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Enseigner l'invention et la création dans les arts et les techniques

Teaching invention and creation in arts and technology

Séminaire du Labex « Créations, arts, patrimoines », mai-décembre 2013

"Creations, arts and heritage", Labex seminar, May-December 2013

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Publié le jeudi 16 mai 2013 par Luigia Parlati

Résumé

L’objet du séminaire est de saisir, à travers les lieux, les méthodes et les supports pédagogiques, les processus d’invention et de création en eux-mêmes. L’hypothèse principale étant que l’enseignement est un terrain privilégié d’étude de l’invention et de la création, parce qu’il est le lieu où les pratiques, les méthodes et les modèles inventifs sont explicités pour réaliser l’objectif de transmission, mais aussi parce qu’il permet de saisir ces processus dans leur double dimension individuelle et collective.

Annonce

Présentation 

L’objet du séminaire est de saisir, à travers les lieux, les méthodes et les supports pédagogiques, les processus d’invention et de création en eux-mêmes. L’hypothèse principale étant que l’enseignement est un terrain privilégié d’étude de l’invention et de la création, parce qu’il est le lieu où les pratiques, les méthodes et les modèles inventifs sont explicités pour réaliser l’objectif de transmission, mais aussi parce qu’il permet de saisir ces processus dans leur double dimension individuelle et collective.

Le parti fort du séminaire consiste à confronter différentes manières de faire et d’enseigner « le projet »  dans le domaine technique, dans le domaine artistique comme dans le domaine architectural. L’apport se situe aussi au niveau des objets d’étude. Dans l’ensemble, on peut dire que les acteurs, les institutions et le contenu des cours ont été beaucoup mieux étudiés que les méthodes d’enseignement en elles-mêmes. Et parmi ces méthodes, les cours magistraux sont mieux connus que les enseignements sous forme d’« ateliers », de travaux dirigés, de « démonstrations », de « manipulations » et de visites. Or ces types d’enseignements sont essentiels pour appréhender les processus de transmission des méthodes inventives dans l’architecture, les arts et les techniques.

Ce manque d’intérêt pour ces différents modes d’enseignement et leurs supports, s’explique en partie par le caractère éphémère et complexe de ces objets d’étude. Ce qui se dit, se fait, se dessine, se construit, les manipulations, les gestes, les mouvements du corps ne laissent souvent que des traces fragmentaires. Il faut les reconstruire à partir de sources indirectes, rassembler laborieusement des ensembles de dessins, d’objets, de cahiers, d’enregistrements, d’écrits divers (notes de cours, récits autobiographiques, etc.) dispersés et mal catalogués (collections des Musées, des Ecoles, documents d’archives, etc.). Le travail de collecte, d’inventaire et de classement de ces corpus est un des objectifs de cette enquête. Il nécessite à l’évidence une collaboration étroite entre les conservateurs des Ecoles et des Musées et les enseignants-chercheurs.

Ce séminaire a ainsi pour spécificité de réunir des chercheurs spécialistes des techniques, de la technologie, de l’art et de l’architecture, mais aussi des praticiens actifs dans ces domaines : architectes, designers, restaurateurs et conservateurs. L’enjeu est d’éclairer les pratiques actuelles de l’enseignement. La multiplication récente de bi-cursus associant des disciplines distinctes (tels qu’historien d’art-restaurateur ou architecte-ingénieur par exemple) invite plus que jamais à examiner dans leur cadre institutionnel les principes paradigmatiques fondateurs des différentes pédagogies de la création et de l’invention, à étudier leurs relations dialectiques, leurs hybridations et leurs mutations. Dans le contexte d’une généralisation de l’image animée et de l’imagerie numérique, la mutation des outils de représentation, de conception et de diffusion, née du succès rapide de l’informatique, qui remet en cause le cœur même de l’apprentissage des arts et des techniques, invite également à une telle enquête.

Calendrier général

  • Jeudi 16 mai 2013 (9h30-13h. INHA- Université Paris I. Salle Jullian) Séance introductive. Enseigner la création : de la pratique à la théorie.
  • Jeudi 6 Juin 2013 (9h30-13h. INHA-Université Paris I. Salle AVD) Conventions, normalisation, codifications des processus de création.
  • Jeudi 26 septembre 2013 (9h30-13h. INHA-Université Paris I. Salle Mitry) L’enseignement et ses supports : une approche génétique.
  • Jeudi 24 octobre 2013 (9h30-13h. INHA-Université Paris I. Salle AVD) Les Lieux de la création
  • Jeudi 5 décembre 2013 (9h30-13h. INHA-Université Paris I. Salle AVD) Oralité, création et invention : la figure de l’enseignant

Jeudi 16 mai 2013 

Séance introductive. Enseigner la création : de la pratique à la théorie 

L’un des objectifs attendus du séminaire est d’examiner les méthodes et les supports mis en place pour favoriser le processus de création et d’invention, entre individus et systèmes collectifs, tant dans le cadre d’institutions techniques (école d’ingénieurs, instituts techniques, écoles d’arts et métiers) qu’artistiques (écoles d’architecture, de design, de restauration). Ce séminaire est d’abord un point de rencontre, en termes de problématiques et de méthodologie, entre l’étude des méthodes heuristiques propres aux enseignements artistiques et aux enseignements techniques.

