AccueilDe l’autel à l’écritoire : aux origines des comptabilités princières en Occident, XIIe-XIVe siècle

De l’autel à l’écritoire : aux origines des comptabilités princières en Occident, XIIe-XIVe siècle

From the altar to the scriptorium: back to the origins of princely accountancy in the West, 12th-14th century

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Publié le jeudi 23 mai 2013 par Élodie Faath

Résumé

La mise en place des comptabilités princières, dans le courant du XIIIe siècle, nécessite deux types de réflexion. La première porte sur le personnel mobilisé par le prince, son origine, sa formation et sa culture familiale et professionnelle. La seconde interroge les méthodes de mise à l’écrit, de conservation et de consultation utilisées par les institutions chargées de la comptabilité princière, tout particulièrement les Chambres des comptes. Pour ces deux aspects, la réflexion s’est surtout développée en termes d’influences et s’est ainsi portée sur la question de l’apport des milieux urbains, marchands et des institutions communales, ainsi que sur la place du notariat et des hommes de loi. Un autre domaine nous paraît encore en friche. Il s’agit de l’importance de la matrice ecclésiastique dans ce processus d’élaboration, qui tempère ou plutôt complète les pistes laïques décrites ci-dessus. Les enjeux idéologiques sont ici prégnants, quand pareille comptabilitéa d’abord été mise en oeuvre comme un auxiliaire de l’économie du salut.

Annonce

Présentation

La mise en place des comptabilités princières, dans le courant du XIIIe siècle, nécessite deux types de réflexion. La première porte sur le personnel mobilisé par le prince, son origine, sa formation et sa culture familiale et professionnelle. La seconde interroge les méthodes de mise à l’écrit, de conservation et de consultation utilisées par les institutions chargées de la comptabilité princière, tout particulièrement les Chambres des comptes.

Pour ces deux aspects, la réflexion s’est surtout développée en termes d’influences et s’est ainsi portée sur la question de l’apport des milieux urbains, marchands et des institutions communales, ainsi que sur la place du notariat et des hommes de loi. Par exemple, dans le cas de la principauté angevine de Provence, a été noté l’apport probable d’un personnel provenant de la péninsule Italienne, des communes du Piémont, de Lombardie et de Ligurie, de Toscane, en particulier à l’occasion de la venue des podestats et de leur suite lors des mutations des gouvernements communaux. La comptabilité princière entretient vraisemblablement d’étroites relations avec ces milieux et les comptabilités urbaines, mais selon des modalités et une chronologie qui restent à éclaircir, à partir d’une étude précise du vocabulaire institutionnel et de la structure des écrits comptables. En outre, si le recours à un personnel étranger par les gouvernements princiers a donné lieu à de distinctes enquêtes prosopographiques, il reste à mettre en relation leurs compétences avec l’élaboration des méthodes de comptabilité. La circulation de ce personnel qualifié mérite aussi une recherche précise dépassant l’échelle d’une seule principauté territoriale.

Un autre domaine nous paraît en revanche encore en friche, malgré les perspectives ouvertes par des travaux portant plutôt sur le Moyen Âge finissant. Il s’agit de l’importance de la matrice ecclésiastique dans ce processus d’élaboration, qui tempère ou plutôt complète les pistes laïques décrites ci-dessus. L’enquête devra d’abord porter sur la présence de la comptabilité et sa nécessité au sein de structures ecclésiales et de communautés religieuses pour lesquelles le calcul et le comput sont constitutifs de leur formation intellectuelle. Au sein de milieux ecclésiastiques provenant eux mêmes de milieux urbains, comme les chapitres cathédraux, la mise en place dans le courant du xiiie siècle d’outils comptables améliorant la gestion de la mémoire et de la commémoration des défunts, tels les livres des anniversaires, nécrologes et obituaires, mérite une attention spéciale. Ensuite, le développement d’une fiscalité pontificale, avec les décimes, annates et services, a imposé aux évêques et aux chapitres cathédraux, qui en sont les relais locaux, la mise en place d’une comptabilité bénéficiale et d’une rationalisation de sa gestion qu’il s’agira d’examiner de près. Quelle a été leur conséquence sur l’émergence de compétences spécifiques au sein de ce milieu clérical ? La place des clercs séculiers dans les premières institutions comptables princières, et d’un personnel de notaires et de scribes issu de leur entourage, et en retour la présence de nombreux collaborateurs du prince au sein de ce milieu, doit nourrir enfin une enquête d’histoire sociale de l’institution comptable. Elle ouvrira sans doute de nouvelles perspectives non seulement au regard de l’élaboration des outils comptables, mais aussi du lien qu’ils peuvent entretenir avec certaines de leurs origines. Les enjeux idéologiques sont ici prégnants, quand pareille comptabilité a d’abord été mise en œuvre comme un auxiliaire de l’économie du salut.

