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Thinking Globally

Colloque international pour le cinquantième anniversaire de la fondation Maison des sciences de l'homme

International symposium for the 50th anniversary of the Fondation Maison des sciences de l'homme

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Publié le mercredi 24 avril 2013 par Elsa Zotian

Résumé

À l’occasion de son 50e anniversaire, la fondation Maison des sciences de l’homme invite chercheurs et intellectuels à « penser le monde ». Trois jours durant, une quarantaine de personnalités politiques, intellectuelles et scientifiques de premier plan débattront entre elles et avec le public pour penser le monde d’aujourd’hui, dans la lignée des missions définies par Fernand Braudel, tout en étant tourné résolument vers l'avenir. Il s’agira autant de s’interroger sur la place que les SHS sont désormais amenées à occuper dans la vie de la cité que de réfléchir aux thèmes, aux questions et aux enjeux qui pourront être privilégiés dans les années à venir.

Annonce

Programme

Entrée gratuite mais inscription obligatoire

Mercredi 15 mai 2013 - Maison de l’Amérique latine

 

  • 9h45 Interventions de Madame Isabelle This-Saint-Jean, vice-présidente chargée de l'Enseignement supérieur et de la recherche au Conseil régional d’Ile-de-France, et d’un représentant de la ville de Paris.
  • 10h15 Michel Wieviorka, administrateur de la FMSH, directeur d’études à l’EHESS.
    Demain, les sciences humaines et sociales
  • 10h45 Keynote address, par Yan Tse Lee, membre du Haut Conseil du Collège d’études mondiales, prix Nobel de chimie, président de l’ICSU.
    Transform, Reconnect and Survive : Inter-Galaxy review of Humanity on Earth

11h15 Passé, présent

Présidence de séance : Maurice Garden, professeur des Universités émérite.

  • Maurice Aymard, administrateur de la FMSH (1992-2005), directeur d’études à l’EHESS, La Maison des sciences de l'homme et l'internationalisation des SHS 1963-2013 : histoire et actualité.
  • Alain d’Iribarne, administrateur de la FMSH (2005-2009), directeur de recherche au CNRS, L’étonnante actualité de la pensée braudélienne.
  • Immanuel Wallerstein, Université de Yale, président de l’association des Amis de la FMSH, Mondialisation du savoir : obstacles intellectuels, organisationnels et culturels.
  • Philippe Descola, Collège de France, directeur d’études à l’EHESS, directeur du Laboratoire d'anthropologie sociale (LAS-EHESS), Sciences humaines, trop humaines ?

14h30 Demain : quel(s) monde(s) ?

Présidence de séance : Jean-Michel Blanquer, président de l'Institut des Amériques (IdA)

  • Mireille Delmas-Marty, professeur honoraire au Collège de France, Humaniser la mondialisation.
  • Ignacy Sachs, directeur d’études à l’EHESS, Plaidoyer pour une planification mondiale du développement.
  • Alain Touraine, président du Haut Conseil du Collège d’études mondiales, directeur d’études à l’EHESS, Existera-t-il une histoire mondiale du XX1e siècle ?

16h15 Crises et utopies

Présidence de séance : Pierre-Cyrille Hautcoeur, président de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)

  • Manuel Castells, professeur à l’Université Southern California (Los-Angeles), titulaire de la chaire « la société en réseaux » du Collège d’études mondiales, De la crise financière à la crise de légitimité : l’épuisement historique de la démocratie représentative.
  • Marc Fleurbaey, professeur à l’Université de Princeton, titulaire de la chaire « Economie du bien-être » du Collège d’études mondiales, Mainstreaming Utopia : A Global Challenge.
  • Dominique Méda, professeur à l’Université Paris-Dauphine, titulaire de la chaire « Ecologie, travail, emploi » du Collège d’études mondiales, Pluralité des crises actuelles.

18h Globalisation et démocratie

  • Introduction : Alain Rouquié, président de la Maison de l’Amérique latine.

Présidence de séance : Ernesto Ottone, titulaire de la chaire « Destins de l’Amérique latine » du Collège d’études mondiales, professeur à l’Universidad Diego Portales, Chili, Une autre globalisation est-elle possible ?

