AccueilL’espace en partage. Approche interdisciplinaire de la dimension spatiale des rapports sociaux

L’espace en partage. Approche interdisciplinaire de la dimension spatiale des rapports sociaux

Shared space. An interdisciplinary approach to the spatial dimension of social relationships

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Publié le lundi 03 juin 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Invitation à une posture réflexive, l’objectif du colloque est de susciter un dialogue interdisciplinaire autour d’enjeux épistémologiques, théoriques et méthodologiques relatifs à l’étude de la dimension spatiale des rapports sociaux. Il s’agit en particulier de spécifier en quoi les sciences humaines et sociales, en prenant un « tournant spatial, » ont redéfini de nouveaux partages, de nouvelles coexistences, tant dans leurs objets et champs d’implication que dans leurs pratiques.

Annonce

Argumentaire

Organisé par une unité de recherche dont la tradition de géographie sociale est reconnue à l’échelle nationale et internationale, ce temps de colloque pose l’hypothèse du « tournant spatial » pris depuis quelques décennies par les sciences humaines et sociales. Cette idée de tournant renvoie tout d’abord à un changement de sensibilité et de perspective du point de vue des modèles d’analyse et d’interprétation, rendant compte d’un intérêt croissant pour la dimension spatiale des rapports sociaux. Porté notamment par deux évolutions majeures - l’entrée en crise des grands paradigmes historicistes et universalistes, et la relativisation de l’échelle nationale -, ce tournant spatial s’est accompagné d’une progression des approches constructivistes à l’intérieur même de la géographie, ce qui a amené à une prise en compte couplée du « spatial » et du « social ».

Axes thématiques

Sur ces bases, le colloque se structure autour de trois grands axes de questionnement:

  • Mondes sociaux en partage
  • Positionnements et narrativités (inter)disciplinaires
  • Approches, méthodes, outils

Mondes sociaux en partage

La notion de partage désigne donc ici avant tout l’idée de coexistence entre acteurs, groupes et collectivités dans des configurations sociospatiales spécifiques. Ceci doit conduire à élaborer des modes de description et des modèles explicatifs et interprétatifs naviguant de façon non réductrice entre singularité, particularité et généralité, appréhendant la pluralité et l’enchevêtrement des échelles, prenant en compte aussi bien la forme territoire que la forme réseau, aussi bien la coprésence que l’interdépendance et l’interaction à distance.

Les communications peuvent aborder toutes les échelles spatiales et tous les échelons politico-institutionnels, depuis les microterritoires du quotidien jusqu’à l’échelle planétaire. Quelles que soient les échelles d’observation et d’analyse retenues, sont attendues des contributions à l’explication et la compréhension des modalités de partage du monde et de leurs dynamiques de recomposition abordant l’espace autrement que comme un simple contexte d’arrière-plan des rapports sociaux.

En guise d’exemples

  • la (re) construction des rapports de voisinage, entendus comme le partage de l’espace entre divers modes d’habiter dans des contextes citadins, périurbains et ruraux des Nords comme des Suds.
  • les modifications des rapports entre les différents échelons des maillages territoriaux – « réformes territoriales », « troisième acte de la décentralisation » en France, aléas des constructions territoriales de périmètres politiquement instables, comme l’Irak ou le Sahel
  • les nouvelles formes de spatialisation en réseaux inhérentes à l’espace de la virtualité réelle et leurs discontinuités spatiales héritées et les effets de ces interrelations (« révolutions arabes »)
  • les enjeux de la transition socio-écologique, objet d’étude qui interroge notre approche des ressources naturelles, des risques, de l’aménagement des territoires, et plus généralement la lecture de la nature par les sociétés.

Positionnements et narrativités (inter)disciplinaires

Relevant d’une sensibilité pour les uns ou d’un changement de paradigme pour les autres, « le tournant spatial » rassemble de nombreux chercheurs en sciences humaines et sociales autour d’une « perspective critique spatialisée ». La spatialité apparaît dès lors comme une dimension constitutive des phénomènes et rapports sociaux et non comme l’objet d’étude spécifique d’une discipline (la géographie, considérée de façon alors restrictive comme « science de l’espace »).

Dans ce contexte, il s’opère une mise en circulation et en commun d’approches, de thématiques et de méthodes, permettant de lire un monde dont les reconfigurations ne sont pas véritablement appréhendables au prisme des limites disciplinaires.

