AccueilEspaces d'enfermement

Espaces d'enfermement

Spaces of enclosure

Revue Espaces et Sociétés

Espaces et sociétés journal

*  *  *

Publié le mardi 18 juin 2013 par Elsa Zotian

Résumé

En France ou à l'étranger, l’appel à articles souhaite cerner les logiques et les conséquences socio-spatiales de l'inflation carcérale et de la multiplication des espaces d'enfermement contraint et prolongé (centres éducatifs fermés, centres de rétention administrative, etc.). Quelles sont les spécificités des territoires qui accueillent ces espaces d'enfermement et quelles sont celles des territoires d'où viennent les détenus ? Quels sont les liens entre l'intérieur et l'extérieur, entre le lieu d'enfermement et son environnement ? Quels sont les rapports à l'espace à l'intérieur de ces lieux dont beaucoup sont aujourd’hui surpeuplés ? Espace d’ennui, de danger, de contrôle, de tri, de trafic, d'addiction, de maladie, de persécution, d'intégrisme et de folie, de suicide mais aussi de professionnalisation, d'amitié, d'amour, d'instruction scolaire, de sevrage, de remise en forme, de politisation, l'espace carcéral concentre les contrastes. Comment est-il affecté par le surpeuplement ? Quelles sont les résistances, adaptations, révoltes des salariés, des bénévoles, des détenus et de leurs familles ?

Annonce

Argumentaire

À nouveau condamné le 20 janvier 2011 pour traitements inhumains, l’État français est depuis plusieurs années la cible de la Cour européenne des droits de l'homme qui pointe la vétusté et le surpeuplement de ses prisons. Le taux d’incarcération record, le plus élevé depuis la Libération, n'empêche pas une partie de la jeunesse masculine pauvre, du moins dans les « zones urbaines sensibles », de revendiquer crânement une « insensibilité » à l’emprisonnement, parfois en chansons.

En France comme ailleurs, l'inflation carcérale s’accompagne de la multiplication d'autres lieux d'enfermement contraint et prolongé (centres éducatifs fermés, centres de rétention administrative…). Des grandes puissances économiques, dites démocratiques pour la plupart, sont tout aussi concernées que de nombreux pays pauvres. Cet enfermement s'observe dans des lieux délabrés ou du dernier cri technologique, avec une gestion publique ou privée (ou en partenariat) et un régime civil ou militaire (comme Guantánamo par exemple), avec quelquefois des alternatives (bracelet électronique, aménagement de peine...).

Ces lieux peuvent être ouverts ou interdits aux associations et aux familles, contrôlés de l’intérieur par l'administration ou certains prisonniers (le plus souvent un mélange des deux), localisés en milieu rural ou urbain... Quelles sont les spécificités des territoires qui accueillent ces espaces d'enfermement et quelles sont celles des territoires d'où viennent les détenus ?

L’appel à articles souhaite cerner les logiques et les conséquences spatiales de l'inflation carcérale et de la multiplication des espaces d'enfermement, en France ou à l'étranger, à l’intérieur et à l'extérieur des prisons.

Quels sont les liens entre l'intérieur et l'extérieur, entre le lieu d'enfermement et le monde politico-associatif local ou encore les marchés locaux de l'immobilier, de l'entrepreneuriat, du lobbying, du salariat ? Si la prison est toujours la meilleure école du crime et de la révolte, quels sont les rapports économiques et les échanges culturels entre une prison et les milieux contestataires, ou encore avec les organisations délinquantes et criminelles des environs ?

Quelles critiques ou justifications, traditionnelles ou novatrices, expliquent l'engorgement et la multiplication de ces lieux, en fonction des spécificités de chaque territoire (injustice économique, crise économique, conséquences de la guerre ou de l'apartheid, évolutions démographiques et urbanisation, immigrations en transit ou en provenance de pays en guerre ou de régions mafieuses) ? Cette situation est-elle (perçue comme) un fait social avant tout régional, national ou international ? Comment articuler le local au global ?

Par ailleurs, quels sont les rapports à l'espace à l'intérieur de ces lieux d'enfermement ?

L'espace carcéral évoque d'abord l'ennui mais aussi le danger et le contrôle : espace de contrôle toujours plus sophistiqué grâce aux découvertes scientifiques et technologiques (caméras, détecteurs, prévention « situationnelle », produits pharmaceutiques...), espace hiérarchisé à l'extrême, espace de tri par cellule, étage, bloc (par exemple en fonction de la dangerosité supposée, de la longueur de la peine et de l'origine ou de la religion des détenus, ou même de leur statut social à l'extérieur), espace de trafic, d'addiction, de maladie, de persécution, d'intégrisme et de folie (l'expérience du « mitard » ou de la « camisole chimique », « l'hôpital psychiatrique du pauvre »), d'interdits et d'agressions (les espaces interdits, les espaces autorisés mais connus comme les lieux habituels des « règlements de compte », des rackets ou des viols), et enfin du suicide.

Certains lieux d'enfermement prolongé sont aussi des espaces de professionnalisation, d'amitié voire d'amour, d'instruction scolaire, de sevrage et de remise en forme, d'intellectualisation et de sublimation artistique du vécu, de politisation et de conversion religieuse voire de « renaissance » mystique, ou même de liberté relative (par exemple pour les détenus « auxiliaires » ou par les moyens de communication : internet, téléphone et visiophone portable...).

L'espace carcéral concentre les contrastes. Comment est-il affecté par le surpeuplement ? Quelles sont les résistances, adaptations, révoltes des salariés, des bénévoles et, au premier chef, des détenus et de leurs familles ?

Coordinateurs du dossier

  • Thomas Sauvadet
  • Benjamin Moignard

Conditions de soumission

31 mai 2014 : date limite de remise des articles

30 juin 2014 : information aux auteurs 

Adresse pour la correspondance de préférence en version électronique par courriel

ou par voie postale en quatre exemplaires :

Thomas Sauvadet
9 rue du 2 décembre 1870 94360 Bry-sur-Marne

Les auteurs qui s’interrogent sur la pertinence de leur proposition peuvent contacter les coordinateurs

La revue ne demande pas de propositions d’articles, mais directement les articles.

Les articles ne dépassent pas 42 000 signes (espaces compris) en incluant : texte, notes, références bibliographiques, annexes, mais hors résumés.

Les conseils aux auteurs figurent dans chaque numéro.

Les normes de présentation et les conseils aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue : http://www.espacesetsocietes.msh-paris.fr/conseils.html

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • samedi 31 mai 2014

Mots-clés

  • prison, enfermement, surpeuplement, territoire, espace

Contacts

  • Joëlle Jacquin
    courriel : joelle [dot] jacquin [at] paris-valdeseine [dot] archi [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Joëlle Jacquin
    courriel : joelle [dot] jacquin [at] paris-valdeseine [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Espaces d'enfermement », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 18 juin 2013, http://calenda.org/253522