  • Avec Fernando-Henrique Cardoso, ancien président de la République fédérative du Brésil, président de l’Instituto Fernando Henrique Cardoso de São Paulo et membre du directoire du Better world fund.
  • Leonel Fernandez, ancien président de la République Dominicaine, président de la Fundacion Global Democracia Y Desarrollo.
  • Ricardo Lagos, ancien président de la République du Chili.

Jeudi 16 mai 2013 - Bibliothèque nationale de France

  • 9h30 Accueil par Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France
  • 9h45 Intervention d’Helga Nowotny, présidente du Conseil Européen de la Recherche

10h Table ronde des Fondations

“The funding of cross-disciplinary research. The potential for foundations to foster innovative researches tackling pressing global issues”, animée par Olivier Bouin, directeur de la Fondation de coopération scientifique RFIEA, co-directeur du Collège d’études mondiales.
Fondations invitées : Mellon, Thyssen Stiftung, Volkswagen, Bosch Stiftung, Gerda Henkel Stiftung, Riksbanken Jubileumfond, Fondation Compagnia di San Paolo, Cariplo, Axa Research Fund, Gulbenkian, Trudeau, Erste, Santander, Fundacion democracia y desarrollo.

11h30 Espaces concrets, espaces virtuels

Présidence de séance : Peter Stockinger, professeur à l’INALCO, directeur du programme ESCoM de la FMSH et des Archives Audiovisuelles de la Recherche (AAR-FMSH).

  • Imma Tubella, presidente de l’Open University of Catalonia (UOC), titulaire de la chaire « Nouvelles technologies et éducation » du Collège d’études mondiales, Vers un nouveau paradigme d’apprentissage : la génération globale, notre point aveugle.
  • Dana Diminescu, enseignante chercheur à l’Ecole d’ingénieurs Télécom PariTech, directrice scientifique du programme « TIC-Migrations » de la FMSH, Delayed presence : a bug in the global system.

12h15 Complexity and Expulsion

Présidence de séance : Michel Wieviorka, administrateur de la Fondation Maison des sciences de l’homme.

  • Richard Sennett, professeur à la London School of Economics et à l'Université de New-York, Stupifying smart city.
  • Saskia Sassen, professeur à l'Université de Columbia et à la London School of Economics, Expulsions: When Complexity Produces Elementary Brutalities.

14h30 L’universel et l’altérité

Présidence de séance : Philippe Bataille, directeur d’études à l’EHESS, directeur du Centre d’Analyse et d’Intervention sociologiques (CADIS/EHESS-CNRS)

  • François Jullien, professeur à l’Université Paris-Diderot et titulaire de la chaire « Altérité » du Collège d’études mondiales, L'universel, du dehors et du dedans.
  • Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS et directeur scientifique de la FMSH, Penser l’Inde émergente : de l’altérité orientaliste aux sciences sociales. Enjeux locaux, enjeux globaux.
  • Yves Schemeil, professeur à l’IEP de Grenoble, Vers une pensée vraiment universelle ? L’apport des auteurs non-occidentaux à la construction de la modernité.

16h15-16h45

  • Edgar Morin, Au-delà du réductionnisme et du holisme : la complexité du global

17h Décider de la vie

Table ronde sous le patronage et en présence de Madame Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé

Présidence de séance : Véronique Fournier, cardiologue, directrice du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin à Paris, chercheur au CADIS-EHESS.

  • René Frydman, professeur à l’hôpital Foch de Suresnes, titulaire de la chaire « la cité des naissances » du Collège d’études mondiales, De l’exacerbation du moi dans la transmission.
  • Vinh-Kim Nguyen, professeur à l’Université de Montréal, docteur en médecine, titulaire de la chaire « Santé mondiale » du Collège d’études mondiales, La perspective de l’éradication du VIH.
  • Jean-Daniel Rainhorn, professeur à l’IUED de Genève, titulaire de la chaire « Inégalités, santé et humanitaire » du Collège d’études mondiales, Globalisation et marchandisation du vivant : une nouvelle économie cannibale ?

Vendredi 17 mai 2013 - Bibliothèque nationale de France

9h30 Espaces et récits de la politique et de la géopolitique

Présidence de séance : Denis Pelletier, président de l’Ecole pratique des hautes études (EPHE)

  • Jean-Pierre Dozon, directeur de recherche à l’IRD/EHESS, directeur scientifique de la FMSH, La fin des grands récits. Un diagnostic occidentalo-centré.
  • Michel Foucher, chercheur à l’IHEDN et titulaire de la chaire « Géopolitique mondiale » du Collège d’études mondiales, Récits et contre-récits géopolitiques du XXIe siècle.
  • Hervé Le Bras, directeur d’études à l’EHESS, titulaire de la chaire « Territoire et population » du Collège d’études mondiales, Le retour de l’espace et de la morphologie.

