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Plurilinguisme(s) et entreprise : enjeux didactiques

Plurilingualism(s) and business: didactical issues

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Publié le jeudi 23 mai 2013 par Élodie Faath

Résumé

Les reconfigurations actuelles du capitalisme tardif confèrent au plurilinguisme un rôle de plus en plus important dans une économie mondialisée, où s’opère une délocalisation des lieux du pouvoir économique qui impose de reconsidérer les rapports des langues entre elles. L’émergence de la notion de « compétence plurilingue et pluriculturelle », et l’augmentation de sa valeur d’échange sur le marché du travail, invitent à repenser profondément les cadres d’analyse et à réfléchir à de nouveau enjeux pour la formation. Cette journée d’étude se propose de contribuer à la réflexion commune sur les enjeux socioculturels, politiques et économiques du plurilinguisme et sur les pistes didactiques pour la formation des futurs cadres, et en amont, pour la formation de formateurs capables de prendre en compte ces nouvelles données.

Annonce

Argumentaire

La question du plurilinguisme dans les entreprises se pose avec aujourd’hui d’autant plus d’acuité que le « tout anglais » en vigueur dans les années 80 semble aujourd’hui dépassé.

Les reconfigurations actuelles du capitalisme tardif confèrent au plurilinguisme un rôle de plus en plus important dans une économie mondialisée, où s’opère une délocalisation des lieux du pouvoir économique qui impose de reconsidérer les rapports des langues entre elles. L’émergence de la notion de « compétence plurilingue et pluriculturelle », et l’augmentation de sa valeur d’échange sur le marché du travail, invitent à repenser profondément les cadres d’analyse et à réfléchir à de nouveau enjeux pour la formation.

Les études se multiplient pour démontrer que l’anglais ne suffit plus à assurer la communication entre les partenaires internationaux. En 2006, le rapport ELAN, complété en 2008 par le rapport Davignon qui confirme ces résultats, a révélé que ne pas maitriser un panel de langues suffisant faisait perdre des marchés aux entreprises. Des projets comme le projet Dynamique des langues et gestion de la diversité (DYLAN 2006-2011) et le projet CELAN (le "Réseau pour la promotion des stratégies linguistiques pour la Compétitivité et l'Emploi") qui a débuté en 2011 et vise à étudier les besoins linguistiques et langagiers des entreprises attestent de l’intérêt porté par la communauté des chercheurs pour ce sujet. Un intérêt qui pourrait bien avoir initié une révolution silencieuse au sein des entreprises européennes en tête desquelles on trouve les entreprises suisses et suédoises. L’Alsace-Lorraine, la Catalogne offrent des exemples de réalisations tandis que la Grande-Bretagne, qui s’inquiète du désintérêt de ses ressortissants pour l’apprentissage des langues, témoigne des risques que ce rejet fait courir à l’économie britannique. La diversité linguistique et culturelle dans des entreprises (comme L’Oréal par exemple) est encouragée, voire valorisée. On assiste ainsi au développement d’un nouvel « univers de croyances » où le développement des compétences plurilingues permettrait une meilleure compréhension de l’Autre, et renforcerait la créativité et les liens entre les humains. Ceci prend du sens sur le plan économique et commercial en permettant de produire et de diffuser plus facilement des produits qui correspondent davantage au public ciblé. En conséquence, Selon François Grin, professeur d’économie à 'École de traduction et d'interprétation de l'Université de Genève, les salaires sont plus élevés lorsqu’un employé ou un cadre est capable d’utiliser plusieurs langues dans le cadre de son travail, bien que d’autres demeurent encore fidèle à l’option d’une langue de travail internationale.

Dans le Guide pour l’élaboration des politiques linguistiques éducatives en Europe (2003), dont le sous-titre De la diversité linguistique à l’éducation plurilingue illustre bien l’intention de notre propos et de nos interrogations, Jean-Claude Beacco et Michael Byram appellent à s’interroger sur les enjeux de l’éducation au plurilinguisme comme valeur et comme compétence, et ce à toutes les étapes de la vie des personnes et dans tous les contextes, y compris dans des contextes hors institutions nationales tels que les entreprises, les associations, les écoles privées de langues (p. 120).

Cette journée d’étude se propose de contribuer à la réflexion commune sur les enjeux socioculturels, politiques et économiques du plurilinguisme et sur les pistes didactiques pour la formation des futurs cadres, et en amont, pour la formation de formateurs capables de prendre en compte ces nouvelles données.

Modalités de soumission

Si vous souhaitez proposer une communication, merci d'envoyer un titre et un court résumé (environ 100 mots) aux responsables de cette journée

Marie-Françoise Narcy-Combes (marie-francoise.narcy-combes@univ-nantes.fr)

et Marie Salaün (marie.salaun@univ-nantes.fr

avant le 15 juin.

En vue d'une publication, les textes seront à envoyer aux responsables pour le 15 octobre 2013.

Responsables scientifiques

  • Marie-Françoise Narcy-Combes, Professeur des Universités, Université de Nantes, Faculté des Langues et des Cultures Etrangères, Centre de Recherche sur les Identités Nationales et l'Interculturalité
  • Marie Salaün, Professeur des Universités, Université de Nantes, Faculté des Langues et des Cultures Etrangères, Centre de Recherche en Education de Nantes

Lieux

  • Université de Nantes, campus Tertre
    Nantes, France (44)

Dates

  • samedi 15 juin 2013

Mots-clés

  • plurilinguismes, didactique, entreprise, compétence plurilingue et pluriculturelle

Contacts

  • Marie Salaün
    courriel : marie [dot] salaun [at] parisdescartes [dot] fr

Source de l'information

  • Marie Salaün
    courriel : marie [dot] salaun [at] parisdescartes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Plurilinguisme(s) et entreprise : enjeux didactiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 23 mai 2013, http://calenda.org/248744