AccueilSalaires, marchés du travail, solidarité dans la construction européenne depuis la fin des années 1960

Salaires, marchés du travail, solidarité dans la construction européenne depuis la fin des années 1960

Wages, labour markets, solidarity in European construction since the end of the 1960s

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Publié le mercredi 15 mai 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Les crises financières que subissent la Grèce, l’Italie et l’Espagne depuis 2010 ont provoqué un vaste mouvement de réformes tant au plan européen que sur les plans nationaux. Trois aspects sont particulièrement importants : l’accroissement des transferts financiers publics, à travers l’institution de fonds d’intervention pour soutenir les économies des États en difficulté ; la réduction des déficits et des dettes des États membres ; des réformes du marché du travail et de la protection sociale des États en difficulté. C’est sur ce dernier point que ce groupe de travail entend fixer son attention dans une perspective historique. Ce groupe de travail cherchera à considérer dans quelle mesure des schémas de négociation entre États européens se mettent en place à partir de la fin des années 1960 et du début des années 1970 sur cette question.

Annonce

Groupe de travail RICHIE/IRICE

Projet de recherche

Les crises financières que subissent la Grèce, l’Italie et l’Espagne depuis 2010 ont provoqué un vaste mouvement de réformes tant au plan européen que sur les plans nationaux. Trois aspects sont particulièrement importants :

  • 1) l’accroissement des transferts financiers publics, à travers l’institution de fonds d’intervention pour soutenir les économies des États en difficulté ;
  • 2) la réduction des déficits et des dettes des États membres ;
  • 3) des réformes du marché du travail et de la protection sociale des États en difficulté.

C’est sur ce dernier point que ce groupe de travail entend fixer son attention dans une perspective historique. Ce groupe de travail cherchera à considérer dans quelle mesure des schémas de négociation entre États européens se mettent en place à partir de la fin des années 1960 et du début des années 1970 sur cette question. Cette période représente en effet un tournant à partir duquel les débats sur la compétitivité internationale et le chômage et les critiques de l’Étatprovidence se sont multipliés. On entend par État-providence les dispositifs par lesquels un État garantit aux travailleurs, et notamment aux travailleurs les moins bien rémunérés, des protections contre les risques et sur le niveau des salaires. Le groupe cherchera alors à déterminer dans quelle mesure ces schémas tendraient à opposer deux types d’États européens : des États dévoués à la défense du niveau des salaires et des protections sociales et des États davantage prêts à des fluctuations salariales et sociales pour répondre à la conjoncture. Si les seconds se trouveraient davantage confrontés au problème des travailleurs pauvres, les premiers se trouveraient plus lourdement frappés par les problèmes de compétitivité, le chômage et, par suite, les déficits publics lors des conjonctures difficiles.

Outre le problème des différences de développement entre les pays européens, ces divergences constitueraient le noeud du problème de la solidarité entre États européens. Depuis une vingtaine d’années, la plus grande ouverture aux échanges et la monnaie unique n’auraient fait qu’accentuer ces mécanismes. Le protectionnisme et les manipulations monétaires pouvaient permettre aux États en plus grande difficulté de rétablir leur compétitivité à l’abri de la concurrence étrangère. Ces tampons disparus, les divergences intra-européennes s’en seraient trouvées multipliées à l’intérieur du grand marché ouvert.

Si ces caractéristiques étaient confirmées, le groupe chercherait à en déterminer les causes dans les équilibres et les contextes spécifiques à chaque État. Il s’agirait de déterminer dans quelle mesure les deux groupes d’États susmentionnés correspondent aux États méditerranéens d’une part et aux États d’Europe du Nord d’autre part. Des facteurs relatifs à l’exposition différenciée à la pression migratoire d’Afrique du Nord et de l’Ouest et du Moyen-Orient pourraient alors expliquer des équilibres politiques différents sur les questions salariales et de protection sociale. Ce groupe intégrera cependant également des perspectives variées, associant les blocages de la solidarité européenne et les divergences entre pays européens à d’autres facteurs, telle l’altérité linguistique.

Programme

Mercredi 29 mai

16h -18h :

  • Présentation sous la coordination d’Éric Bussière de l’ouvrage de Lorenzo Mechi, L’Organizzazione internazionale del lavoro e la ricostruzione europea. Le basi sociali dell’integrazione economica (1931-1957) (Roma, Ediesse, 2012).
  • Interventions de Thomas Cayet et Guia Migani
  • Discussion avec l’auteur

Jeudi 30 mai

10h : Accueil des participants

10h10 : Introduction, Emmanuel Comte (Paris 4)

10h30 : Les divergences économiques et sociales en Europe à partir des années 1970

Présidence : Guia Migani (Padoue)

  • Karl Lauschke (historien, Dortmund) : « Les relations entre syndicats allemands et français sur l’Europe sociale dans les années 1970 ».
  • Francesco Petrini (historien, Padoue) : « La dévaluation monétaire comme instrument de politique économique : le cas italien. De la fin des années 1970 jusqu’au milieu des années 1990 ».

12h15 : Pause-déjeuner

14h : L’évolution des marchés du travail en Europe depuis les années 1970

Présidence : Laurent Warlouzet (Artois/LSE)

  • Philippe Martin (juriste, CNRS-Bordeaux 4) : « Le droit du travail en Espagne et en Italie : convergences, divergences, singularités ».
  • Johan Bo Davidsson (politiste, Lund) : “Labour market politics in Western Europe”.

15h45 : Pause

16h : Les facteurs sous-jacents aux divergences européennes

Présidence : Houda Ben Hamouda (Nantes)

  • Camilla Devitt (politiste, Trinity College Dublin) : “The impact of the Migrant Worker Factor on labour markets institutions in Western Europe”.
  • Jean-Claude Barbier (sociologue, CNRS-Paris 1) : « Les obstacles à la solidarité européenne face aux chocs économiques depuis les années 1970 ».

17h45 : Pause

18h : Conclusion, Éric Bussière (Paris 4).

Lieux

  • Maison de la recherche, salle D223 (2e étage) - 28, rue Serpente
    Paris, France (75006)

Dates

  • jeudi 30 mai 2013
  • mercredi 29 mai 2013

Mots-clés

  • marché du travail, chômage, zone euro, immigration, construction européenne

Contacts

  • Emmanuel Comte
    courriel : Emmanuel [dot] Comte [at] Paris-Sorbonne [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Emmanuel Comte
    courriel : Emmanuel [dot] Comte [at] Paris-Sorbonne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Salaires, marchés du travail, solidarité dans la construction européenne depuis la fin des années 1960 », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 15 mai 2013, http://calenda.org/247981