11h30 Récits et globalisation

Présidence de séance : Gretty Mirdal, directrice de l’Institut d’études avancées de Paris (IEA-Paris)

  • Rajeev Bhargava, directeur du Centre for the study of Developing Societies (Delhi), Indian conceptions of secularism: Trans-Cultural Ideals?
  • Judit Bokser Liwerant, Universidad Nacional Autónama de México, Globalization and Transnationalism : facing new realities, narratives and conceptual challenges.
  • Brian Stock, professeur émérite à l’Université de Toronto et au Collège de France, Paradigmes de communication : « Literacy » et globalisation.

14h30 Religion, culture et sécularisation

Présidence de séance : Philippe Boutry, président de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

  • Jean Baubérot, professeur émérite et président d’honneur de l’EPHE, Laicity, Secularism, Secularization, in a sociological perspective.
  • Nilüfer Göle, directrice d’études à l’EHESS, Une recomposition du religieux et du séculier est-elle possible dans le récit de la modernité ?
  • Farzana Shaikh, Associate Fellow du Royal Institute of International Affairs de Londres et Fellow de l'Institut d'études avancées de Paris, Islam et Pakistan

16h30 Justice et cosmopolitisme en question

Présidence de séance : Helga Nowotny, présidente du Conseil européen de la recherche (ERC).

  • Elijah Anderson, professeur à l’Université de Yale, The Cosmopolitan Canopy : Race and Civility in Everydaylife.
  • Craig Calhoun, directeur de la London School of Economics, professeur à l’Université de New-York, titulaire de la chaire « Cosmopolitisme et solidarité » du Collège d’études mondiales.
  • Nancy Fraser, professeur à la New School for Social Research de New-York, titulaire de la chaire « Repenser la justice sociale » du Collège d’études mondiales, Why is there no double movement in the 21st century ?

 

Argument

par Michel Wieviorka, Administrateur de la Fondation Maison des sciences de l'homme

En 1963, au moment de la création de la FMSH, les sciences humaines et sociales – les SHS – étaient, sans qu’on le sache, à l’apogée de leur âge classique.

Nées dans le sillage des Lumières, dans une période où la modernité s’incarnait, non sans tensions, dans un monde occidental hégémonique, elles s’étaient développées comme un ensemble de modes d’approche réflexifs et critiques. Elles étaient le plus souvent associées à l’élaboration de grands récits nationaux au travers desquels, avec toutes sortes de variantes, était pensée l’évolution de l’humanité.
La France, sans doute à cause de la place centrale qu’elle eut dans l’histoire intellectuelle et politique européenne comme dans l’histoire des colonisations ultra-marines, avait pris largement sa part à ce développement, et à bien des égards, Paris apparaissait comme un centre mondial. De grands débats agitaient les SHS, souvent en phase avec la vie sociale, politique et géopolitique des sociétés où elles étaient implantées : sur les rapports et les conflits sociaux des sociétés industrielles, sur le colonialisme et la décolonisation, le Tiers Monde, la dépendance, le développement, sur la Guerre froide, les idéologies, le capitalisme et le socialisme, etc.

Depuis, tout a changé. Les SHS se sont comme déterritorialisées, étendues au monde entier, y compris au sein des sociétés anciennement colonisées. La plupart des paradigmes dominants à l’ère classique, et l’éventuel projet de les intégrer dans une vaste synthèse, comme avec Talcott Parsons, ont perdu de leur importance, d’autres, nouveaux ou renouvelés, se sont imposés, plus ou moins durablement : les SHS ont appris à « penser autrement », comme le dit Alain Touraine, elles se sont transformées sur le fond en même temps qu’elles conquéraient le monde entier et qu’elles intéressaient des étudiants et mobilisaient des chercheurs et des enseignants sans cesse plus nombreux. Leurs modes d’approche ont changé, leurs objets et leurs préoccupations aussi.

