobilité. Dans les deux cas, se posent des questions de méthodes d’appréhension des pratiques et d’estimation de leurs impacts sur les localisations, les mobilités, l’environnement et la consommation énergétique.

Il s’agit également, à travers ce colloque, de donner une visibilité aux recherches qui abordent de près ou de loin cette thématique émergente de la transition énergétique et de créer des échanges entre chercheurs venant de différents horizons disciplinaires. Ceux-ci sont invités à venir confronter leurs points de vue, à mettre en valeur la spécificité de leurs approches et de leurs méthodes et à établir des liens avec d’autres disciplines. Les contributions de doctorants et de jeunes chercheurs sont fortement encouragées.

Le colloque s’organisera autour de deux ateliers :

  • Politiques d’entreprises, pratiques résidentielles des ménages et transition énergétique

Que ce soit au niveau national ou local, l’action des acteurs publics vise à inciter les ménages et les entreprises à modifier leurs modes de vie et leurs modes de production pour adopter des comportements plus sobres et plus efficaces en matière énergétique. Or, les entreprises comme les ménages suivent des contraintes et des logiques parfois divergentes avec ces objectifs d’action publique. Cet atelier cherchera ainsi à articuler une réflexion portant à la fois sur les politiques d’entreprises et sur les pratiques résidentielles des ménages afin d’appréhender les modalités de l’implication de ces deux pôles de la consommation énergétique que représentent les entreprises et les ménages ainsi que le degré d’anticipation des changements en cours. Comment appréhender ces changements et estimer leurs impacts ? Cet atelier attend également des approches méthodologiques portant d’une part sur l’analyse des politiques d’entreprise et des pratiques résidentielles, et d’autre part sur l’estimation des enjeux et impacts énergétiques et environnementaux.

Comment les entreprises perçoivent-elles ces mesures et, plus généralement, comment appréhendent-elles ces enjeux énergétiques et environnementaux ? Est-ce un sujet de préoccupation secondaire ou prioritaire ? Quels sont les éléments qui favorisent ou freinent la mise en place de politiques environnementales et énergétiques au sein des entreprises ? En quoi consistent ces politiques? A quelles solutions les entreprises recourent-elles ? Assiste-t-on à un simple « greenwashing » ou à une évolution en profondeur des politiques menées par les entreprises ? Toutes les entreprises ont-elles les moyens de se saisir de ces enjeux énergétiques et environnementaux? Ne risque-t-on pas d’avoir des adaptations à double vitesse, entre celles qui peuvent s’adapter à la transition énergétique et celles qui ne le peuvent pas ? Enfin, l’intérêt porté par les entreprises à ces enjeux énergétiques et environnementaux peut-il avoir un impact sur les territoires, à travers, par exemple, une évolution des critères de localisation des entreprises ?

Au niveau des ménages, les attentes des acteurs publics semblent en grande partie centrées sur une évolution des comportements dans le domaine du logement. Différents travaux de recherches récents tendent à montrer la prise de conscience des enjeux énergétiques par les ménages, mais aussi les logiques et contraintes qui éloignent les pratiques résidentielles et familiales des comportements attendus par les pouvoirs publics en la matière. Partant de ce constat, ce colloque vise à contribuer à comprendre ces enjeux « par le bas », en considérant les pratiques résidentielles sous l’angle de la localisation territoriale, du rapport au travail et du rapport au logement. Il s’agit de replacer les enjeux énergétiques dans un ensemble de logiques sociales, de pratiques et de contraintes, en focalisant le point de vue notamment sur les petites classes moyennes et classes populaires. La question du travail et du logement déborde le ménage pour concerner les membres du réseau de parenté. On sait, en effet, ce que les choix résidentiels et les carrières professionnelles doivent au réseau familial, mobilisable pour son capital social et économique autant que pour son capital d’autochtonie (Retière, 2003). Qu’en est-il concernant les enjeux énergétiques : quelle est la place de la   socialisation ? Dans quelle mesure la famille intervient-elle dans le choix d’un lieu de résidence qui fait sens ou non en termes énergétiques, ou bien dans les travaux qui vont ou non avoir pour objet d’améliorer les performances énergétiques du logement ? Comment les salariés et leurs réseaux de parenté font-ils face aux coûts de l’énergie ? Quelle place prend la question des transports dans ces logiques résidentielles, et quels sont les impacts territoriaux des pratiques et des choix effectués par les ménages ? Observe-t-on par exemple une remise en cause de la « préférence » pour le périurbain ?

  • Territoires, entreprises, salariés et mobilité durable

Si la question de la mobilité peut difficilement être séparée, en particulier concernant les ménages, de l’ensemble des pratiques entourant l’usage de l’énergie, d’un point de vue analytique il est tout de même intéressant de la traiter en tant que telle. La mobilité constitue en effet un enjeu central et spécifique de la transition énergétique en raison de sa très forte dépendance au pétrole et de son importante contribution aux émissions de gaz à effet de serre. Dans ce domaine, les attentes des acteurs publics semblent se focaliser sur l’évolution des comportements des ménages. Comment les ménages appréhendent-ils ces incitations ? Dans le cadre des déplacements domicile-travail, les stratégies mises en place passent-elles, comme les politiques publiques les y encouragent, par l'imagination de solutions de transports nouvelles par les salariés ou relèvent-elles davantage d’une remise en question de la valeur travail et/ou de la négociation avec l'employeur d’une compensation financière, des lieux d’exercice ou des modalités du temps qu'on y consacre?

