AccueilFigures et figurations contemporaines de la violence

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Publié le vendredi 19 avril 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Le deuxième numéro de la revue Ubuntou propose comme objet d’étude : la violence. Volontairement ouvert, l’intitulé du dossier invite à une réflexion soucieuse de dépasser les évidences convenues et les limites conceptuelles auxquelles la routine théorique aurait confiné la violence.

Annonce

Argumentaire

Le deuxième numéro de la revue Ubuntou propose comme objet d’étude : la violence. Volontairement ouvert, l’intitulé du dossier invite à une réflexion soucieuse de dépasser les évidences convenues et les limites conceptuelles auxquelles la routine théorique aurait confiné la violence.

La violence est dans l’air du temps. Chez soi, chez l’autre, dans le monde, la violence est partout disséminée. Au-delà de son expression individuelle dans la société, celle-ci est entrée dans la dynamique revendicative de plusieurs individus ou groupes sociaux. On parle plus que jamais de violence syndicale, violence urbaine, violence morale/psychologique, terrorisme et contre-terrorisme, cyber-violence, violence académique, violence biologique, violence symbolique, violence littéraire, violence des extrêmes, etc. C’est ainsi que parcourir dorénavant un journal sans y trouver une référence implicite ou explicite à ce phénomène relève désormais de la gageure. La violence s’écrit des fois au singulier, des fois au pluriel ; elle se situe très souvent à l’intersection des légitimités distinctes, voire contradictoires ; elle est tantôt diffuse et latente, tantôt patente et excessive ; elle s’inscrit dans les processus, aussi bien naturels, (inter)personnels, institutionnels que socio-politiques. La réalité de la violence est massive et plus que jamais omniprésente.

En réalité, la violence est une tendance de fond des sociétés humaines reposant constamment la question de leur équilibre. La grande diversité et l’irréductibilité des fins recherchées par les hommes font en effet, du recours à la violence, une possibilité constante. Suivant ce point de vue, on peut même avancer que les sociétés où « règne la paix » sont en réalité des espaces violentogènes en sursis.  

Cela dit, la violence n'a eu de cesse de se transformer au point d'engendrer des problématiques toujours nouvelles et singulières qui de fait invitent à un renouvèlement constant de la réflexion autour de cette problématique. Avant tout questionnement sur le fond, il n’est peut-être pas inopportun de revenir sur le concept même de violence. Que signifie-t-il exactement ? La violence est-elle une valeur, une attitude, modèle d’action, un principe épistémologique ? Autrement dit, de quoi la violence est-elle le nom ?

Au-delà de cette nécessaire analyse du « mot » dans la nature de sa relation à la « chose » qu’elle dit, il est également question d’analyser très concrètement les figures, figurations et mutations contemporaines de la violence ainsi que les suggestions (morales, politiques, juridiques, etc.) qu’elle formule.

Singulièrement, la violence n’apparait presque jamais dans un vide social. Elle s’inscrit constamment dans des espaces relationnels en constante évolution, où différents acteurs – individuels, collectifs, institutionnels, organisationnels, groupes d’intérêts, etc.- cherchent à créer des rapports de force et à exploiter les faiblesses de leurs adversaires ou concurrents. Fort de ce constat, il devient loisible de s’interroger sur les stratégies et légitimités à partir desquelles ces acteurs construisent une identité d’action violente. Par ailleurs, nonobstant l’a priori négatif dont souffre le concept de violence, peut-on lui reconnaitre une quelconque fécondité du point de vue des dynamiques sociétales ? Peut-on parler d’une prétention légitime à la violence ? Si oui, sous quelles conditions ?

On relèvera enfin que le concept de violence est très variable. Il est en effet tributaire des contextes analytiques et disciplinaires dans lesquels il est analysé. De ce fait, il apparait également nécessaire d’interroger le sens et la signification que revêt la violence dans différents domaines (philosophie, anthropologie, sociologie, droit, politique, éducation, économie, communication, biologie et religion)? Change-t-il de sens selon qu’on l’envisage au plan des institutions, ou au plan individuel ? Et si effectivement le concept de violence varie sur l’échelle des significations, les différences obtenues sont-elles d’essence ou d’accident ?

C’est à ces quelques questions (non exhaustives) que ce numéro tentera de répondre en puisant dans différentes sources/registres disciplinaires.

Modalités de soumission

En dépit de la diversité (souhaitée) de styles et d’approches, les articles soumis à la rédaction, doivent autant que possible inciter le lecteur/la lectrice à revisiter avec un intérêt renouvelé la problématique de la violence.

Chaque contribution doit apporter des éléments de réponse à l'une ou l'autre des interrogations dont nous venons de baliser (non de manière exhaustive ou restrictive) l’étendue, et ouvrir une série de pistes de réflexion pour les futurs travaux et enquêtes.  