  • Guy Lambert, Eléonore Marantz, Valérie Nègre, Nadia Podzemskaia Introduction 
  • Federica Rossi (Ecole normale supérieure de Pise et Institut d'architecture de Moscou) Problèmes de formation de l'architecte en Russie entre XVIIIe et XXe siècle : questions de théorie et de pratique. 
  • Сlemena Antonova (Institute for Human Sciences, IWM, Vienne) Florensky's Lectures at Vchoutemas (1923-1924): Teaching Art History as "Synthetic" Art Criticism (1922-1924) 

Répondants : Alain Bonnet (Université de Grenoble), Nadia Podzemskaia (Centre de recherche sur les arts et le langage, CNRS-EHESS)

Jeudi 6 juin 2013 

Conventions, normalisation, codifications des processus de création

Il s’agit d’interroger les pratiques de normalisation et de codification des processus de création. Le génie personnel est une aptitude qui se prête mal à l’analyse. Si l’inspiration ne s’enseigne pas, les tentatives de codification et de normalisation de l’invention sont néanmoins constantes. Le génie inventif se trouve régulièrement contenu, borné, de manière explicite ou implicite. On peut ainsi repérer des pratiques de création qui s’inscrivent dans des cadres codifiés, mettre en évidence leur diversité, observer les relations entre les individus et les systèmes collectifs de création. Les historiens des techniques ont montré, depuis plusieurs années, la place primordiale que l’imitation jouait dans les processus d’invention. On peut se demander ainsi quelle place, la copie, la modélisation, la restauration occupent dans les processus d’invention et de création. La reproduction de techniques anciennes, leur re-fabrication en vue de leur perpétuation ou de leur restauration, qu’il s’agisse de pratiques matérielles (restauration) ou immatérielles (« modélisation » informatique) est une activité qui permet non seulement de comprendre les objets techniques et artistiques, leur histoire, mais recèle en elle-même une dimension heuristique.

Présidente de séance : Valérie Nègre

  • Christian Morandi (ENSA Paris Val de Seine) L'automatisation de la « conception architecturale" ou "l'automate architecte". 
  • Frédéric Morvan Becker (Ecole nationale supérieure d’architecture de Rennes) L'école gratuite de dessin de Rouen, la réussite d'un pédagogue

Répondants: Sophie Penne (Ecole nationale supérieure de création industrielle), Estelle Thibault (Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Belleville)

Jeudi 26 septembre 2013 

L’enseignement et ses supports : une approche génétique 

Dans l’ensemble, on peut dire que l’étude des manuels, des traités, des manifestes ou autres textes à caractères artistiques ou techniques ont été privilégiés par rapport aux supports de cours à destination des professeurs ou des élèves (notes de cours des enseignants, sujets d’exercice, etc.) et en particulier les documents graphiques. C’est ainsi par exemple que les textes de Kandinsky sont souvent vus comme des manifestes ou des écrits d’artiste, tandis qu’ils sont le fruit de dialogues avec des collègues et des disciples de l’artiste. L’exemple des textes et des dessins liés à l’enseignement de l’architecture est de ce point de vue très instructif. Les cours de théorie de la composition ont été principalement examinés à partir de traités ou d’articles publiés et non des planches graphiques, des dessins exécutés au tableau, ou des maquettes montrées lors des leçons. On sait pourtant que les cours peuvent pendre, par ce qui est montré, grâce à l’emploi d’objets matériels ou virtuels tels que les images, les maquettes ou les outils, une orientation plus ou moins pratique, servir à éduquer le regard, « apprendre à voir », autrement dit, transmettre un savoir ni par l’oral ni par l’écrit, mais « par les yeux ». L’examen de la place faite à différentes périodes aux dessins et aux images ou autres objets médiateurs entre la description verbale et la réalité permet pourtant de repérer des évolutions fondamentales comme le développement d’approches plus abstraites, ou au contraire plus matérielles.

