AccueilDécider. Journées transphilosophiques 2013

Décider. Journées transphilosophiques 2013

Deciding. Transphilosophical days, 2013

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Publié le jeudi 16 mai 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Traverser les frontières sédimentées au sein de la philosophie, c’est la faire vivre et lui donner sens. Parce que le doctorant de philosophie – comme le chercheur aguerri – accomplit son travail de spécialiste en philosophant, parce que, comme l’écrivait Kant, on ne pense bien qu’à plusieurs, nous vous proposons lors de ces journées « transphilosophiques » de réfléchir ensemble autour du thème « Décider ».

Annonce

Programme

Vendredi 24 mai 2013

Ouverture et session I

(modération Philippe Sabot/Christian Berner)

  • 9h30 : Michel Crubellier (Professeur à Lille 3, invité d'honneur)

Conférence d'ouverture

Session 1 La décision comme processus: délibération, angoisse, compréhension

  • 10h30 : Julie Journeau (Lille3-UMR STL/Université de Bologne), Un savoir de la décision est-il possible ?

Telle qu'elle est définie par le Stagirite, la vertu de prudence est une aptitude à bien délibérer, c'est-à-dire une aptitude à décider correctement ce qu'il convient de faire. Nous souhaitons nous interroger sur cette définition, afin de déterminer si une telle vertu peut être à l'origine d'un savoir de la décision, c'est-à-dire d'un savoir qui permettrait de prendre, de façon infaillible, la bonne décision.

11h15 : pause café

(modération Stéphane Zygart)

  • 11h30 : Simon Calenge (Centre Gaston Bachelard/Université de Bourgogne), L'existence dans la raison : la décision de Kant aux pensées de l'existence.

Dans son explication du mal radical, Kant recourt à la décision par ailleurs absente de sa pensée morale. Origine du mal radical en l'homme, la décision peut aussi être le commencement d'une conversion morale. À ce titre, elle est le lieu atopique où se décide temporellement ce que l'homme doit être par-delà tout temps. Cette contradiction de la décision en fait quelque chose qui, au cœur de la morale résiste à la raison morale. Dans cette résistance se laisse découvrir l'existence qui, au sens où l'entendent Kierkegaard et Jaspers, se résout infiniment pour sa finitude.

12h15 : pause déjeuner.

  • 14h : Nicolas Osborne (Lille3-UMR STL), Quand comprendre c'est décider.

L'intervention se focalisera principalement sur la théorie de la compréhension présente dans la Critique de la raison pure de Kant. Dans la mesure où la compréhension n'est jamais absolue, toujours relative à la visée de celui qui cherche à comprendre, on ne comprend que lorsque l'on décide que la compréhension est suffisante relativement à la fin visée. Afin de ne pas sombrer dans le relativisme, cette théorie de la compréhension appelle une théorie de la communication qui doit permettre de tester la rationalité de la compréhension sur l'entendement d'autrui.

Session II La décision face à l'art contemporain: imposer ou discuter ?

(modération Camille Prost)

  • 14h45 : Cécile Angelini (Centre d'études phénoménologiques/Université Catholique de Louvain), Qui décide qu'il y a « art » ? L'apport de l'esthétique analytique.

Quand y a-t-il « art », à   quelles   conditions peut-on parler d’« œuvre d’art »,   qui   décide   que ceci est de l’art et que ceci n’en est pas ? Je tenterai de répondre à ces questions à partir de trois auteurs de l’esthétique analytique – Morris Weitz, Arthur Danto et George Dickie –, un courant philosophique anglo-saxon qui, dans les années 1960-70, a élaboré une réflexion stimulante sur les présupposés de l’art.

15h30 : pause café.

  • 15h45 : Lara Sarcevic (Lille3-UMR STL), Décider, le problème du jugement de goût dans l'art contemporain.

La diversification, l’atomisation et la transdisciplinarité des pratiques artistiques d’aujourd’hui semblent avoir rendu les critères traditionnels du jugement esthétique inopérants et auraient imposé la nécessité de réévaluer à la fois l’importance accordée à la question du jugement de goût et la nature même de celui-ci. Dans quelle mesure l’éclatement des canons de la création implique-t-il aussi la nécessité de conclure à un relativisme du jugement de goût ? Un détour par l’analyse de la notion de sensus communis, telle que la définit Kant dans sa troisième Critique, nous permettra d’étudier la pertinence du principe de prétention à l’universalité du jugement esthétique au regard de la création artistique actuelle.

Samedi 25 mai 2013

Session III La décision dans l'habitude: acte et persévérance

(modération : Julie Journeau)

9h30 : Benjamin Descotes-Genon (Lille3-UMR STL), Décider sans se décider ? Le rôle des habitudes dans la décision

Est-il possible d’expliquer une décision en faisant appel à la notion d’habitude comme cause ou comme raison, sans s’exposer au reproche de convoquer des forces irrationnelles et des dispositions imaginaires ? Il paraît néanmoins légitime de penser comment certains principes d’actions peuvent se sédimenter, s’incorporer au cours de notre existence et avoir une efficience pratique, en nous amenant à décider sans nécessairement nous impliquer comme personne. Nous nous appuierons ainsi sur les analyses de James et de Bergson, qui ont conjointement déplacé les rapports de la connaissance et de l’action en les articulant à la notion d’habitude, en vue de réinterpréter certains aspects de la Théorie du Choix Rationnel et des critiques qu’elle a pu susciter.

10h15 : Anne Bardet (Centre Prospéro – Langage, image, connaissance/Université Saint-Louis –Bruxelles), Le concept de décision dans la philosophie de José Ortega y Gasset.

