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Matière et nécessité au XVIIIe siècle

Material and necessity in the 18th century

Quatrièmes journées de La Baule

La Baule fourth study day

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Publié le mardi 04 juin 2013 par Élodie Faath

Résumé

Au XVIIIe siècle, la matière est par bien des aspects une idée neuve en Europe. Si le siècle précédent est celui de l’invention moderne de la nature, désormais comprise comme l’ensemble des phénomènes obéissant à des lois, il devient impossible de reculer devant la question ontologique sous-jacente, qui est celle de l’éventuelle synonymie entre naturalité et matérialité. D’où la présence quasi obsédante d’un matérialisme philosophico-scientifique qui, souvent interprété comme un motif polémique et anti-théologique, est peut-être d’abord à comprendre comme le produit d’une rationalité qui assume jusqu’au bout son projet d’objectivation de la nature. Ontologiquement conséquent, ce matérialisme ne pouvait à son tour que soulever la question de ses suites pratico-métaphysiques, ouvrant la voie à un fatalisme renouvelé, parce que ne découlant pas directement de fondements théologiques.

Annonce

Présentation

Au XVIIIe siècle, la matière est par bien des aspects une idée neuve en Europe. Si le siècle précédent est celui de l’invention moderne de la nature, désormais comprise comme l’ensemble des phénomènes obéissant à des lois, il devient impossible de reculer devant la question ontologique sous-jacente, qui est celle de l’éventuelle synonymie entre naturalité et matérialité. D’où la présence quasi obsédante d’un matérialisme philosophico-scientifique qui, souvent interprété comme un motif polémique et anti-théologique, est peut-être d’abord à comprendre comme le produit d’une rationalité qui assume jusqu’au bout son projet d’objectivation de la nature. Ontologiquement conséquent, ce matérialisme ne pouvait à son tour que soulever la question de ses suites pratico-métaphysiques, ouvrant la voie à un fatalisme renouvelé, parce que ne découlant pas directement de fondements théologiques.

Ce colloque international et pluridisciplinaire s’interrogera sur « la conséquence matérialiste » au XVIIIe siècle, l’expression étant à prendre en un double sens, et produira une double question, épistémique et pratique : Plutôt qu’un motif idéologique, le matérialisme n’est-il pas le produit d’une raison assumant jusque dans ses dernières conséquences, et garantissant du même coup, son projet de connaissance ? Et quelles sont les conséquences pratico-métaphysiques du matérialisme concernant la question de la liberté ? Cette réévaluation des deux motifs que sont le matérialisme et le fatalisme philosophiques pourrait bien contribuer à dessiner la figure d’un XVIIIe siècle hautement métaphysicien, y compris – ou surtout – lorsqu’il se veut le siècle de la critique de la métaphysique.

Programme

Mardi 10 septembre 2013

Matérialisme et nécessitarisme au Royaume Uni au XVIIIe siècle

  • 14h : Pascal TARANTO (Université de Nantes) : Introduction générale : Du matérialisme à la nécessité des actions humaines : la "conséquence" de Joseph Priestley
  • 15h : Angélique THÉBERT (Nantes) : L’associationnisme de David Hartley
  • 16h30 : Michel MALHERBE (Université de Nantes) : Scepticisme et matérialisme en Grande-Bretagne : Hume, Reid, Priestley
  • 17h30 : Eléonore LE JALLÉ (Université Lille III) : La réception humienne du nécessitarisme de Hobbes

Mercredi 11 septembre 2013

Matière, nécessité et légalité : Science et métaphysique au XVIIIe siècle

  • 9h : Vincent JULLIEN (Université de Nantes) : De la nature de l’Attraction des corps
  • 10h : Michel BLAY (CNRS) : Immatérialisme et mathématique chez Berkeley
  • 11h : Stéphane SCHMITT (CNRS) : Epigenèse et matérialisme au XVIIIe siècle
  • 14h : Éric AUDUREAU (Aix Marseille Université) : Cosmos et hylozoïsme à l’époque des Lumières
  • 15h : François PÉPIN (Lycée Louis le Grand / ANR Anthropos) : Le matérialisme de l’hétérogène et la chimie

Les matérialistes français et le problème liberté

  • 16h30 : Sophie AUDIDIÈRE (Université de Bourgogne) : Peut-on penser librement? Histoire naturelle et histoire matérielle de l'esprit humain chez Fontenelle et quelques-uns de ses lecteurs
  • 17h30 : Charles T. WOLFE (Université de Gand/Sydney) : Le déterminisme et l’esprit chez Diderot

Jeudi 12 septembre 2013

La matière de l’Aufklärung

  • 9h : Matteo FAVARETTI-CAMPOSAMPIERO (Università Ca' Foscari Venezia) : La chaîne des causes naturelles : Wolff et ses adversaires
  • 10h : Patrick CERUTTI (CEPCAP) : L’identité de l’idéalisme et du matérialisme selon Jacobi
  • 11h : Antoine GRANDJEAN (Université de Nantes) : Conclusion générale : Kant et la conséquence matérialiste

Inscriptions

15 euros (Etudiants de l’Université de Nantes : 10 euros)

Contacts

Organisateurs : Antoine Grandjean (antoine.grandjean@univ-nantes.fr) et Pascal Taranto (pascal.taranto@univ-nantes.fr)

Secrétariat : Marie Benel (marie.benel@univ-nantes.fr ; 02 40 14 10 44)

Lieux

  • Hôtel saint Christophe - Plane Notre-Dame
    La Baule-Escoublac, France (44)

Dates

  • mardi 10 septembre 2013
  • jeudi 12 septembre 2013
  • mercredi 11 septembre 2013

Mots-clés

  • matérialisme, nécessitarisme, lumières, liberté, naturalisme

Contacts

  • Antoine Grandjean
    courriel : antoine [dot] grandjean [at] univ-nantes [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Antoine Grandjean
    courriel : antoine [dot] grandjean [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Matière et nécessité au XVIIIe siècle », Colloque, Calenda, Publié le mardi 04 juin 2013, http://calenda.org/251744