Cet axe intègrera des interventions de nature réflexive portant sur des analyses d'expériences de recherche ou des développements épistémologiques et théoriques visant à interroger les rapports entre disciplines et à explorer des thématiques transdisciplinaires (« mobilités », « genres », « développement régional », « migrations et relations interethniques », etc.).

Les évolutions en cours soulèvent un ensemble de questions. Nous orientons-nous vers des positionnements a-disciplinaires ou post-disciplinaires ? Un raisonnement en termes de « dimensions » plutôt que de « domaines » n’ouvre-t-il pas la voie vers une conception beaucoup plus souple des spécificités disciplinaires ? Comment les disciplines, théories, courants… se partagent-ils aujourd’hui l’objet d’étude « espace » ou en font-ils une méthode d’approche de leurs centres d’intérêts et quelles sont les évolutions de ces partages ? A quel(s) moment(s) du processus de recherche la spatialité de l’objet de recherche est-elle interrogée et de quelle manière ? Comment les langages spécialisés parlent-ils de l’espace et quels sont les problèmes de traduction spécifiques aux catégories spatiales ?

Ces questions de nature épistémologique et théorique sont inextricablement mêlées avec d’autres qui tiennent aux modalités d’inscription sociétale des SHS et aux sollicitations – en particulier utilitaristes – dont elles font l’objet.

Approches, méthodes, outils

Le positionnement des chercheurs, dans leurs disciplines ou à leur intersection, mais aussi les postures et les positions qu’ils et elles adoptent vis-à-vis de leur(s) objet(s) d’étude(s), invitent à discuter des choix qui président à la construction des approches théoriques, des méthodes et des outils qui permettent de déployer l’ensemble du processus de recherche. Sur un plan épistémologique et théorique, le colloque s’attachera en particulier à élaborer un bilan critique du « tournant constructiviste » dans l’appréhension de la spatialité, à la faveur notamment des débats anglo-saxons contemporains autour des « géographies non représentationnelles », mais aussi d’autres traditions de pensée, comme la phénoménologie, la géographie sociale française et la sociologie critique.

A la diversité des courants intellectuels, des paradigmes, des approches et des théories mises en œuvre correspond aussi la multiplicité des modes d’enquête, de traitement, d’analyse et de restitution de l’information. Les chercheurs qui étudient la dimension spatiale des rapports sociaux sont aujourd’hui confrontés à la multiplication des dispositifs méthodologiques et des manières de mettre en exergue « la part du lieu » dans les phénomènes sociaux qu’ils observent, que ce soit à partir de la production de sens dans l’oral, l’écrit, l’image ou le son ou à travers différentes preuves matérielles objectivant les processus et jeux d’acteurs à l’œuvre et leur impact structurel.

A l’intersection ou dans l’entre-deux de l’intelligible et du sensible, du visible ou du dissimulé, ce qui fait « terrain » tout autant que les manières d’en dessiner contours et formes, d’en définir les (im)matérialités ou d’y envisager les positions individuelles et collectives, diffère grandement, de même que les sentiments, les affects et les manières de donner corps à nos objets.

Les communications se centreront sur les approches mises en œuvre par les chercheurs pour aborder la dimension spatiale de leurs objets d’étude, que ce soit en termes de registres de discours (savant, pédagogique, opérationnel…), de cadres théoriques, de concepts, de conception des « terrains », de postures d’enquête ou d’outils méthodologiques. Penser en termes de partage invite notamment à prêter attention à la nature de la relation qui construit le processus de recherche et, de manière privilégiée, la relation à l’autre, celui ou celle qui informe les chercheurs. Cela conduit aussi à examiner les expérimentations sociales auxquelles se prêtent de plus en plus les chercheurs, en relation avec la société civile et politique, en vue d’observer, d’analyser et, parfois, de soutenir les efforts d’émancipation sociale ou les formes alternatives de citoyenneté.

L’espace en partage, c’est aussi l’espace du colloque lui-même. L’ambition ici est de dépasser l’opposition entre le contenu et la forme et de promouvoir une manière de « tenir colloque » qui prenne l’intitulé de celui-ci comme une invitation à penser de façon un tant soit peu originale les différents espaces-temps qui le constituent. C’est la raison pour laquelle nous faisons de cette question de la « forme » des échanges scientifiques une entrée à part entière. Nous souhaitons vivement profiter de l’organisation de ce colloque pour contribuer modestement avec d’autres à renouveler les pratiques en la matière et sommes à cet égard ouverts à toute suggestion (cf. appel en PDF).

