AccueilDes pleureuses au « deuils planétaires »

Des pleureuses au « deuils planétaires »

From professional mourners to "planetary grief"

Formes, pratiques et expériences des deuils collectifs à travers les âges

Forms, practices and experiences of collective grief throughout the ages

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Publié le lundi 27 mai 2013 par Élodie Faath

Résumé

La fin du XXe siècle semble avoir inventé le phénomène du « deuil planétaire » : les morts de JFK (1963), du général de Gaulle (1970), d’Elvis Presley (1977), de la princesse Diana (1997) ou de Michael Jackson (2009) eurent un retentissement mondial et générèrent des manifestations de deuil autant de la part des institutions officielles que des « anonymes ». À y regarder de plus près, pourtant, le phénomène n’est peut-être pas si nouveau : ne peut-on en voir la première expression moderne dans les manifestations d’affliction qui accompagnèrent la disparition de la reine Victoria, en 1901, dans tout l’Empire britannique bien sûr, mais également au-delà (tels les drapeaux mis en berne à New York) ? Bien auparavant, les civilisations anciennes mettent en scène des deuils collectifs qui pour ne pas être « planétaires » n’en sont pas moins, au niveau des cités-États qui les subissent, perçus comme « collectifs ».

Annonce

Argumentaire

La fin du XXe siècle semble avoir inventé le phénomène du « deuil planétaire » : les morts de JFK (1963), du général de Gaulle (1970), d’Elvis Presley (1977), de la princesse Diana (1997) ou de Michael Jackson (2009) eurent un retentissement mondial et générèrent des manifestations de deuil autant de la part des institutions officielles que des « anonymes ». A y regarder de plus près, pourtant, le phénomène n’est peut-être pas si nouveau : ne peut-on en voir la première expression moderne dans les manifestations d’affliction qui accompagnèrent la disparition de la reine Victoria, en 1901, dans tout l’Empire britannique bien sûr, mais également au-delà (tels les drapeaux mis en berne à New York) ? Bien auparavant, les civilisations anciennes mettent en scène des deuils collectifs qui pour ne pas être « planétaires » n’en sont pas moins, au niveau des cités-états qui les subissent, perçus comme « collectifs ». C’est par exemple l’annonce de défaite des Perses –sujet de tragédie pour Eschyle-, la bataille des Thermopyles, celle du désastre de Varus, ou de la mort d’Auguste pour ne citer que ces quelques exemples emblématiques.

En ce sens, l’expression « deuil collectif » est ambiguë puisqu’elle désigne tantôt la perte d’un être tout particulièrement distingué parmi ses semblables et tantôt celle qui affecte brutalement une partie d’une collectivité, civique ou non. Très récemment, l’historiographie des War Studies a porté beaucoup d’attention aux deuils liés aux hécatombes de masse des deux guerres mondiales, dans une perspective combinant l’histoire et la mémoire, voire la patrimonialisation de la mémoire.

Le phénomène n’est donc pas lié à notre seul univers contemporain même si la perception du « village global » semble lui donner –par amplification médiatique- un caractère inédit sur le plan historique. Le deuil « planétaire » n’est ainsi qu’un des aspects des deuils « collectifs », favorisé notamment par les innovations technologiques qui, du télégraphe à l’Internet, ont contracté l’espace-temps.

Le deuil collectif (et, plus généralement, le deuil), demeure un objet qui attend son histoire, du moins en France, où même les travaux d’historiens sur la mort commencent à dater d’une trentaine d’année.  

Les pleureuses antiques ouvrent une longue série de pratiques, de rituels et de modalités qu’il est possible de réinterroger.  Dans une longue chronologie, si l’étude de la mort a été particulièrement menée par les médiévistes, la question du deuil n’a pas bénéficié du même engouement. L’institution du jour des morts par l’abbé de Cluny, le développement de la pratique des rouleaux des morts dans les communautés abbatiales, les cortèges de pleurants sur les tombeaux princiers donnent des clés de lecture d’une gestion collective de la mort. Mais bien des pratiques, notamment laïques, sont moins clairement établies, à charge pour nous d’en définir l’existence, la chronologie, les composantes, en confrontant sources textuelles, iconographiques et archéologiques.

Ce programme procède d’une vaste ouverture chronologique – de l’Antiquité à l’époque contemporaine, mais veut également couvrir une aire géographique large, les pratiques extra-européennes ayant toute leur place ; de nombreux rituels, comme le retournement des morts à Madagascar, sont autant de témoins à analyser. Historiens, historiens d’arts, historiens des religions, sociologues, spécialistes des media, sont invités à confronter leur point de vue. Au nombre des axes privilégiés – mais la liste n’est pas limitative – figurent les modalités du deuil collectif, les participants, leur degré d’implication, les comportements des foules en deuil, notamment en milieux urbains, leur prise en charge, leur gestion.

Modalités de soumission

Les propositions de communication sont à adresser (300 mots + CV) à Christine Bousquet, (christine.bousquet@univ-tours.fr) ou Manuel Royo (manuel.royo@univ-tours.fr) avec copie à cethis@univ-tours.fr

pour le 30 juin 2013 au plus tard

Les communicants retenus seront avisés au plus tard le 5 septembre.

Ils se chargent de la réservation de l’hébergement et des déplacements qui seront remboursés sur la base forfaitaire d’un transport SNCF 2è classe et d’un hôtel deux étoiles.

Une participation de 50 euros à l’inscription (taux préférentiels pour doctorants, et post docs) est demandée afin de couvrir les frais de repas et de diffusion d’un volume des pré-actes (textes résumés et documents graphiques, exempliers etc., à fournir une semaine à l’avance).

Une publication papier est prévue à l’issue du colloque.

Comité scientifique

  • Christine Bousquet : MCF HDR université de Tours
  • Manuel Royo : PR, université de Tours

Lieux

  • Université François Rabelais - 3 rue des Tanneurs
    Tours, France (37)

Dates

  • dimanche 30 juin 2013

Mots-clés

  • deuils, foules, manifestations collectives, rituels

Contacts

  • Christine Bousquet
    courriel : christinebousquet [at] gmail [dot] com
  • Manuel Royo
    courriel : manuel [dot] royo [at] univ-tours [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Camille Prieux
    courriel : cethis [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Des pleureuses au « deuils planétaires » », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 mai 2013, http://calenda.org/249498