Présidente de séance : Nadia Podzemskaia

  • Guy Lambert (ENSA Paris-Belleville) et Valérie Nègre (ENSA Paris La Villette) Le cours de Jean Prouvé au CNAM à travers ses notes et celles de ses élèves
  • Anna Sconza (Université Paris III Sorbonne Nouvelle) Léonard et l’enseignement de la peinture 
  • Répondants : Annie Bruter (Service d’Histoire de l’éducation) et Almuth Grésillon (sous réserve)

Jeudi 24 octobre 2013 

Les Lieux de la création

Ce sont paradoxalement les enseignements les plus conformes au modèle universitaire (cours magistraux) c’est-à-dire parfois les moins centraux, qui ont attiré l’attention des historiens et des sociologues de l’éducation (cours de théorie, géométrie, sociologie, histoire, etc.). C’est ainsi que les enseignements sous forme d’« ateliers », de travaux dirigés, de « démonstrations », de « manipulations » et de visites sont méconnus. Les traces écrites rares, indirectes et fragmentaires expliquent en partie ces choix. Or ces types d’enseignements sont essentiels pour appréhender les processus de transmission des méthodes inventives dans les domaines artistiques et techniques. La séance portera sur l’analyse des lieux de l’enseignement et ce qui s’y déroule : l’atelier, l’agence, les visites, les salles de travaux dirigés, le laboratoire, le musée. On sait notamment peu de choses de la manière dont se déroulaient et se déroulent les « studios » ou « ateliers » où s’enseignent la « conception », qu’il s’agisse d’institutions comme les Écoles d’ingénieur ou d’architecture, les Écoles de design, de restauration ou les Écoles des Beaux-arts.

Présidente de séance : Eléonore Marantz 

  • Andrea Leers (Université d’Harvard) Visites et pratiques d’ateliers dans l’enseignement de l’architecture au XXe siècle (titre provisoire)
  • Renaud d’Enfert (Service d'histoire de l'éducation) Dedans, dehors... Cadres matériels et pratiques pédagogiques de l'enseignement du dessin au XIXe siècle
  • Michel Aphesbero (Ecole des beaux-arts de Bordeaux) Teaching as art. The History of an Unsettled Studio. 1989 - 2013 

Répondants : Christian Hottin (Direction des Patrimoines, ministère de la Culture) et Jean Da Silva (sous réserve)

Jeudi 5 décembre 2013 

Oralité, création et invention : la figure de l’enseignant 

Dans l’enseignement des arts et des techniques, la transmission orale a été en règle générale largement délaissée au profit de la transmission écrite. Dans l’« atelier » le professeur face à son, ou ses élèves, n’invente pas son mode d’enseignement, quelles que soient les singularités de ses motivations. Il s’insère dans un cadre d’activité marqué par des règles qui sont souvent tacites. L’analyse des « cadres » de cette expérience collective reste à mener dans bien des institutions. Ce qui suppose que des études sociologiques et ethnographiques y soient conduites. L’autorité liée à la parole et à la personne du professeur, les relations interpersonnelles, l’interaction découlant du face-à-face professeur-élève, le processus de mimétisme sont autant de thèmes à développer. C’est à une réflexion sur l’observation de la transmission des méthodes inventives à partir de ce que font les acteurs, c’est-à-dire à partir de l’activité même des professeurs et des élèves, et non de ce qu’ils pensent ou disent penser, qu’est consacrée cette séance.

Président de séance : Guy Lambert

  • Delphine Bière (Université Lille III) L’Atelier de Fernand Léger à l'Académie moderne
  • Bruno Reichlin (Université de Genève) Aldo Rossi enseigne à l’École polytechnique fédérale de Zurich (1962-1975)

Répondants : Pierre Wat (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Claire Brunet (ENS Cachan)

Lieux

  • Institut National d’Histoire de l’Art - Université Paris I - 2 rue Vivienne
    Paris, France (75002)

Dates

  • jeudi 16 mai 2013
  • jeudi 06 juin 2013
  • jeudi 26 septembre 2013
  • jeudi 24 octobre 2013
  • jeudi 05 décembre 2013

Mots-clés

  • création, invention, enseignement, histoire de l'art, histoire des techniques

Contacts

  • Valérie Nègre
    courriel : valerie-negre [at] wanadoo [dot] fr
  • Guy Lambert
    courriel : guy [dot] lambert [at] paris-belleville [dot] archi [dot] fr
  • Éléonore Marantz
    courriel : eleonore [dot] marantz-jaen [at] univ-paris1 [dot] fr

Source de l'information

  • Guy Lambert
    courriel : guy [dot] lambert [at] paris-belleville [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Enseigner l'invention et la création dans les arts et les techniques », Séminaire, Calenda, Publié le jeudi 16 mai 2013, http://calenda.org/248107