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Le spectateur face à l'art interactif

The spectator in the face of interactive art

Revue Proteus n°6

Proteus journal no. 6

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Publié le mardi 21 mai 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Il s'agit d'étudier la pertinence de la notion de spectateur dans le cas des œuvres interactives. Il est question de comprendre en quoi l'interactivité modifie l'expérience esthétique d'un individu confronté à une œuvre d'art. Deux questions fondamentales peuvent orienter les propositions : faut-il changer le terme de spectateur ? La participation active du public inhibe-t-elle la possibilité de l'expérience esthétique ?

Annonce

Argumentaire

L’apparent paradoxe d’un spectateur agissant a raréfié considérablement l’usage du terme « spectateur » dans les études esthétiques. Depuis notamment le texte de M. Fried (Absorption and Theatricality: Painting and Beholder in the Age of Diderot), le terme de spectateur se pense en théorie de l'art en opposition à celui d'acteur. Cette idée, qui s'inspire de la structure théâtrale, tend à faire du spectateur un individu passif. À la suite de ces considérations, la notion de spectateur s'est retrouvée confinée à celle liée à la contemplation – l'attitude prétendument passive par excellence. Parallèlement, de plus en plus d’œuvres d'art sont interactives, au sens où l'individu doit consciemment agir sur elles pour les activer comme œuvres. Qu'en est-il donc de cet individu ? De cette œuvre ? Ne sera-t-elle jamais contemplée si l'individu placé devant se doit d'être inactif pour s'en dire le spectateur ?

Dans le prolongement de M. Fried, on trouve les notions d'« interactant » ou encore de « spectacteur » pour désigner un individu pris dans la situation prétendument pathologique d'un spectateur agissant. J. Rancière précise quant à lui l'émancipation du spectateur qui ne se laisse pas dicter son comportement par l’œuvre (Le Spectateur émancipé). Aussi, il semblerait d'un côté que l'interactant ne puisse plus être spectateur et de l'autre que le spectateur n'agisse qu'à sa guise. Dans tous les cas, la réception des œuvres interactives semble problématique. Pourtant, si un individu qui se trouve devant une installation interactive vient à appuyer sur un bouton, c'est aussi parce qu'il est spectateur de l’œuvre, du moins spectateur en attente, ou spectateur en puissance. Il n'aurait pas appuyé sinon. Le cas de l'art interactif implique ainsi toute une théorie de la réception en art. Ce problème rappelle celui de D. Hume lorsqu'il affirmait que « le beau est dans l'œil du spectateur » et non dans l'œuvre. Peut-être en ce cas l'appellation œuvre interactive occulte-t-elle le fait que c'est à l'inverse le spectateur qui est interactif, ce pourquoi tout l'accent sera placé sur la question de l'individu.

Ce numéro de la revue Proteus se veut être un lieu de débat. Il s'agit d'étudier la pertinence de la notion de spectateur dans le cas des œuvres interactives Plus généralement, il est question de comprendre en quoi l'interactivité modifie l'expérience esthétique d'un individu confronté à une œuvre d'art. Deux questions fondamentales peuvent orienter les propositions : faut-il changer le terme de spectateur ? La participation active du public inhibe-t-elle la possibilité de l'expérience esthétique ?

Le problème peut être abordé d'un point de vue théorique, où de brèves analyses d'œuvres viendraient exemplifier le propos, mais aussi en se focalisant sur une œuvre ou un groupe d'œuvres précis afin d'en faire un cas paradigmatique, voire même un cas isolé si l'approche est novatrice. Il ne s'agit pas de faire manifeste pour l'une ou l'autre position, mais de réunir différents points de vue et différents arguments afin de mieux saisir la complexité de la relation qui existe entre l'art – quelle que soit sa forme – et celui qui en fait l'expérience.

Conditions de soumission

Ce numéro souhaite compléter, et non redoubler, les deux très prochaines études du champ de la théorie de l'art sur l'art immersif (Figure de l'art) et sur les jeux vidéo (NRE). En ce sens, nous n'attendons pas d'articles abordant l'interactivité en tant que composante d'une problématique plus généralement immersive ou vidéoludique.

Nous attendons des argumentaires d'environ 3000 signes

pour le 7 juin 2013.

Coordinateurs du numéro

  • Benjamin Riado
  • Bruno Trentini

Dates

  • vendredi 07 juin 2013

Mots-clés

  • esthétique, spectateur, art interactif, perception / action

Contacts

  • Revue PROTEUS
    courriel : contact [at] revue-proteus [dot] com

Source de l'information

  • Bruno Trentini
    courriel : contact [at] revue-proteus [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le spectateur face à l'art interactif », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 21 mai 2013, http://calenda.org/248703