Ortega y Gasset accorde à la vie humaine (vivencia) le statut de réalité radicale, et la définit comme pur devoir faire (que hacer). La décision occupe dès lors une place centrale dans l’oeuvre du penseur madrilène. Mais la vie ortéguienne est toujours circonstanciée: elle n’est pas pensable indépendamment du contexte historique où elle prend sa source. La circonstance (circum stancia) est héritée, et véhicule des croyances dont le rôle est d’orienter l’homme dans la suite continue de décisions que constitue sa vie. C’est ce rapport complexe entre la décision (fondamentalement agissante) et la croyance (héritée passivement) que nous nous proposons d’interroger.

11h : pause café

Session IV La décision mise à mal : obligation, abandon et absence.

(modération Nicolas Osborne)

  • 11h15 : Gautier Dassonneville (Université de Liège-UR Phénoménologie/Lille3-UMR STL), Choix et décision chez Sartre. Instant de la liberté ou liberté en instance ?

Dans L'être et le néant (1943), Sartre conçoit une liberté absolue dont l’homme ne peut se démettre : la réalité-humaine est projet fondamental vis-à-vis duquel la volonté ne joue pas de rôle privilégié. En ce sens, le débat classique entre passion et volonté est dépassé au profit d’une compréhension des motifs et des mobiles comme deux aspects d’un même « être-dans-le-monde ». Il faudra alors distinguer la décision comme un moment réflexif face à un choix préréflexif, et opposer la temporalité du processus délibératif à l’instant d’une conversion toujours possible du « choix originel ».

  • 12h : Stéphane Zygart (Lille3-UMR STL/Bordeaux3), Un cas de décision politique ? L'interdiction de la langue des signes au congrès de Milan en 1880

En 1880, un congrès se tient à Milan qui aboutit à l'abandon de la langue des signes dans l'éducation des sourds-muets, et à l'exclusion de cette technique des écoles. Se trouvent là tous les traits reconnus aux décisions politiques légitimes: argumentation, délibération, vote, décision d'un collectif qui s'applique à tous les membres de ce collectif et à tous ceux sur lesquels celui-ci exerce un pouvoir. Les particularités du congrès de Milan et de la mécanique de ses effets permettent de questionner ce modèle, et ainsi de s'interroger sur les vérités que la philosophie peut espérer tirer de l'étude des décisions politiques.

12h45 : clôture de la journée

Participants

  • Michel Crubellier est professeur de philosophie ancienne à l'université de Lille 3. Il a notamment co-écrit avec Pierre Pellegrin, Aristote et les Savoirs (Seuil), traduit les Catégories (GF). Ses travaux portent sur Aristote et la tradition péripatéticienne arabe, principalement dans la perspective d'une réflexion sur l'argumentation et l'élaboration des connaissances par les Anciens.
  • Cécile Angelini (Université Catholique de Louvain) prépare une thèse intitulée Échos de la pensée kantienne dans l’esthétique contemporaine française : quelles perspectives pour juger l’art contemporain ? sous la direction de Danielle Lories et Thierry Lenain.
  • Anne Bardet (Université de Saint-Louis – Bruxelles) prépare une thèse intitulée De la raison vitale à la raison narrative historique : l’élaboration d’une philosophie ortéguienne de la culture sous la direction de Laurent Van Eynde.
  • Simon Calenge (Université de Bourgogne) a soutenu une thèse intitulée L'existence dans la raison : la décision de Kant aux pensées de l'existence en novembre 2012.
  • Gautier Dassonneville (Universités de Liège et de Lille 3) prépare une thèse intitulée De la magie au “magique” : le nœud de l'expérience de la liberté. Pour une phénoménologie anthropologique de l'être-au-monde sartrien sous la direction de Grégory Cormann et Philippe Sabot.
  • Benjamin Descote-Genon (Université de Lille 3), prépare une thèse intitulée La notion d’habitude, entre croyance et seconde nature : les reprises entrecroisées d’Aristote et de Hume dans le spiritualisme et le pragmatisme (19e-20e siècles) sous la direction de Frédéric Worms.
  • Julie Journeau (Universités de Lille 3 et de Bologne) prépare une thèse intitulée Le statut épistémologique de l'éthique comme science pratique selon Aristote sous la direction de Michel Crubellier et W. Cavini
  • Nicolas Osborne (Université de Lille 3) prépare une thèse intitulée Opinions, croyances, savoir. Recherches sur la pragmatique kantienne de la pensée, sous la direction de Christian Berner.
  • Lara Sarcevic (Université de Lille 3) prépare une thèse intitulée Aporie du second degré : la forme à la quête d’une nouvelle autonomie. Réflexions sur le rôle et le statut de la discursivité théorique dans l’art contemporain depuis la fin des années 1960 à nos jours sous la direction de Bernard Sève.
  • Stéphane Zygart (Universités de Lille 3 et de Bordeaux III) prépare une thèse intitulée L'idée de réadaptation et les normes médico-sociales sous la direction de Philippe Sabot et Guillaume Le Blanc.

Responsables scientifiques

  • Philippe Sabot
  • Christian Berner

Comité d'organisation

  • Julie Journeau
  • Nicolas Osborne
  • Camille Prost
  • Stéphane Zygart

Catégories

Lieux

  • Maison de la Recherche, Bât. F, salle F0 13, Université Lille 3
    Villeneuve-d'Ascq, France (59)

Dates

  • vendredi 24 mai 2013
  • samedi 25 mai 2013

Mots-clés

  • décision, délibération, prise de décision, philosophie, jugement

Contacts

  • Emmanuelle Jablonski
    courriel : emmanuelle [dot] jablonski [at] univ-lille3 [dot] fr

Source de l'information

  • Florence Thill
    courriel : florence [dot] thill [at] univ-lille3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Décider. Journées transphilosophiques 2013 », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 16 mai 2013, http://calenda.org/248322