  • Date limite de soumission des contributions : 02 août 2013.

  • Date de parution (numérique): 04 novembre 2013.
  • Toutes les contributions doivent strictement respecter les conditions générales et les normes de présentations de la revue.
  • Il est conseillé d’envoyer préalablement une proposition de sujet, auprès du comité de rédaction.
  • Les contributions doivent être envoyées uniquement par courrier électronique à : revueubuntou@gmail.com

Évaluation des contributions

Le comité de rédaction reçoit la contribution, parcourt et juge de son intérêt à des fins de publication, puis se charge de constituer un comité de lecture.

Chaque texte est suivi par un membre de la rédaction, qui se chargera d’adresser à l’auteur, une synthèse des évaluations.

Ces contributions sont évaluées selon le modèle du peer review.

Directeurs de la publication

Christian DJOKO et Pierre Boris N’NDÉ

Comité de rédaction

  • Marie-Thérèse Abogo, Université Laval, (Canada)
  • Marie-Hélène Desmeules, Université Laval, (Canada)
  • Christian Djoko, Université Laval, (Canada)
  • Vincent Eli, HEC-Paris (France)
  • Claire Larroque, Université Laval/Paris 1, (Canada/France)
  • Charlotte Loris-Rodionoff, Eramus-Mundus/Europhilosophie (France)
  • Laurence Martel, Université Laval, (Canada)
  • Isidore Collins Ngueuleu Djeuga, Université de la Suisse italienne (Lugano/Suisse)
  • Georges Boniface Nlend V, Université Laval, (Canada)
  • Pierre Boris N’ndé, Université Laval, (Canada)
  • Olivier Ekobo Priso, Université libre de Bruxelles (Belgique)
  • Carine Élodie Tang, Université Laval, (Canada)
  • Alain-Guy Tachou Sipowo, Université Laval, (Canada)