Mais, du fait même de son expansion ou de son appropriation hors des lieux où elle s’est édifiée et réfléchie, par l’accélération récente des processus de globalisation qu’ont autorisées aussi bien la fin de la Guerre froide (et par là même l’échec des modèles communistes) que les nouvelles technologies de l’information et de la communication, la modernité s’est en quelque sorte désoccidentalisée, ce qui rend légitimes des interrogations et des critiques relatives à son universalité. Les uns ont proposé des versions nationales ou régionales des SHS prétendant rompre complètement avec l’hégémonie occidentale, d’autres, comme Schmuel Eisenstadt, ont proposé de parler de « multiple modernities », et tout au moins de rompre avec l’évolutionnisme et l’idée de « one best way ». Les SHS ont appris à prendre en compte ces nouveaux développements, ces visions hier excentrées, et relevant aujourd’hui d’un monde multipolaire, ces récits non occidentaux, et elles s’interrogent sur la nécessité de prendre leur parti, à l’encontre du « nationalisme méthodologique », de l’incontournable “condition cosmopolite” dont parle Ulrich Beck.

La FMSH, au fil d’une histoire vieille d’un demi-siècle, n’a pas seulement reflété très largement cette évolution des choses, elle y a aussi joué un rôle actif. Créée en pleine Guerre froide, à une époque où la France était un haut lieu de production en SHS, et pas seulement au travers de paradigmes scientifiques et de critiques sociales se réclamant du marxisme, elle a constamment constitué, aux côtés de l’EHESS, un pôle particulièrement attractif pour des chercheurs du monde entier, à commencer par ceux des pays de l’Est ou de ce que l’on appelait encore le Tiers Monde. Historiens, sociologues, anthropologues, philosophes soviétiques, indiens, sud-américains, maghrébins, sub-sahariens, etc., ont fréquenté ainsi la Fondation et tout ce qu’elle offrait comme voisinages intellectuels et comme réseaux de compagnonnages.

Ce colloque sera l’occasion de rappeler la manière dont, pendant plusieurs décennies, la Fondation, pour de nombreux collègues étrangers comme français, a été un lieu de production, de diffusion, de valorisation et d’appropriation des SHS, un lieu international, pluridisciplinaire, un lieu, aussi, transcendant les obstacles politiques et géopolitiques qui pouvaient entraver les échanges scientifiques, en particulier entre l’Ouest et l’Est. Ce sera surtout une rencontre tournée vers l’avenir.

Il examinera en effet comment le renouvellement des objets et des problématiques des SHS, tout en s’inspirant parfois d’une certaine « théorie française », autrement appelée post-structuraliste ou néo-structuraliste, est venu depuis une vingtaine d’années d’autres lieux que la scène hexagonale, au travers des recherches en « subaltern », « gender » et autres « post-colonial studies », à partir des travaux d’histoire globale, ou bien encore des débats sur le cosmopolitisme, le multiculturalisme, le sécularisme, le transnationalisme par exemple, ou sur la justice sociale, l’exclusion, la pauvreté.

Quels sont les paradigmes les plus pertinents aujourd’hui pour penser le monde, articuler des connaissances précises, limitées et des réflexions générales, produire le grand écart entre la nécessité de « penser global » et celle de prendre en compte les acteurs, individuels et collectifs, avec leur subjectivité ? Quels thèmes, quelles questions, quels enjeux les SHS devraient-elles privilégier ? Quelle place peuvent-elles occuper dans la vie de la Cité, dans l’espace public ? Quelles relations peuvent-elles entretenir entre elles, et avec d’autres disciplines du savoir, avec des acteurs politiques, associatifs, professionnels, ou autres ?

Lieux

  • Maison de l’Amérique latine | Bibliothèque nationale de France - 217 Boulevard Saint-Germain | Quai François-Mauriac
    Paris, France (75007 | 75013)

Dates

  • mercredi 15 mai 2013
  • jeudi 16 mai 2013
  • vendredi 17 mai 2013

Mots-clés

  • justice, changement culturel, globalisation, mondialisation, sciences humaines et sociales, développement, crises, culture, cosmopolitisme, multiculturalisme, laïcité, religieux, TIC, interdisciplinaire, international, Fernand Braudel, universel

Contacts

  • Nicolas de Lavergne
    courriel : transatlantic [dot] dh [at] msh-paris [dot] fr

Source de l'information

  • Nicolas de Lavergne
    courriel : transatlantic [dot] dh [at] msh-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Penser global », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 24 avril 2013, http://calenda.org/247011