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Les missions de paix et leurs détracteurs

Peace missions and their detractors

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Publié le mercredi 12 juin 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Le colloque vise à examiner la nature précise de la crise des missions de paix, les dynamiques entre pouvoir et contre-pouvoir (ou entre pouvoir et résistance) et les formes variées et complexes que prennent les missions de paix du point de vue des intervenants et du point de vue des « récipiendaires » locaux afin de débattre pour qui et pour quoi, exactement, la paix est-elle maintenue, imposée et / ou consolidée. Qu'il s'agisse de l'Union européenne, de l'Union africaine, ou de l'Organisation internationale de la Francophonie, les avantages et les désavantages des coopérations multilatérales avec (ou sans) l'Organisation des Nations unies sont complexes et recoupent les aspects politiques, normatifs, logistiques, organisationnels et légaux.

Annonce

Présentation

Selon plusieurs analystes et centres de recherche, la violence organisée et les conflits armés régressent. Le Human Security Report identifie, entre autres causes expliquant cette tendance, l'augmentation des missions de paix comme un facteur important à la mise en œuvre de stratégies de prévention et de résolution des conflits. D'autres analystes sont plus sceptiques et suggèrent que le déclin est dû à la méthode dont les conflits sont codifiés, les données sont interprétées et la manière classique dont les guerres civiles sont conceptualisées. Une chose est certaine : autant l'usage de la force militaire que les autres formes non militaires des missions de paix sont sérieusement remises en question, au point tel que les détracteurs des missions de paix parlent formellement de crise. Ces débats se déroulent dans un contexte où le modèle classique de « maintien de la paix » a laissé sa place à une conception plus ambitieuse de « consolidation de la paix » qui conçoit et prévoit la transformation des sociétés où sont déployées les missions. Pour d'autres chercheurs encore, la question de la crise se pose directement sur les sites où il est possible d'observer les activités locales de résistance, d'opposition et de négociation visant les missions de paix internationales. S'il est possible d'identifier une « crise » des missions de paix, elle se situe dans les débats autour du modèle dominant de la « paix libérale » qui structurent les missions de paix. Les détracteurs des missions de paix dénoncent, en effet, l'imposition du modèle libéral et du projet d'ingénierie sociale qu'il implique. Mais ces débats sont demeurés jusqu'à présent très théoriques, n'identifiant pas la nature précise de la crise. S'agit-il d'une crise de légitimité, d'un questionnement sur l'efficacité et la capacité des missions à consolider la paix, ou un problème provenant des formes multilatérales de coopération internationale? Que signifient les signes de résistance et d'opposition aux opérations et missions de paix? D'où vient cette résistance?

Colloque international organisé par l'Observatoire sur les missions de paix et opérations humanitaires de la Chaire Raoul-Dandurand de l'Université du Québec à Montréal.

Organisateurs

  • Bruno Charbonneau, directeur de l'Observatoire sur les missions de paix et opérations humanitaires à la Chaire Raoul-Dandurand, UQAM
  • Charles-Philippe David, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et professeur titulaire de science politique, UQAM

