AccueilL'héritage controversé de l'historiographie romantique après 1830

L'héritage controversé de l'historiographie romantique après 1830

The controversial legacy of Romantic historiography after 1830

Les relations tourmentées entre histoire et philosophie au XIXe siècle

The tormented relationship between history and philosophy in the 19th century

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Publié le vendredi 17 mai 2013 par Élodie Faath

Résumé

Dans le cadre des Ateliers thématiques en Philosophie des sciences sociales du laboratoire Logiques de l’agir (EA 2274),  Marie-Charline Pacquot, Aurélien Aramini et Jan Marsalek organisent une journée d’étude le 18 octobre 2013 destinée en priorité aux doctorants et aux jeunes chercheurs. Cette journée aura pour thème « L’héritage controversé de l’historiographie romantique après 1830 » et sera clôturée par une conférence de Sophie-Anne Leterrier, professeur en histoire contemporaine à l’université d’Artois.  

     

Annonce

Argumentaire

Dans une triple perspective épistémologique, politique et philosophique, les communications chercheront à identifier les raisons pour lesquelles l’« historiographie romantique » de la Restauration et ses catégories centrales – telles qu’elles ont pu être élaborées dans les travaux des frères Thierry ou de Guizot – vont être interrogées, discutées voire profondément remises entre la révolution de Juillet et l’avènement scientifique et institutionnel de l’histoire méthodique. 

Dans la perspective d’éclairer la reconfiguration actuelle des objets et des problèmes de la philosophie et des sciences humaines, les Ateliers Thématiques en Philosophie des Sciences Sociales se proposent d’examiner les relations tourmentées entre philosophie et histoire en revenant, cette année, sur la séquence historique qui commence sous la Restauration et aboutit à la constitution de l’« histoire méthodique » de Fustel de Coulanges, de Langlois ou de Seignobos. Si la rivalité entre histoire et philosophie appartient à un autre temps, elle a toutefois eu lieu pour des motifs légitimes relevant d’exigences théoriques mais aussi d’enjeux politiques. Ces derniers sont liés à l’avènement d’une Troisième République qui a encore sa place dans les références et les questionnements contemporains.

L’univers intellectuel du dernier tiers du XIXe siècle et ses incarnations institutionnelles à partir de 1870 révèlent comment la discipline historique cherche à se constituer comme science en rompant délibérément avec un type d’historiographie dont l’histoire romantique est emblématique. Ainsi, le projet des historiens « méthodiques » récuse l’articulation élaborée à partir de la Restauration, selon des modalités diverses, entre historiographie, philosophie de l’histoire et engagement politique. Comprendre pourquoi l’historiographie de la Troisième République veut divorcer d’avec la philosophie et pourquoi elle fait de ce divorce sa condition d’existence comme science suppose auparavant de saisir les raisons qui justifièrent leur mariage dans les premières décennies du siècle.

À titre d’hypothèse de travail, l’historiographie romantique pourrait, selon ces perspectives, tenir lieu de centre de gravité d’une histoire des relations entre historiographie et philosophie au XIXe siècle. En effet, dépasser l’opposition entre les abstractions de la philosophie et les expériences de l’histoire fut le mot d’ordre d’une génération d’historiens qui renouvela, sous la Restauration, les études historiques en faisant de l'histoire et de son écriture la clef de voûte d'une pensée philosophique porteuse d'un projet d'émancipation sociale. Entre la période postrévolutionnaire et la Troisième République, entre les Lettres sur l’histoire de France et l’Introduction aux études historiques, la compréhension du devenir des sociétés humaines s’est construite dans l’enchevêtrement de trois types de discours : scientifique, philosophique et politique. Mêlant réflexions épistémologiques, philosophie de l’histoire et engagement dans la vie de la cité, l’historiographie romantique propose une  lecture de l’histoire bien différente de celle des historiens de l'Ancien Régime comme l’abbé Velly ou le père Daniel. Aussi bien les frères Thierry que Guizot posent de manière originale des problèmes philosophiques soulevés, au siècle précédent, par Hume, Bayle ou Montesquieu. Ils questionnent le fondement théologico-politique des sociétés à travers le récit des temps mérovingiens. Ils ouvrent la possibilité d’une philosophie de l’histoire où il est question de « civilisation » et de progrès révolutionnaire. Ils lisent l’articulation entre société et gouvernement à travers la catégorie de la « lutte » en trouvant dans la « conquête » le principe d’une pensée de la société qui va nourrir, entre autres, la pensée marxiste.

Prise entre la pensée traditionaliste qui invoque l’histoire contre la philosophie et l’histoire méthodique qui veut écrire l’histoire sans la philosophie, l’historiographie romantique intéresse la philosophie des sciences humaines parce qu’elle précède le divorce de la philosophie et de l’histoire et parce qu’elle ne sépare l’historiographie ni de la recherche philosophique du sens ni de l’action politique. Consacrer à ce moment romantique une journée d’étude présente d’abord un intérêt historique. Il faudra cependant aussi chercher quel sens peut avoir, pour nous, la modalité selon laquelle philosophie, histoire et politique ont été articulées par les historiens de la Restauration. Le discours global et émancipateur des historiens romantiques appartient-il à une période qui s’est ouverte avec la Révolution française et qui est définitivement close ou, au contraire, peut-il encore prétendre inspirer les pensées contemporaines du social ? Il pourrait, le cas échéant, permettre de tirer profit aujourd’hui des acquis des sciences humaines pour penser philosophiquement le social.

Modalités de soumission

Les propositions de communications (une page environ accompagnée d’une rapide présentation de l’auteur et de ses recherches) sont à faire parvenir

au plus tard le 15 septembre 2013,

à :

Les détails pratiques seront communiqués ultérieurement. 

Comité scientifiques et d’organisation

  • Marie-Charline Pacquot
  • Aurélien Aramini
  • Jan Marsalek

Lieux

  • Grand Salon de l'UFR SLHS - 18 rue Chifflet
    Besançon, France (25)

Dates

  • dimanche 15 septembre 2013

Mots-clés

  • historiographie, philosophie, révolution, romantisme, histoire méthodique, lutte des classes

Contacts

  • Aurélien Aramini
    courriel : aaramini [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Aurélien Aramini
    courriel : aaramini [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'héritage controversé de l'historiographie romantique après 1830 », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 17 mai 2013, http://calenda.org/248074