La localisation des ménages et leurs déplacements interrogent l’emprise de la voiture sur le territoire, la réversibilité du lien avec la structure urbaine, mais aussi ses effets sur la structure sociale. Le territoire urbain, à l’échelle des déplacements automobiles, révèle des dominations qui ont déjà été soulignées à propos du logement. Dans quelle mesure cette relégation permet-elle également d’analyser le tissu productif dans des métropoles, où les entreprises qui emploient le moins de cadres sont généralement localisées dans les territoires socialement peu côtés ? Les termes de la domination jouent-ils de la même façon pour les lieux de résidence et les lieux de travail ? En terme d'accès, la localisation des entreprises en périurbain pose-t-elle problème autant ou différemment aux salariés faiblement rémunérés résidant dans des territoires périphériques et à ceux qui vivent dans des quartiers populaires des villes centres ?

De fait, les acteurs publics semblent parfois sous-estimer le rôle joué par les entreprises dans la croissance des mobilités, induite notamment par leurs choix de localisation. Comment les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité, appréhendent-elles aujourd’hui les enjeux associés à la mobilité face à la transition énergétique qui s’annonce ? Quels sont les éléments qui peuvent expliquer le désintérêt ou, au contraire, l’intérêt des entreprises pour ces questions de mobilité ? Quelles sont alors les solutions mises en place ou envisagées par les entreprises pour rendre compatibles leurs besoins en mobilité avec les exigences d’une transition énergétique ? Ces solutions sont-elles envisageables pour toutes les entreprises, quels que soient leur taille, secteur d’activité et localisation ? En particulier, comment les entreprises spécialisées dans le secteur des transports, et donc particulièrement exposées, envisagent-elles leur adaptation à la transition énergétique ? Enfin, la prise en compte de ces enjeux liés à la mobilité peut-elle amener les entreprises à modifier leurs stratégies de localisation et notamment à se départir de l'adage no parking no business ?

Calendrier

  • Date limite de dépôt des résumés : 15 juin 2013

  • Notification d'acceptation : 15 juillet 2013
  • Colloque : 21-22 octobre 2013 à Lyon, France

Langues de la conférence : Français et Anglais

Modalités de soumission

Les résumés (2500 signes) sont attendus en anglais et doivent être déposés sur ce lien : http://transenergy2013.sciencesconf.org/resource/page/id/4

Site de la conférence : http://transenergy2013.sciencesconf.org/

Comité d’organisation

  • Félicie Drouilleau, LET, ENTPE/CNRS/Université de Lyon Louis Lumière
  • Patricia Lejoux, LET, ENTPE/CNRS/Université de Lyon Louis Lumière
  • Nathalie Ortar, LET, ENTPE/CNRS/Université de Lyon Louis Lumière

Comité scientifique

  • Michel André, Transports et pollution de l'air, IFSTTAR, France
  • Louafi Bouzouina, économiste, LET, ENTPE, France
  • Weert Canzler, politiste, Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung, Allemagne
  • Malene Freudendal-Pedersen, urbaniste, Roskilde University, Danemark
  • David Gibbs, géographe, Université de Hull, Grande-Bretagne
  • Jean-Marie Halleux, géographe, ECOGEO et LEPUR, Université de Liège, Belgique
  • Pierre Lannoy, sociologue, Centre METICES, Université Libre de Bruxelles, Belgique
  • Patricia Lejoux, géographe, LET, ENTPE, France
  • Joël Meissonnier, sociologue, CETE Nord-Picardie, France
  • Blandine Mortain, sociologue, CLERSE-CNRS, Université de Lille 1, France
  • Jean-Pierre Nicolas, urbaniste, LET, ENTPE, France
  • Nathalie Ortar, anthropologue, LET, ENTPE, France
  • Knut Petzold, sociologue, Université de Siegen , Allemagne
  • Cécile Vignal, sociologue, CLERSE-CNRS, Université de Lille 1, France
  • Stéphanie Vincent-Geslin, sociologue, LASUR INTER ENAC EPFL, Suisse
  • Gordon Walker, géographe, Lancaster Environment Centre, Grande Bretagne

Lieux

  • rue Maurice Audin
    Vaulx-en-Velin, France (69)

Dates

  • samedi 15 juin 2013

Mots-clés

  • développement durable, énergie, ménages, entreprises

Contacts

  • Nathalie Ortar
    courriel : nathalie [dot] ortar [at] entpe [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Nathalie Ortar
    courriel : nathalie [dot] ortar [at] entpe [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La transition énergétique : vrais enjeux, faux départs ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 22 avril 2013, http://calenda.org/245084