Objectifs

Le colloque vise à examiner la nature précise de la crise des missions de paix, les dynamiques entre pouvoir et contre-pouvoir (ou entre pouvoir et résistance) et les formes variées et complexes que prennent les missions de paix du point de vue des intervenants et du point de vue des « récipiendaires » locaux afin de débattre pour qui et pour quoi, exactement, la paix est-elle maintenue, imposée et/ou consolidée. Qu'il s'agisse de l'Union européenne, de l'Union africaine, ou de l'Organisation internationale de la Francophonie, les avantages et les désavantages des coopérations multilatérales avec (ou sans) l'Organisation des Nations unies sont complexes et recoupent les aspects politiques, normatifs, logistiques, organisationnels et légaux. De plus, les appels à intégrer et à répondre aux demandes et exigences locales se font pressants dans un double contexte : théorique où les approches critiques (postcoloniales et poststructuralistes, notamment) ont dénoncé l'hypocrisie et les effets pervers de la « paix libérale » et pratique où les activités locales d'opposition, de résistance et de négociation suggèrent les effets concrets des accusations de paternalisme, de néocolonialisme ou d'impérialisme entourant souvent les missions de paix. Les concepts de local ownership, résilience collective, empowerment, reconstruction, réconciliation, résistance et autres sont des thèmes et concepts qui ont pris une ampleur sans précédent dans la littérature et différents milieux de l'humanitaire. Une forme de crise du multilatéralisme est généralement admise, mais en même temps le recours à une multitude de canaux multilatéraux dans la réponse aux conflits est en demande grandissante. Qu'est-ce que tout cela signifie pour la gouvernance en matière de sécurité? En matière de gouvernance de l'action humanitaire? Les concepts et les pratiques de résistance sont-ils déployés dans un contexte de crise de légitimité? Reflètent-ils un climat de contestation de la légitimité internationale à imposer ou promouvoir la paix? Ou s'inscrivent-ils dans un contexte de recherche d'efficacité qui répondrait mieux aux demandes et exigences locales? Est-ce la fin ou la reformulation du modèle de la « paix libérale » par « la société civile »?

Thématiques

Thème 1. Nature de la « crise » des missions de paix

  • Légitimité des missions de paix
  • Efficacité des missions de paix
  • Dynamiques multilatérales, modes d'intervention et coopération internationale
  • Organisations régionales et les Nations Unies en missions de paix
  • Enjeux de pouvoir autour de la conceptualisation et du déploiement des missions

Thème 2. Missions de paix et populations locales

  • Interactions, échanges et relations de pouvoir entre les acteurs locaux et internationaux
  • Résistance, opposition et négociation face aux interventions internationales
  • Dynamiques pouvoir/contre-pouvoir
  • Perspectives locales des missions
  • Approches « par le bas » :
  • L'action humanitaire en contexte de missions de paix

Thème 3. Aspects théoriques et méthodologiques

  • Les dichotomies conceptuelles et leurs effets (e.g. local/international, intervention/souveraineté, pouvoir/résistance, etc.)
  • Enjeux méthodologiques en situation de conflit
  • Enjeux face à la résistance locale à la recherche

Modalités de soumission

Date limite de soumission des propositions de communication :

jeudi 20 juin 2013

Veuillez inclure les informations suivantes (300 mots max.) :

  • Noms des auteurs
  • Titres et affiliations institutionnelles
  • Contact : téléphone, fax, email, adresse postale
  • Titre de la communication
  • Résumé : Sujet, cadre empirique et théorique, thème

Veuillez faire parvenir votre proposition en format Word à Bruno Charbonneau à l'UQAM, par courriel à l'adresse suivante : ompoh.rd@gmail.com

Langues

La conférence se déroulera majoritairement en français, mais les propositions et les présentations sont acceptées en français et en anglais.

Calendrier

  • 20 juin 2013 : date limite pour soumettre une proposition de communication
  • Août 2013 : sélection des propositions et notification aux personnes concernées
  • 1er novembre 2013 : soumission des travaux aux organisateurs du colloque
  • 28-29 novembre 2013 : colloque, Université du Québec à Montréal

Comité scientifique

Le comité se réunira le 5 août afin de discuter et sélectionner les propositions. Les personnes concernées seront informées de la décision du jury dans la semaine qui suivra.

Les membres du comité :

  • Bruno Charbonneau, directeur de l’Observatoire sur les missions de paix et opérations humanitaires à la Chaire Raoul-Dandurand, UQAM
  • Charles-Philippe David, Titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et professeur titulaire de science politique, UQAM
  • Élisabeth Vallet, directrice de recherche à la Chaire Raoul-Dandurand, UQAM
  • Geneviève Parent, Professeure agrégée en Études de conflits, Université Saint-Paul, Ottawa

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • jeudi 20 juin 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • paix, missions de paix, violence, conflits armés, militaires

Contacts

  • Bruno Charbonneau
    courriel : ompoh [dot] rd [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Bruno Charbonneau
    courriel : ompoh [dot] rd [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les missions de paix et leurs détracteurs », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 12 juin 2013, http://calenda.org/252573