AccueilLa référence à l'originaire dans les écrits et la presse musicale du premier XXe siècle

La référence à l'originaire dans les écrits et la presse musicale du premier XXe siècle

Reference to the origins in writings and the music press in the early 20th century

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Publié le lundi 13 mai 2013 par Elsa Zotian

Résumé

En ses formes les plus diverses – le mythe, les racines, la naissance, l’enfance, la terre nourricière, le primitif – la référence à l’originaire (« l’éclat du feu planté jadis », selon le poète Claude Vigée) agrège tout autant des aspirations artistiques fécondes que des conséquences potentiellement ou réellement contestables. Le recours à l’origine accompagne le développement des récits nationaux et atteint son point d’orgue dans les logiques d’appartenance qui assurent le déploiement de l’ombre identitaire au cours de l’entre-deux-guerres. On perdrait néanmoins beaucoup à réduire l’ambivalence fondamentale de la notion à la seule opposition à l’idée de progrès. Le corpus des textes est celui de la presse musicale et des écrits de compositeurs. Les contributions les plus recherchées concernent les domaines germanique, italien ou britannique.   

Annonce

Argumentaire

En ses formes les plus diverses – le mythe, les racines, la naissance, l’enfance, la terre nourricière, le primitif – la référence à l’originaire (« l’éclat du feu planté jadis », selon le poète Claude Vigée) agrège tout autant des aspirations artistiques fécondes que des conséquences potentiellement ou réellement contestables. Le recours à l’origine accompagne le développement des récits nationaux et atteint son point d’orgue dans les logiques d’appartenance qui assurent le déploiement de l’ombre identitaire au cours de l’entre-deux-guerres. On perdrait néanmoins beaucoup à réduire l’ambivalence fondamentale de la notion à la seule opposition à l’idée de progrès ou à la norme d’ouverture à l’autre.

Cette journée d’études circonscrit la réflexion autour de la presse musicale du premier XXe siècle et des écrits de compositeurs. Le mot-valise « origine » recoupe des usages polysémiques selon les aires géographiques, les enjeux historiques et artistiques, les partis-pris politiques ou crypto-politiques. Bornes-témoins en France : Debussy enjoint Stravinsky en 1915 de récuser « les blagues internationalistes » pour devenir « un grand artiste russe [1] » ; Jean Cocteau oppose la pureté du « cirque, des orchestres américains de Nègres » à un théâtre « toujours corrompu [2] » ; Hugues Panassié construit la légitimité du jazz sur un racialisme inversé [3] ; André Jolivet renvoie ses Cinq danses rituelles, composées en 1939, « aux groupements humains […] dits primitifs chez lesquels l’âme humaine a gardé toute sa virginité [4] ». Si la civilisation a conduit à l’engourdissement sensible et à la barbarie, pourquoi ne pas revenir à l’origine pour refonder la civilisation ? Cette nébuleuse « originiste » pose d’autres questions : quels points de comparaison avec le primitivisme du début du siècle ? Se présente-t-elle comme une autre avant-garde ? Se retrouve-t-elle – et à quels titres ? – dans l’œuvre même ?

Les contributeurs seront attentifs à spécifier ces usages. Les exemples nationaux (Allemagne, Russie, Italie, Grande-Bretagne) seront les bienvenus. Date de cette journée d’études : 16 janvier 2014, Université Évry–Val d’Essonne.

[1] Claude Debussy, Lettre à Igor Stravinsky, 24 octobre 1915, in François Lesure et Denis Herlin (éd.), Correspondance (1872-1918), Paris, Gallimard, 2005, p. 1952.

[2] Jean Cocteau, Le Coq et l’Arlequin (1918), Paris, Stock, 1979, p. 62.

[3] Hugues Panassié, « Le  Jazz Hot », in La Revue Musicale, n ° 105, Juin 1930.

[4] Voir la correspondance André Jolivet – André Cœuroy, Département de la Musique à la Bibliothèque nationale, cote  N.L.a 15.

Modalités de soumission

Envoi des projets de communication :

Date limite des envois de proposition : 15 octobre 2013

Nombre de signes : 1500 (avec espaces)

Centres de recherche : RASM, CELLAM / Institut Universitaire de France

Date de la journée : 16 janvier 2014

Comité scientifique

  • Philippe Gumplowicz (PR, Université d’Evry, directeur du laboratoire RASM),
  • Timothée Picard (PR-Université de Rennes, membre de l’Institut Universitaire de France),
  • Pierre-André Taguieff (Directeur de recherches CNRS).

Lieux

  • Batiment 1er cycle - Boulevard François Mitterand
    Évry, France (91)

Dates

  • mardi 15 octobre 2013

Mots-clés

  • musique, musicologie, histoire culturelle, origine, identité, représentations, premier XXe siècle

Contacts

  • Philippe Gumplowicz
    courriel : philippe [dot] gumplowicz [at] univ-evry [dot] fr
  • Timothée Picard
    courriel : timothee [dot] picard [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Philippe Gumplowicz
    courriel : philippe [dot] gumplowicz [at] univ-evry [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La référence à l'originaire dans les écrits et la presse musicale du premier XXe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 13 mai 2013, http://calenda.org/247026