AccueilSaintuaire. Les reliques dans les textes vernaculaires (XIIIe-XVe siècle)

Saintuaire. Les reliques dans les textes vernaculaires (XIIIe-XVe siècle)

Saintuary. Relics in vernacular texts (13th-15th century)

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Publié le lundi 03 juin 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Cette deuxième journée du projet Saintuaire privilégiera l’étude des créations et reconfigurations propres aux textes vernaculaires des XIIIe-XVe siècles. En effet, à partir du XIIIe et, plus encore, du XIVe siècle, les champs du profane et du sacré sont redéfinis en profondeur par l’apparition de pratiques de dévotion laïques et individuelles, qui échappent pour partie à l’emprise du clergé. Cette modification rejaillit sur les traitements et les représentations littéraires des reliques, et méritent à ce titre un intérêt particulier.

Annonce

Présentation

Le projet Saintuaire a été engagé en 2012 et porte sur les reliques dans les textes vernaculaires. Ce projet comprend trois volets : après deux journées d’étude préparatoires (20 juin 2012 et 5 juin 2013), un colloque organisé fin 2014 réunira tous les participants. Il visera à faire la synthèse des discussions et des résultats de ces deux journées, ainsi qu’à accueillir des communications nouvelles ; il comprendra enfin une demi-journée au moins de workshop qui permettra d’établir un plan d’ouvrage cohérent et articulé.

La première journée d’étude, qui s’est tenue à Rouen le 20 juin 2012, a réuni, dans une perspective interdisciplinaire, des spécialistes d’histoire et de littérature médiévales. Elle a essentiellement éclairé le statut des reliques dans des textes vernaculaires traduites ou inspirées d’œuvres latines, à partir de textes narratifs des XIe-XIIIe siècles. Elle a mis en évidence l’intérêt spécifique, d’un point de vue poétique, des récits faisant apparaître des reliques. L’écriture de la collection fait appel à une esthétique de la liste dans la Geste des évêques d’Auxerre (Christiane Cosme) et dans le recueil de Jean de Mailly (Florent Coste) ; ailleurs, par exemple dans les textes relatifs à la Véronique, les textes mettent en œuvre des jeux d’échos et de parallélismes (Jean-Marie Sansterre). Enfin, les effets de cohérence que dessinent les agencements des manuscrits ont leur importance dans la manière dont les histoires de reliques sont mises en perspective. C’est notamment ce qu’a montré Armelle Le Huërou à travers l’étude du récit de Baudri de Bourgueil sur les armes de saint Michel.

Cette journée a également permis d’engager une réflexion sur les rapports que tissent les textes entre les reliques et d’autres objets : reliques et indumenta des évêques ; reliques et autres objets sacrés, comme la lance qui saigne et le Graal dans les romans arthuriens (Jean-René Valette, Edina Bozoky) ; reliques et objets profanes enfin, telle une arme ou une pièce de vêtement (Hubert Heckmann et Sophie Albert). Le rapprochement entre un objet et une relique, par des jeux d’analogie, de transformation ou d’assimilation, apparaît dès lors comme un enjeu / le texte peut par ce biais attribuer à un objet donné une forme de dignité, voire de sacralité qui lui est a priori étrangère.

Problématique et axes pour la deuxième journée

La deuxième journée, qui se tiendra à Paris le mercredi 5 juin 2013, privilégiera l’étude des créations et reconfigurations propres aux textes vernaculaires des XIIIe-XVe siècles. En effet, à partir du XIIIe et, plus encore, du XIVe siècle, les champs du profane et du sacré sont redéfinis en profondeur par l’apparition de pratiques de dévotion laïques et individuelles, qui échappent pour partie à l’emprise du clergé. Cette modification rejaillit sur les traitements et les représentations littéraires des reliques, et méritent à ce titre un intérêt particulier. Nous souhaitons donner leur place à des textes didactiques, dramatiques, lyriques, allégoriques, ces catégories n’étant pas exclusives les unes des autres. La journée pourra porter :

  • sur l’exploitation morale du discours sur les reliques, dans le cadre d’une littérature didactique destinée aux laïcs et rédigée désormais en langue vernaculaire,
  • sur les écarts et les déplacements opérés par les textes : l’allégorie met en tension deux niveaux de réalité, la lyrique deux registres, courtois et religieux ; les textes peuvent introduire, dans leur traitement des reliques, une distance ludique ou parodique dont on interrogera le sens et les effets.

La journée comportera à la fois des communications et une table ronde qui permettra des échanges plus informels.

Programme

À partir de 9h15 : Accueil des participants

9h30 – 12h15 : Reliques et textes mariaux

9h30 – 10h45 : Les Miracles de Gautier de Coinci

Président de session : Jean-Marie Sansterre

  • 9h30 : Gérard Gros, « Une relique, en somme efficace : le saint soulier de la Vierge Soissons (Gautier de Coinci, Miracles de Nostre Dame, IV, Item dou soller) »
  • 10h00 : Françoise Laurent, « Traduire la Vie de sainte Léocade : les Miracles de Nostre Dame de Gautier de Coinci et le livre reliquaire »

10h30 Discussion 10h45 Pause

11h – 12h15 : La Vierge, relique métaphorique

Présidente de session : Michèle Guéret-Laferté

  • 11h00 : Denis Hüe, « Marie sacraire, le reliquaire vide »
  • 11h30 : Marie-Laure Savoye, « “Reliques est Dame Marie”. La châsse symbolique d’un poète marial »

12h : Discussion

12h15 – 14h : Buffet au Club des Enseignants de Paris-Sorbonne

12h30 : Concert des étudiants de Paris-Sorbonne  « Les chantres de la Rive Gauche au Moyen Âge », Musée de Cluny

14h – 15h30 : Châsses et reliquaires

Collections du musée de Cluny et exposition « Une renaissance. L’art entre Flandre et Champagne. 1150-1250 »

  • Présentation par Christine Descatoireconservatrice en chef et commissaire de l’exposition

15h30 – 17h15 : Reliques et textes courtois

Université Paris-Sorbonne – Salle des Actes

Présidente de session : Jacqueline Cerquiglini-Toulet

  • 15h30 : Fanny Oudin, « De l’authentique à la relique ? La lettre, une enseigne de l’épistolier entre image et empreinte »
  • 16h00 : Adriane Boussac, « Il n’avoit de remanant de s’amie que le seul gant. Le gant, relique d’amour dans le Cléomadès d’Adenet le roi »
  • 16h30 : Laëtitia Tabard, « Les reliques des martyrs d’amour dans quelques dits du XVe siècle »

17h : Discussion

17h15 : Pause

17h30 – 18h15 : Table ronde, la dramaturgie des reliques

Discutant : François Lecercle

  • Jean-Pierre Bordier, « Les reliques et leur lieu dans quelques mystères hagiographiques »
  • Thierry Revol, « La dramaturgie des reliques dans les entrées royales au XVe siècle »

18h15 : Conclusions par Sophie Albert et Hubert Heckmann

19h : Lecture « Des reliques en littérature »

Lieux

  • Unversité Paris Sorbonne, salle des actes | Musée de Cluny - 1 rue Victor Cousin | 6 place Paul Painlevé
    Paris, France (75005)

Dates

  • mercredi 05 juin 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • saintuaire, reliques, Moyen Âge

Contacts

  • Sophie Albert
    courriel : sophie [dot] albert [at] paris-sorbonne [dot] fr

Source de l'information

  • Hélène Hôte
    courriel : helene [dot] hote [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Saintuaire. Les reliques dans les textes vernaculaires (XIIIe-XVe siècle) », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 03 juin 2013, http://calenda.org/251463