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Sociologie des firmes et mutations du capitalisme

Sociology of the firm and changes in Capitalism

Numéro spécial RFS

A special issue of RFS

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Publié le vendredi 24 mai 2013 par Élodie Faath

Résumé

De tous les acteurs qui constituent le champ des activités économiques, l’entreprise est probablement celui que la sociologie doit le plus systématiquement investir pour rendre compte des transformations du capitalisme contemporain. Cet appel à contributions fait l’hypothèse que les formes organisationnelles des firmes et leurs stratégies constituent des variables intermédiaires importantes dans la compréhension d’évolutions historiques plus générales, se rapportant au salariat, à la division internationale du travail, et par extension aux mutations du capitalisme. Les contributions que cet appel sollicite proposeront donc un regard empiriquement fondé sur ces mutations, en faisant de la firme, de sa stratégie ou de son organisation leur point d’entrée privilégié. Cette analyse empirique s’appuiera sur des observations récentes. Il sera opportun de les replacer dans une perspective historique de long terme.

Annonce

Argumentaire

De tous les acteurs qui constituent le champ des activités économiques, l’entreprise est probablement celui que la sociologie doit le plus systématiquement investir pour rendre compte des transformations du capitalisme contemporain. Cet appel à contributions fait l’hypothèse que les formes organisationnelles des firmes et leurs stratégies constituent des variables intermédiaires importantes dans la compréhension d’évolutions historiques plus générales, se rapportant au salariat, à la division internationale du travail, et par extension aux mutations du capitalisme. Les contributions que cet appel sollicite proposeront donc un regard empiriquement fondé sur ces mutations, en faisant de la firme, de sa stratégie ou de son organisation leur point d’entrée privilégié. Cette analyse empirique s’appuiera sur des observations récentes. Il sera opportun de les replacer dans une perspective historique de long terme.

Les tendances caractéristiques du capitalisme contemporain se prêtent à des interrogations dont nous donnons ici quelques exemples, sans prétention à l’exhaustivité : les modes de financement des entreprises et la recomposition de leur actionnariat influencent-ils la lutte entre les fonctions qui concourent à leur orientation stratégique et à leur choix d’organisation ? Comment les relations d’interdépendance et de pouvoir entre les firmes et les États se recomposent-elles dans un contexte de mondialisation ? Quelles formes épousent désormais, au sein des firmes, les luttes constitutives du capitalisme – à commencer par celles qui opposent travail et capital ? La transformation des formes qu’adoptent les entreprises contemporaines, et notamment le développement de la firme en réseau, permet-elle encore de les assimiler à des organisations ? Quel est le poids des nouveaux prescripteurs – par exemple, les analystes financiers ou les consultants – dans la définition de leur stratégie et leur dynamique de modernisation ?

À cette analyse de la transformation pourra s’ajouter une réflexion d’ordre théorique : l’entreprise doit-elle être constituée comme concept par l’analyse sociologique ? Les clivages disciplinaires traditionnels opposent les économistes aux sociologues : les premiers voient dans la firme le résultat d’un calcul d’optimisation (Williamson, 1975 ; Jensen et Meckling, 1976) ; les seconds la considèrent comme une organisation dont on ne peut comprendre la forme et les orientations qu’en les replaçant dans un espace de référents normatifs de portée plus générale (Scott, 2001). Au sein de la sociologie des organisations, certaines options théoriques saisissent l’entreprise comme une institution dont elles constatent l’importance (Sainsaulieu et Segrestin, 1986) ou dont elles appellent la restauration (Roger, 2012), en soulignant son rôle de socialisation et d’intégration communautaire. D’autres s’attachent au contraire à l’analyser comme un espace de domination (Clegg, Courpasson et Phillips, 2006) ou de conflits (Fligstein, 1990 ; Roy, 1997) où s’affrontent des acteurs aux intérêts et aux référents normatifs opposés. Les contributions mobiliseront ces perspectives théoriques, les discuteront ou les amenderont. D’autres perspectives théoriques apportant des éclairages originaux sur l’entreprise sont aussi les bienvenues.

Modalités de soumission

Les propositions de contribution (min. 500 mots – max. 1 000 mots), en français ou en anglais, devront être adressées à Christelle Germain (christelle.germain@pouchet.cnrs.fr), secrétaire de rédaction, ainsi qu’aux deux coordinateurs, Pierre François (p.francois@cso.cnrs.fr) et Thomas Reverdy (thomas.reverdy@grenoble-inp.fr),

avant le 30 septembre 2013.

Elles feront l’objet d’un examen conjoint par les signataires de cet appel et par un représentant de la Rédaction.

La notification d’acceptation sera rendue aux auteurs au plus tard le 31 octobre 2013.

Les auteurs dont la proposition a été retenue devront remettre leur texte, dont la longueur ne dépassera pas 75 000 signes (espaces, figures et tableaux compris), au plus tard le 31 mars 2014.

Chaque article sera évalué indépendamment par les coordinateurs scientifiques du dossier et, de manière anonyme, par le comité de lecture de la Revue.

Celui-ci rendra sa décision finale d’acceptation aux auteurs au plus tard le 30 juin 2014.

Responsables scientifiques

  • Pierre FRANÇOIS, CNRS (Sciences Po/CSO), École polytechnique
  • Thomas REVERDY, PACTE/Grenoble INP

Bibliographie

Clegg S., Courpasson D., Phillips N., 2006, Power and organizations, Los Angeles, Sage.

Fligstein N., 1990, The transformation of corporate control, Cambridge, Harvard University Press.

Hall P., Soskice D. (eds.), 2001, Varieties of capitalism, Oxford, Oxford University Press.

Jensen M. C., Meckling W. H., 1976, « Theory of the firm : managerial behavior, agency costs and ownership structure », Journal of financial economics, 3, 4, p. 305-360.

Roger B. (dir.) 2012, L’entreprise, formes de propriété et responsabilités sociales, Paris, Éditions Lethellieux.

Roy W. G., 1997, Socializing capital, Princeton, Princeton University Press.

Sainsaulieu R., Segrestin D., 1986, « Vers une théorie sociologique de l’entreprise », Sociologie du travail, 28, 3, p. 335-352.

Scott R. W., 2001, Institutions and organizations, Thousand Oaks, Sage.

Williamson O. E., 1975, Markets and hierarchies, New York, The Free Press.

Dates

  • lundi 30 septembre 2013

Mots-clés

  • sociologie des firmes, mutations du capitalisme

Contacts

  • Pierre François
    courriel : p [dot] francois [at] cso [dot] cnrs [dot] fr
  • Thomas Reverdy
    courriel : thomas [dot] reverdy [at] grenoble-inp [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Christelle Germain
    courriel : christelle [dot] germain [at] pouchet [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sociologie des firmes et mutations du capitalisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 24 mai 2013, http://calenda.org/249521