AccueilDébuts, commencements, initiations : les « premières fois » de la Grande Guerre

Débuts, commencements, initiations : les « premières fois » de la Grande Guerre

Beginnings, starting and initiation: the "first times of the Great War"

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Publié le mardi 07 mai 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Après un colloque organisé en novembre 2011 et consacré aux anticipations et imaginations de la guerre avant 1914, le centenaire de la Grande Guerre est l’occasion pour le Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre de revenir sur les modalités et les conditions de découverte, de perception, de compréhension et d’interprétation du conflit par les acteurs sociaux en se penchant sur ce que furent pour eux, tout au long du conflit, les expériences primordiales, dans les deux sens que peut avoir ce mot.

Annonce

Argumentaire

Colloque international organisé à l’Historial de Péronne 30 juin – 2 juillet 2014

Après un colloque organisé en novembre 2011 et consacré aux anticipations et imaginations de la guerre avant 1914, le centenaire de la Grande Guerre est l’occasion pour le Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre de revenir sur les modalités et les conditions de découverte, de perception, de compréhension et d’interprétation du conflit par les acteurs sociaux en se penchant sur ce que furent pour eux, tout au long du conflit, les expériences primordiales, dans les deux sens que peut avoir ce mot.

Il ne s’agit en rien de céder à « l’obsession embryogénique » ni de postuler que la Grande Guerre fut, pour ses contemporains, inévitablement initiatique. Les notions de «premières fois», d’«expériences primordiales», d’«initiation» devront donc être questionnées et avec elles les mises en récit, les interprétations des expériences qui furent souvent effectivement jugées comme fondatrices par les contemporains.

L’enjeu n’est pas non plus uniquement de déceler ce qui fut « nouveau » dans la Grande Guerre mais de comprendre l’empreinte laissée par les sensations ou les émotions vécues pour la première fois par les acteurs sociaux. On pourra se demander au gré des recon- figurations sociales, culturelles, politiques et militaires vécues au cours de la guerre ce que l’antique sentence « le commencement est la moitié de tout » recouvre de réalité.

En effet, loin de se limiter à la seule année 1914 et donc à la question des entrées en guerre ou à celle, cruciale, du « baptême du feu », ce colloque se propose finalement d’opérer un retour à l’expérience de guerre par le prisme de « la première fois ».

Aussi, on s’efforcera de sortir de l’analyse du seul front occidental pour réfléchir aux termes d’une comparaison avec les autres fronts, européens ou non, et dessiner les principales directions de l’histoire des rapports entretenus non seulement de nation à nation, mais aussi de groupes sociaux à groupes sociaux. Il s’agit ainsi de proposer une histoire sociale et culturelle comparée et croisée des expériences de guerre, une histoire forcément ouverte sur les autres sciences sociales : anthropologie, psychologie et droit notamment. Derrière la question des « premières fois » dans la guerre de 14-18, c’est une interrogation sur le «pouvoir des commencements» que le colloque a l’intention de déployer.

Les cinq séquences thématiques du colloque :

1. Apprentissages / Initiations

Cette première séquence sera consacrée aux expériences fondatrices et autres « initations » liées à l’environnement guerrier : formation du soldat, dont l’expérience de la caserne ; baptême dufeuetsamiseenrécit; découverte et maîtrise des terrains sur les différents fronts du conflit ; ré-apprentissage ou dés-apprentis- sage du corps pour les mutilés... Cette section traitera également des initiations guerrières postérieures à l’année 1914, notamment celles induites par les armes nouvelles (gaz de combat, tanks...).

Les travaux d’une histoire propre- ment militaire, ayant trait à l’organi- sation des armées des belligérants auront leur place dans cette section, que ce soit autour du concept de la learning curve (courbe d’apprentis- sage) cher aux spécialistes britanniques ou par exemple dans la réflexion sur l’évolution tactique liée aux groupes primaires. Des propositions en histoire des sciences et plus particulièrement de la médecine et de la psychiatrie en guerre, mais aussi en histoire du droit seront les bienvenues.

2. Déplacements/ Mouvements

La seconde session du colloque envisagera les « premières fois » dans leur dimension spatiale et sociale, en insistant à la fois sur l’expérience physique et mentale du déplacement et sur l’adaptation rendue nécessaire par le déplacement entre une situation initiale familière, et une situation inconnue ou faisant l’objet de représentations a priori.

