AccueilCinquantenaire des indépendances africaines : acteurs politiques marginalisés, oubliés, ressuscités

Cinquantenaire des indépendances africaines : acteurs politiques marginalisés, oubliés, ressuscités

The Fiftieth Anniversary of the African Independences: Marginalized, Forgotten, and Revived Political Actors

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Publié le mardi 28 mai 2013 par Élodie Faath

Résumé

À l’occasion du cinquantenaire des indépendances africaines, les pays d’Afrique de l’Est et leurs diasporas, la communauté scientifique internationale ou encore les anciennes puissances coloniales dressent le bilan des réussites et des échecs économiques, sociaux et politiques. On constate cependant que ces inventaires, centrés sur les bouleversements des structures sociales, économiques et politiques, parfois sur les mémoires des pères de la nation et des grands récits nationalistes, négligent généralement de revenir sur des acteurs politiques, collectifs ou individuels, marginalisés dans les années qui ont suivi l’indépendance par les hommes qui ont incarné le nouveau pouvoir.

Annonce

Argumentaire

À l’occasion du cinquantenaire des indépendances africaines, les pays d’Afrique de l’Est et leurs diasporas, la communauté scientifique internationale ou encore les anciennes puissances coloniales dressent le bilan des réussites et des échecs économiques, sociaux et politiques. On constate cependant que ces inventaires, centrés sur les bouleversements des structures sociales, économiques et politiques, parfois sur les mémoires des pères de la nation et des grands récits nationalistes, négligent généralement de revenir sur des acteurs politiques, collectifs ou individuels, marginalisés dans les années qui ont suivi l’indépendance par les hommes qui ont incarné le nouveau pouvoir. Ces acteurs politiques n’en ont pas moins été essentiels au moment de la lutte anticoloniale et dans les premières années de la post-indépendance, tels les commerçants et éduqués urbains musulmans qui, en Tanzanie, ont été les initiateurs des premières associations anticoloniales et les premiers interlocuteurs des puissances coloniales lors des négociations pour l’accès à l’indépendance, tels aussi les groupes de femmes swahilies et les leaders des syndicats et coopératives qui se mobilisaient pour fonder les premiers partis politiques dans tous les pays de la région ; tels enfin les figures d’hommes politiques de premier plan, finalement écartés du pouvoir, comme Oscar Kambona et Abdulrahman Babu en Tanzanie, ou parfois en retrait sinon éliminés, comme Tom Mboya, Paul Murumbi au Kenya ou Paul Mirekano au Burundi. S’intéresser à ces acteurs politiques, à l’aune des commémorations des cinquantenaires est-africains, est d’autant plus important que ces collectifs et ces individus sont, pour certains, aujourd'hui réappropriés, parfois totalement ressuscités : la contribution des musulmans à l’indépendance de la Tanzanie donne lieu à des exercices de réécriture de l’histoire, et les mémoriaux et autres événements commémoratifs fleurissent pour remettre à l’ordre du jour des figures tombées dans l’oubli, comme le montre le cas de Joseph Murumbi au Kenya.

Ce colloque vise donc à discuter, en cette année du cinquantenaire de l’indépendance du Kenya, ces trajectoires politiques tombées dans l’oubli et aujourd'hui ressuscitées par les intellectuels, les hommes politiques et la société civile. Ces derniers se réapproprient ces acteurs autrefois en retrait ou marginalisés, comme en témoignent par exemple le grand nombre de biographies qui paraissent aujourd'hui, en les réinvestissant de la capacité à incarner une troisième voie au moment des luttes entre capitalisme et socialisme, voire une nouvelle éthique politique dans le contexte actuel de crise de légitimité politique et de démoralisation de la vie politique en Afrique de l’Est. Ces acteurs politiques des premiers temps de l’indépendance, en raison de la résonance de leur héritage et de leur mémoire au présent, constituent donc des langages contemporains du politique qui permettent d’appréhender les scènes politiques nationales d’aujourd'hui en Afrique de l’Est.

Modalités de soumission

Veuillez adresser vos candidatures (un cv et un résumé de 150 à 300 mots) à seminars@ifra-nairobi.net

avant le 15 juin 2013.

