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Conditions des migrants tunisiens : droits, aspirations et développement

The condition of Tunisian migrants: law, aspirations and development

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Publié le jeudi 23 mai 2013 par Élodie Faath

Résumé

Parler de migrations revient logiquement à s’intéresser à la mobilité des personnes, ainsi qu’à leurs droits et aspirations. Ce constat peut paraître banal. Or, il ne l’est plus aujourd’hui lorsque l’on tient compte de la mise en place généralisée de politiques visant à canaliser certaines compétences vers des secteurs d’activités précis, par exemple au moyen des quotas d’entrée, ou à limiter le séjour des migrants, par le biais de politiques d’accueil temporaires et restrictives. Par conséquent, s’interroger sur la manière dont ces politiques sont compatibles avec les droits et aspirations des migrants est légitime

Annonce

Présentation

Parler de migrations revient logiquement à s’intéresser à la mobilité des personnes, ainsi qu’à leurs droits et aspirations. Ce constat peut paraître banal. Or, il ne l’est plus aujourd’hui lorsque l’on tient compte de la mise en place généralisée de politiques visant à canaliser certaines compétences vers des secteurs d’activités précis, par exemple au moyen des quotas d’entrée, ou à limiter le séjour des migrants, par le biais de politiques d’accueil temporaires et restrictives. Par conséquent, s’interroger sur la manière dont ces politiques sont compatibles avec les droits et aspirations des migrants est légitime. A cet état de fait, s’est ajouté tout un arsenal de mesures à même de « gérer les migrations internationales », que ces dernières soient légales ou irrégulières.

Il ne fait aucun doute que la situation des migrants tunisiens n’a pas échappé à la consolidation de ce « système de gestion migratoire », d’un point de vue à la fois juridique, politique et bureaucratique. Avant janvier 2011, tout comme après, ce système continue d’exister, orientant les priorités du pays, les perceptions des acteurs, et délimitant la marge de manœuvre du gouvernement de transition. D’un côté, l’Union européenne et ses États membres semblent proposer à nouveau les mêmes paradigmes du passé en matière de mobilité internationale, assortis de conditions sine qua non en matière de lutte contre les migrations irrégulières et de contrôle renforcé des frontières. Le « partenariat pour la mobilité » présenté en 2012 aux autorités tunisiennes, ainsi que ses conditions d’application, reflètent nettement la prégnance de ces paradigmes. De l’autre côté, la mobilisation inédite des associations en Tunisie comme à l’étranger, dynamisées par une société civile florissante en Tunisie, a placé le gouvernement devant des attentes pressantes et explicites, en faveur du respect des aspirations des migrants tunisiens et de la protection de leurs intérêts à l’étranger. La révolution tunisienne s’est accompagnée de revendications claires de la part des migrants tunisiens résidant à l’étranger, en quête d’une véritable implication dans les débats politiques internes en Tunisie, et d’une participation plus affirmée au développement économique et social de leur pays.

Face à ces différents courants d’influence, la Tunisie tente de trouver sa voie. Pour ce faire, une prise de recul s’impose afin de réfléchir sur la manière dont les enjeux et priorités actuels du pays, en matière migratoire, peuvent être abordés et reconnus. La conférence vise, avant tout, à engager une réflexion pluridisciplinaire sur les conditions des migrants tunisiens. Réfléchir sur les conditions signifie faire la lumière sur les a priori et schémas qui orientent les discours et pourparlers bilatéraux et multilatéraux en matière migratoire, d’une part. Cela implique également le besoin de les confronter aux facteurs mêmes qui influencent les choix, attentes et projets des migrants tunisiens, d’autre part.

La table-ronde finale, mobilisant de nombreux participants issus de différents horizons institutionnels et associatifs tunisiens, sera le lieu idéal pour débattre des enjeux propres aux conditions des migrants tunisiens ainsi que des possibilités d’y répondre de manière proactive.

Programme

Mercredi 29 mai 2013

Bibliothèque Nationale de Tunisie

09.00 : Ouverture

  • Kamel Eddine Gaha, directeur de la Bibliothèque Nationale de Tunisie,  Pierre-Noël Denieuil, Directeur de l’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC), Tunis
  • Houcine Jaziri, Secrétaire d’État à l’Émigration et aux Tunisiens à l’Étranger, Ministère des Affaires Sociales, Tunis

Première séance : LOGIQUES POLITIQUES ET ENJEUX SOCIAUX DES MIGRATIONS TUNISIENNES

Modérateur : Imed Melitti

  • 09.30 : Jean-Pierre Cassarino, Migrations et réinsertion en Tunisie
  • 09.50 : Hassan Boubakri, Migrations tunisiennes : L’inséparabilité du social et du politique

10.10 : Débat

10.40 : Pause-café

Deuxième séance : REGARDS EMPIRIQUES

Modératrice : Sihem Najar

  • 11.00 : Davide Calenda, Enquête sur les modes de réinsertion des migrants tunisiens au pays
  • 11.20 : Ridha Mhaya, Porter un regard croisé sur l’entrepreneuriat des migrants de retour en Tunisie

11.40 : Débat

12.30 : Déjeuner

TABLE-RONDE

15.00 : Dialogues avec les participants

Modérateurs : Jean-Pierre Cassarino et Hassan Boubakri

Après une brève récapitulation des travaux matinaux, les thématiques et questionnements privilégiés lors de la table-ronde porteront, entre autres, sur les axes suivants :

  • Conditions de circulation des migrants tunisiens :
  • L’enjeu des connaissances et de la production autonome des données
  • Le caractère éminemment temporaire des politiques d’accueil des migrants en Europe ; Politiques des visas ;
  • La portabilité des droits sociaux et de la retraite : nouveaux enjeux ;
  • Le droit aux visites familiales et à la santé.
  • La valeur économique et sociale des migrations tunisiennes :
  • Promouvoir et valoriser la participation des migrants au-delà de leur contribution aux efforts économiques du pays ;
  • Quelles garanties pour accroître le rapport de confiance et la participation des migrants tunisiens ?
  • Quelle politique migratoire pour la Tunisie nouvelle ?
  • Comprendre les enjeux d’hier pour définir les priorités d’aujourd’hui ;
  • Les principes fondamentaux ;
  • Les besoins réels et réponses urgentes ;
  • Comment défendre une approche proactive et non plus réactive.

17.30 : Fin du colloque

Lieux

  • Bibliothèque nationale de Tunisie - Boulevard du 9 avril 1938
    Tunis, Tunisie

Dates

  • mercredi 29 mai 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • migrants tunisiens, droits, aspirations, développement

Contacts

  • Hayet Naccache
    courriel : hayet [dot] naccache [at] irmcmaghreb [dot] org

Source de l'information

  • Hayet Naccache
    courriel : hayet [dot] naccache [at] irmcmaghreb [dot] org

Pour citer cette annonce

« Conditions des migrants tunisiens : droits, aspirations et développement », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 23 mai 2013, http://calenda.org/250039