On s’intéressera ici davantage à une histoire de l’expérience de l’arrache- ment et du déplacement qu’à l’ingénierie sociale organisant ce dernier. La variation des échelles au sein d’une même proposition sera valorisée. Il sera ainsi envisageable de repenser les grands types de mouve- ments constitutifs du temps de guerre – mobilisation, désertion, mouve- ments stratégiques, exode, capture, déportation – au regard des déplacements de temps de paix en particulier les migrations de travail et le voyage.

Dans une même approche sociale, les nouvelles situations créées par l’entrée en guerre des individus, tout au long du conflit, induisent réflexions, réactions, effort de transposition et de repositionnement par rapport aux autres en tant que personnes et en tant que groupes.

3. Ruptures / Rencontres

Cette séquence se focalisera notamment sur les relations interpersonnelles, leur remodelage par la guerre en ce concentrant à la fois sur les séparations (amoureuses, familiales, amicales, professionnelles...) et les rencontres liées à l’expérience de guerre ainsi que leurs rôles dans la construction « d’identités de guerre ».

Le rôle des premiers contacts directs (expériences d’occupation, rencontres entre alliés, commerces de toutes natures...) figurera au centre des communications de même que les «rencontres» linguistiques, sociales, politiques, religieuses, voire patrimoniales.

Les contributions évoquant les rencontres transnationales ayant le souci d’un équilibre et d’un croisement des regards – et donc des sources – et ne privilégiant pas un seul point de vue seront particulièrement les bienvenues.

4. Sens / Émotions

Cette session du colloque sera consacrée à une histoire des perceptions sensorielles et aux affects et à leurs expressions : premier sang, premières larmes, première peur, premières odeurs. Autrement dit : premiers contacts, physiques ou psychologiques, avec la guerre et sa violence.

Il s’agit aussi de questionner la nouveauté de leur mise en récit : comment les émotions et les sensations sont- elles ressenties et décrites ? Les premières fois de la Grande Guerre s'énoncent sans doute au prisme du renouveau profond de la culture des émotions qui traverse la littérature, la médecine, la psychologie et l'armée au tournant des XIXe st XXe siècle. Comment dès lors sont-elles déchaînées ou, au contraire, dominées ? Sont-elles tues ou partagées ?

A cet égard, il est nécessaire de replacer l’expérience émotionnelle et sensorielle dans le contexte plus vaste des cultures sensibles et de leur éventuelle circulation.

5. Interprétations / Premiers récits

Dans cette ultime session du colloque, on s'attachera aux processus de construction des discours des contemporains sur la guerre et à l'émergence de l'idée d'une guerre matricielle dès les années de guerre. L'étude des premières « interprétations » de la Grande Guerre renvoie ainsi aux premières mises en récit de l'expérience combattante et de ses conséquences, mais aussi aux premières analyses critiques de ces dernières. On pense par exemple aux modalités d’appréhension de l'événement par les sciences humaines et sociales. On pense également aux premières formes de discours mémoriels ou aux premières tentatives muséographiques.

Dans le même temps, on s'interrogera sur les interprétations de la Grande Guerre comme fondations potentielles de modèles politiques, sociaux et économiques nouveaux, et sur les différentes formes d'instrumentalisation idéologique du conflit, de ses représentations pendant et après la guerre.

Conditions de soumission

Votre proposition doit être adressée en français ou en anglais (qui seront les langues de travail du colloque) à peronne2014@ehess.fr

pour le 30 mai 2013.

La proposition ne devra pas excéder une page (500 mots) et sera accompagnée d’un court CV d’une demie page environ.

Conseil scientifique

Le conseil scientifique du colloque est composé des membres du comité directeur du Centre International de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre (CIRHGG).

Comité d’organisation

  • Nicolas Beaupré (UBP Clermont, IUF),
  • Franziska Heimburger (EHESS),
  • Benoît Majerus (Université du Luxembourg),
  • Manon Pignot (Université de Picardie, IUF),
  • Emmanuel Saint-Fuscien (EHESS),
  • Alexandre Sumpf (Université de Strasbourg),
  • Gene Tempest (Université de Yale),
  • Arndt Weinrich (Institut Historique Allemand de Paris)
  • et pour le CIRHGG, sa directrice Caroline Fontaine.

Lieux

  • Péronne, France (80)

Dates

  • jeudi 30 mai 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • première guerre mondiale, recherche, centenaire

Contacts

  • Franziska Heimburger
    courriel : ecole-ete [at] cirhgg [dot] org

Source de l'information

  • Franziska Heimburger
    courriel : ecole-ete [at] cirhgg [dot] org

Pour citer cette annonce

« Débuts, commencements, initiations : les « premières fois » de la Grande Guerre », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 07 mai 2013, http://calenda.org/247016