Modalités de soumission

Les propositions d’interventions doivent être envoyées à l’adresse suivante : colloque.espace-en-partage.2014@uhb.fr

Les propositions peuvent être rédigées en français ou en anglais.

Elles se feront sont la forme de deux fichiers Word.

Fichier 1

  • Il comprend le nom et le prénom de l’auteur, son institution de rattachement et son mél, le titre de la proposition et un acronyme court (8 caractères maximum) à partir du titre.
  • Le fichier 1 sera nommé sur le modèle suivant : « ACRONYME_Nom de l’auteur » (ex : « ESPACE_Dupont »).

Fichier 2

  • Il est entièrement anonyme.
  • Il comprend l’acronyme de la proposition, l’axe thématique principal où elle se situe, des mots clés (10 maximum), la ou les disciplines des auteurs et un résumé qui ne dépassera pas deux pages et 5000 caractères.
  • La proposition pourra également indiquer la forme de présentation envisagée ou souhaitée. Le fichier 2 sera nommé sur le modèle suivant : « ACRONYME_Résumé_Date » (ex : « ESPACE_Résumé_28-03-2013 »).

Date limite d’envoi des propositions : 30 octobre 2013.

Les textes complets et définitifs des communications devront être remis pour le 1er mars 2014. Ils seront mis en ligne sur le site web de l’UMR et indexés sur HAL-SHS.

L'ensemble des informations sur le Colloque est accessible en français et en anglais, sur la page d'accueil de l'UMR ESO (http://eso.cnrs.fr/)

Le texte complet de l'appel est en fichier-joint PDF, en français et en anglais.

Le colloque se tiendra du 9 au 11 avril 2014.

Comité scientifique

  • Jean-Yves Authier, sociologue, Groupe de Recherche sur la Socialisation, Université Lyon2 (France)
  • Nicolas Bautès, géographe, UMR ESO, Université de Caen (France)
  • Yves Bonny, sociologue, UMR ESO, Université Rennes 2 (France)
  • Rahma Bourqia, anthropologue, Université Mohammedia, Casablanca (Maroc)
  • Claire Guiu, géographe, UMR ESO, Université de Nantes (France)
  • Anne Latendresse, géographe, Université de Québec à Montréal (Canada)
  • Marluci Menezes, anthropologue, Laboratório Nacional de Engenharia Civil, Lisbonne (Portugal)
  • Maria Nordström, psychologue, Université de Stockholm (Suède)
  • Thierry Ramadier, psychologue, UMR Sage, Strasbourg (France)
  • Raymonde Séchet, géographe, UMR ESO, Université Rennes 2 (France)
  • Massimiliano Tabusi, géographe, Università per Stranieri di Siena (Italie)
  • Dina Vaiou, géographe, National Technical University of Athens (Grèce)

Comité d’organisation

  • Chadia Arab, UMR ESO, Université d’Angers
  • Isabelle Danic, UMR ESO, Université Rennes 2
  • Olivier David, géographe, UMR ESO, Université Rennes 2
  • Cyria Emelianoff, UMR ESO, Université du Maine
  • Alexandra Filhon, UMR ESO, Université Rennes 2
  • Vincent Gouëset, UMR ESO, Université Rennes 2
  • Emmanuelle Hellier, UMR ESO, Université Rennes 2
  • Anne-Cécile Hoyez, UMR ESO, Université Rennes 2
  • Fabienne Joliet, UMR ESO, Agrocampus Ouest, Site d’Angers
  • Laurence Le Du, UMR ESO, Université Rennes 2
  • Jean-François Thémines, UMR ESO, Université de Caen

Lieux

  • Campus Villejean - Place Recteur Henri Le Moal
    Rennes, France (35)

Dates

  • mercredi 30 octobre 2013

Mots-clés

  • espace, rapports sociaux, interdisciplinarité, tournant spatial, partage, méthodologies

Contacts

  • Vincent Gouëset
    courriel : vincent [dot] goueset [at] univ-rennes2 [dot] fr

Source de l'information

  • Emmanuelle Hellier
    courriel : emmanuelle [dot] hellier [at] univ-rennes2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’espace en partage. Approche interdisciplinaire de la dimension spatiale des rapports sociaux », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 03 juin 2013, http://calenda.org/251375