Comité scientifique international

  • Henri BAH: Docteur d’État en philosophie des droits de l’homme; Maître de conférences; directeur du département de philosophie à l’Université de Bouaké (Côte d’Ivoire). Il est membre du groupe international de recherche ÉTHIQUE et FAMILLE du Centre de Recherche Sens, Éthique, Société (CERSES)- CNRS-Paris et du réseau « Reconstruction post-conflit et intégration régionale en Afrique : une approche comparative » de CODESRIA.
  • Marco RAMPAZZO BAZZAN: Docteur en philosophie et sciences politique. Il travaille en tant que chercheur au sein de l’équipe Erraphis à l’Université de Toulouse-Le Mirail (France). Il est par ailleurs membre du Groupe de Recherches Matérialistes  (http://www.europhilosophie.eu/recherche/spip.php?rubrique182) . Ses principaux travaux portent sur les mouvements étudiants en Italie et Allemagne et les luttes de libération dans le tiers-monde.
  • Luc BEGIN : Professeur titulaire à la Faculté de philosophie de l’Université Laval (Canada). Il a été co-responsable du développement à l’Université Laval d’un diplôme de second cycle en éthique appliquée et a œuvré à la mise sur pied de l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval (http://www.idea.ulaval.ca/) dont il est le directeur depuis sa création en 2004. Il est également membre des comités de direction des Cahiers de droit et de la revue internationale d’éthique sociétale et gouvernementale Éthique publique, publiée conjointement par l’INRS-Culture et Société, l’IDÉA de l’Université Laval et le CIRÉA de l’Université de Sherbrooke.
  • Manon BOULIANNE: Professeure titulaire et directrice des programmes de 1er cycle au département d’anthropologie de l’Université Laval (CANADA). Elle est membre de comités scientifiques ou de rédaction de plusieurs revues internationales comité de rédaction de la revue Anthropologies et sociétés et membre associé du Centre de Recherches sur les Innovations Sociales (CRISES). Ces domaines d’enseignement et recherche sont : Anthropologie économique ; parenté et famille ; urbanisation dans le Tiers-Monde ; agriculture urbaine ; mouvements sociaux ; économie solidaire et développement ; approvisionnement alternatif ; filières de proximité.
  • Jean-Christophe GODDARD : Professeur des Universités à l’Université de Toulouse-Le Mirail (France) où il dirige l’Équipe de Recherches sur les Rationalités Philosophiques et les Savoirs (ERRAPHIS) et coordonne les consortia universitaires du Master Erasmus Mundus « Philosophies allemande et française dans l’espace européen » (http://www.europhilosophie.eu/mundus/?lang=fr) et du Doctorat International « Philosophies Européennes contemporaines » (http://www.europhilosophie.eu/doctorat/). Il est en outre fondateur, avec Marc Maesschalck (Université catholique de Louvain), du Groupe d’Études Fichtéennes de Langue Française, Président de l’Internationale Fichte Gesellschaft depuis 2006 (et jusqu’en 2012), il contribue à la promotion et à la diffusion des études fichtéennes internationales.
  • Yasmine Jouhari: Elle est titulaire d’un doctorat en philosophie obtenu en 2010 à l’université Catholique de Louvain. Ses recherches doctorales portaient sur une relecture pragmatique d’U. Beck et sur sa cosmopolitique du risque. À présent, elle réalise un post-doctorat à l’Université Laval sur l’institutionnalisation de l’éthique et y est chargée de cours. Ses sujets de prédilections sont les théories de la gouvernance, du risque, de l’action collective, le pragmatisme politique et l’éthique appliquée ainsi que les problématiques de la colonialité, de l’interculturalité, et de l’identité de l’action.
  • Valèse MAPTO KENGNE: Ph.D en Sciences de l’éducation (Université de Montréal/Canada); Postdoctorante à l’Université McGill (Canada).
  • Ernest-Marie MBONDA: Maître de conférences et ancien Vice-Doyen de la Faculté de philosophie à l’Université catholique d’Afrique centrale à Yaoundé (Cameroun). Il assure les cours de philosophie morale, philosophie sociale et politique, philosophie du droit et des droits de l’homme, éthique de l’action humanitaire et de la solidarité internationale. Il a fondé dans son université en 2002 le Centre d’Etudes et de recherches sur la justice sociale et politique (CERJUSP). Ses domaines de recherche sont la justice sociale et politique, la justice internationale et globale, les questions relatives aux identités ethno-culturelles et au multiculturalisme dans les Etats contemporains. Il est en outre Professeur associé et chercheur associé de la Chaire Unesco de philosophie à l’Université du Québec à Montréal, Membre du comité de réseau de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) « Etat de droit saisi par la philosophie », membre du comité scientifique de la revue « Aspects » de l’AUF et directeur scientifique du cercle de recherche Academia Africana au Cameroun.
  • Pierre Marie NJIALE : Ph.D, Professeur à l’Université de Yaoundé I (Cameroun)
  • Goïta OUATTARA INSIATA : Docteur en sociologie de l’éducation et enseignante-chercheure à l’École Normale Supérieure d’Abidjan (Côte d’Ivoire)
  • Édouard ROBERSON : Ph.D, Professeur associé au département de sociologie de l’Université Laval (Canada); chercheur au Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA) . Ces principaux champs d’intérêts sont : méthodologie de la recherche ; études du développement (sociologie économique, économie politique); pauvreté et inégalités socio-économiques ; justice sociale et Politiques publiques ; sociologie de la santé ; sociocriminologie.
  • Dany RONDEAU: Professeure en éthique à l’Université du Québec à Rimouski (Canada); Chercheure en philosophie pratique; Membre du Groupe de recherche Ethos; Membre de l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval (IDÉA); Membre du Réseau L’État de droit saisi par la philosophie – AUF (http://www.edph.auf.org/); Membre de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie(Québec); Membre du Comité aux affaires religieuses du MELS (Canada).
  • Alice Delphine TANG: Docteur d’État et Maîtres de conférences à la Faculté des arts, lettres et sciences humaines de l’Université de Yaoundé 1 (Cameroun). Elle est l’auteur de trois ouvrages publiés aux éditions Lincom Europa en Allemagne et l’Harmattan en France. Elle a également publiés une trentaine d’articles dans diverses revues internationales. Ses recherches portent sur les écritures féminines, la diversité culturelle, les mythes et les nouvelles formes d’écritures romanesques. Rédactrice du dossier sur le Cameroun dans la revue l’année francophone internationale, elle est membre du réseau de chercheurs de l’AUF et de quatre revues savantes. Elle est également directrice de la revue femmes et savoirs aux éditions l’Harmattan.
  • Victor THIBAUDEAU: Professeur agrégé et Doyen de la faculté de philosophie de l’Université Laval, (Canada)

 

 

 

Dates

  • vendredi 02 août 2013

Mots-clés

  • violence, époque contemporaine, conflit, non-violence, extrémismes

Contacts

  • Christian Djoko Kamgain
    courriel : christian [dot] djoko-kamgain [dot] 1 [at] ulaval [dot] ca
  • Boris N'ndé Takukam
    courriel : nnbopier [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Christian Djoko Kamgain
    courriel : christian [dot] djoko-kamgain [dot] 1 [at] ulaval [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Figures et figurations contemporaines de la violence », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 19 avril 2013, http://calenda.org/245095