AccueilLe Moyen Âge : transitions, mutations ou continuités ? Regards croisés sur les enjeux de la périodisation

Le Moyen Âge : transitions, mutations ou continuités ? Regards croisés sur les enjeux de la périodisation

The Middle Ages: transitions, changes or continuities? Comparative approaches to the issues of periodisation

Vingt-huitième journée d'étude du Réseau des médiévistes belges de langue française

Réseau des médiévistes belges de langue française 28th study day

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Publié le mardi 30 avril 2013 par Elsa Zotian

Résumé

À plusieurs reprises, Jacques Le Goff a défendu l’idée d’un « long Moyen Âge [...] dont tous les aspects se structurent en un système qui, pour l’essentiel, fonctionne du Bas-Empire romain à la révolution industrielle des XVIIIe-XIXe siècles ». Cette périodisation repose sur l’identification de « structures fondamentales » qui marquèrent l’Europe du IVe au XIXe siècle, tant du point de vue socio-économique que du point de vue culturel. Dans cette perspective doivent prioritairement être retenues l’organisation seigneuriale des rapports économiques et de domination sociale ainsi que la référence idéologique et intellectuelle essentielle que fut le christianisme durant la période envisagée (« Pour un autre Moyen Âge » (1977), réimpr. dans Un autre Moyen Âge, 1999, Paris, p. 16, 450).

Annonce

Argumentaire

À plusieurs reprises, Jacques Le Goff a défendu l’idée d’un « long Moyen Âge [...] dont tous les aspects se structurent en un système qui, pour l’essentiel, fonctionne du Bas-Empire romain à la révolution industrielle des XVIIIe-XIXe siècles ». Cette périodisation repose sur l’identification de « structures fondamentales » qui marquèrent l’Europe du IVe au XIXe siècle, tant du point de vue socio-économique que du point de vue culturel. Dans cette perspective doivent prioritairement être retenues l’organisation seigneuriale des rapports économiques et de domination sociale ainsi que la référence idéologique et intellectuelle essentielle que fut le christianisme durant la période envisagée (« Pour un autre Moyen Âge » (1977), réimpr. dans Un autre Moyen Âge, 1999, Paris, p. 16, 450).

Depuis, ce long Moyen Âge a fait l’objet de catégorisations de différentes natures. Les réalités historiques d’ordre culturel, politique ou anthropologique se voient continuellement structurées par le discours des chercheurs modernes. Une succession de manifestations dispersées sont de ce fait organisées en un système cohérent. Il en va ainsi des notions de période, de tradition, de mentalité et, partant, de développement, d’évolution, de transition et d’influence.

Du côté des historiens et des archéologues, si la proposition de Le Goff n’a pas suscité de véritable opposition de principe, force est de constater que le débat entre médiévistes bute fréquemment sur des questions de périodisation. L’enjeu est de taille et mène parfois à des querelles extrêmement vives, par exemple autour de la transition entre monde romain et Moyen Âge (thèses « fiscalistes » vs naissance de la seigneurie) ou de la « mutation de l’An mil » (émergence de la seigneurie banale, « naissance » du village), ainsi que l’opposition récurrente entre un « État moderne » précoce et une « féodalité » qui tarde à s’effacer. Par ailleurs, depuis le début du troisième millénaire, en marge de ces oppositions historiographiques, l’essor de l’histoire-monde et de l’histoire de l’environnement mène à la création d’autres chronologies bousculant complètement les cadres traditionnels qui structurent encore souvent l’organisation académique de la recherche. Ces mêmes questions d’évolution et de transition occupent une place centrale au sein de l’histoire littéraire, de la philologie ou de l’histoire de l’art. Est-il légitime de déceler une évolution au sein des pratiques culturelles - de l’empathie au détachement, de l’oral à l’écrit, du groupe à l’individu ? Les usages et techniques du passé sont-ils le reflet de mutations d’une période à l’autre ?

Dans ce contexte, le réseau des médiévistes belges de Langue française a souhaité consacrer sa 28e journée de recherche à la question des enjeux de la structuration des manifestations historiques. De jeunes chercheurs issus d’horizons chronologiques, thématiques et disciplinaires différents sont appelés à s’exprimer à ce sujet. Il s’agira d’éclairer les façons de penser le changement et la continuité dans leurs champs et pratiques de recherche. Y a-t-il unanimité sur les périodisations et les concepts qui mènent à leur délimitation ? Les soubassements théoriques du découpage chronologique sont-ils explicités ou implicites ? Les éventuels débats sur la périodisation sont-ils liés à des interprétations de sources  divergentes, à la confrontation entre disciplines différentes ou à d’autres facteurs

Programme

Séance du matin présidée par Françoise van Haeperen (Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve)

08h45 - Accueil

9h00 - Introduction (Nicolas Schroeder – University of Oxford)

9h15 - 10h45:

  •  Nathan CARLIG (Université de Liège) : Les papyrus scolaires grecs à contenu composite profane et chrétien (IIIe s. – VIIe s. de notre ère)
  •  Anthony  DIGNEF (Université de Liège) : « Alamanni » : à propos du pouvoir d’un nom.
  •  Emmanuelle RAGA (University of Cambridge/Universoté Libre de Bruxelles) : Entre Antiquité tardive et haut Moyen Âge, les historiens de la « transformation du monde romain » : la transition entre périodes comme période.

10h45 - Pause

11h00 - 12h30 :

  • Marie VERBEEK (Service Public de Wallonie) : La périodisation au regard du terrain archéologique : l’exemple de Dinant
  • Emmanuel JOLY (Université de Liège) : L’ a r c h i t e c t u r e  gothique au-delà du Moyen Âge : les cas du comté de Hainaut et de l’ancien diocèse de Liège

Séance de l’après-midi présidée par Baudouin Van den Abeele (Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve)

13h30-15h00 :

  • Morgane BELIN (Université de Namur): Tournants pastoraux et réformes de l’Église : des jalons pour une périodisation du bas Moyen Âge et de la première modernité ?
  • Nicolas SIMON (Facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles) :  La quadrature du « cercle législatif » ou comment faire du neuf  avec du vieux. Continuités et discontinuités des pratiques autour du processus législatif (Moyen Âge - Temps Modernes)
  •  Markus POLZER  (Universiteit Antwerpen) : Fact or Fake? How Changes  within Text-Culture can be (Mis-)Used for Historical Chronology.

15h00-15h15 – Pause

15h15-16h00 – Conclusions par Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve)

Lieux

  • Archives de l'État, salle polyvalente - 16 rue Paulin Ladeuze
    Louvain-la-Neuve, Belgique

Dates

  • vendredi 03 mai 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Moyen Âge, périodisation

Contacts

  • RMBLF
    courriel : info [dot] rmblf [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Ingrid Falque
    courriel : i [dot] m [dot] j [dot] falque [at] hum [dot] leidenuniv [dot] nl

Pour citer cette annonce

« Le Moyen Âge : transitions, mutations ou continuités ? Regards croisés sur les enjeux de la périodisation », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 30 avril 2013, http://calenda.org/246268