Procédures de sélection des textes

Il faut d’abord noter que la publication de notre revue découle généralement d’un évènement  scientifique organisé par l’IFRA  (conférence, séminaire, atelier…) : les articles passent donc par une première sélection qui a lieu en amont de l’évènement avec le choix des intervenants.

Le comité scientifique lance un appel à communication sur le site web et sur la liste de diffusion de l’IFRA. Les propositions de communication sont accompagnées d’une courte présentation du rédacteur et d’un curriculum si l’auteur n’est pas déjà connu de l’institut. L’appel à contribution précise les délais d’envoi de la proposition de communication, et de l’article rédigé en cas de sélection. Sauf mention contraire, les propositions comme les articles peuvent être rédigées dans les deux langues acceptées par la revue : le français et l’anglais.

Tous les membres du comité scientifique reçoivent ensuite les propositions de communication, les étudient, se réunissent et présélectionnent les plus pertinents.

Un courriel est alors envoyé aux rédacteurs afin de les informer de l’acceptation ou du refus de leur proposition. Le secrétaire de rédaction vérifie ensuite si les articles reçus sont bien rédigés selon le format voulu par l’IFRA et les transmets au comité scientifique (la sélection de la proposition de communication n’entraîne pas automatiquement la publication de l’article).

Chaque membre du comité scientifique reçoit la totalité des articles mais est amené à évaluer uniquement des articles ayant trait à sa discipline ou ses thèmes de recherche. Après deux relectures critiques par article, et plus si des évaluateurs externes sont sollicités pour avis supplémentaires, les auteurs sont informés de l’acceptation (et des changements à apporter si nécessaire), ou du refus de leur article. Une fois retravaillés et renvoyés à la revue par leurs auteurs, les articles sélectionnés sont mis en page par l’IFRA, soumis à une ultime relecture et validation à chaque auteur, et envoyés sous presse.

Comité scientifique

  • Directeur de l’IFRA : actuellement Christian Thibon - histoire
  • Pensionnaire de l’IFRA : actuellement Marie-Aude Fouéré - anthropologie
  • Un membre du CS des UMIFRE : Hélène Roche - archéologie
  • Chris Musambayi (University of Nairobi) – sciences politiques & relations internationales
  • Mildred Ndeda (Kenyatta University)- histoire
  • Maurice Amutabi  (UECA) - sociologie
  • Burundi: Julien Nimubona (University of Burundi) – sciences politiques
  • Rwanda: Gaspard Gaparayi (Kigali Institute of Education) – anthropologie
  • Ouganda: Gidéon Rutaremwa (Makerere university) - démographie
  • Tanzanie: Bob Nakileza (Dar Es Salaam University) - géographie

Fonctionnement du comité scientifique

Le comité scientifique est une instance de validation et de réflexion qui réunit des universitaires français et est-africains (Kenya, Burundi, Rwanda, Ouganda, Tanzanie) associés au réseau IFRA, le directeur et le chercheur pensionnaire de l’institut ainsi qu’un membre du comité scientifique des UMIFRE.

Il se réunit tous les 3 mois  (physiquement ou en visioconférence) pour passer en revue les articles envoyés à la rédaction, se les partager pour lecture et évaluation ainsi que pour identifier d’autres évaluateurs en charge de relire et commenter les articles. Il s’agit aussi pour le comité de discuter des prochains numéros à paraitre, et plus spécifiquement des numéros spéciaux. Entre deux réunions, les membres restent en contact constant tandis que la centralisation des articles et l’édition est à la charge de l’IFRA. Les membres du comité fonctionnent en binôme par articles, chacun venant d’une discipline de SHS différente, et, si possible, d’un pays différent.

Lieux

  • IFRA-BIEA Conference Room - Laikipia road, Kileleshwa
    Nairobi, Kenya

Dates

  • samedi 15 juin 2013

Mots-clés

  • indépendances africaines, Afrique de l'Est, colonialisme, acteurs politiques marginalisés

Contacts

  • Colas Lemaire
    courriel : clemaire [at] ifra-nairobi [dot] net

Source de l'information

  • Nairobi IFRA
    courriel : info [at] ifra-nairobi [dot] net

Pour citer cette annonce

« Cinquantenaire des indépendances africaines : acteurs politiques marginalisés, oubliés, ressuscités », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 mai 2013, http://calenda.org/249873