Programme

Jeudi 13 juin 2013

8h30-9h Accueil des participants

9h-9h30 Ouverture du colloque

Allocutions d’ouverture, Brigitte Marin directrice de la MMSH ; Laure Verdon directrice adjointe de l’UMR TELEMME ; Armand Jamme CNRS

Introduction générale, Thierry Pécout UMR LEM-CERCOR-Université de St-Étienne

9H30-13H00 Rationalités et institutions : des hommes aux modèles sous la présidence d’Armand Jamme UMR CIHAM, CNRS

  • Clément Lenoble UMR CIHAM, Université de Pékin Formation et diffusion de rationalités comptables et religieuses dans l’Europe médiévale (Ve-XVIe siècle)
  • Jacques Chiffoleau EHESS, UMR CIHAM Administrer une cure : les officiers de la Chambre apostolique et la gestion paroissiale au XIVe siècle dans le diocèse d’Avignon : l’exemple de Pont-de-Sorgue
  • Thierry Pécout UMR LEM-CERCOR, Université de Saint-Étienne Aux origines d’une culture administrative : le clergé des cathédrales et la genèse d’une comptabilité princière en Provence à la fin du XIIIe siècle
  • Jean-Baptiste Santamaria Université de Lille 3 Les ecclésiastiques et la comptabilité des princes : Bourgogne, Pays-Bas méridionaux, XIVe-XVe siècles

Discussion

14H30-17H30 Experts et expertise sous la présidence de Jacques Chiffoleau EHESS, UMR CIHAM

  • Nicholas Vincent Université d’East Anglia Les pratiques anglaises, traditions et influences : 1130-1280
  • Paul Bertrand Université de Louvain Comptabilités artésiennes : pratiques ordinaires et extraordinaires. Les paysages documentaires de Thierry d’Hireçon et de Mahaut d’Artois
  • Damien Carraz EA CHEC, Université de Clermont-Ferrand II et Karl Borchardt Deutsches Institut für Erforschung des Mittelalters, Monumenta Germaniæ Historica, Munich Les pratiques comptables de l’ordre de l’Hôpital en Provence. Le cas de la commanderie de Manosque (années 1260-1320)
  • Michel Fol UMR CIHAM Des comptabilités ecclésiales. Comment on tient les registres de comptes dans les institutions canoniales et hospitalières en Savoie à la fin du Moyen Âge

Discussion

Vendredi 14 juin 2013

9H30-12H30 Circulations et synergies sous la présidence de Laurent Feller UMR LAMOP, Université de Paris I et Institut universitaire de France

  • Anne Lemonde UMR CRHIPA, Université de Grenoble II Notaires et marchands dans le premier banc des comptes delphinal, 1307-1318
  • Jean-Luc Bonnaud Groupe de recherche sur les pouvoirs et les sociétés de l’Occident médiéval et moderne, Université de Moncton Officiers royaux angevins, milieux marchands et économie urbaine (Provence, XIVe-XVe siècle)
  • Mark Mersiowsky Université d’Innsbruck Entre Brabant et Italie : influences des marchands italiens dans les comptes de l’empereur Henri VII
  • Jordi Morelló Baget Centro de Investigación en Humanidades del Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Barcelone La révision de la comptabilité bénéficiale dans la Couronne d’Aragon au XVe siècle (ou l’établissement d’une nouvelle assiette fiscale)

Discussion

14H30-17H00 Les registres du prince sous la présidence de Noël Coulet UMR TELEMME, Université d’Aix-Marseille

  • Gaël Chenard Archives départementales des Hautes-Alpes La comptabilité capétienne au XIIIe siècle
  • Stephan Köhler Université de Vienne La comptabilité dans le comté de Provence – L`administration princière à l’avènement de Charles d`Anjou
  • Paolo Buffo Université de Turin Gérer la diversité : les comptables des Savoie-Achaïe face aux comptabilités urbaines et ecclésiastiques

Discussion et pause

  • Jean-Paul Boyer UMR TELEMME, Université d’Aix-Marseille Conclusions

Lieux

  • Maison méditerranéenne des sciences de l'Homme, Salle Georges Duby - 5, rue du Château de l’Horloge
    Aix-en-Provence, France (13090)

Dates

  • jeudi 13 juin 2013
  • vendredi 14 juin 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • institutions, État, comptabilité, officiers, office, rationalité comptable, institution ecclésiale, monarchie, idéologie, sociologie de l'institution, écrit pragmatique, archives, chambre des comptes, communes urbaines, marchand, livre de compte

Contacts

  • Thierry Pécout
    courriel : thierry [dot] pecout [at] univ-st-etienne [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Thierry Pécout
    courriel : thierry [dot] pecout [at] univ-st-etienne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« De l’autel à l’écritoire : aux origines des comptabilités princières en Occident, XIIe-XIVe siècle », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 23 mai 2013, http://calenda.org/249386