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Quartiers, pauvreté et cultures

Quarters, poverty and cultures

Sociologia urbana e rurale, n° 103/2014

Sociologia urbana e rurale, no. 103/2014

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Publié le mercredi 15 mai 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Face à la diffusion croissante des processus d’appauvrissement, des sociologues, avec des différences d’interprétation controversées et évidentes, avancent aujourd’hui l’exigence, d’examiner à nouveau la dimension culturelle de la pauvreté dans le but de la comprendre  tout en prenant les distances de son utilisation dans un sens conservateur. Le fait de revenir à la dimension culturelle de la pauvreté permet d’observer comment les pauvres répondent à leur condition de dénuement dans leur environnement de vie et comment ils s’en sortent éventuellement. Le fait de vivre dans un même lieu de pauvreté accroît-il les désavantages et les inégalités ou bien les effets sont-ils diversifiés sur la situation et les carrières de ces habitants? C’est la dimension dans l’espace des phénomènes sociaux cités que nous souhaitons mettre en évidence et thématiser.

Annonce

Argumentaire

La publication aux États-unis d’un numéro monographique de la revue The Annals of the American Academy of Political and Social Science par D. Harding, M. Lamont et M.L. Small (Reconsidering Culture and Poverty, vol. 629, 2010) et la publication en France du livre de H. Lagrange, Le déni des cultures (Seuil, Paris, 2010) ont contribué à rouvrir des deux côtés de l’océan un débat, parfois très animé, sur la catégorie de culture de la pauvreté. La culture de la pauvreté, qui s’est formée dans des circonstances déterminées pour répondre à une condition de dénuement, tend, selon la lecture proposée dans les années cinquante et soixante par Oscar Lewis, à se reproduire de génération en génération, indépendamment des conditions objectives de vie de la population concernée. Après l’utilisation de cette catégorie par les forces politiques et les média pour imputer aux pauvres, notamment aux afro-américains, la responsabilité de leur propre condition de dénuement (blame the victim) et leur dépendance vis-à-vis des services sociaux excessivement généreux, le concept n’a pas été repris et il a été exclu de la recherche sociale.

Face à la diffusion croissante des processus d’appauvrissement tant sur le nouveau continent que sur le vieux, des sociologues, avec des différences d’interprétation controversées et évidentes, avancent aujourd’hui l’exigence, cinquante ans après, d’examiner à nouveau la dimension culturelle de la pauvreté dans le but de la comprendre pleinement tout en prenant les distances de son utilisation dans un sens conservateur. Le fait de revenir à la dimension culturelle de la pauvreté permet d’observer comment les pauvres répondent à leur condition de dénuement dans leur environnement de vie et comment ils s’en sortent éventuellement. Dans le cadre d’une reproblématisation de la pauvreté, nous souhaitons mettre l’accent sur l’hétérogénéité interne des quartiers pauvres en termes de comportements et de résultats obtenus par les habitants, tout en allant au-delà d’une homogénéité culturelle et sociale présumée des quartiers plus pauvres. C’est notamment ce qu’on appelle l’« effet quartier » (neighborhood effects) sur la pauvreté que nous souhaitons examiner avec les collègues.

L'effet quartier peut être examiné de deux points de vue : d’un côté, on examine l’existence et l’importance d’un effet éventuel sur les comportements de la concentration dans un même lieu de personnes ayant des traits socioculturels similaires, de l’autre on examine les processus de formation différenciés de capital social dans les quartiers pauvres. Le fait de vivre dans un même lieu de pauvreté accroît-il les désavantages et les inégalités ou bien les effets sont-ils diversifiés sur la situation et les carrières de ces habitants ? D’une façon plus générale, c’est la dimension dans l’espace des phénomènes sociaux cités que nous souhaitons mettre en évidence et thématiser en évitant les pièges d’un possible déterminisme écologique.

Sur le fond de ces réflexions, nous invitons les collègues à envoyer leur contribution. A titre d’exemple, voici quelques pistes de travail :

  • Effets de la concentration de la pauvreté et de la ségrégation sur les comportements et les trajectoires sociales des individus
  • Hétérogénéité des réponses à la pauvreté du quartier
  • Isolement social et pauvreté
  • Institutions d’assistance locales, territoire et processus de stigmatisation
  • Pauvreté, attachement au quartier et capital social
  • Pauvreté de quartier et ligne de la couleur

Conditions de soumission

Les articles devront être envoyés aux rédacteurs du numéro monographique via courriel :

d’ici au 31 octobre 2013

Les articles peuvent être écrits en italien, anglais ou français.

Les articles ne doivent pas dépasser 40 000 signes (espaces inclus).

Tous les articles seront soumis au contrôle par les pairs à double insu.

L’acceptation des contributions sera communiquée avant le 30 novembre 2013 et les intégrations ou modifications à apporter au texte devront être envoyées avant le 31 décembre 2013.

Les articles ne devront pas avoir été publiés auparavant ni acceptés par d’autres revues pour être publiés.

Les articles seront publiés dans le numéro 103/2014 de Sociologia urbana e rurale.

Nous vous rappelons, en outre, qu’il est possible à tout moment d’envoyer des articles conformes aux cahiers des charges spécifiques de la revue.

Ceux-ci seront soumis à un double arbitrage et éventuellement publié (maurizio.bergamaschi@unibo.it).

Dates

  • jeudi 31 octobre 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • quartiers, pauvreté, culture

Contacts

  • Maurizio Bergamaschi
    courriel : maurizio [dot] bergamaschi [at] unibo [dot] it

Source de l'information

  • Maurizio Bergamaschi
    courriel : maurizio [dot] bergamaschi [at] unibo [dot] it

Pour citer cette annonce

« Quartiers, pauvreté et cultures », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 15 mai 2013, http://calenda.org/248036